Parler en public: les 10 commandements contre le trac

Que ce soit pour une formation ou pour une intervention lors d’un séminaire, vous devrez sans doute prendre la parole en public. Cet article analyse le trac et vous livre 10 conseils pour le gérer efficacement.

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Boule dans le ventre, légers tremblements des mains ou des jambes, bouffées de chaleur et palpitations, des signes caractéristiques avant la prise de parole en public.
Paul Bergmeir/Unsplash

Antoine Pelissolo, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

« Je n’ai rien contre les psys, et pour cause ! écrit notre auteur, professeur de psychiatrie, en préambule de son livre « Vous êtes votre meilleur psy ! » (Editions Flammarion). Il a rassemblé dans cet ouvrage des principes dont l’efficacité est scientifiquement reconnue et que l’on peut appliquer par soi-même pour surmonter certaines difficultés. L’extrait que nous publions ci-dessous porte sur le trac en public.

À une jeune comédienne qui se vantait de ne pas avoir le trac avant de monter en scène, Sarah Bernhardt répondit sèchement : « Ça vous viendra avec le talent ! ». Comme quoi cette appréhension du public est bien inhérente à notre condition humaine, et peut témoigner de véritables qualités. D’autres personnalités étaient connues pour leur crainte de la scène ou des caméras : Frédéric Chopin, Ella Fitzgerald, Jacques Brel ou, dans un autre domaine, Steve Jobs.

Avoir le trac, c’est ressentir un certain stress, ou un stress certain, avant une prestation en public. Les symptômes sont assez classiques : boule dans le ventre ou dans la gorge, légers tremblements des mains ou des jambes à cause des muscles qui se tendent, bouffées de chaleur et, toujours, les fameuses palpitations. Ces sensations, en général légères et passagères, sont plus fortes chez certaines personnes, notamment les plus émotives. Il n’existe pas d’enquête très précise sur la question, mais on estime qu’environ une personne sur deux ressent le trac régulièrement dans les situations qui s’y prêtent.

La scène du crime

Qu’appelle-t-on « prestation en public » ? Évidemment, on pense tout de suite à une assemblée de 3 000 personnes, devant laquelle il faudrait prendre la parole… Une épreuve, voire un cauchemar, pour la plupart d’entre nous. Mais, avouons-le, ça n’est pas une situation très courante. On peut ressentir pourtant le même type de symptômes devant un groupe d’une vingtaine ou d’une trentaine de personnes : une classe d’école, une assemblée générale de copropriétaires ou d’association, une réunion professionnelle ou un petit public de théâtre ou de conservatoire.

L’éducation française donne peu l’habitude aux enfants et aux adolescents de parler en public. Les éléments déclencheurs du trac sont principalement le fait de se trouver au centre de l’attention d’un groupe, avec une tâche particulière et pas forcément facile à réaliser, comme un discours, un exercice, un morceau de musique, etc.

Même si ça n’est pas le cas, cette configuration est alors vécue comme une situation d’examen au cours de laquelle le public devient un groupe de juges. S’entrechoquent ainsi deux anticipations négatives : peur de mal faire et peur d’un jugement négatif de l’auditoire. L’appréhension est majorée par le fait que, dans ce type de situation formelle, la communication est unidirectionnelle : vous devez faire votre prestation, tandis que le public ne fait que vous regarder, sans échange et donc sans partage des efforts ni témoignage d’approbation (avant les applaudissements du moins !).

Ces craintes ne sont pas toujours consciemment présentes, et souvent les symptômes physiques du trac surviennent de manière automatique, échappant à toute tentative de raisonnement, comme tous les symptômes de stress.

Le pire, c’est avant !

Le trac s’exprime surtout avant le début de la prestation, dans les minutes ou les heures qui le précèdent. Tout se passe généralement beaucoup mieux si on vous donne la parole tout de suite, sans avoir eu le temps de « cogiter ». En revanche, vous vous souvenez peut-être de l’attente dans le couloir avant de passer votre premier oral du bac, en voyant défiler les camarades qui passaient avant vous, et sortaient de la salle d’examen en affichant une mine variable.

Les sensations sont les mêmes lors d’un tour de table au cours d’une réunion, ou dans l’heure précédant l’entrée en scène pour une représentation de théâtre ou de musique. Le corps s’affole un peu (le ventre, la chaleur, le cœur) et on ne peut rien faire car ce n’est pas encore le moment. Beaucoup de questions tournent alors en boucle dans la tête : « Vais-je être à la hauteur ? », « Comment sera le public ? », « Pourvu que je n’aie pas un trou de mémoire ! », etc. Sans réponse bien sûr puisqu’on n’y est pas encore.

Typiquement, le niveau de trac augmente progressivement jusqu’à atteindre son maximum lors du début de la prestation. Cela peut durer encore quelques minutes, mais rapidement les choses se calment : d’une part l’esprit est concentré sur le travail à réaliser et le corps joue le rôle prévu, donc il ne reste plus beaucoup d’attention à consacrer à autre chose, et d’autre part les questions sans réponses jusqu’à présent s’éteignent d’elles-mêmes. À moins d’une catastrophe, le fait de constater que vous vous en sortez correctement, qu’aucun spectateur ne se lève en vous jetant des tomates (ce qui devient rare de nos jours…), et que vous maîtrisez donc la situation, permet de désamorcer le trac.

Après quelques minutes de présentation, généralement, le trac diminue voire disparaît.
teemu paananen/unsplash

Une certaine tension peut durer pendant toute la « séance », témoin d’une vigilance accrue et d’une motivation à bien faire, mais elle n’est en général ni gênante ni vraiment pénible. Et elle se transforme en soulagement, voire en vraie euphorie, quand l’exercice se termine. Ouf, ça n’était que cela ! Mais dommage de devoir passer par ce couloir sombre du trac avant de voir la lumière de la réussite…

Les dix commandements anti-trac

Voici dix conseils à suivre pour que ce tunnel devienne de moins en moins long et pénible au fur et à mesure.

1. Déculpabilisez

Chassez de votre esprit l’idée que le trac est un signe de faiblesse ou d’incompétence. Plus de la moitié des adultes se plaignent de ressentir un trac excessif avant une prestation en public, vous n’êtes donc pas seul, et personne ne vous considérera comme un extraterrestre si on vous sent un peu ému dans ce type de situation. Le trac est avant tout un signe de motivation, d’envie de bien faire et une marque de respect pour l’auditoire. Rien de pire qu’un étudiant qui vient passer un examen oral les mains dans les poches, sans aucune attention portée à sa présentation et à l’attitude des examinateurs.

2. Évitez de surestimer les enjeux de la situation

En dehors de moments exceptionnels (oral décisif dans un concours, entretien d’embauche pour un poste important, etc.) pour lesquels on est généralement très entraîné, la plupart des réactions de trac surviennent dans des situations qui ne sont pas gravement déterminantes. Même si vous être très motivé par le but à atteindre, essayez de répondre objectivement aux questions suivantes : si je ne suis pas parfait, est-ce si important ? Même si je rate cette fois-ci, est-ce vraiment ma dernière chance ? Que se passerait-il réellement si tout ne marchait pas comme je le souhaite ? Pensez à ce que vous diriez à votre meilleur ami dans la même situation. Vous verrez vite qu’il est possible de relativiser, pour éviter de vous mettre une pression digne de celle d’un tireur de penalty en finale de la coupe du monde…

3. Préparez correctement vos interventions

Cela peut paraître une évidence mais autant le rappeler malgré tout. Le trac est en grande partie lié à la nouveauté d’une situation difficile et à un manque de confiance dans ses capacités à la gérer. Le seul moyen de réduire ces deux facteurs est de bien maîtriser son sujet : réviser, relire, approfondir, etc. Et, surtout, s’entraîner à le présenter, soit seul soit avec des spectateurs bienveillants. Plus vous aurez automatisé certaines aptitudes, plus vous aurez confiance en vous, et plus votre esprit pourra se concentrer sur les points sensibles lors de la situation réelle. Donc, répétez, répétez et répétez encore, sans honte car même les professionnels travaillent ainsi, en s’aidant si besoin d’enregistrements audio ou vidéo.

S’il s’agit d’un discours ou d’une intervention orale, même si vous ne préférez pas apprendre l’ensemble de votre texte par cœur, mémorisez malgré tout quelques passages clés, comme la première phrase, la dernière et quelques articulations importantes. Vous ne les restituerez pas forcément de manière exacte, mais vous serez rassuré par ce filet de sécurité pour les phases essentielles de votre présentation ; ce sont celles que le public retiendra d’ailleurs en priorité.

4. Apprenez à utiliser votre respiration comme un calmant naturel

L’avantage de cet anxiolytique est qu’on peut l’avoir toujours sur soi ! Et, ce qui ne gâche rien, il n’a aucun effet secondaire.

L’objectif est de vous concentrer durant deux minutes sur votre respiration, en essayant de la rendre lente et plutôt contrôlée par le « ventre » (les muscles de l’abdomen agissent directement sur le diaphragme et donc les poumons). Inspirez lentement, pas trop profondément, puis prenez bien conscience de l’expiration, en soufflant lentement par le nez ou par la bouche peu ouverte. À chaque expiration, percevez le relâchement des muscles du corps qui l’accompagne. Positionnez une main sur votre ventre pour bien sentir les mouvements de l’abdomen, et les amplifier si besoin. En vous entraînant régulièrement à froid à ce petit exercice, vous pourrez l’appliquer facilement à chaud, notamment dans les phases de préparation et d’attente avant la prise de parole.

5. Visualisez la scène mentalement avant qu’elle ne commence

Concentrez-vous uniquement sur vos propres actions : je dis ceci, je prends cela, je fais ça, je parle à untel, etc. À la manière d’un skieur qui visualise sa descente et chacun des virages les yeux fermés avant de se lancer sur la piste. Cette répétition virtuelle vous rassurera sur votre connaissance du sujet, et vous évitera les pensées parasites stressantes.

6. « Forcez le passage » avec des images positives

Durant l’attente, vous pouvez visualiser un souvenir précis de réussite dans un exercice similaire antérieur, ou les encouragements ou compliments de vos amis. Il ne s’agit pas là de vous convaincre que vous êtes le (ou la) meilleur(e), mais simplement d’occuper le terrain pour chasser la propagande négative de votre anxiété. Comme sur un ordinateur, il n’y a de la place que pour un seul « fond d’écran » dans votre esprit, donc faites en sorte qu’il vous soit favorable. Utilisez les minutes d’attente pour vous créer une image mentale favorable, par exemple en visualisant vos proches vous encourageant et affirmant qu’ils adorent ce que vous faites. Quitte à forcer le trait, il vaut mieux que vous commenciez votre intervention dans un climat intérieur optimiste plutôt que pessimiste.

7. Pendant votre intervention, concentrez-vous sur le contenu de votre action

C’est la condition essentielle de la réussite, puisque votre auditoire s’intéresse avant tout à ce que vous avez à lui dire ou à lui montrer. Donc au moins 80 % de votre concentration doit porter sur votre discours ou votre action. Il vous faut réserver 10 à 20 % de votre attention sur deux autres points : votre expression non verbale (votre position, regarder le public, sourire, parler fort et distinctement, etc.) et l’attitude du public (repérer par exemple une incompréhension manifeste ou une demande particulière).

Cette tâche supplémentaire est difficile, car on ne passe pas aisément d’une cible à l’autre sans perdre le fil de ses actions, mais j’insiste sur le fait que la priorité reste le contenu de votre prestation. Entre chaque paragraphe ou entre chaque séquence de votre intervention, vous pouvez donc faire un bref focus, de quelques secondes, sur votre manière de parler ou de sourire, et sur le public. Mais ne placez pas la barre trop haute sur ces points qui ne sont pas les plus importants. Ils participent à la qualité globale de votre prestation mais de manière partielle, et ils s’amélioreront mécaniquement avec l’entraînement et l’habitude.

8. Choisissez dès le début quelles personnes vous allez principalement regarder

Dans une grande assemblée, il est important de regarder souvent le public, mais il n’est pas indispensable ni facile de regarder chaque personne avec la même intensité. Choisissez donc quelques visages qui vous paraissent sympathiques, parce que vous les connaissez ou parce qu’ils semblent souriants et bienveillants, et tournez-vous vers eux à tour de rôle (sans les fixer en permanence bien sûr). Essayez aussi de balayer régulièrement les différentes parties du public, afin que personne ne se sente exclu de votre intérêt et finisse par ne plus vous suivre. Pour cela, sélectionnez des visages « cibles » relativement dispersés dans l’assemblée, ou au moins regardez vers le fond de la salle si vous avez du mal à repérer les personnes directement.

9. Si la situation s’y prête, n’hésitez pas à dire quelques mots sur votre trac en début de prestation

C’est le meilleur moyen de dédramatiser ce sujet probablement un peu tabou pour vous, voire d’en sourire. En effet, vous n’aurez ainsi plus besoin de le dissimuler au public, puisqu’il sera déjà au courant ! Et personne ne vous en voudra d’être un peu stressé lors d’un exercice de ce type. Vous pouvez préparer des formules comme « Je suis toujours un peu stressé quand je dois monter en scène ! », ou encore « Vous m’impressionnez beaucoup, je suis très ému de vous parler, n’y prêtez pas attention… »

10. Évitez l’autodénigrement à la fin de l’intervention ou après

Après un exercice relativement difficile, vous risquez toujours de vous trouver médiocre ou moyen. Mais ce jugement négatif ne fera que vous déstabiliser pour la fois suivante, et vous aurez déployé beaucoup d’efforts pour rien. Pour faire baisser votre trac, repérez objectivement et gardez en mémoire après chaque prestation les éléments qui se sont bien passés, il y en a forcément.

Osez !

En vous exerçant régulièrement et en suivant ces conseils, votre trac devrait vite diminuer et quasiment disparaître. Pour ne pas perdre la main, prenez le parti de vous exposer au public le plus souvent possible, en osant surmonter votre petite inhibition initiale. Vous verrez, vous y trouverez probablement du plaisir.

Si vous ne parvenez pas à appliquer ces conseils dans les situations naturelles de votre vie, vous pouvez choisir de créer des conditions plus favorables et plus régulières. Il peut s’agir de vous inscrire à des cours de théâtre ou à une autre activité artistique, ce qui vous permettra de vous entraîner devant de petits publics initialement sans pression particulière puisque dans le cadre d’un apprentissage. Les cours de chant et les chorales sont également d’excellents moyens de combiner une activité plaisante et épanouissante, la rencontre d’autres personnes, et l’expression de soi, facilitée par le fait au début de ne pas être « seul en scène ». Il existe aussi des cours spécifiques de prise de parole en public, avec un coaching et une entreaide très utiles entre les participants.

The ConversationEnfin, si le blocage est plus sérieux et que votre peur de la scène ou du public est trop forte et vous empêche de vous épanouir, c’est peut-être que vous souffrez d’une anxiété sociale excessive. Il s’agit d’une angoisse phobique qui ne permet pas d’appliquer complètement les conseils des dix commandements anti-tracs, ou qui les rend inefficaces car le stress est trop intense et occupe trop de place dans l’esprit. La phobie sociale est un trouble fréquent, qui touche près de 5 % de la population, et qui apparaît généralement dans l’enfance ou l’adolescence. Elle peut s’atténuer progressivement, mais son impact sur la qualité de vie et sur les activités personnelles et professionnelles est important. Il est donc préférable de se faire aider par un professionnel pour en venir à bout, d’autant que les méthodes des thérapies comportementales et cognitives sont très efficaces pour cela.

Couverture du livre, paru le 1er novembre 2017.
Flammarion, Author provided

Antoine Pelissolo, Professeur de psychiatrie, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

5 rituels du matin qui peuvent radicalement améliorer votre forme

Prendre soin des autrescommence par prendre soin de soi. De votre forme dépend aussi indirectement celle de vos patients. Le matin est un moment idéal pour s’occuper de soi: parce que les gestes et votre état d’esprit du matin peut déterminer celui du reste de votre journée et parce que le rythme effréné de la journée n’a pas encore commencé. Voici 5 rituels intéressants et faciles à mettre en oeuvre.

1. Boire un verre d’eau chaude au citron

Boire un verre d’eau chaude avec du citron à la première heure le matin est un excellent moyen de mettre votre système digestif en mouvement. Préférez de l’eau tiède pour que ce ne soit pas un choc pour votre système dès le matin. Le citron aidera à préparer votre système digestif pour les repas à venir, et rendra l’eau plus savoureuse. Vous pouvez ajouter un peu de miel si vous voulez réduire l’acidité.

2. Réveillez-vous plus tôt

C’est très important. Si vous avez l’habitude de vous coucher tard pour profiter du calme et avoir du temps pour vous, essayer simplement de prendre ces moments le matin. C’est bien plus agréable et la différence pour votre corps sera perceptible.

3. Faites des étirements

Si vous ne faites pas d’exercice régulièrement, nous vous recommandons de commencer avec quelques étirements le matin jusqu’à ce que cela devienne une habitude, puis de faire du yoga ou d’autres exercices plus exigeants lorsque vous commencez à vous en sentir capable. Si vous n’avez que quelques minutes, faites quelques minutes. Vous allez rapidement prendre cette habitude et pouvoir vous étirer plus longtemps. En tous les cas, vous sentirez très facilement la différence dans votre corps: un sentiment de circulation, de légèreté … un vrai bien être dont il vous sera ensuite difficile de vous passer.

4. Faites des exercices de gainage

Le mal au dos est un des maux du siècle. Mauvaises habitudes posturales, changement de rythme de vie, posture assise prolongée … En réalité mon expérience me prouve que 80% de ces douleurs sont dues tout simplement à une musculature du dos insuffisante pour soutenir notre colonne vertébrale. Consacrer quelques minutes tous les jours à faire des exercices de gainage simple (la planche par exemple) est sans doute l’un des meilleurs investissements que vous pourrez faire. J’en ai personnellement fait l’expérience avec une discopathie devenue quasiment totalement indolore grâce à ces petits exercices quotidiens.

5. Rebondissez 100 fois

Rebondir sur un mini-trampoline est l’exercice parfait du matin. Tout à la fois très peu impactant sur les articulations, excellent pour le cardio, le renforcement musculaire, la circulation sanguine … Le matin cela vous permet de vous dynamiser pour pouvoir pourquoi pas faire l’impasse sur la deuxième tasse de café … un exercice littéralement « magique » à répéter aussi souvent que possible. Personnellement j’ai un petit trampoline dans mon jardin que j’utilise le matin face au lever du soleil …

6 . Méditez pendant quelques minutes

Surtout si vous traversez une période assez agitée, n’hésitez pas à prendre quelques minutes le matin pour méditer, c’est à dire simplement par exemple vous centrer sur l’observation de votre respiration naturelle. Pensez aussi à intégrer quelques minutes pour poser des intentions positives: de la bienveillance pour votre entourage et pour vous-même, vous reconnecter à ce qui compte pour vous, visualiser vos objectifs … cette petite routine vous installera progressivement dans un état d’esprit épanouissant et plus en phase avec vos aspirations profondes.

Source

Activité libérale: comment vaincre la procrastination

[dropcap]V[/dropcap]ous êtes à votre compte. Vous n’avez pas de patron pour vous dire ce que vous devez faire … ah ! liberté chérie … mais avec cette liberté peut venir un problème insidieux : la procrastination. Vous remettez toujours à plus tard ce que vous devez faire en laissant des tâches sans importance vous éloigner de l’essentiel … et vous vivez toute la journée avec ce sentiment désagréable teinté d’angoisse et de culpabilité. Il existe de nombreuses techniques efficaces pour cesser de procrastiner. Je vous en livre 10 parmi lesquelles vous devriez trouver celle qui vous correspond le mieux. Alors … ne remettez pas la lecture de cet article à demain !

1 – Faire une to do liste

C’est le classique parmi les classiques mais qui peut se révéler redoutablement efficace. Personnellement je ne peux pas m’en passer. Ecrire noir sur blanc les tâches à réaliser est un excellent moyen de se libérer l’esprit, de faire baisser son angoisse et de faciliter le passage à l’action !

Vous pourrez compléter l’approche to do liste avec la méthodologie GTD: Getting Things Done qui est un best seller de productivité « sans stress ». Elle apporte plusieurs sophistications à l’approche to do liste. Ci-dessous quelques éléments structurants :

  • Vous réalisez toute de suite sans les noter les tâches nécessitant moins de 2 minutes afin de ne pas encombrer votre esprit et votre liste
  • Dans le choix des actions que vous réalisez, vous prenez en compte les 4 critères ci-dessous:
    • Contexte: l’endroit où l’on se trouve, les outils disponibles, les limites et possibilités de l’environnement.
    • Temps disponible: le temps libre avant la prochaine obligation, le temps estimé de la réalisation de chaque prochaine action listée.
    • Énergie physique et mentale: l’énergie dont on dispose, et les actions qui s’accordent à cette vigueur.
    • Priorité: pour les différentes actions réalisables au vu des trois critères précédents, laquelle a le plus d’importance.

Bémol : cette approche requiert beaucoup de rigueur …

2 – Essayez l’hypnose

L’hypnose peut très bien fonctionner pour diminuer votre tendance à procrastiner. Il ne vous reste plus qu’à trouver un bon thérapeute 😉

3 – Chassez les sources de distraction

N’hésitez pas à éteindre votre téléphone, à fermer certaines fenêtres de votre ordinateur … minimisez les risques de distraction qui peuvent devenir autant de prétextes pour ne pas agir.

4 – Visualisez

Les athlètes le font car nous sommes plus efficaces et moins stressés quand nous devons réaliser une tâche que nous avons déjà visualisée.

5 – Faite le bilan de votre non action

Très pragmatiquement, si vous n’agissez pas c’est que vous tirez un bénéfice supérieur dans la non action que dans l’action.

Prenez donc le temps de lister concrètement ce que vous perdez à ne pas agir immédiatement et ce que vous gagneriez à le faire.

6 – Vaincre la peur de l’échec : il n’y a pas d’échec, il n’y a que des apprentissages

Devenez curieux de ce que vous allez apprendre en passant à l’action, même si vous n’atteignez pas tout de suite votre objectif. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Quand on interrogeait Edison sur ses milliers de tentatives échouées d’améliorer l’ampoule électrique il répondait qu’il n’avait pas échoué, mais qu’il avait simplement trouvé des milliers de façons de ne pas inventer l’ampoule électrique !

7 – Transformez la montagne en caillou

Ne vous laissez pas paralyser par l’ampleur de la tâche. Toute ascension d’un sommet commence par un pas. En faisant quotidiennement de petits pas vous serez surpris de ce que vous aurez accompli après quelques temps.

8 – Soignez vos conditions de travail

Ne négligez jamais l’impact que peuvent avoir des conditions de travail inadaptées sur la procrastination. Analysez votre environnement et demandez-vous ce qui pourrait rendre votre travail plus agréable et plus productif.

9 – Renforcez votre motivation !

Vous venez de réaliser une action même anodine ? Félicitez-vous ! L’idéal étant d’associer des mots et un geste dans un comportement qui doit devenir un rituel. Vous pouvez par exemple penser à l’action réalisée et prononcer « bravo !» en serrant le poing et en souriant. Cela ancrera cette satisfaction dans votre corps et vous poussera inconsciemment à la retrouver plus souvent, donc à passer plus souvent à l’action !

10 – Reconnectez-vous à vos valeurs

Etre connecté à ses valeurs est un facteur important de motivation intrinsèque. Prenez le temps dans la journée de penser à la raison pour laquelle c’est important pour vous de réaliser ces tâches. Par exemple si vous repoussez une inscription à une formation ou la lecture d’un livre, pensez que cela vous permettrait de devenir encore plus efficace pour mieux soigner vos patients. Dès lors vous n’agissez plus « parcequ’il le faut » mais parceque c’est important. Ce changement de perspective amplifie largement votre motivation.

Cet article vous a plu ? Vous pensez qu’il peut être utile à d’autres champions de la procrastination ? N’hésitez pas à le partager. Faites-nous également profiter de votre expérience et de vos techniques pour vaincre la procrastination. Omyzen est VOTRE site.

Consultez aussi …

Vous devez parler en public ? Prenez connaissance des motivation intrinsèque

Les rituels du matin qui peuvent améliorer votre forme

Choisir le lieu d’exercice: cabinet ou domicile ?

Vous en rêviez et le grand moment approche enfin : vous allez vous installer et devenir thérapeute libéral. C’est excitant mais vous devez répondre à de nombreuses questions très concrètes: choisir le lieu d’exercice, fixer votre tarif, créer – ou pas – un site internet … ?

Dans cette série d’articles, je partage avec vous mon expérience personnelle ainsi que les nombreux retours d’expérience de mes collègues. Le premier article de cette série concerne spécifiquement le choix du lieu d’exercice avec cette question classique: louer un cabinet à l’extérieur ou commencer à recevoir à domicile ?

C’est une question effectivement importante. Et même s’il n’existe pas de « recette » magique, je partage avec vous quelques sujets de réflexion pour vous aider dans votre décision.

Pourquoi je vous déconseille de recevoir à domicile

Un cabinet coûte plusieurs centaines d’euros par mois ce qui représente – surtout au début – un énorme investissement. La recherche peut être longue et vous ne savez peut-être pas exactement ce qu’il vous faut … alors vous demandez-vous : pourquoi ne pas recevoir dans un premier temps à domicile ? Après tout cela présente de nombreux avantages : la rapidité d’installation, une proximité très pratique, la gratuité, etc.Cette solution du « cabinet à domicile » est donc logiquement très tentante pour de nombreux débutants.

Pourtant, la plupart de ceux qui ont tenté cette expérience en sont rapidement revenus. Voilà les inconvénients principaux qu’ils ont rencontré:[checklist]

  • Le manque de crédibilité:les thérapies alternatives traînent déjà une image d’amateurisme voir de charlatanisme qui peut être facilement renforcée par le fait de recevoir à domicile. Surtout lorsque le patient est obligé de traverser votre salon jonché de jouets d’enfants avant d’aller s’installer dans cette petite pièce du fond de la maison … Un problème qui n’existe pas si vous avez une pièce avec une entrée séparée ce qui vous permettra de vous prémunir de ce genre de risques.
  • L’isolation phonique : cette contrainte est à prendre très au sérieux. On l’associe souvent uniquement au risque d’un environnement bruyant qui viendrait perturber la séance. Mais j’ai déjà planté une séance silencieuse parce que mon patient craignait d’être entendu par un tiers. Une pièce à côté de votre salon témoin des aller-retours de votre conjoint est donc également à proscrire.
  • Le cloisonnement entre votre vie perso et votre vie pro:à la maison, nous avons toujours tendance à être rattrapé par des tâches quotidiennes. Ces tâches peuvent vous déconcentrer et rapidement empiéter sur le temps consacré au développement de votre activité. Donc à moins d’être particulièrement rigoureux(se), attention à la dispersion !
  • Le cadre de la thérapie: il est important de conserver un cadre thérapeutique clair dans lequel votre intimité n’a aucune place. Passer devant un mur recouvert de vos photos de familles, voir un patient commenter les titres de votre bibliothèque … tout cela n’est pas adéquat dans la plupart des thérapies.
  • L’impact sur le processus de transfert:le transfert, ce mot vous dit forcément quelque chose. C’est ce mécanisme qui a été étudié par la psychanalyse et qui est considéré comme indispensable au processus thérapeutique. Il permet au patient de projeter sur son thérapeute des sentiments refoulés ce qui lui permet de les revivre, de les conscientiser pour mieux s’en débarrasser. La neutralité du thérapeute favorise cette mécanique. Recevoir à son domicile est dans ce contexte fortement contrindiqué.
  • Une limite à votre engagement:recevoir à son domicile et ne pas prendre de cabinet peut nuire à votre motivation. Une étude de psychologie a en effet démontré que lorsque nous avons un « plan B » (dans ce cas le fait de ne pas payer de loyer), et bien nous avons statistiquement moins de chance de réaliser le « plan A ». La prise de risque est un puissant facteur de motivation intrinsèque qui maximise vos chances de réussite.[/checklist]

Voilà pour le verre à moitié vide. Par ailleurs s’installer en cabinet peut vous apporter de très nombreuses opportunités notamment lorsque plusieurs cabinets sont regroupés.

Les regroupements de cabinet ou les cabinets partagés: faites jouer les synergies

[checklist]

  • Sortir de la solitude: être entouré de thérapeutes qui sont dans la même situation que vous permet de discuter, de se changer les idées, de se soutenir ou de partager des informations utiles … Ne sous-estimez surtout pas cet apport essentiel à votre motivation et à votreéquilibre psychologique. Ce n’est pas évident d’être seul toute la journée quand on enchaîne les séances « chargées ». Par ailleurs – et c’est le cas dans toute création d’entreprise – le fait de pouvoir échanger sur votre activité et vos difficultés améliore significativement vos chances de succès.
  • Le partage de clientèle:vous pourrez facilement envoyer un patient à votre collègue qui exerce une discipline complémentaire et qui n’hésitera pas à vous rendre la pareille … Par ailleurs les patients de vos collègues verront votre plaque, pourront lire votre flyer en salle d’attente … ils seront donc naturellement plus en confiance pour venir vous consulter puisque vous être indirectement « associés » à un lieu et à un thérapeute qu’ils connaissent déjà. Là encore ne sous-estimez pas cet apport qui sera très souvent la source de vos premiers clients.
  • La crédibilité: comme nous l’avons évoqué plus haut, si vous recevez en cabinet, avec une plaque professionnelle au mur, entouré d’autres thérapeutes, vous bénéficierez naturellement d’une crédibilité souvent décisive dans le choix de vosfuturs patients de vous consulter.[/checklist]

S’installer dans un cabinet individuel ne permet pas de faire jouer ces synergies mais présente d’autres avantages très intéressants.

Le cabinet individuel: l’avantage de la personnalisation

[checklist]

  • Vous n’avez pas les contraintes du « voisinage ». Au sein des cabinet partagés, j’ai déjà entendu des histoires plutôt surprenantes de comportement de thérapeutes arrachant les affiches de leurs collègues qu’ils considéraient comme des « concurrents » …
  • L’effet « pas de porte »:si vous prenez la suite d’un thérapeute (surtout dans la même discipline que vous), vous bénéficierez indirectement de sa clientèle … et de sa réputation ! (renseignez-vous bien avant de vous engager)
  • La possibilité de choisir sa zone d’implantation: située par exemple en pleine centre ville alors que vous habitez à la campagne, possédant des facilités d’accès (parkings, transports en commun) … Je vous conseille à ce propos de bien vous renseigner avant de choisir votre zone d’implantation: attention notamment aux zones désertées par les thérapeutes … cherchez à savoir si il n’y pas une bonne raison à cela !
  • La personnalisation:vous êtes seuls, vous allez donc pouvoir aménager votre cabinet très exactement comme vous l’entendez. C’est important aussi de se sentir bien dans son lieu de travail.
  • La crédibilité: en cabinet individuel vous n’êtes pas entouré d’autres cabinets. Il est donc crucial pour vous d’accentuer volontairement votre image de sérieux et de « professionnel de la santé » par le choix des magazines mis à disposition, des affiches, des flyers d’information, en affichant vos diplômes au mur et en recouvrant vos étagères de livres très épais et très sérieux … Cela peut sembler superficiel mais vous rendez en réalité un grand service à vos patients en leur faisant profiter à fond de l’effet placébo directement corrélé à la perception que les patients peuvent avoir de leur médicament … ou de leur thérapeute ! Vous avez sans doute entendu parler de ces études qui ont constaté que la taille et la couleur des placébos jouaient un rôle dans leur efficacité !? Et bien pour les thérapeutes et les cabinets c’est pareil : une étude a ainsi montré que le costume-cravate était la tenue la plus « efficace » … et Milton Erickson disait que la célébrité lui avait grandement facilité la tâche avec ses patients pour les mêmes raisons.[/checklist]

En résumé …

Ne choisissez l’option « domicile » que si:[checklist]

  • la pièce de consultation est bien isolée du reste du logement : accès séparé, isolation phonique notamment. Elle ne doit pas permettre au patient de rentrer dans votre intimité surtout si vous exercez dans des disciplines touchant à la « psychologie » des patients
  • vous êtes une personne plutôt rigoureuse : vous gèrerez plus facilement la séparation entre votre vie privée et votre vie pro
  • vous n’êtes pas isolé(e) socialement : le métier de thérapeute est un métier solitaire ou vous êtes largement confrontés à la souffrance humaine … croyez-moi, vous aurez besoin de soutien surtout à vos débuts ![/checklist]

J’espère sincèrement que ces quelques éléments vous aideront dans ce choix important et très personnel.

J’ai oublié certains points ? Vous n’êtes pas d’accord ? Vous avez une expérience à partager ? Des questions spécifiques à poser ? Utilisez les commentaires sous l’article pour échanger avec la communauté des thérapeutes. Omyzen a été créé pour vous et c’est votre espace, alors occupez-le !

PS : certains m’ont posé la question du déplacement au domicile des patients. Pour moi cette solution est sans doute l’une des pires sauf bien sûr en cas de mobilité réduite du patient. En effet pour un patient le fait de sortir de son contexte quotidien, de rencontrer un tiers « neutre » sur un terrain « neutre », de participer à une forme de « rituel » de soin en se rendant au cabinet sont autant d’éléments essentiels à l’efficacité thérapeutique dont vous prive en grande partie cette solution … Je vous la déconseille donc fortement.

[author image= »https://blogsante.omyzen.com/wp-content/uploads/2017/11/DSC_0149-moyen.jpg »] Julien est co-fondateur de Omyzen. Il exerce une activité d’hypnothérapeute dans le Sud de la France et anime des stages, des formations autour de la méditation de Pleine Conscience, de la thérapie ACT et de la thérapie des schémas. Il est aussi passionné par « l’entrepreneuriat du coeur » ce qui l’a amené à créer Omyzen [/author]

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