Entretien motivationnel: cas clinique

L’entretien motivationnel (EM) est une discipline passionnante pour tous les professionnels engagés en thérapie. Comme vous le savez, l’entretien préalable avec le patient est une phase cruciale de la thérapie, quelque soit notre approche thérapeutique. L’entretien motivationnel étudie comment utiliser au mieux cette phase pour aider le patient à sortir de son ambivalence par rapport au changement qu’il désire. Il devient alors moteur de son propre changement, ce qui est un facteur déterminant dans l’efficacité de la thérapie. L’EM est particulièrement utilisé pour modifier les comportements des patients, comme dans le sevrage tabagique ou la nutrition par exemple. L’EM est à relier à la thématique de l’Alliance Thérapeutique abordée dans ce blog et à celle de la Thérapie d’Acceptation et du Changement.

Cette deuxième vidéo est une vidéo purement clinique qui date un peu mais qui d’une grande qualité pédagogique.

La première vidéo proposée est une vidéo d’introduction très pédagogique diffusée sur la chaîne Fréquence Médicale.

Entretien motivationnel: une introduction en vidéo

L’entretien motivationnel (EM) est une discipline passionnante pour tous les professionnels engagés en thérapie. Comme vous le savez, l’entretien préalable avec le patient est une phase cruciale de la thérapie, quelque soit notre approche thérapeutique. L’entretien motivationnel étudie comment utiliser au mieux cette phase pour aider le patient à sortir de son ambivalence par rapport au changement qu’il désire. Il devient alors moteur de son propre changement, ce qui est un facteur déterminant dans l’efficacité de la thérapie. L’EM est particulièrement utilisé pour modifier les comportements des patients, comme dans le sevrage tabagique ou la nutrition par exemple. L’EM est à relier à la thématique de l’Alliance Thérapeutique abordée dans ce blog et à celle de la Thérapie d’Acceptation et du Changement.

La première vidéo proposée est une vidéo d’introduction très pédagogique diffusée sur la chaîne Fréquence Médicale.

La deuxième vidéo est une vidéo purement clinique qui date un peu mais qui d’une grande qualité pédagogique.

Dépression: Le Yoga et la respiration profonde réduiraient fortement les symptômes

Dépression et yoga: deux séances de Yoga et de respiration profonde par semaine réduiraient de façon significative les symptômes de la dépression.

Les résultats parus dans le Journal de médecine alternative et complémentaire, fournissent un soutien préliminaire pour l’utilisation d’interventions à base de yoga comme une alternative ou un complément aux traitements pharmacologiques contre la dépression.

Le trouble dépressif majeur (TDM) est courant, récidivant, chronique et invalidant. En raison, en partie, de sa prévalence, la dépression est globalement responsable de plus d’années perdues pour cause d’invalidité que toute autre maladie. Jusqu’à 40% des personnes sous traitement antidépresseurs pour TDM ne parviennent pas à une rémission complète. Cette étude a utilisé le yoga lyengar qui met l’accent sur le détail, la précision et l’alignement dans la performance de la posture et le contrôle de la respiration.

Les personnes atteintes de TDM ont été réparties au hasard dans le groupe deux groupes. Le premier groupe observe trois séances de 90 minutes par semaine avec la pratique à domicile, tandis que le second effectue deux séances de 90 minutes par semaine et la pratique à domicile.Les chercheurs ont constaté une forte baisse des symptômes dépressifs et aucune différence notable dans la conformité. Les chercheurs estiment que suivre des cours deux fois par semaine (plus la pratique à domicile) peut constituer un moyen certes contraignant mais efficace pour lutter contre la depression.

« Cette étude soutient l’utilisation d’une intervention de yoga et de respiration cohérente dans le trouble dépressif majeur chez les personnes qui ne prennent pas d’antidépresseur et chez celles qui ont pris une dose stable d’antidépresseurs et qui n’ont pas vu d’amélioration », explique l’auteur. Chris Streeter, MD, professeur agrégé de psychiatrie et de neurologie à l’École de médecine de l’Université de Boston et psychiatre au Boston Medical Center.

Selon Streeter, cette alternative a l’avantage d’éviter les effets secondaires souvent reprochés aux médicaments et les interactions médicamenteuses. « Alors que la plupart des traitements pharmacologiques de la dépression ciblent les systèmes monoamines, tels que la sérotonine, la dopamine et la norépinéphrine, cette intervention cible le système parasympathique et l’acide gamma aminobutyrique et offre une nouvelle voie de traitement. »

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Une preuve scientifique de la connexion corps-esprit

Des neuroscientifiques de l’Université de Pittsburgh ont identifié les réseaux neuronaux qui relient le cortex cérébral à la médullosurrénale, responsable de la réaction rapide du corps dans des situations de stress. Ces découvertes, établissent la preuve d’une connexion neurologique corps-esprit.

Il existe une véritable base à la maladie psychosomatique

Plus précisément, les résultats apportent un éclairage nouveau sur la façon dont le stress, la dépression et d’autres états mentaux peuvent altérer la fonction des organes, et montrent qu’il existe une véritable base anatomique pour la maladie psychosomatique s’appuyant sur cette connexion corps-esprit. La recherche fournit également un substrat neural concret qui peut aider à expliquer pourquoi la méditation et certains exercices tels que le yoga et le Pilates peuvent être si utiles dans la modulation des réponses du corps au stress physique, mental et émotionnel.

« Nos résultats se sont avérés beaucoup plus complexes et intéressants que nous l’avions imaginé avant que nous commencions cette étude », a déclaré l’auteur principal Peter L. Strick, Ph.D., Thomas Detre Président du Département de neurobiologie et directeur scientifique de l’Université de Pittsburgh Brain Institute.

Dans leurs expériences, les scientifiques ont retracé les circuits neuronaux qui relient les régions du cortex cérébral à la médullosurrénale (la partie interne de la glande surrénale, située au-dessus de chaque rein).

Les scientifiques ont été surpris par le nombre de réseaux de neurones qu’ils ont découvert. D’autres chercheurs ont soupçonné qu’une ou peut-être deux zones corticales pourraient être responsables du contrôle de la médullosurrénale.

Nous comprenons mieux pourquoi le yoga, le Pilates et le tai-chi fonctionnent

Les réactions aiguës au stress comprennent une grande variété de changements tels qu’un cœur battant, des sueurs et des pupilles dilatées. Ces réponses aident à préparer le corps à l’action et sont souvent qualifiées de «réponses de combat ou de fuite». De nombreuses situations dans la vie moderne appellent une réaction plus réfléchie que le simple «combat ou fuite» et il est clair que nous avons un certain contrôle cognitif (ou ce que les neuroscientifiques appellent le contrôle «descendant») sur nos réponses au stress. « Parce que nous avons un cortex, nous avons des options », a déclaré le Dr Strick. « Si quelqu’un vous insulte, vous n’avez pas à les frapper ou à fuir, vous pourriez avoir une réponse plus nuancée et ignorer l’insulte ou faire un retour spirituel. Ces options font partie de ce que le cortex cérébral fournit. » Un autre résultat surprenant a été que les zones motrices dans le cortex cérébral, impliquées dans la planification et la performance du mouvement, fournissent un apport substantiel à la médullosurrénale. Cet apport à la médullosurrénale peut expliquer pourquoi les exercices du corps sont si utiles pour moduler les réponses au stress. Les pratiques apaisantes telles que le Pilates, le yoga, le tai-chi et même la danse dans un petit espace exigent un alignement, une coordination et une flexibilité squelettiques appropriés.

Des pistes d’explication de l’efficacité des thérapies utilisant la visualisation

L’étude PNAS a également révélé que les zones du cortex actives lorsque nous ressentons un conflit, ou sont conscientes d’avoir commis une erreur, sont une source d’influence sur la médullosurrénale. « Cette observation, » a déclaré le Dr Strick, « soulève la possibilité que l’activité dans ces zones corticales lorsque vous ré-imaginez une erreur, ou vous battre sur une erreur, ou penser à un événement traumatique, aboutit à des signaux descendants qui influencent la médullosurrénale de la même manière que l’événement réel. » Ces résultats anatomiques sont pertinents pour les thérapies qui traitent du stress post-traumatique.

En résumé …

Dans l’ensemble, ces résultats indiquent qu’il existe des circuits pour lier le mouvement, la cognition et l’affect à la fonction de la médullosurrénale et au contrôle du stress. Ce circuit peut transmettre les effets des états internes comme le stress chronique et la dépression sur la fonction des organes et, par conséquent, fournir un substrat neuronal concret pour certaines maladies psychosomatiques.

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Europe: une étude confirme l’engouement pour les thérapies alternatives

Des maux de tête, des douleurs dorsales et d’autres affections irritantes poussent les Européens à se tourner vers d’autres formes de traitement. Une nouvelle étude réalisée par l’université d’Helsinki, auprès de 40 000 personnes dans plus de 20 pays, révèle que les femmes et les cadres supérieurs sont plus enclin à faire appel aux therapies alternatives et complémentaires.

Quatre types de traitement ont été examinés: thérapies orientales (médecine chinoise, acupuncture, acupression), thérapie alternative (homéopathie, phytothérapie), traitements manuels (massage, chiropractie, ostéopathie, réflexologie) et thérapies corps-esprit (hypnose et guérison spirituelle).

25% des Européens ont déjà fait appel aux thérapies complémentaires

Selon les résultats, un sujet sur quatre a déjà utilisé des traitements complémentaires et alternatifs au cours de l’année écoulée.

Le massage (12%) arrive en tête des thérapies les plus utilisées, suivi de l’homéopathie (6%), l’ostéopathie (5%) et les remèdes à base de plantes (5%).

L’étude relève également que les thérapies alternatives et complémentaires sont utilisée principalement de manière complémentaire avec la médecine conventionnelle.

De grandes différences entre les pays dans l’utilisation des thérapies complémentaires

L’utilisation des traitements varie grandement entre les pays étudiés.

En Allemagne, près de 40% de la population étudiée a eu recours à des formes complémentaires et alternatives de traitement, alors qu’en Hongrie la part correspondante est de 10%. En Finlande et en Estonie, 35% des sondés ont utilisé ces formes de traitement.

« Les différences s’expliquent en partie par le fait que, dans certains pays, ces traitements sont couverts par l’assurance maladie et dans d’autres les médecins généralistes ont suivi une formation en médecine complémentaire », note Kemppainen.

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Activité libérale: comment vaincre la procrastination

[dropcap]V[/dropcap]ous êtes à votre compte. Vous n’avez pas de patron pour vous dire ce que vous devez faire … ah ! liberté chérie … mais avec cette liberté peut venir un problème insidieux : la procrastination. Vous remettez toujours à plus tard ce que vous devez faire en laissant des tâches sans importance vous éloigner de l’essentiel … et vous vivez toute la journée avec ce sentiment désagréable teinté d’angoisse et de culpabilité. Il existe de nombreuses techniques efficaces pour cesser de procrastiner. Je vous en livre 10 parmi lesquelles vous devriez trouver celle qui vous correspond le mieux. Alors … ne remettez pas la lecture de cet article à demain !

1 – Faire une to do liste

C’est le classique parmi les classiques mais qui peut se révéler redoutablement efficace. Personnellement je ne peux pas m’en passer. Ecrire noir sur blanc les tâches à réaliser est un excellent moyen de se libérer l’esprit, de faire baisser son angoisse et de faciliter le passage à l’action !

Vous pourrez compléter l’approche to do liste avec la méthodologie GTD: Getting Things Done qui est un best seller de productivité « sans stress ». Elle apporte plusieurs sophistications à l’approche to do liste. Ci-dessous quelques éléments structurants :

  • Vous réalisez toute de suite sans les noter les tâches nécessitant moins de 2 minutes afin de ne pas encombrer votre esprit et votre liste
  • Dans le choix des actions que vous réalisez, vous prenez en compte les 4 critères ci-dessous:
    • Contexte: l’endroit où l’on se trouve, les outils disponibles, les limites et possibilités de l’environnement.
    • Temps disponible: le temps libre avant la prochaine obligation, le temps estimé de la réalisation de chaque prochaine action listée.
    • Énergie physique et mentale: l’énergie dont on dispose, et les actions qui s’accordent à cette vigueur.
    • Priorité: pour les différentes actions réalisables au vu des trois critères précédents, laquelle a le plus d’importance.

Bémol : cette approche requiert beaucoup de rigueur …

2 – Essayez l’hypnose

L’hypnose peut très bien fonctionner pour diminuer votre tendance à procrastiner. Il ne vous reste plus qu’à trouver un bon thérapeute 😉

3 – Chassez les sources de distraction

N’hésitez pas à éteindre votre téléphone, à fermer certaines fenêtres de votre ordinateur … minimisez les risques de distraction qui peuvent devenir autant de prétextes pour ne pas agir.

4 – Visualisez

Les athlètes le font car nous sommes plus efficaces et moins stressés quand nous devons réaliser une tâche que nous avons déjà visualisée.

5 – Faite le bilan de votre non action

Très pragmatiquement, si vous n’agissez pas c’est que vous tirez un bénéfice supérieur dans la non action que dans l’action.

Prenez donc le temps de lister concrètement ce que vous perdez à ne pas agir immédiatement et ce que vous gagneriez à le faire.

6 – Vaincre la peur de l’échec : il n’y a pas d’échec, il n’y a que des apprentissages

Devenez curieux de ce que vous allez apprendre en passant à l’action, même si vous n’atteignez pas tout de suite votre objectif. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Quand on interrogeait Edison sur ses milliers de tentatives échouées d’améliorer l’ampoule électrique il répondait qu’il n’avait pas échoué, mais qu’il avait simplement trouvé des milliers de façons de ne pas inventer l’ampoule électrique !

7 – Transformez la montagne en caillou

Ne vous laissez pas paralyser par l’ampleur de la tâche. Toute ascension d’un sommet commence par un pas. En faisant quotidiennement de petits pas vous serez surpris de ce que vous aurez accompli après quelques temps.

8 – Soignez vos conditions de travail

Ne négligez jamais l’impact que peuvent avoir des conditions de travail inadaptées sur la procrastination. Analysez votre environnement et demandez-vous ce qui pourrait rendre votre travail plus agréable et plus productif.

9 – Renforcez votre motivation !

Vous venez de réaliser une action même anodine ? Félicitez-vous ! L’idéal étant d’associer des mots et un geste dans un comportement qui doit devenir un rituel. Vous pouvez par exemple penser à l’action réalisée et prononcer « bravo !» en serrant le poing et en souriant. Cela ancrera cette satisfaction dans votre corps et vous poussera inconsciemment à la retrouver plus souvent, donc à passer plus souvent à l’action !

10 – Reconnectez-vous à vos valeurs

Etre connecté à ses valeurs est un facteur important de motivation intrinsèque. Prenez le temps dans la journée de penser à la raison pour laquelle c’est important pour vous de réaliser ces tâches. Par exemple si vous repoussez une inscription à une formation ou la lecture d’un livre, pensez que cela vous permettrait de devenir encore plus efficace pour mieux soigner vos patients. Dès lors vous n’agissez plus « parcequ’il le faut » mais parceque c’est important. Ce changement de perspective amplifie largement votre motivation.

Cet article vous a plu ? Vous pensez qu’il peut être utile à d’autres champions de la procrastination ? N’hésitez pas à le partager. Faites-nous également profiter de votre expérience et de vos techniques pour vaincre la procrastination. Omyzen est VOTRE site.

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Choisir le lieu d’exercice: cabinet ou domicile ?

Vous en rêviez et le grand moment approche enfin : vous allez vous installer et devenir thérapeute libéral. C’est excitant mais vous devez répondre à de nombreuses questions très concrètes: choisir le lieu d’exercice, fixer votre tarif, créer – ou pas – un site internet … ?

Dans cette série d’articles, je partage avec vous mon expérience personnelle ainsi que les nombreux retours d’expérience de mes collègues. Le premier article de cette série concerne spécifiquement le choix du lieu d’exercice avec cette question classique: louer un cabinet à l’extérieur ou commencer à recevoir à domicile ?

C’est une question effectivement importante. Et même s’il n’existe pas de « recette » magique, je partage avec vous quelques sujets de réflexion pour vous aider dans votre décision.

Pourquoi je vous déconseille de recevoir à domicile

Un cabinet coûte plusieurs centaines d’euros par mois ce qui représente – surtout au début – un énorme investissement. La recherche peut être longue et vous ne savez peut-être pas exactement ce qu’il vous faut … alors vous demandez-vous : pourquoi ne pas recevoir dans un premier temps à domicile ? Après tout cela présente de nombreux avantages : la rapidité d’installation, une proximité très pratique, la gratuité, etc.Cette solution du « cabinet à domicile » est donc logiquement très tentante pour de nombreux débutants.

Pourtant, la plupart de ceux qui ont tenté cette expérience en sont rapidement revenus. Voilà les inconvénients principaux qu’ils ont rencontré:[checklist]

  • Le manque de crédibilité:les thérapies alternatives traînent déjà une image d’amateurisme voir de charlatanisme qui peut être facilement renforcée par le fait de recevoir à domicile. Surtout lorsque le patient est obligé de traverser votre salon jonché de jouets d’enfants avant d’aller s’installer dans cette petite pièce du fond de la maison … Un problème qui n’existe pas si vous avez une pièce avec une entrée séparée ce qui vous permettra de vous prémunir de ce genre de risques.
  • L’isolation phonique : cette contrainte est à prendre très au sérieux. On l’associe souvent uniquement au risque d’un environnement bruyant qui viendrait perturber la séance. Mais j’ai déjà planté une séance silencieuse parce que mon patient craignait d’être entendu par un tiers. Une pièce à côté de votre salon témoin des aller-retours de votre conjoint est donc également à proscrire.
  • Le cloisonnement entre votre vie perso et votre vie pro:à la maison, nous avons toujours tendance à être rattrapé par des tâches quotidiennes. Ces tâches peuvent vous déconcentrer et rapidement empiéter sur le temps consacré au développement de votre activité. Donc à moins d’être particulièrement rigoureux(se), attention à la dispersion !
  • Le cadre de la thérapie: il est important de conserver un cadre thérapeutique clair dans lequel votre intimité n’a aucune place. Passer devant un mur recouvert de vos photos de familles, voir un patient commenter les titres de votre bibliothèque … tout cela n’est pas adéquat dans la plupart des thérapies.
  • L’impact sur le processus de transfert:le transfert, ce mot vous dit forcément quelque chose. C’est ce mécanisme qui a été étudié par la psychanalyse et qui est considéré comme indispensable au processus thérapeutique. Il permet au patient de projeter sur son thérapeute des sentiments refoulés ce qui lui permet de les revivre, de les conscientiser pour mieux s’en débarrasser. La neutralité du thérapeute favorise cette mécanique. Recevoir à son domicile est dans ce contexte fortement contrindiqué.
  • Une limite à votre engagement:recevoir à son domicile et ne pas prendre de cabinet peut nuire à votre motivation. Une étude de psychologie a en effet démontré que lorsque nous avons un « plan B » (dans ce cas le fait de ne pas payer de loyer), et bien nous avons statistiquement moins de chance de réaliser le « plan A ». La prise de risque est un puissant facteur de motivation intrinsèque qui maximise vos chances de réussite.[/checklist]

Voilà pour le verre à moitié vide. Par ailleurs s’installer en cabinet peut vous apporter de très nombreuses opportunités notamment lorsque plusieurs cabinets sont regroupés.

Les regroupements de cabinet ou les cabinets partagés: faites jouer les synergies

[checklist]

  • Sortir de la solitude: être entouré de thérapeutes qui sont dans la même situation que vous permet de discuter, de se changer les idées, de se soutenir ou de partager des informations utiles … Ne sous-estimez surtout pas cet apport essentiel à votre motivation et à votreéquilibre psychologique. Ce n’est pas évident d’être seul toute la journée quand on enchaîne les séances « chargées ». Par ailleurs – et c’est le cas dans toute création d’entreprise – le fait de pouvoir échanger sur votre activité et vos difficultés améliore significativement vos chances de succès.
  • Le partage de clientèle:vous pourrez facilement envoyer un patient à votre collègue qui exerce une discipline complémentaire et qui n’hésitera pas à vous rendre la pareille … Par ailleurs les patients de vos collègues verront votre plaque, pourront lire votre flyer en salle d’attente … ils seront donc naturellement plus en confiance pour venir vous consulter puisque vous être indirectement « associés » à un lieu et à un thérapeute qu’ils connaissent déjà. Là encore ne sous-estimez pas cet apport qui sera très souvent la source de vos premiers clients.
  • La crédibilité: comme nous l’avons évoqué plus haut, si vous recevez en cabinet, avec une plaque professionnelle au mur, entouré d’autres thérapeutes, vous bénéficierez naturellement d’une crédibilité souvent décisive dans le choix de vosfuturs patients de vous consulter.[/checklist]

S’installer dans un cabinet individuel ne permet pas de faire jouer ces synergies mais présente d’autres avantages très intéressants.

Le cabinet individuel: l’avantage de la personnalisation

[checklist]

  • Vous n’avez pas les contraintes du « voisinage ». Au sein des cabinet partagés, j’ai déjà entendu des histoires plutôt surprenantes de comportement de thérapeutes arrachant les affiches de leurs collègues qu’ils considéraient comme des « concurrents » …
  • L’effet « pas de porte »:si vous prenez la suite d’un thérapeute (surtout dans la même discipline que vous), vous bénéficierez indirectement de sa clientèle … et de sa réputation ! (renseignez-vous bien avant de vous engager)
  • La possibilité de choisir sa zone d’implantation: située par exemple en pleine centre ville alors que vous habitez à la campagne, possédant des facilités d’accès (parkings, transports en commun) … Je vous conseille à ce propos de bien vous renseigner avant de choisir votre zone d’implantation: attention notamment aux zones désertées par les thérapeutes … cherchez à savoir si il n’y pas une bonne raison à cela !
  • La personnalisation:vous êtes seuls, vous allez donc pouvoir aménager votre cabinet très exactement comme vous l’entendez. C’est important aussi de se sentir bien dans son lieu de travail.
  • La crédibilité: en cabinet individuel vous n’êtes pas entouré d’autres cabinets. Il est donc crucial pour vous d’accentuer volontairement votre image de sérieux et de « professionnel de la santé » par le choix des magazines mis à disposition, des affiches, des flyers d’information, en affichant vos diplômes au mur et en recouvrant vos étagères de livres très épais et très sérieux … Cela peut sembler superficiel mais vous rendez en réalité un grand service à vos patients en leur faisant profiter à fond de l’effet placébo directement corrélé à la perception que les patients peuvent avoir de leur médicament … ou de leur thérapeute ! Vous avez sans doute entendu parler de ces études qui ont constaté que la taille et la couleur des placébos jouaient un rôle dans leur efficacité !? Et bien pour les thérapeutes et les cabinets c’est pareil : une étude a ainsi montré que le costume-cravate était la tenue la plus « efficace » … et Milton Erickson disait que la célébrité lui avait grandement facilité la tâche avec ses patients pour les mêmes raisons.[/checklist]

En résumé …

Ne choisissez l’option « domicile » que si:[checklist]

  • la pièce de consultation est bien isolée du reste du logement : accès séparé, isolation phonique notamment. Elle ne doit pas permettre au patient de rentrer dans votre intimité surtout si vous exercez dans des disciplines touchant à la « psychologie » des patients
  • vous êtes une personne plutôt rigoureuse : vous gèrerez plus facilement la séparation entre votre vie privée et votre vie pro
  • vous n’êtes pas isolé(e) socialement : le métier de thérapeute est un métier solitaire ou vous êtes largement confrontés à la souffrance humaine … croyez-moi, vous aurez besoin de soutien surtout à vos débuts ![/checklist]

J’espère sincèrement que ces quelques éléments vous aideront dans ce choix important et très personnel.

J’ai oublié certains points ? Vous n’êtes pas d’accord ? Vous avez une expérience à partager ? Des questions spécifiques à poser ? Utilisez les commentaires sous l’article pour échanger avec la communauté des thérapeutes. Omyzen a été créé pour vous et c’est votre espace, alors occupez-le !

PS : certains m’ont posé la question du déplacement au domicile des patients. Pour moi cette solution est sans doute l’une des pires sauf bien sûr en cas de mobilité réduite du patient. En effet pour un patient le fait de sortir de son contexte quotidien, de rencontrer un tiers « neutre » sur un terrain « neutre », de participer à une forme de « rituel » de soin en se rendant au cabinet sont autant d’éléments essentiels à l’efficacité thérapeutique dont vous prive en grande partie cette solution … Je vous la déconseille donc fortement.

[author image= »https://blogsante.omyzen.com/wp-content/uploads/2017/11/DSC_0149-moyen.jpg »] Julien est co-fondateur de Omyzen. Il exerce une activité d’hypnothérapeute dans le Sud de la France et anime des stages, des formations autour de la méditation de Pleine Conscience, de la thérapie ACT et de la thérapie des schémas. Il est aussi passionné par « l’entrepreneuriat du coeur » ce qui l’a amené à créer Omyzen [/author]

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Le guide du thérapeute : 7 critères essentiels pour choisir l’emplacement de son cabinet

Créer une alliance thérapeutique efficace: la dimension affective

[dropcap]L[/dropcap]e terme d’alliance thérapeutique fait référence à la qualité de la relation entre le patient et son thérapeute et aurait été introduit par Sigmund Freud en 1913. Certaines études démontrent que si une bonne alliance thérapeutique n’est pas toujours suffisante dans la thérapie, c’est sans doute le facteur le plus déterminant de son efficacité, avant la technique utilisée.

L’humain au coeur du processus

Dans tous les échanges humains la dimension relationnelle se trouve au premier plan. Une séance de thérapie – quelque soit votre discipline – est avant tout [highlight]un échange humain entre un patient et un thérapeute[/highlight]. Le patient observe le thérapeute, l’évalue et cette observation est déterminante pour établir notamment une relation de confiance, base de tout processus de changement. La qualité de cette relation détermine ce qu’on appelle l’alliance thérapeutique ou collaboration thérapeutique pour mettre l’action sur la dimension active du patient.

En m’inspirant du travail de Charles Cungi et de mon expérience de thérapeute, je partage avec vous quelques éléments clés d’une bonne relation thérapeutique, portant sur sa dimension affective. La dimension professionnelle est abordée dans un autre article.

Des exemples d’une alliance thérapeutique entravée

Pour mieux vous aider à comprendre à quoi je fais référence, évoquons quelques exemples simple d’une thérapie entravée par une mauvaise alliance thérapeutique:

  • Eric a des doutes sur les compétences du thérapeute : Eric est méfiant sur les compétences de son thérapeute et sur l’efficacité de cette thérapie. Sa femme l’a fortement incité à venir consulter et il l’a fat pour ne pas lui déplaire mais il « n’y croit pas ». Il est tendu pendant toute la séance, remet en question tout ce que lui dit le thérapeute et ses doutes sont naturellement confirmés : la séance ne lui apporte aucun réconfort, bien au contraire
  • Pierre est un thérapeute qui a besoin de plaire: sa patiente est charmante et le regard de Pierre, son attitude trahissent ce désir de séduction au détriment de l’efficacité de la prise en charge. La patiente ressent cette ambiguïté tout au long de la séance, le trouve peu professionnel et ne reviendra jamais.
  • Sandra est une thérapeute débutante qui manque de confiance. Elle essaye d’appliquer des protocoles appris durant sa formation sans réellement prendre en compte la réalité de Steve, son patient. Celui-ci se sent peu écouté et se renferme progressivement tout au long de la séance. Il ne reviendra pas.

Tous les thérapeutes ont cette expérience de séances au cours desquelles ils sentent que l’alliance ne s’établit pas et peuvent facilement deviner à la fin de la séance qu’ils ne reverront pas le patient.

D’après Charles Cungi, les composants d’une bonne alliance thérapeutique sont essentiellement au nombre de 2 : la dimension affective et la dimension professionnelle.

La dimension affective

Carl Rogers, qui est un psychologue américain réputé, a modélisé la construction de cette dimension affective à travers 3 caractéristiques: la relation doit être [highlight]empathique, authentique et chaleureuse.[/highlight]

[checklist]

  • Empathique

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Une relation empathique consiste à réellement écouter et prendre en compte la réalité du patient, sans « à priori ». Elle impose une écoute précise, une présence du thérapeute qui peut ainsi rentrer le plus possible dans la vie du patient, dans son mode de fonctionnement pour mieux l’accompagner dans son processus de changement. L’hypnose Ericksonienne utilise énormément cette capacité d’empathie qui peut même aller jusqu’à la synchronisation avec le patient. Une anecdote célèbre raconte comment Milton Erickson est parvenu à redonner de la cohérence à George, atteint du syndrôme de « salade verbale ». Milton Erickson a commencé patiemment à employer la même salade verbale pour y intégrer lentement des mots audibles et un langage cohérent … ramenant progressivement George à un langage compréhensible et à une vie « normale ».

[checklist]

  • Authentique

[/checklist]

Ce dont il est question ici, c’est la capacité du thérapeute de se sentir à l’aise quelque soit la situation, avec la souffrance du patient et avec ses propres sentiments.

Il reste ainsi capable par exemple d’évoquer directement et simplement avec le patient ses idées suicidaires ou ses problèmes sexuels malgré ses propres émotions et pensées sur le sujet.

Cette qualité nécessite bien souvent que le thérapeute ait fait un travail en profondeur sur lui-même lui permettant de rester efficace et authentique quelque-soit le contexte.

[checklist]

  • Chaleureuse

[/checklist]

Le patient a besoin de ressentir cette chaleur chez son thérapeute pour établir une relation de qualité avec lui. Cette chaleur est à rapprocher de la notion de bienveillance: le thérapeute doit pouvoir ressentir une forme de sympathie pour son patient, quelque soit sa personnalité ou son attitude.

Cette aptitude peut et devrait être cultivée par les thérapeutes : s’efforcer d’être accueillant, souriant, de proposer une poignée de main chaleureuse … tout en restant bien sûr dans les limites de ce que nous pourrions qualifier de « neutralité Bienveillante ».

Si un thérapeute ressent malgré ses efforts de l’aversion ou tout autre forme de sentiment partial pour un patient, il ne doit pas hésiter à le rediriger vers un collègue ou à mettre fin à la thérapie.

[author image= »http://www.omyzen.com/wp-content/uploads/2017/11/DSC_0149-moyen.jpg »] Julien est co-fondateur de Omyzen. Il exerce une activité d’hypnothérapeute dans le Sud de la France et anime des stages, des formations autour de la méditation de Pleine Conscience, de la thérapie ACT et de la thérapie des schémas. Il est aussi passionné par « l’entrepreneuriat du coeur » ce qui l’a amené à créer Omyzen [/author]

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