Vitamine C, zinc, probiotiques : quels remèdes contre le rhume ?

Vitamine C, zinc, probiotiques : quels remèdes contre le rhume ?

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Une fois le rhume déclaré, la vitamine C n’aide pas…
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Clare Collins, University of Newcastle

La semaine dernière, j’ai attrapé un méchant rhume. Nez bouché, gorge douloureuse, état misérable… Je me suis souvenue des innombrables vitamines et suppléments vendus avec la promesse d’atténuer les symptômes du rhume, d’améliorer la vitesse de récupération, et de limiter le risque d’en attraper un autre.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’un banal rhume (également appelé infection des voies respiratoires supérieures) il n’existe pas de remède miracle (j’aimerais, pourtant), même si certains compléments peuvent procurer des améliorations très mineures. Voici ce que permettent de conclure les recherches les plus récentes.




Pour en savoir plus :
Médicaments du rhume : mieux vaut s’abstenir


Vitamine C

Pour l’individu moyen, prendre de la vitamine C ne permet pas de réduire le nombre de rhumes attrapés, ou d’en atténuer la sévérité.

En ce qui concerne leur durée, certaines études se sont intéressées aux gens prenant de la vitamine C quotidiennement, tandis que d’autres se sont focalisées sur les personnes qui ont commencé le traitement après avoir attrapé le rhume.

Dans 30 études qui ont comparé la durée des rhumes chez des individus prenant régulièrement au moins 200 mg de vitamine C chaque jour, une réduction significative de la durée des symptômes a été mise en évidence.

Néanmoins, l’effet était faible. Il équivalait à une demi-journée en moins chez les adultes, et d’une demi-journée à un jour entier de moins chez les enfants. Ce type d’étude a également révélé une réduction très mineure de la durée des arrêts de travail ou d’école.

Parmi les études s’intéressant aux prises de vitamine C démarrées une fois que le rhume s’était développé, aucune différence n’a pu être démontrée dans la durée ou la sévérité de la maladie.

La prise de suppléments à base de vitamine C n’est pas sans danger. Ils peuvent augmenter le risque de calculs rénaux chez les hommes, et ne devraient pas être pris par les personnes atteintes d’hémochromatose, une maladie génétique qui provoque une hyperabsorption intestinale du fer. La vitamine C augmente en effet également son absorption.

Exceptions

Bien que dans la population générale, la vitamine C n’a pas d’impact sur le nombre de rhumes attrapés, il existe une exception. Chez les gens exerçant une importante activité physique – tels que les marathoniens, les skieurs ou les soldats en exercice dans des conditions de froid intense – la vitamine C a diminué de moitié le risque de contracter l’infection.

De nombreuses personnes prennent de la vitamine C dans l’espoir de soigner leur rhume.
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Un petit nombre d’études a également identifié quelques bénéfices à la prise quotidienne de compléments à la vitamine C (dosée au moins à 200 mg) afin de prévenir le rhume chez les individus atteints de pneumonie.

Attention toutefois, prendre des compléments à base de vitamine E en même temps que d’importantes quantités de vitamine C augmentent notablement le risque de pneumonie.

Zinc

Une revue de littérature des études ayant testé les effets des compléments à base de zinc a mis en évidence une diminution de la durée du rhume pouvant atteindre deux jours, ou un tiers de la durée normale, chez des adultes en bonne santé qui ont commencé un traitement quotidien d’au moins 75 mg dans les 24 heures ayant suivi le déclenchement de la maladie. La prise de zinc n’a pas eu d’effet sur la sévérité du rhume.

On observe une certaine variabilité dans les résultats des différents essais, et les preuves de l’efficacité de ces compléments pour prévenir le rhume sont insuffisantes. Des chercheurs ont suggéré que, chez certaines personnes, les effets indésirables des pastilles de zinc, tels que nausée ou mauvais goût persistant, dépassent leurs bénéfices.

Prenez garde à bien arrêter la prise de ces compléments dès que votre rhume est passé, car absorber trop de zinc peut entraîner des carences en cuivre et mener à une anémie, une diminution du nombre de globules blancs, et des problèmes de mémoire.

Ail

Une seule étude a testé l’impact de l’ail sur le rhume. Les chercheurs ont demandé à 146 personnes de prendre des compléments à base d’ail ou un placebo, quotidiennement, pendant 12 semaines. Ils ont ensuite relevé le nombre et la durée de leurs rhumes.

Les membres du groupe qui avait pris de l’ail ont rapporté avoir contracté moins de rhumes que ceux du groupe qui avait reçu le placebo. La durée des rhumes était la même dans les deux groupes, mais certaines personnes ont développé une réaction à l’ail (un rash), ou ont trouvé son odeur déplaisante.

Étant donné qu’il n’y a eu qu’un essai rapporté dans la littérature scientifique, il est indispensable de demeurer prudent quant à l’efficacité de la prise d’ail pour prévenir ou traiter les rhumes. Il faut également être précautionneux en ce qui concerne l’interprétation des résultats, car la méthodologie impliquait que les participants consignent eux-mêmes leurs rhumes, ce qui a pu introduire des biais.




Pour en savoir plus :
Science or Snake Oil: will horseradish and garlic really ease a cold?


Probiotiques

Une revue de littérature portant sur 13 essais de compléments alimentaires à base de probiotiques auxquels ont participé plus de 3 700 enfants, adultes et seniors, révèle que les personnes prenant des probiotiques se sont avérés moins susceptibles d’attraper un rhume.

Leurs rhumes étaient également plus courts, et moins sévères (en termes de nombre de jours d’absences scolaires).

Il existerait des preuves que les probiotiques, qui sont présents dans les yaourts, pourraient réduire l’incidence des rhumes.
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La plupart des compléments utilisés étaient des produits à base de lait, tels que des yaourts. Seules trois études ont utilisé des probiotiques sous forme de poudres, et deux, sous forme de gélules.

Néanmoins, la qualité scientifique de toutes les études sur les probiotiques était très faible. Elles contenaient notamment des biais et des limitations, ce qui signifie que ces résultats doivent être interprétés avec précaution.

Echinacée

Les échinacées constituent un groupe de plantes à fleurs commun en Amérique du Nord. Dans le commerce, il est possible d’acheter des produits à base d’échinacée sous forme de gélules, cachets ou de gouttes.

Une revue de ces produits a révélé qu’ils ne sont d’aucun bénéfice dans le traitement du rhume. Toutefois, les auteurs indiquent que certains d’entre eux pourraient peut-être avoir malgré tout un faible intérêt, et que des recherches plus approfondies sont nécessaires.

Le bouillon de poulet

Oui, j’ai gardé le meilleur pour la fin.

Dans une expérience menée en 1978 sur quinze adultes en bonne santé, des chercheurs ont mesuré la vélocité du flux de mucus nasal des participants – qui traduit notre capacité à fluidifier et évacuer le mucus afin de mieux respirer. Concrètement, ils ont comparé à quel point le nez des participants coulait après avoir siroté de l’eau chaude, du bouillon de poulet ou de l’eau froide (ou les avoir absorbés à travers une paille).

Siroter de l’eau chaude ou du bouillon de poulet a fait davantage couler les nez des participants que l’eau froide, avec un avantage au bouillon de poulet. Selon les chercheurs, celui-ci stimule les récepteurs de l’odorat et/ou du goût, ce qui en retour augmente le flux de mucus nasal.

Une autre étude menée sur le bouillon de poulet a démontré qu’il pouvait aider à mieux récupérer des infections des voies respiratoires, et à mieux combattre le rhume. Par ailleurs, d’autres travaux ont montré que les nourritures qui nous réconfortent, comme le bouillon de poulet, pouvaient nous aider à nous sentir mieuxThe Conversation

Clare Collins, Professor in Nutrition and Dietetics, University of Newcastle

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Témoignage : Amélie Legros, réflexothérapeute en installation

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour, je suis Amélie Legros, j’ai 35 ans et maman de deux petites filles de 3 et 5 ans. Je suis née à Séoul mais j’ai grandi dans le Maine-et-Loire, je suis arrivée il y a 10 ans à Nantes pour m’installer avec mon cher et tendre. Je vis à La Chapelle sur Erdre (44) depuis mai 2017.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis réflexothérapeute en formation d’un an hors temps de travail. J’ouvrirai mon cabinet chez moi à partir d’octobre 2018. J’ai déjà aménagé ma pièce professionnelle car je reçois des bénéficiaires lors de consultations libres pour donner matière à mon mémoire de fin d’études.
Je suis également praticienne de bien-être pour mes proches grâce aux outils de soins énergétiques d’Access Consciousness ®.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

J’ai fais 3 ans d’études en Belgique pour devenir éducatrice spécialisée. J’y suis parvenue en étant 2ème de ma promotion et j’en suis plutôt fière car le chemin a été parsemé d’embûches. Je reviens dans les Pays de la Loire et j’exerce 3 ans dans différents endroits avec des publics différents. Les contrats sont précaires. Je rencontre mon cher et tendre, je travaille à Nantes, dans une association pour jeunes femmes en difficultés d’insertion sociale et professionnelle. ça me plaît énormément mais pareil, faute de budget, le poste en CDI convoité ne s’ouvrira pas.
En couple et envie d’avoir des enfants, la précarité ne me rassure pas. Après une petite période de Pôle emploi (qui n’est pas une fin en soi, j’ai bien aimé mettre à profit cette période pour me recentrer), je trouve des emplois dans le secteur de la télévente, vacataire au ministère des affaires étrangères…
Et puis, enfin un CDI dans une entreprise de recouvrement de créance.
J’y reste, ça fait 6 ans.
Je sais bien que depuis mon embauche, ce travail de télérecouvreuse n’est qu’un « job alimentaire » pour servir mes ambitions familiales. Mais je me prends au jeu de l’entreprise qui me félicite d’un excellent travail, je prends part à la vie de l’entreprise en étant élue au CHSCT puis dans la DUP, je demande donc plus de responsabilités. On me dit peut-être et puis fermement non car pas de poste. Je cherche alors à me reconvertir, je trouve la formation de réflexothérapeute après un cheminement vers la sophrologie, le reiki, etc. Je fais mes démarches pour me renseigner sur la formation puis je tente le Fongecif pour le financement. La réponse est positive, j’en suis très fière aussi car plutôt rare pour ce genre de formation (d’ailleurs je ne le crie pas trop fort car ça attise quelques jalousies).
Suite à un malentendu avec une de mes supérieure, on a commencé à me stigmatiser, à m’humilier en me faisant des réflexions douteuses devant d’autres collègues, bref un environnement de travail anxiogène qui s’est traduit par une dévalorisation et une démotivation totale, des troubles anxieux, des problèmes de santé physique, des accusations d’exagérer mes arrêts de travail. Je sombre alors dans l’anxiété dès que je me lève, je pleure et ne peux plus me contrôler. Je suis en arrêt de travail depuis fin septembre après qu’on m’aie refusé ma demande de rupture conventionnelle. Je suis suivie et soutenue par le médecin du travail, mon nouveau médecin traitant et ma nouvelle psy. Je dis nouveau Dr et nouvelle psy car là aussi le chemin n’a pas été simple. Mais je me suis reconstruite grâce à ce projet d’un nouveau métier. Je reprends confiance en moi car les soins de réflexothérapie prodigués ont de très bons résultats et je me sens utile.
J’espère maintenant une déclaration d’inaptitude par le médecin du travail lors de ma visite de reprise début février pour enclencher un licenciement pour inaptitude. Le licenciement peut être perçu comme négatif mais pour ma part ce sera une libération.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

En ce moment, je travaille avec une autre entreprise pour la création d’un nom, d’un logo et d’une identité visuelle pour créer mon site internet. Je commence à faire jouer mon réseau (pas très grand…) pour le bouche à oreille dès à présent car le bouche à oreille donne des consultations de qualités mais c’est très long à se mettre en place.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

La réflexothérapie est un moyen pour moi de concilier famille, épanouissement professionnel, liberté, connaissances intellectuelles, finesse et technicité. C’est donner aux personnes qui viendront consulter de la douceur pour gérer leur stress, leurs douleurs chroniques ou passagères et de la détente profonde pour se ressourcer.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Dans le cadre de la formation EIR, les cours sont denses, il faut de la persévérance et de l’optimisme. Même si c’est une formation hors temps de travail, il faut pouvoir être sûr de pouvoir se dégager suffisamment de temps pour les apprentissages, les révisions, les consultations.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Bien se renseigner sur le type de formation, contacter des anciens élèves, mesurer le temps disponible pour la reconversion, se fixer des objectifs journaliers sans trop se mettre la pression.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Mon projet est d’exercer à mon domicile et dans un cabinet paramédical. J’ai une opportunité mais je suis aussi ouverte à un partage de cabinet près de chez moi. Je m’intéresse aussi aux opportunités à exercer dans les entreprises dans le cadre de la qualité de vie au travail. Et mon rêve serait d’en vivre avec abondance sans laisser ma famille sur le bas-côté.

Partage, optimisme, liberté : mon tabouret à 3 pieds du moment.

Quelques mots sur Omyzen ?

Je viens juste de connaître Omyzen, ce qui me plaît est d’avoir une sorte de « communauté » qui permet de se sentir moins seul et de pouvoir partager. C’est aussi une source d’informations fiables non négligeables quand on veut se lancer dans l’entreprenariat dans notre secteur. J’aimerai bien voir plus d’annonces de partage de cabinet dans ma région par exemple. Avoir plus de visibilité sur les thérapeutes autour de moi grâce à une carte par exemple ou un annuaire Omyzen.

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

www.facebook.com/amelie.legros.

Merci de m’avoir lue, à bientôt ! 😉

A lire également :

La réflexologie plantaire: un soin de bien-être millénaire

Témoignage : Adeline Secco, réflexologue en Haute Savoie

7 clefs pour augmenter votre patientèle avec votre page Facebook

Développer une clientèle nécessite en tout premier lieu d’attirer l’attention pour se faire connaitre. Avec 1,13 milliards d’utilisateurs actifs quotidiens[i] , Facebook est le premier réseau social. Au-delà du domaine de la vie privée et du partage d’informations entre amis, il est largement utilisé dans le développement d’activités commerciales, puisque 77% des entreprises déclarent avoir obtenu au moins 1 client grâce à Facebook.

Les réseaux sociaux sont à la fois un moyen de trouver de nouveaux clients, mais aussi de renforcer le lien avec ceux qui vous connaissent déjà et profiter de leur recommandation. Facebook peut donc être un levier très efficace pour augmenter votre patientèle, encore faut-il savoir l’utiliser. Omyzen vous donne les 7 clefs incontournables pour animer votre page pro efficacement et facilement.

1. Faites vivre votre page en publiant régulièrement du contenu

Sachant que 76% des gens utilisent leur fil d’actualité Facebook pour trouver du contenu intéressant[ii], il est important de partager régulièrement des post qui nourrissent l’intérêt des internautes. L’idéal est que les informations que vous partagez valorisent votre discipline :

  • recherches ou témoignages démontrant son efficacité
  • vidéos illustrant les techniques mises en œuvre
  • articles de fond expliquant la théorie sur laquelle elle se base.
  • Actualités concernant votre domaine d’activité
  • Conseils, astuces, idées pratiques afférant à votre thérapie

Vous pouvez aussi partager du contenu afférant plus largement au domaine du bien-être ou à différentes pathologies.

Concernant la régularité, une publication par semaine permet déjà de maintenir votre page active. Profitez des évènements saisonniers (vacances, rentrée, fête des mères…) pour mettre en avant un atout de votre discipline ou proposer une offre promotionnelle. Vous pouvez aussi partir des différents troubles que votre approche thérapeutique soulage : un post sur les bienfaits de la sophrologie pour soulager le stress, puis un sur la gestion des troubles alimentaires, etc…

2. Mettez en avant votre activité

Le but étant de vous faire connaitre, alimentez régulièrement votre page en créant vos propres publications avec des textes, photos et vidéos que vous aurez vous-même rédigé et qui parlent de votre actualité :

  • un post présentant la spécificité d’un soin que vous proposez
  • des photos de votre cabinet
  • un article de presse présentant votre activité
  • une petite vidéo dans laquelle vous vous présentez
  • le visuel d’une conférence ou d’un atelier que vous animez
  • une nouvelle compétence que vous venez d’acquérir

Ne lésinez pas sur l’aspect visuel, gardez à l’esprit que les messages Facebook avec des images obtiennent 2.3 fois plus d’engagement que ceux sans images. [iii]

3. Prenez le temps de répondre aux commentaires de vos clients

L’animation de votre page va vous demander une veille quasi quotidienne car sur les réseaux sociaux la communication est presque instantanée, les réponses aux commentaires et aux messages se font de préférence dans la journée même. Ces interactions vont vous permettre de créer du lien. Vos potentiels clients vont ainsi pouvoir se familiariser avec votre personnalité, avoir un premier contact avec vous.

Astuce : Sollicitez des réactions en agrémentant vos publications de questions ouvertes.

Si vous ne pouvez pas répondre aux messages rapidement, activez la messagerie automatique, qui vous permettra de faire patienter votre interlocuteur.

4. Faites des liens avec votre site internet:

Si les réseaux sociaux servent à créer un premier contact, pour qu’ils identifient bien votre activité, les internautes doivent être amenés à aller voir sur votre site, qui est votre véritable vitrine.

Ayez en tête que votre page est un moyen d’accroitre la visibilité de votre site internet. Partagez donc sur votre page, des publications qui viennent directement de votre site ou de votre blog afin de les y emmener.

5. Créez des évènements

L’organisation d’évènements Facebook crée une émulation, c’est l’occasion pour ceux qui aiment déjà votre page d’inviter leurs amis à la découvrir, de partager votre actualité. Cela peut être pour mettre en avant un évènement physique (atelier, conférence…) mais aussi un évènement virtuel webinaire, concours…). Vous pouvez aussi créer un challenge, c’est-à-dire un défi daté dans le temps, qui permet de mobiliser des personnes qui vous suivent pour un objectif commun.

Exemple : 30 jours pour vous libérer du passé avec l’EFT

Chaque jour, vous posterez « le tapping du jour » ou des idées qui aident les participants à relever le challenge

6. Mettez en avant vos patients satisfaits

Qu’est-ce que qui donnera le plus envie à des personnes qui ne vous connaissent pas de venir vous voir ? Le témoignage d’une personne satisfaite, dont vous avez pu résoudre le problème ou améliorer la vie. Alors, quand un soin ou une thérapie a eu une issue particulièrement positive, proposez-lui d’écrire son témoignage, de laisser une recommandation ou un petit texte sur votre page. Le récit de son expérience peut être anonyme si elle souhaite préserver son intimité ou au contraire, la personne peut être d’accord pour faire une photo avant/après, tout dépend de ce que vous proposez, vous adapterez en fonction la manière la plus judicieuse de mettre en avant votre pratique.

7. Organisez des campagnes de marketing

Pour dynamiser votre activité quand elle faiblit un peu ou augmenter votre patientèle, vous pouvez proposer des offres préférentielles avec des codes promo et des réductions réservés à ceux qui vous suivent sur votre page.

Avec un petit budget il est possible de booster ses publications et de lancer quelques publicités, sur une zone géographique restreinte.

Vous l’aurez compris, vous pouvez faire de votre page Facebook pro un véritable outil pour faire venir de nouveaux patients et diffuser votre pratique. C’est un moyen d’activer le bouche à oreille, dans un contexte où les échanges virtuel sont en constante augmentation.

Et vous, avez-vous une page pro de thérapeute alternatif ? Comment la gérez-vous ? Est-ce que cela vous a permis de rencontrer de nouveaux patients ? Partagez votre expérience avec le communauté Omyzen !

Et pour d’autres moyens de vous faire connaitre et de développer votre activité par internet, lire :

Booster son activité de thérapeute alternatif avec l’emailing : toutes les clefs pour créer une newsletter efficace

Communication: quel prestataire choisir ?

Le référencement naturel en 5 points clés

[i] (Statista, 2016)

[ii] . (HubSpot, 2016)

[iii] (Buzzsumo, 2015)

Effacer les traumatismes d’un clin d’œil : la surprenante technique EMDR

Effacer les traumatismes d’un clin d’œil : la surprenante technique EMDR

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L’EMDR, une technique basée sur les mouvements oculaires pour traiter les traumatismes.
Alexandra Gorn/Unsplash

Claude Touzet, Aix-Marseille Université et Stéphanie Khalfa, Aix-Marseille Université

Alors qu’elle traverse un parc en ruminant de sombres pensées, la psychologue américaine Francine Shapiro constate tout à coup que la charge émotionnelle de son souvenir traumatisant a diminué. Recherchant la cause, elle identifie les mouvements saccadiques de ses yeux. Elle expérimente alors l’influence des mouvements oculaires sur la réduction du stress associé aux souvenirs. Devant l’efficacité de cette technique, elle consacre dès lors sa vie à l’étude et à la promotion de l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing).

Trente ans plus tard, toutes les études scientifiques menées prouvent l’efficacité de l’EMDR dans la résolution du trouble de stress post-traumatique (TSPT). La rapidité avec laquelle l’EMDR guérit les patients de leur stress est difficile à croire : 80 % des patients avec un traumatisme simple sont soignés en une à huit séances (une séance dure habituellement une heure).

Une technique facile à mettre en place

La mise en œuvre est très facile : le sujet se remémore l’événement traumatisant tandis que des stimulations bilatérales alternées (SBA) sont appliquées. Il s’agit de mouvements des yeux de droite à gauche et réciproquement (environ une fois par seconde), ou de sons (bip) parvenant à une oreille puis l’autre, ou de tapotements d’une partie du corps (main, genou) alternativement d’un côté puis de l’autre. Après quelques dizaines de secondes, le thérapeute arrête les SBA et le patient décrit son ressenti et/ou ce qui lui est venu à l’esprit.

Des souvenirs anciens peuvent survenir, des émotions, des sensations corporelles sont généralement décrites. Le thérapeute redémarre les SBA. Après quelques sessions, le sujet tout à coup affirme que le souvenir n’est plus traumatisant : il est « désensibilisé » ! Son souvenir ne sera plus jamais traumatisant. Le souvenir n’a pas disparu, il paraît souvent plus lointain – seule la charge émotionnelle a disparu. Cependant, même si la mise en œuvre est facile dans le cas de traumatismes simples, le traitement des traumatismes complexes demandera une préparation sécurisante et un accompagnement vigilant par le thérapeute.

Reportage à propos de l’EMDR sur France 3.

Un certain nombre de thérapeutes sont formés et pratiquent l’EMDR, mais elle reste encore peu accessible (seules les séances réalisées à l’hôpital sont remboursées) et peu connue. Pourquoi ? Sans doute parce que les explications scientifiques manquaient, permettant aux tenants de thérapies plus longues et moins efficaces de rationaliser leur opposition. Cependant, de nombreuses recherches scientifiques sont désormais menées sur la thérapie EMDR, et des théories sont avancées, dont la Théorie neuronale de la Cognition.

L’EMDR expliquée scientifiquement

Un souvenir est une activation de quelques colonnes corticales au sein du cortex (80 % de la masse du cerveau). La colonne corticale est l’unité fonctionnelle du traitement cognitif, elle est formée d’environ 100 000 neurones. Les colonnes corticales se regroupent en carte. Il y a 360 cartes corticales (pour un total de 160 000 colonnes corticales). Chaque carte corticale code une dimension particulière du souvenir. Dans le cas d’un souvenir impliquant un cerisier, la forme de la feuille, la couleur de la cerise, son goût, la rugosité de l’écorce, l’orthographe du mot cerisier, les sons associés au mot cerisier sont codés par des colonnes appartenant à six cartes différentes. Nous pouvons y ajouter des dimensions personnelles comme un lieu, un visage, une date, etc. Les 360 cartes corticales sont autant de dimensions pour encoder nos souvenirs.

La valence « trauma » associée à un souvenir « traumatisant » est déterminée par l’amygdale, située sous le cortex (le nom vient du latin amande, ce qui nous renseigne sur sa taille). Les amygdales (une par hémisphère) sont spécialisées dans le traitement et la réponse émotionnelle ; elles peuvent être considérées comme des cartes corticales. Elles reçoivent les mêmes entrées que le cortex et traitent donc les mêmes informations, de fait beaucoup plus vite mais beaucoup plus grossièrement.

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Vue 3D des aygdales en rouge, CC BY-SA 2.1 jp, Lien

L’amygdale est un minuscule cortex dévolu à une question précise : la situation est-elle dangereuse ? Si c’est le cas, alors il faut être le mieux armé possible pour y répondre. L’amygdale provoque la libération d’adrénaline dans le système sanguin, ce qui instantanément facilite l’excitation neuronale. Les neurones prennent moins longtemps pour s’activer : nous pensons donc plus vite (sensation de temps qui ralentit) ; les fuseaux neuro-musculaires sont plus nombreux à s’activer : nous sommes donc plus forts. L’adrénaline favorise aussi la mémorisation : une unique expérience de danger est suffisante pour qu’on s’en rappelle toute notre vie. Cette mémorisation facilitée tisse des liens entre amygdale et cortex, entre « danger » et « souvenir ». Cette mémorisation est à double sens et la seule évocation du souvenir (cortex) suffit dès lors à activer le stress (amygdale) – et à renforcer le lien. Le souvenir traumatisant peut alors aller jusqu’au TSPT (trouble de stress post-traumatique).

Si des SBA sont appliquées dans cette situation, cela revient à envoyer des informations (peu significatives) aux cartes corticales. Ces informations périodiques s’accumulent, et deviennent capables après quelque temps de faire basculer dans un état « actif » des colonnes corticales qui étaient très proches de le faire (phénomène de résonance stochastique). Parfois ces colonnes codent pour des détails de l’événement qui étaient « oubliés », ou pour d’autres souvenirs, ou des sensations. Les SBA ajoutent ainsi des dimensions à la situation ce qui complexifie sa représentation corticale. Les détails ajoutés ne sont pas a priori stressants. Ils n’activent donc pas l’amygdale. Au bout d’un certain nombre de sessions avec des SBA, la représentation de l’événement est devenue si différente de la représentation initiale (stressante) que l’amygdale ne la reconnaît plus, et ne s’active donc plus. La mise à jour du souvenir traumatisant l’a rendu « neutre ». Il n’y a pas de retour en arrière possible : le patient est guéri de son souvenir traumatique.


The Conversation

L’EMDR ne se réduit pas à traiter le TSPT. Elle est également utilisée dans le cas de phobies, dépression, anxiété, addiction et même certains troubles psychotiques. En situation de crise (attentat, accident, etc.), l’EMDR peut également être pratiquée immédiatement en groupe.

Claude Touzet, Maître de Conférences en Sciences Cognitives, UMR CNRS 7260, Aix-Marseille Université et Stéphanie Khalfa, Chercheure, Aix-Marseille Université

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Témoignage : Coralie Degradot, Sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je suis Coralie Degradot sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires. J’ai 36 ans et je vis actuellement dans le Gers. J’ai beaucoup bougé dans ma vie, me permettant de découvrir plusieurs pays et régions de France très différentes les unes des autres. Passionnée par l’Histoire et l’histoire de l’Art (mon premier métier), la culture Japonaise, la nature … je suis très curieuse 😉

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis Sophrologue spécialisée dans les rapports douloureux à l’alimentation et formatrice. Les rapports douloureux à l’alimentation concernent les troubles alimentaires, les maladies amenant un rapport à l’alimentation difficile (diabète, allergies, maladie inflammatoire des intestins par ex) ainsi que l’alimentation émotionnelle. Aujourd’hui je n’accompagne que des personnes souffrant de rapports douloureux à l’alimentation.
Accompagnements, formations et supervision sont mes seules activités.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Lorsque j’ai du mettre fin à mes études d’Histoire et Histoire de l’art, je me suis lancée dans le monde du travail sans que mes 4 années d’études n’aient vraiment de valeur. C’est un peu « par hasard » (s’il existe ;)) que je suis entrée dans les industries de santé. J’y suis restée 9 ans, dont 7 dans le diabète.
J’ai abordé de nombreux aspects qui m’ont permis de faire grandir mes compétences (marketing, ventes, formations, juridique, pharmacovigilance, matériovigilance, organisation d’évènements de formation pour les professionnels de santé etc…).
J’étais au contact des patients, des professionnels de santé, des associations de patients, des familles des personnes diabétiques.
Une belle expérience, qui m’a demandé de très nombreuses ressources physiques qu’intellectuelles. Trop nombreuses.
Après un premier burn out, j’ai décidé de changer de métier.
Que ce soit dans l’histoire ou dans les industries de santé, ce que j’ai toujours aimé c’est l’humain. Que ce soit avec mes collègues, les patients, les professionnels de santé, j’étais très à l’écoute.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Au début de mon activité, je souhaitais me spécialiser dans la périnatalité. Mais en dépit de mes efforts, ce champ d’application, n’était pas fait pour moi.
J’ai mis à profit ce que j’ai appris dans mes précédents postes et pris RDV avec les médecins de mon secteur de l’époque, le CMP, les services hospitaliers.
Le milieu professionnel duquel je venais m’a permis d’ouvrir des portes. Convaincre et être à la hauteur de la confiance qui m’a été portée n’a relevé que de moi.
Un jour, une endocrinologue avec qui j’avais eu un excellent rendez-vous, m’a adressé une jeune femme souffrant d’anorexie.
Et ça a été pour moi une révélation : mes 17 années d’anorexie sont une force incroyable pour accompagner les personnes qui souffrent de troubles alimentaires car je les comprends profondément.
J’ai adapté toute la méthode et développé un accompagnement Sophrologique adapté à ces problématiques.
En l’espace de quelques mois, j’étais identifiée comme accompagnante de qualité sur ces problématiques et tous mes patients m’étaient adressés par les professionnels de santé avec lesquels j’étais en contact.
J’ai ouvert un second cabinet en petite couronne parisienne (le premier était en grande couronne).

Mon activité bien posée, la vie m’a proposé un nouveau changement. Par amour pour un charmant toulousain qui aujourd’hui encore partage ma vie, j’ai tout quitté pour venir m’installer dans le Gers.

Il y a eu quelques mois de battement : l’Ile de France et le Gers n’ont rien à voir 😉 J’ai développé ma présence sur internet et développé mes premières formations pour les Sophrologues qui souhaitent se spécialiser dans l’accompagnement des personnes souffrant de troubles alimentaires.

Aujourd’hui je propose des formations de spécialisation en ligne pour les Sophrologues et de la Supervision.

J’accompagne des patients dans toute la francophonie à distance. Nouveau challenge car l’adaptation est encore différente.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

La liberté d’être à son compte est pour moi le premier point positif. La liberté est extrêmement importante à mes yeux.

Pouvoir continuer à me former à de nombreuses autres disciplines pour venir nourrir ma pratique est le second.

Bien entendu, pouvoir être une personne ressource pour des personnes souffrant de troubles alimentaires est pour moi une joie.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La difficulté principale : la pression. Il y a beaucoup de pression lors du lancement d’une activité libérale : celle du chiffre d’affaire, celle de l’environnement qui n’a pas forcément confiance en votre projet, celle qu’on peut se mettre soi-même…

Je ne sais pas si j’ai réglé la place de la pression 😉 en tous cas, ce qui m’a soulagée c’est la reconnaissance de la qualité de mon accompagnement par mes patients, mon réseaux de professionnels de santé… j’ai trouvé ma place et je continue à la faire grandir et rayonner.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Nous sommes de plus en plus nombreux et il n’y a pas de concurrence : la personne que vous êtes fait la différence 😉 ayez confiance en vous et spécialisez-vous. Pas forcément comme je l’ai fait en recevant uniquement des personnes souffrant de telle ou telle problématique. Mais en ayant un champ d’application qui vous passionne, dans lequel vous prenez beaucoup de plaisir à accompagner vos patients. Qui vous permettra d’être identifié comme accompagnant de qualité.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Dans les prochains mois, je vais proposer des formations en présentiel un peu partout en France pour aller à la rencontre de mes confrères et consœurs ayant suivi mes formations.
Je vais développer de nouvelles formations en ligne, ouvrir plus de créneaux pour les supervisions.
Je débute également la rédaction de deux livres : un destiné aux professionnels de l’accompagnement, un second pour les personnes souffrant de troubles alimentaires.

Quelques mots sur Omyzen ?

J’aime le fait que vos articles soient variés, avec des intervenants de tous milieux. Votre communication est claire et légère.

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

Comprendre et utiliser le mécanisme de transfert thérapeutique

Outil privilégié de la cure psychanalytique, le processus du transfert est un mécanisme qui se produit dans toute relation thérapeutique. Il est important de comprendre son fonctionnement pour mieux appréhender ce qui se joue dans la relation patient-thérapeute. Et pourquoi pas utiliser les informations qu’il met en lumière, pour faire avancer la thérapie, quel que soit notre discipline principale.

Qu’est-ce que le mécanisme de transfert ?

Le concept de transfert a été élaboré par Freud et constitue un des piliers de la psychanalyse. Il désigne ce processus par lequel le patient va reporter sur son thérapeute les désirs, les sentiments ou attentes inconscientes qu’il aurait eu pour ses proches, notamment ses parents, pendant son enfance et aurait refoulé. Utilisé premièrement dans le cadre de la cure psychanalytique, ce mécanisme a aussi été observé dans les relations entre patients et magnétiseurs, hypnothérapeutes et médecins et peut s’étendre à toute relation thérapeutique.

Toute personne a naturellement tendance à transférer ses désirs inconscients sur l’Autre

Freud explique que les relations humaines sont des terrains où se rejouent les problématiques inconscientes du passé et notamment les désirs sexuels non assouvis décrits dans la théorie du « complexe d’Oedipe ».

« La faculté de concentrer l’énergie libidinale sur des personnes doit être reconnue à tout homme normal. La tendance au transfert que nous avons rencontré dans les névroses (…) ne constitue qu’une exagération extraordinaire de cette faculté générale. »(« Introduction à la psychanalyse », S.Freud)

Le rapport patient/ thérapeute, une relation qui exacerbe le mécanisme de transfert

Pour Freud, le fait qu’une personne vienne consulter un thérapeute pour l’aider à résoudre ses difficultés affectives, psychologiques ou physique, la place dans une situation frôlant la dépendance et l’infériorité, qui renvoie à la situation dans laquelle l’enfant était quand il dépendait de ses parents pour sa survie matérielle et la satisfaction de ses besoins émotionnels. D’où la tendance à transférer encore d’avantage sur son thérapeute les affects qui nous lient à nos parents.

Le transfert, un obstacle à la thérapie ?

Dans un premier temps, Freud a considéré les sentiments amoureux ou haineux des patients envers leurs thérapeutes comme des résistances qui empêchaient le processus de guérison.

« Je veux parler du cas où une patiente, soit par de transparentes allusions, soit ouvertement fait comprendre au médecin que, comme toute simple mortelle, elle s’est éprise de son analyste. Cette situation comporte des côtés pénibles et comiques et des côtés sérieux… elle est si complexe, si inévitable, si difficile à liquider que son étude est depuis longtemps devenue une nécessité vitale pour la technique psychanalytique. »« Observations sur l’amour de transfert », 1915, Freud)

Cette notion de transfert est donc importante pour éclairer les comportements dérangeants de certains clients (lire Quand le patient dépasse le cadre et Thérapies manuelles : comment éviter les ambiguïtés ?)

Au fur et à mesure de son observation des mécanismes de transfert, Freud comprend que le fait de rejouer avec son thérapeute un conflit intérieur non réglé, un désir inconscient non manifesté, est l’occasion de désamorcer des tensions et de dénouer les symptômes. Il fait alors du transfert un outil majeur de la psychanalyse pour avancer dans la résolution des états pathologiques.

Comment manier le transfert pour en faire un outil thérapeutique ?

Freud appelle « maniement du transfert » la capacité du thérapeute à interpréter les symptômes, les comportements ou encore les rêves, lapsus, actes manqués, de son patient afin de comprendre les mécanismes inconscients qui les sous-tendent.

Les émotions et attitudes que votre patient va manifester à votre égard peuvent faire remonter à la surface des informations concernant son passé, son inconscient. Donc, quand vous observez une attitude ou des phrases particulièrement teintées d’affect à votre égard, observez bien la nature de ces manifestations, ce sont de pistes à creuser pour comprendre votre patient à l’aider et mettre en lumière et à désamorcer des scénarios qui ne favorise pas son plein épanouissement.

Exemple de situation :

Une patiente entre dans votre cabinet furieuse : « J’ai passé un quart d’heure à patienter dans la salle d’attente, vous trouvez ça normal de faire attendre les gens comme çà ?! »

  • Réaction de défense spontanée :

« Écoutez madame, désolée du retard mais la séance précédente a du se prolonger, vous n’êtes pas la seule patiente.» Il est probable que la patiente ne se sente pas écoutée dans ce qu’elle vit et que le thérapeute passe à côté d’une occasion de travailler la cause profonde de cette colère.

  • Réaction prenant en compte la situation transférentielle :

« Je vois que le fait d’avoir attendu vous a mis en colère, est-ce que d’autres situations de ce type vous ont fait souffrir auparavant dans votre vie ? » Et la patiente, se sentant reconnue dans ce qu’elle vit et en confiance, de rebondir sur des scènes d’enfance ou elle devait toujours attendre que sa mère ait finit de s’occuper de son grand frère handicapé, avant de pouvoir prendre soin d’elle et du sentiment d’injustice et d’abandon que cela lui provoquait…

La réaction du thérapeute : le contre-transfert

En réponse aux projections de son patient, le thérapeute va forcément avoir une certaine réaction. La réaction englobe les ressentis ou pensées que provoquent en soi l’attitude du patient (empathie, agacement, tristesse, pitié…) ainsi que les comportements qui en découlent. Elle révèle des informations sur le thérapeute lui-même, mais aussi sur le patient, dans la mesure où ce que le patient fait ressentir au thérapeute, il est probable qu’il le fasse ressentir à d’autres personnes de son entourage. La réaction du thérapeute peut être déterminante dans la réussite d’une thérapie. Par exemple, quand le patient projette une image maternelle sur sa thérapeute, qu’il lui exprime de la colère et que celle-ci est entendue, accueillie sans jugement, alors que ce n’était pas le cas avec sa propre mère, une blessure intérieure peut s’en trouvée peu à peu apaisée. D’où l’importance pour le thérapeute, d’avoir travaillé sur lui pour assainir ses propres problématiques, et de conscientiser ce qu’il vit, ressent et renvoie en séance, en tenant compte de ce mécanisme de transfert.

Quand le thérapeute transfert sur son patient

Le thérapeute est avant tout un humain et il se trouve qu’il peut lui aussi projeter sur ses patients des sentiments ou des désirs qui ne leur sont pas destinés en première intention. Il est important de d’observer avec vigilance et discernement les différentes émotions qu’éveillent en nous nos patients afin de démêler ce qui nous appartient et de le traiter, afin d’être le plus objectif possible.

Et vous, avez-vous en tête des exemples de situations pendant lesquelles vous avez pu observer le processus de transfert à l’œuvre dans votre relation thérapeutique ? Qu’en avez-vous fait ? Cela a-t-il desservi l’avancée du travail thérapeutique ou l’a-t-il fait avancé ? Partagez vos expériences avec la communauté Omyzen.

Et pour vous aider à être vigilant pendant vos séances, lisez : ACT: la Pleine Conscience au service de votre efficacité thérapeutique

Pour approfondir la question de la relation patient/thérapeute, vous pouvez aussi lire Créer une alliance thérapeutique efficace: la dimension affective

A lire également :

Relation patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement?

Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant?

Quand le patient dépasse le cadre

Les 12 commandements européens pour diminuer son risque de cancer

Les 12 commandements européens pour diminuer son risque de cancer

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Henri Pujol, Université de Montpellier

Il est moins connu que le programme Erasmus, grâce auquel des étudiants circulent partout en Europe. Mais il a sauvé des milliers de vies et mérite au moins autant l’attention: il s’agit du programme « L’Europe contre le cancer ». Une initiative ambitieuse qui poursuit encore aujourd’hui son œuvre de prévention à travers ses 12 commandements, le « Code européen contre le cancer ».

« Ne fumez pas », dit le premier commandement, dans la dernière édition du Code, réactualisé en 2014. Et ainsi de suite jusqu’au douzième.

  1. Ne fumez pas.
  2. Faites de votre domicile et de votre voiture un environnement sans tabac.
  3. Limitez votre consommation d’alcool.
  4. Adoptez une alimentation saine riche en fruits et légumes et en céréales complète. Limitez la viande rouge, les aliments riches en matières grasses, en sel, ou en sucre, et évitez la charcuterie.
  5. Gardez un poids de forme.
  6. Soyez physiquement actif dans votre vie quotidienne.
  7. Évitez les expositions excessives au soleil, surtout chez les enfants. Utilisez une protection solaire. N’utilisez pas d’appareil de bronzage.
  8. Prenez les mesures adéquates pour réduire votre risque d’exposition éventuelle au radon chez vous.
  9. Respectez les consignes de sécurité sur votre lieu de travail, pour vous protéger des substances cancérigènes.
  10. Pour les femmes : Si possible, allaitez vos enfants. Limitez les traitements hormonaux de la ménopause.
  11. Faites vacciner vos enfants contre l’hépatite B (nouveau-nés) et les papillomavirus (jeunes filles).
  12. Participez aux programmes de dépistage du cancer colorectal (hommes et femmes), du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus (femmes).

En France, 18 300 vies sauvées durant l’an 2000

Aujourd’hui, des travaux de recherche permettent d’estimer le nombre de vies sauvées grâce au Code. À comportements inchangés des citoyens et des pouvoirs publics, et compte tenu du vieillissement de la population, le nombre de décès annuel par cancer dans l’Europe des Douze entre 1985 et l’an 2000 aurait dû augmenter, passant de 850 000 à un peu plus de 1 000 000. Une étude d’impact effectuée en 2003 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) montre que la réduction du nombre de décès (en valeur corrigée des données démographiques) a été de 9.2 % sur cette période, un peu inférieure aux 15 % visés initialement. Ainsi, le Code a évité 92 500 décès par cancer en l’an 2000 dans l’Europe des Douze, dont 18 300 en France.

La force de ce programme de santé publique, très innovant à l’époque de son lancement, est symbolisée par sa tutelle. La Commission européenne, alors présidée par Jacques Delors, l’avait placé sous l’autorité du vice-président Manuel Marin en charge des Affaires sociales, et non pas sous l’égide du Commissaire à la recherche comme attendu pour un programme à forte dimension médicale. Ce fut un vrai changement de paradigme, impulsé par le président du Comité des experts cancérologues européens, le professeur Maurice Tubiana – décédé en 2013.

Pour la première fois, on informait solennellement tous les citoyens de l’Europe des Douze qu’ils pouvaient eux-mêmes, par un comportement volontariste, réduire leur risque de cancer – et la mortalité liée à cette maladie – avec une puissance d’impact comparable à celle des progrès dans les soins et la recherche en biologie. L’objectif visé était de modifier les attitudes dans la population, tandis que les pouvoirs publics adopteraient en parallèle les mesures adéquates pour prévenir les cancers et les détecter suffisamment tôt.

Des recommandations toujours pertinentes, 30 ans plus tard

Il est remarquable que, 30 ans après, les douze recommandations aient gardé toute leur pertinence et demeurent le socle, non seulement de la lutte contre le cancer, mais aussi de la lutte contre les maladies chroniques et dégénératives qui représentent environ les deux tiers des dépenses de soins dans notre pays.

Reprenons une par une les causes de cancer, à commencer par le tabac, première cause de décès évitable par cancer. Il était responsable de 47 000 (31.3 %) des 150 000 décès par cancers enregistrés en France en 2015, selon l’Institut national du cancer (Inca). Il n’est jamais trop tard pour s’arrêter de fumer, et d’enfumer les autres. Le tabagisme passif serait en effet responsable de 1 000 décès par cancer chaque année en France.

L’alcool, ensuite, représente la deuxième cause évitable de mortalité par cancer. Il cause 15 000 (10 %) décès par cancer. En cas de consommation de boissons alcoolisées, il faut en réduire la fréquence à quelques jours par semaine et limiter la quantité consommée à un maximum de 2 verres par jour pour les hommes et 1 verre par jour pour les femmes – certaines recommandations sont plus strictes encore.

L’alimentation, également. 20 à 25 % des cancers seraient dus à nos comportements alimentaires. Certains aliments constituent des facteurs de risque avérés, s’ils sont consommés en excès : viande rouge, charcuterie, sel, aliments très caloriques. En revanche, d’autres aliments réduisent les risques de cancer. Ainsi, il est conseillé de consommer chaque jour cinq fruits et légumes, et d’autres aliments riches en fibres comme les céréales complètes (pain, pâtes, riz complets) et les légumes secs (lentilles, haricots secs).

Trente minutes de marche rapide, cinq jours par semaine

Le surpoids et l’obésité sont des facteurs reconnus de risque, alors qu’une activité physique régulière diminue le risque de cancer. On recommande l’équivalent de 30 minutes de marche rapide, 5 à 7 jours par semaine.

Les expositions abusives aux UV, avec le soleil ou en cabine de bronzage, étaient à l’origine, en 2015, de 15 000 mélanomes ayant entraînés 1 800 décès. Il faut donc se protéger du soleil et se passer d’appareils de bronzage.

Le radon est le deuxième facteur de risque dans le cancer du poumon. Ce gaz radioactif naturel, présent dans le sol de certaines régions, peut se diffuser dans les habitations. En se renseignant auprès de son Agence régionale de santé, on peut savoir comment mesurer la teneur en radon de son domicile. Pour diminuer la concentration de ce gaz, une meilleure isolation du sol et une meilleure ventilation s’imposent.

Les cancers professionnels seraient à l’origine de 4 à 10 % des décès par cancer. Le respect des consignes de manipulation et la vigilance de la médecine du travail sont importants pour leur prévention.

Des traitements hormonaux de la ménopause à limiter

L’allaitement maternel réduit le risque de cancer du sein. En revanche, les traitements hormonaux de la ménopause l’augmentent et ne doivent être prescrits qu’en cas de troubles entraînant une altération de la qualité de vie et seulement sur de courtes périodes, avec un suivi médical régulier.

Enfin, consulter son médecin permet de savoir comment participer aux programmes de vaccination et de dépistage proposés par les autorités sanitaires.

Depuis 1988, les Ligues européennes contre le cancer se mobilisent pour mieux faire connaître ces mesures individuelles de prévention des cancers.

Aujourd’hui encore, l’Inca estime à 40 % la proportion de cancers qui pourraient être évités si tous les citoyens modifiaient en conséquence leur mode de vie. Le Circ, lui, évalue même ce taux à 50 % – la différence s’explique par le fait que les causes de la maladie ne sont pas encore toutes maîtrisées.

Dans l’Union, 24 pays ont lancé leur Plan cancer depuis l’an 2000. La France s’est dotée du sien en 2003. La lutte européenne contre le cancer se poursuit au sein du programme Santé de l’Union couvrant la période 2014-2020, doté de 450 millions d’euros. Son objectif : « Réduire de 15 %, à l’horizon 2020, le nombre de nouveaux cancers dans l’Union ». Là encore, la diffusion la plus large du Code est l’une des conditions pour que ce nouvel objectif soit atteint.



The Conversation

Michel Richonnier, économiste, ex-enseignant à Sciences Po et au Collège d’Europe à Bruges (Belgique), a participé à la rédaction de cet article.

Henri Pujol, Professeur honoraire de médecine à l’Université de Montpellier, Université de Montpellier

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Témoignage : Adeline Secco, réflexologue en Haute Savoie

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour je m’appelle Adeline Secco, je suis réflexologue à Annemasse en Haute Savoie.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

J’exerce la réflexologie en cabinet et occasionnellement à domicile depuis 2016. C’est mon activité principale !

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

J’étais diététicienne mais cela ne me plaisait pas, je suis partie dans la vente pendant plusieurs années avant de trouver ma voie. Cela n’a pas été très difficile de reprendre les cours car ma patronne a accepté de moduler mes horaires pour que je puisses faire ma formation.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Pour me faire connaître, j’ai fait des flyers, des cartes de visite, un site internet, les pages jaunes, une page facebook. Je suis même apparue dans un journal local mais tout cela n’a pas été très efficace lors de la première année.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Il y a un vrai contact avec les clients, c’est un métier très humain. Et il y a aussi de la fierté lorsque l’on aide toutes ces personnes, et que l’on voit les résultats.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Les débuts sont très difficiles, il faut se faire connaître et faire en sorte que les gens reviennent. Il y a aussi l’aspect financier qui entre en jeu, un cabinet coûte cher. Moi j’ai conservé un emploi à temps partiel, et je continue de me faire connaître par différentes campagnes de publicité.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Il ne faut pas s’inquiéter au début, chaque professionnel a rencontré des difficultés au départ. Mais cela ne doit pas être un frein car être son propre patron lorsque l’on fait un métier qui nous plaît, c’est tellement épanouissant.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

J’espère continuer sur ma bonne lancée, que mon activité continue à se développer et à terme être obligée d’embaucher une secrétaire 😉
Je suis très heureuse d’avoir fait ce choix de vie et je remercie mes proches de m’accompagner dans cette aventure.

Quelques mots sur Omyzen ?

Je trouve très bien qu’un site comme cela existe car il est très complet. Il y a des articles, les petites annonces etc… J’espère qu’il continuera à perdurer !

Témoignage : Audrey Fortier, thérapeute en analyse transgénérationnelle

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Audrey Fortier, j’ai 39 ans je suis mariée et j’ai un fils de 13 ans. J’habite à Reims. Je suis thérapeute en analyse transgénérationnelle.
J’aime la photographie, la lecture. Je pratique la méditation et la marche en pleine nature afin de contempler et me ressourcer!

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je pratique l’analyse transgénérationnelle et la psychophonie depuis deux ans, cabinet à Reims ou je me déplace à Paris et Metz.
De temps à autre, pour mon plus grand plaisir je suis maitre de stage dans des centres de vacances (Espace des Possibles ou Fais tes vacances)

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Auparavant j’étais conseillère commerciale pour un grand groupe. J’ai eu besoin de m’ouvrir, de devenir indépendante et surtout de donner du sens!

J’ai suivi deux formations à Paris, entre deux j’ai lu, j’ai complété avec des conférences et même des stages intensifs pendant l’été!

Ma plus grande difficulté? Ce fut de me décider! de franchir le pas. J’avais des responsabilités et je quittais un univers très confortable, ainsi que l’ensemble de mes compétences.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

J’ai d’abord parlé de ce que j’étudiais, puis distribué des cartes dans un réseau de thérapeutes (réflexo, kinésithérapeute, praticienne reiki, …)
J’ai par la suite ouvert une page professionnelle Facebook, et proposé des ateliers
Le site internet sert avant tout à se renseigner, à prendre des renseignements pratiques .
A présent le bouche à oreilles fait son œuvre…

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Je suis à ma place, je peux enfin être qui je suis ! L’ensemble de mes traits de personnalité sont utiles pour exercer : curiosité, enthousiasme, détermination, confiance, intuition, pugnacité…

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Ma difficulté? la patience! c’était parfois long pour moi!
Il m’a fallu apprendre la patience et l’endurance et je ne regrette pas !

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Oser! et je citerai la devise de la navigatrice Peggy Bouchet qui, pendant neuf heures durant est restée dans l’eau accrochée à son bateau en attendant les secours : « Oser toujours, céder parfois, renoncer jamais ». D’ailleurs elle a écrit un ouvrage éponyme si vous souhaitez vous nourrir de son inspiration !

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Mon prochain projet? L’école que je débute
J’ai envie d’ajouter une flèche « corporelle » à mon carquois
Je débute une formation en somatopathie qui va durer quatre ans
Travailler avec le corps pour dialoguer et libérer le patient ma parait incontournable

Quelques mots sur Omyzen ?

Le site est une belle ressource, les témoignages et surtout les petites annonces sont précieuses ! Merci!

Je suis à la disposition des débutants s’ils ont des questions. lorsque j’ai débuté le fait d’échanger avec des professionnels fut pour moi une source d’encouragements!

Comment les vagues de chaleur affectent notre santé

Comment les vagues de chaleur affectent notre santé

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La chaleur a une influence importante sur la santé.
PxHere

Rémy Slama, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)

Jusqu’à 39 °C prévus à Nîmes, 36 °C à Bordeaux ou à Voiron, 32 °C à Paris, 35 °C à Lyon, soixante-six départements en vigilance orange… Alors que débute le mois d’août, la France est touchée par une nouvelle vague de chaleur. Quinze ans après la terrible canicule de 2003, que peut-on dire des effets de ces épisodes météorologiques sur notre santé ?

L’été de la prise de conscience

Les conditions météorologiques quotidiennes telles que la température et l’humidité ont un rôle sur notre santé connu depuis longtemps, mais qui est apparu au grand public lors de la canicule de l’été 2003 : des températures supérieures à 35 °C furent alors observées par les deux tiers des stations de Météo France entre le 1er et le 18 août ; les températures maximales et minimales furent les plus élevées depuis 1950 ; la température nocturne resta élevée, supérieure à 25 °C à Paris pendant deux nuits consécutives, empêchant l’organisme de récupérer la nuit du stress dû à la chaleur diurne, tout ceci en conjonction avec des niveaux élevés de pollution par l’ozone.

Le 10 août, alors que l’épisode caniculaire avait déjà débuté depuis plus d’une semaine, un médecin urgentiste d’un grand hôpital parisien, le Dr Patrick Pelloux, tira la sonnette d’alarme dans les médias, annonçant que les urgences étaient débordées et travaillaient dans des conditions impossibles ; il parlait d’une hécatombe, citant le chiffre d’une cinquantaine de décès dus à la canicule. Les services funéraires indiquaient eux aussi qu’ils étaient dépassés. Des halles réfrigérées du marché de Rungis furent réquisitionnées pour servir en urgence de chambres mortuaires. Le 13 août, le plan blanc, qui permet la réquisition de médecins et de lits d’hôpitaux, fut déclenché par les autorités en Île-de-France.

Le ministère de la Santé démentit le 17 août l’hypothèse de 5 000 décès en excès alors annoncée par le Dr Pelloux, avant d’indiquer le 18 qu’un chiffre de 3 000 à 5 000 était finalement plausible. Le directeur général de la Santé fut contraint de démissionner. Le 20 août, un groupe de pompes funèbres faisait l’estimation que le nombre de décès en excès depuis le début du mois d’août était de l’ordre de 13 000, nombre que le gouvernement ne pouvait confirmer, appelant à la « prudence ».

Dans les faits, l’excès de mortalité en août 2003 par rapport à la moyenne des années précédentes a été d’environ 15 000 décès pour l’ensemble du pays. L’Île-de-France et de nombreuses villes ont été touchées, alors que les agglomérations de Lille et Le Havre ont été épargnées par la surmortalité. À l’échelle de l’Europe, le nombre de décès causés par la vague de chaleur de l’été 2003 serait de l’ordre de 70 000, ce qui en fait une des plus meurtrières de celles dont les effets sont documentés.

Une perte d’espérance de vie

L’amplitude de l’effet semble avoir dépendu de nombreux facteurs de l’environnement (îlots de chaleur urbains, densité d’espaces verts, climatisation…), sociaux et comportementaux. Il ne s’agissait pas que d’un déplacement à très court terme de la mortalité (c’est ce qui se serait passé si seulement des populations très sensibles ou atteintes d’autres pathologies avaient été touchées par la canicule, et si la surmortalité durant la canicule avait été compensée dans les semaines suivantes par une sous-mortalité. Une telle sous-mortalité par rapport à la moyenne n’a pas été observée dans les mois suivant la canicule). Une réelle diminution de l’espérance de vie a donc eu lieu.

La vague de chaleur de 1976 avait, elle, causé 6 000 décès en excès sur l’ensemble du territoire. Tous ces décès ne correspondent pas à des « coups de chaud » ou à une déshydratation forte, et ne sont donc pas identifiés comme étant dus à la chaleur par les certificats de décès (la situation est la même pour la pollution atmosphérique et la plupart des autres facteurs environnementaux). Beaucoup d’entre eux correspondent à ce qu’on peut voir comme la décompensation de pathologies sous-jacentes (cardiovasculaires, respiratoires, rénale…) : la vague de chaleur est le facteur supplémentaire qui déclenche la survenue d’un décès aux causes multiples.

Vagues de chaleur : des conséquences sur la santé longtemps sous-estimées

En France, cette canicule a confirmé ou révélé plusieurs choses fondamentales. La première est que la chaleur tue et peut le faire de façon conséquente – ce facteur « environnemental » n’était pas vraiment dans le radar des autorités sanitaires et environnementales. Aucune agence sanitaire ou service de l’État en lien avec la santé n’était alors, en France, réellement chargée de « surveiller » la survenue d’une canicule. Il n’y avait pas de coordination mise en place entre Météo France et une agence sanitaire, situation qui a depuis changé.

La deuxième est que la canicule ne touche pas que les sujets très fragiles et déjà hospitalisés, au contraire. Les trois quarts des décès ont eu lieu au domicile, pas à l’hôpital, probablement du fait que les sujets déjà hospitalisés étaient bien surveillés et hydratés par le personnel médical. La lutte contre la canicule est, dans notre pays, un problème de prévention – tant qu’on ne fragilise pas le système de soins. La situation suit la même logique chez les personnes vivant en maison de retraite. L’équipe d’Alfred Spira a montré que, parmi les personnes âgées vivant en institution, l’effet de la canicule avait été plus marqué chez celles en bonne santé que chez celles qui avaient une moins bonne santé avant le début de la canicule.

Troisième leçon : les autorités ne sont, alors, pas capables de suivre la mortalité de la population en temps réel. Ce sont les services des urgences, la police, les pompiers, les services funéraires, qui tirent la sonnette d’alarme, avec des estimations parcellaires et souvent, logiquement, loin de la réalité. La situation est différente au Royaume-Uni où, depuis le XVIIe siècle, les données de mortalité sont disponibles dans un délai inférieur à moins d’une semaine. Une douzaine d’années plus tard, la France n’a pas encore les moyens de suivre de façon exhaustive à l’échelle du territoire les décès en temps réel ou avec un décalage de l’ordre de la semaine ; le projet de certificat de décès électronique pourrait permettre d’améliorer la situation. Un système de suivi des décès appelé Sursaud, a été mis en place par Santé Publique France et permet une remontée rapide des données de mortalité pour environ 80 % de la population, en plus de la centralisation des données de 600 services d’urgence.

Face à la météo, toutes les populations ne sont pas égales

L’influence des conditions météorologiques ne se limite pas aux épisodes extrêmes, mais s’observe aussi durant les fluctuations saisonnières. On constate ainsi, en utilisant une approche par séries temporelles, une relation en U entre la température et la mortalité, avec une mortalité accrue aux températures les plus froides et les plus chaudes.

L’optimum thermique (généralement situé entre 15 et 25 °C), et donc les seuils à partir desquels le risque de décès augmente, varie selon les populations : les populations du sud de l’Europe, ainsi, sont plus sensibles aux effets du froid que celle du Nord, et celles du nord à la chaleur. Cela s’explique probablement par une adaptation de chaque population au climat local, passant par des modes de vie plus ou moins efficaces dans la protection contre le chaud ou le froid, en termes de chauffage, d’isolation, de protection contre le soleil, de solidarité…

Cela ne veut pas dire qu’on peut résister à tout. Quand on décrit l’influence de la température sur la mortalité en fonction de la distribution des températures dans chaque ville, on se rend compte que les habitants des villes américaines et de pays comme l’Australie commencent à souffrir (en termes de mortalité) de la chaleur quand celle-ci atteint les 10 % de températures les plus chaudes. En Espagne, en revanche, le risque de mortalité augmente bien plus tôt, dès que la température médiane (celle observée ou dépassée la moitié des jours estivaux) est atteinte. Nous reviendrons sur la question de l’adaptation aux vagues de chaleur. En outre, l’effet de la température sur la mortalité est modifié par l’humidité, qui a tendance à l’amplifier.

Les effets de la température sur la santé

Les mécanismes par lesquels la température influence la santé sont d’une part des effets biologiques sur l’organisme, d’autre part des effets sur l’environnement et enfin sur les comportements.

Concernant l’environnement et les comportements, le froid peut par exemple favoriser les intoxications par le monoxyde de carbone issu des chaudières, les traumatismes liés au verglas, ainsi que la transmission de certaines épidémies dues à des virus survivant mieux par le temps froid et sec typique de l’hiver.

Les effets biologiques plus directs concernent les systèmes cardiaque, respiratoire, endocrinien, immunitaire, nerveux. Des effets des facteurs météorologiques sur les issues de grossesse sont aussi plausibles. On sait notamment qu’une pression atmosphérique faible est un facteur de risque de petit poids de naissance ; cela est connu depuis longtemps, à la suite de la constatation que les enfants nés dans l’État du Colorado (dont une grande partie est en altitude, donc à une pression atmosphérique plus basse qu’au niveau de la mer) ont plus souvent un petit poids de naissance. Un effet des paramètres météorologiques, et en particulier de la température, sur le risque de naissance prématurée, a aussi été suggéré récemment.

Un mot concernant la prévention des effets sanitaires de la température : contrairement à la lutte contre la pollution de l’air, dans laquelle améliorer la qualité de l’environnement est difficilement contournable, on peut limiter une grande partie des effets de la température sur la santé en se contentant de protéger l’organisme, sans forcément toucher à l’environnement. Dans le cas de la lutte contre la canicule, rafraîchir le corps quelques heures par jour suffit à atténuer une grande partie des effets sanitaires. Les mesures de prévention préconisées vont en ce sens (s’hydrater, limiter l’exercice physique, sortir peu aux heures les plus chaudes).

Il est frappant de constater que, dans notre pays au moins, l’essentiel de ces mesures correspond à des préconisations individuelles ; il n’y a apparemment pas, aujourd’hui, de mesures destinées aux collectivités territoriales. Or celles-ci ont de nombreux leviers dans leurs mains : ouvrir les piscines de façon prolongée et à moindre coût, arroser les rues, rendre les lieux climatisés plus accessibles… De telles mesures sont complémentaires aux préconisations individuelles, et pourraient. On manque de recul sur les mesures qui sont les plus efficaces, mais certaines villes ont commencé à se doter de “plans canicule” (comme Grenoble), au-delà du Plan national canicule. Ces mesures semblent très majoritairement axées sur la prévention à court terme, alors que des actions à plus long terme pourraient aussi être utiles pour rendre nos sociétés plus résilientes aux vagues de chaleur : végétaliser davantage les villes et augmenter la réflexion des sols et toits, font partie des solutions mises en œuvre à l’étranger, et fournir aux collectivités un point complet sur la palette, l’efficacité et le coût des différentes options qui s’offrent à elles serait important.

S’adapter au changement climatique ?

Le changement climatique est susceptible d’entraîner une augmentation de la fréquence de tels événements climatiques extrêmes (vagues de chaud ou froid, tempêtes). Une tendance de la population française à mieux supporter les vagues de chaleur, depuis 2003, a été constatée. Cette adaptation s’explique probablement par des modifications des comportements vis-à-vis des personnes âgées et par d’autres changements dans notre société, plutôt que par des processus physiologiques. Elle ne signifie pas que les sociétés sont ou seront capables de compenser intégralement les effets du changement climatique passant par une augmentation de la fréquence des canicules ; surtout, il est très probable qu’elles ne le pourront pas toutes.

De premiers éléments laissent penser que l’aptitude à l’adaptation – la résilience des sociétés, des zones urbaines – face à la canicule varie effectivement d’une région à l’autre. Ces travaux suggèrent ainsi que, au cours de la période allant de 1993 à 2006, les villes du Japon ou des États-Unis sont devenues moins sensibles à la canicule, alors que ce n’est apparemment pas le cas des villes du Royaume-Uni. Des données couvrant l’ensemble du XXe siècle sont en particulier disponibles pour la ville de New York. Elles indiquent que l’effet d’une température de 29 °C un jour donné sur la mortalité correspondait à une augmentation de la mortalité d’environ 43 % dans les années 1900-1909 (avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 37 à 49 %). Cet effet a été divisé par cinq, baissant à 9 % (intervalle de confiance, entre 5 et 12 %), dans les années 2000-2009.

La climatisation ne sera pas la solution

Cette amélioration sensible de la résilience à New York au cours du XXe siècle semble être une bonne nouvelle. Elle a cependant, au moins en partie, été obtenue par la généralisation de la climatisation, du transport en véhicules particuliers (eux aussi climatisés) y compris sur de courtes distances. Près de 90 % des foyers américains sont climatisés, et les climatiseurs consomment de l’énergie (dont la production est source de gaz à effet de serre), et ont longtemps émis des gaz de la famille des CFC, qui sont des milliers de fois plus puissants que le dioxyde de carbone en termes de contribution à l’effet de serre, en plus d’endommager la couche d’ozone.

Les CFC ont été bannis des climatiseurs américains au milieu des années 1990, mais un grand nombre de ceux produits jusqu’en 2010 utilisent encore des gaz de la famille des HCFC, qui sont aussi de forts contributeurs à l’effet de serre.

Si ce qui rend la société américaine de plus en plus résiliente à la canicule est aussi ce qui contribue à faire d’elle celle qui émet le plus de gaz à effet de serre par habitant, alors il y a à craindre que le « modèle » ne puisse être transposé à l’échelle de la planète…


The ConversationCe texte est extrait du livre de Rémy Slama, Le mal du dehors, L’influence de l’environnement sur la santé, aux éditions Quae.

Rémy Slama, Directeur de recherche en épidémiologie environnementale, Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.