Thérapeute alternatif: les difficultés de la reconversion

La plupart des thérapeutes alternatifs sont des « reconvertis ». Ils ont fait le grand saut et quittent un job souvent plus sécurisant pour se lancer dans l’aventure de la thérapie alternative. Leurs motivations sont variées : passion dévorante pour une discipline, quête de sens ou de liberté, plus prosaïquement besoin de créer sa propre activité au-delà d’un certain âge ou pour des raisons d’isolement géographique dans un bassin de l’emploi atone.

Quelques soient ces raisons cette décision est souvent difficile à prendre car elle provoque des changements structurants dans nos vies.

Omyzen écrit cet article qui met volontairement l’accent sur les difficultés du métier pour challenger votre démarche et vous donner quelques pistes de réflexion.

Le mythe de la liberté du thérapeute

Une des motivations des thérapeutes alternatifs en herbe est la liberté que procurerait cette activité. C’est vrai mais uniquement pour ceux qui n’ont pas de contrainte financière forte, c’est-à-dire qui peuvent vivre correctement même si leur activité ne tourne pas à plein régime.

Je connais des thérapeutes qui ont d’autres sources de revenu ou qui ont des besoins matériels très réduits. Ils peuvent alors réellement goûter à la liberté du métier car ils échappent au stress important des fins de mois difficiles et peuvent se permettre – même si ils tournent bien – d’avoir un planning allégé : pas de samedi, pas de soirées tardives voir 4 jours de travail sur 5.

Pour les autres la liberté effective apportée par le fait d’être à son compte est largement bridée par le stress ou la nécessité d’enchaîner les consultations sur des horaires souvent difficiles : les heures et jours où les autres ne travaillent pas ! Attention à l’impact sur la vie familiale et sociale.

Pas d’angélisme donc: soit vous avez des besoins financiers modestes soit il faut que vous soyez préparés à travailler dur pour gagner bien votre vie au détriment d’une partie de cette liberté tant espérée.

La solitude du thérapeute

C’est une des caractéristiques importantes de nos métiers : vous passez souvent vos journées seul avec vos patients. Même si vous partagez un cabinet avec d’autres thérapeutes cela compensera rarement un travail en équipe dans une entreprise classique. Certains doivent donc être préparés à passer d’un environnement socialement riche (l’entreprise et ses très agréables pauses café avec les collègues !) à un environnement professionnel plutôt solitaire.

Cette solitude peut s’avérer d’autant plus lourde à porter que vous recevez toute la journée des patients « en souffrance ».

Il est donc important pour votre équilibre psychique et votre épanouissement de pouvoir compenser cette solitude par un entourage affectif stable et/ou une vie sociale satisfaisante pour vous.

L’immobilité et l’enfermement

Passer des journées entières dans un cabinet à recevoir des patients ne convient pas à tous les caractères. C’est une dimension du métier à ne pas négliger pour des personnes énergiques supportant mal l’enfermement.

La motivation intrinsèque

En tant que profession libéral, vous allez aussi devoir trouver des sources de motivation intrinsèques. Quand vous êtes au travail dans une entreprise classique avec un patron, il peut être tellement confortable certains jours de fatigue de pouvoir se contenter d’exécuter les directives, de suivre une procédure etc. Quand vous êtes votre propre patron, c’est à vous de fixer le cap et de passer à l’action ! Attention alors à la procrastination

Notre conseil: dotez-vous d’un « cerveau collectif ». C’est-à-dire de personnes proches – idéalement d’autres thérapeutes ou un ami – pour partager avec eux vos doutes, parler des décisions importantes que vous devez prendre etc. Vous pouvez également poser des questions ou témoigner sur notre Forum.

La gestion d’une entreprise

Le thérapeute est également un patron d’entreprise.

Et tous les patrons d’entreprise savent que gérer une entreprise implique de consacrer une part importante de son temps à des activités qui n’ont rien à voir avec votre métier de « cœur »: gestion administrative, fiscalité, marketing, facturation etc.

Soyez donc préparés à assumer ces activités qui peuvent parfois être très contraignantes ou frustrantes et pour lesquels vous n’avez pas toujours été formés.

Nous mettons à votre disposition des articles pour vous accompagner sur ces aspects dans nos rubriques Gestionet Publicité.

La transition : des premières années parfois difficiles

Il faut en général compter quelques années pour que votre activité atteigne sa maturité: êtes-vous capables d’assumer financièrement ces années de transition ? Ne basez pas votre reconversion sur des projections financières trop optimistes du genre : mon cabinet sera plein après quelques mois d’activité !

Cela arrive parfois mais c’est tout de même plutôt rare.

Conclusion : faut-il se lancer ?

Bien sûr ! Nos métiers sont passionnants et apportent de nombreuses satisfactions. Prenez simplement le temps de bien mûrir votre décision en intégrant toutes les difficultés volontairement mises en avant dans cet article.

Pour réussir dans ces métiers « de vocation » il faut de préférence réunir un certain nombre d’ingrédients essentiels parmi lesquels :

La passion : elle permet de rester motivé et de franchir des montagnes !

L’équilibre : il permet de supporter la souffrance des autres sans perdre pied

L’énergie : pour gérer son entreprise, la développer, continuer à se former …

Enfin n’oubliez pas que nous ne sommes jamais prêts à 100% et que toute aventure entrepreneuriale commence par un saut dans l’inconnu !

Plus le risque est grand, plus belle est la récompense …

Bonne chance à vous et tous nos vœux de succès.

Thérapeutes : comment éviter que les patients vous posent des lapins ?

Tous les thérapeutes alternatifs ont connu cette situation agaçante d’annulation de RDV. Le client ne vient pas, vous n’avez pas un mot d’excuse ou bien seulement à la toute dernière minute et vous voilà coincés pour 1 heure dans votre cabinet alors même que vous avez décommandé des patients la veille en leur expliquant que vous n’aviez plus de place !

Cette situation d’annulation de RDV est malheureusement pour certains thérapeutes relativement fréquente et très pénalisante. Il existe pourtant des solutions simples qui permettent d’éviter cette situation.

1) Le fameux: « toute séance non annulée 48h à l’avance sera due »

C’est la solution sans doute la plus classique mais qui n’est ni la plus élégante, ni la plus pratique, ni la plus efficace !

Faire payer un patient pour une séance qu’il n’a pas reçue générera forcément de la frustration chez lui et un sentiment d’injustice. Et si il n’ a vraiment pas eu le choix vous le mettez alors simplement dans l’embarras de devoir se justifier.

Alors oui bien sûr tout travail mérite salaire, il vous semble « normal » qu’il vous rémunère si il vous a fait perdre une séance … Je serais 100% d’accord avec vous si il n’existait pas d’autres solutions que je trouve plus efficaces et sans «effets secondaires ».

2) La relance par SMS ou Email

C’est une des solutions les plus utilisées seule ou en complément de la première. Vous connaissez l’inconvénient : c’est une solution très chronophage et il n’est vraiment pas agréable pour le thérapeute de devoir tous les soirs relancer ses RDV du lendemain ou surlendemain.

L’avantage par rapport à la solution 1 est qu’elle ne génère aucune frustration chez le patient et que c’est un moyen comme un autre de créer du lien avec son patient qui reçoit un SMS éventuellement personnalisé pour lui rappeler son RDV. Outre le désagrément de l’envoie des messages, certains thérapeutes supportent mal cette démarche qui peut s’apparenter à une action de relance commerciale … Il n’est pas évident pour tous les thérapeutes d’assumer la dimension « client » de leurs patients … Nous écrirons d’ailleurs un article sur ce sujet passionnant prochainement.

La solution que je privilégie est la troisième …

3) Générer un fort engagement chez le patient

Le but est ici de créer une situation dans laquelle votre patient est tellement engagé dans la thérapie qu’il ne raterait pour rien au monde ce RDV ! C’est l’idéal pour vous car :

  • Cette attente et cet engagement sont le meilleur garant du succès de la thérapie
  • Vous n’avez même pas besoin de relancer les patients : ce sont bien souvent eux qui vous relancent en vous demandant si vous confirmez bien la séance !

Alors comment arriver à cette situation ?

Distinguons 3 cas de figure.

  • Le cas de force majeure

Parfois certains clients ne peuvent pas venir et ne peuvent pas vous prévenir. C’est normalement un cas très rare mais qui peut arriver sans que vous puissiez rien y faire. N’oublions pas que nos patients traversent souvent des situations personnelles physiquement ou psychologiquement complexes. Si le cas se présente, ne culpabilisez pas et n’en voulez pas à votre patient ! Dites-lui simplement que « si il le souhaite » vous pouvez discuter de ce qui l’a empêché de venir et de vous prévenir. Il ne faudrait pas que le patient intériorise une culpabilité liée à cette situation qui pourrait pénaliser le processus thérapeutique.

  • Le patient qui vient pour la première fois

Vous ne l’avez encore jamais rencontré, vous n’avez donc pas nécessairement eu l’occasion d’établir cette fameuse et si déterminante relation thérapeutique.

Pourtant, 3 astuces simples permettent de générer de l’engagement chez ces « primo » patients :

  • Le mini entretien téléphonique: prenez quelques minutes au téléphone pour les questionner au-delà de la simple prise de RDV. Demandez-leur pourquoi ils viennent en leur posant 2 ou 3 questions simples. Par exemple : que puis-je faire pour vous ? depuis quand a commencé cette situation ? Quelles autres solutions avez-vous déjà essayé ? etc. Le but est ici tout à la fois de commencer à réunir de l’information et à engager concrètement le patient dans le processus thérapeutique.
  • La prescription: vous pouvez aussi leur demander dès ce premier coup de fil certaines actions. Milton Erickson pouvait par exemple exiger de ses patients qui voulaient arrêter de fumer avec l’hypnose qu’ils ne fument aucune cigarette 1 semaine avant la séance ! Vous pouvez aussi leur demander de prendre le temps de bien réfléchir à l’objectif qu’ils souhaitent atteindre en précisant que cet objectif doit être SMART : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini (nous écrirons un article sur la définition d’objectifs thérapeutiques, notion très importante).
  • Le formulaire de prise en charge thérapeutique : quand vous les avez au téléphone, demandez-leur de remplir un formulaire de prise en charge thérapeutique en leur expliquant que cela vous permettra de mieux préparer la séance et les aidera à bien réfléchir à leur objectif. Cette solution est la plus puissante et je ne peux plus imaginer m’en passer ! Elle est extrêmement vertueuse pour le patient et vous apporte une quantité phénoménale d’informations en préparation de la séance. Dans un prochain article nous vous détaillerons la manière optimale de construire un tel formulaire.
  • Le patient qui est déjà venu au moins 1 fois

Sauf cas particulier (l’exemple de la force majeure évoqué plus haut), ce désistement de dernière minute est un feedback précieux pour vous :

  • La relation thérapeutique ne s’est peut-être pas suffisamment installée lors de la première séance: demandez-vous pourquoi ? qu’est ce qui n’a pas bien fonctionné ? Vous pouvez lire notre article sur la relation thérapeutique pour vous aider à prendre du recul sur ce sujet.
  • Le patient a développé une réactance (forte résistance) au processus thérapeutique : si vous avez l’opportunité de lui parler, n’hésitez pas à lui poser ouvertement la question. Il y a-t-il une chose qui s’est mal passée lors de la dernière séance ? Est-ce un problème de motivation ? Doute-t-il de l’efficacité de la thérapie ? Ressent-il des craintes que vous pourriez rassurer ? Ces situations sont en général très riches d’informations et déterminantes dans le processus de changement du patient.

Résumé

Il n’est jamais agréable de se faire « planter » par un patient ! Perte de temps, perte d’argent, préjudice pour un autre patient que vous n’avez pas pu recevoir, frustration … Pourtant il existe des solutions simples qui permettent de minimiser au maximum ce phénomène tout en vous permettant d’améliorer votre démarche de prise en charge. Alors qu’attendez-vous pour rejoindre la communauté des thérapeutes alternatifs qui ne se font jamais poser de lapins ! 😊

Vous avez d’autres solutions ? Une expérience marquante ? N’hésitez pas à les partager avec la communauté dans les commentaires sous l’article par exemple.

Consultez aussi:

Le guide du thérapeute #1: communiquer et se faire connaître

Notre objectif chez Omyzen est de vous faciliter la vie ! Nous lançons donc une série d’articles sur votre installation en tant que thérapeute alternatif. Ces articles vous donnent des conseils pratiques et des astuces sur tous les aspects touchant à votre activité. Ils peuvent intéresser les futurs thérapeutes qui souhaitent s’installer mais aussi les thérapeutes établis qui pourront peut-être y découvrir des axes d’amélioration de leur activité. Ce premier article aborde les supports physiques de votre communication: flyers, cartes de visite et plaque. Nous vous donnons des conseils de conception et des adresses internet pour les réaliser facilement et au meilleur prix.

Flyers et Cartes de visite

  • Comment concevoir vos cartes de visite ?

Ce n’est pas grâce à au design spécifique de votre carte de visite que vous ferez réellement la différence en terme de patientelle.

Le plus important est que votre carte vous plaise et que vous soyez fiers de la donner au maximum de personnes que vous pourrez rencontrer: l’occasion de leur parler de votre activité et de faire des rencontres pouvant déboucher sur de futures collaborations. Ne négligez aucune occasion: un parent d’élève à la sortie des classes ou le boulanger peut s’avérer être un très bon ami du médecin généraliste du coin qui vous enverra plein de patients par exemple !

Rappelons tout de même les mentions essentielles à faire apparaître sur votre carte:

  • Votre nom et prénom
  • Votre discipline principale et éventuellement 1 discipline secondaire : mais n’en rajoutez pas trop même si vous avez suivi 50 formations différentes … Les patients veulent faire appel à des experts d’un domaine précis et pas à des couteaux suisses de la thérapie ! Le trop est l’ennemi du bien …
  • L’adresse de votre cabinet
  • Un numéro de téléphone pour vous joindre : c’est la base, pour les RDV ! Vous pouvez également rajouter un email.
  • L’adresse de votre site web : elle est de plus en plus utilisée par les patients pour se renseigner avant de prendre éventuellement RDV.

Si vous voulez un travail de pro, vous pouvez faire appel à des graphistes freelance pour des tarifs très raisonables sur des place de marché comme graphiste.com

Petite astuce : vous serez souvent amené à déposer des petits tas de carte de visite dans différents lieux comme la salle d’attente de votre cabinet, celle d’un médecin démarché etc. Vous pouvez donc éventuellement envisager de faire une carte de visite bien visible qui « attire l’œil » tout en restant élégante pour vous distinguer au milieu des autres cartes ou flyers, en général très nombreux.

  • Où faire imprimer ses cartes de visite ?

Pour créer des Flyers ou des cartes de visite, nous vous conseillons sans hésiter le site OrigaPrint. C’est une référence dans le domaine avec un super service client et les fonctions les plus avancées du domaine.

Notre conseil: attention cependant au design de votre carte. Elle ne doit surtout pas avoir de contour de couleur car Vistaprint comme tous ces sites ne savent pas garantir une découpe parfaitement droite. J’ai déjà eu ce soucis qui a gentillement été corrigé par le service client et Vistaprint m’a renvoyé des cartes gratuitement !

  • Que penser des Flyers ?

La question que tous les thérapeutes alternatifs débutants se posent : faut-il faire et distribuer des flyers ?

D’après tous les échos que j’ai eu les retours sont en général très faibles sur la patientelle pour ce genre de démarche. Mais si vous avez le temps, pourquoi pas ! Encore une fois, ne négligez rien: 1 seul client avec lequel la thérapie se passe bien peut faire une différence importante via le bouche à oreille …

Par ailleurs les flyers peuvent être très utiles pour partager plus d’information que sur une carte de visite pour promouvoir un atelier ou une conférence. Ils sont également particulièrement adaptés à une distribution à des passants lors d’un événement par exemple. Remarque: pourquoi pas le marché de votre commune ? Dans la mienne une Thérapeute Shiatsu est là tous les samedi matins avec un stand pour se faire connaître des habitants de la commune.

La plaque du cabinet

Elle est indispensable sur la devanture du cabinet si la copropriété le permet. Elle vous permet de vous sentir chez vous, vous donne de la légitimité, permet aux clients de trouver facilement votre cabinet et à des passants de devenir de potentiels clients !

Un site parfait et très bon marché pour réaliser vos plaques: avosplaques.com

Petite astuce: les systèmes de fixation pour les plaques se trouvent à bon marché dans les magasins de bricolage.

Là aussi n’en faites pas trop en essayant de caser toutes vos « spécialités ». Une principale et une secondaire seront largement suffisantes. N’oubliez pas le numéro de téléphone !

A suivre …

Dans un prochain article nous aborderons la question de la création de votre site internet et du référencement de votre activité sur internet via Google et les annuaires existants.

D’ici là vous pouvez:

Comment est calculée la retraite des thérapeutes alternatifs ?

Si vous êtes thérapeute alternatif, votre retraite de base est sans doute gérée par la CNAVPL, Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales. Contrairement aux autres professions la retraite des professions libérales est un système à points. Accrochez-vous : ça a l’air compliqué … mais finalement ça ne l’est pas tant que ça !

Omyzen essaye de vous expliquer le plus simplement possible comment est calculée votre retraite.

Principe de la cotisation par points

L’idée générale est simple: en cotisant, vous accumulez des points. Le Point de cotisation possède une « valeur » (qui évolue chaque année). Pour calculer votre retraite il vous suffit de multiplier le nombre de points acquis par sa valeur.

Remarque : il existe aussi un principe de décôte et de surcôte en fonction de l’âge auquel vous prenez votre retraite et de votre durée de cotisation que nous ne détaillerons pas ici. Renseignez-vous auprès de votre caisse pour plus d’informations sur votre cas particulier.

Comment sont acquis ces fameux points ?

En préambule, sachez que chaque année un montant appelé PAAS pour Plafond Annuel de la Sécurité Sociale est déterminé. Il sert de référence pour calculer certaines cotisations dont la retraite de base dont nous parlons ci-dessous. Pour information en 2017 ce plafond pour information est de 39 228 €.

  • Depuis 2015

Taux de cotisation

Sur chaque euro gagné (en tout cas déclaré !), vous cotisez selon 2 taux:

– Cotisation 1 : un taux de 10,10 % pour les revenus jusqu’au plafond de la sécurité sociale, le fameux PAAS

– Cotisation 2 : un taux de 1,87% pour les revenus au-dessus du PAAS et inférieurs à 5 fois le PAAS

Quelque-soit votre revenu, vous devez cotiser au minimum 5,25% du PAAS, ce qui représentait 199 euros en 2014.

Equivalence en points

– Cotisation 1 : vous pouvez acquérir 525 points maximum via cette cotisation 1 pour un revenu au niveau du PAAS. Si vous gagnez moins que le PAAS et bien il vous suffit de faire une règle de trois : par exemple, si vous gagnez 2/3 du PAAS, et bien vous acquérez 2/3 de 525 points

– Cotisation 2 : elle vous donne droit à 25 points maximum pour un revenu compris entre le PAAS et 5 fois le PAAS. Même principe de la règle de trois pour calculer votre nombre de points exacts.

  • Entre 2004 et 2015

Le principe était le même mais avec des conditions différentes :

– Cotisation 1 : elle s’élevait à 10,10% (en 2014) sur la part du revenu inférieure ou égale à 85% du PAAS. Le maximum était de de 450 points

– Cotisation 2 : elle s’élevait à 1,87% (en 2014) pour le part du revenu située entre 85 % du PAAS et 5 fois le PAAS. Le maximum de point était de 100

  • Avant 2004

Ce système de point a été mis en place en 2004. Avant cette date, vous obteniez simplement 100 points par trimestre cotisé.

Retraite complémentaire

C’est un système par point qui permet d’améliorer en cotisant plus la retraite de base assez faible pour les libéraux. Celle couvrant les thérapeutes alternatifs est à priori la CIPAV. N’hésitez pas à la contacter pour connaître les conditions proposées.

Comment faire le point sur sa situation personnelle ?

La sécurité sociale a mis en place un service en ligne très pratique pour cela : https://www.lassuranceretraite.fr

Astuce : pour vous connecter, vous pouvez utiliser vos identifiants de connexion aux impôts (numéro fiscal et mot de passe) via le service génial France Connect (accessible depuis la page d’inscription du lien ci-dessus).

Vous aurez alors accès immédiatement à votre relevé de carrière tout régime, très pratique lorsque vous avez cotisé dans le passé dans d’autres régimes, comme beaucoup de thérapeutes alternatifs pour lesquels il s’agit d’une reconversion.

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Les thérapeutes et l’argent : un rapport parfois complexe

Doublement du plafond auto-entrepreneur: le piège de la TVA

Une grosse proportion de thérapeutes alternatifs sont soumis au régime d’auto-entrepreneur qui pour des revenus inférieurs à 33200 euros annuels offre une grande simplification de gestion : pas de comptabilité réelle à tenir, pas de TVA à déclarer et une imposition sociale et fiscale forfaitisée sur la base du CA déclaré.

Le gouvernement a annoncé qu’à compter du 1 janvier 2018, ce plafond serait « doublé » et passerait à 70000 €.

Mais attention : les seuils de TVA ne sont pas doublés ! Ce qui signifie qu’à partir du premier euro au-dessus de l’ancien seuil de 33200 €, vous serez désormais assujettis à la TVA que vous devrez déclarer.

Remarque : les professions de thérapeutes réglementées sont quant à elles exonérées de TVA, quelque-soit le montant de leur CA et la nouvelle réforme n’y changera rien. Cet article concerne donc bien uniquement les professionnels des thérapies alternatives.

Les déclarations de TVA : kézako ?

Pour les entreprises soumises à la TVA, précisons une notion importante: dans l’esprit de la fiscalité française, une entreprise ne fait que « collecter » cette taxe à la place du fisc. Ce qui signifie qu’à la fin de l’année vous devez avoir restitué la TVA collectée via vos ventes et le fisc vous rendra celle déboursée via vos achats. Le but étant que le solde de TVA soit nul pour votre entreprise à la fin de l’année.

Concrètement, cela implique plusieurs choses :

  • 1) Vous déclarez la TVA sur vos factures. Les clients vous payent donc la TVA en payant le montant TTC. Mais cette TVA ne vous appartient pas : vous devez la mettre de côté pour la rendre à l’Etat plus tard.
  • 2) Vous conservez toutes vos factures d’achat pour savoir combien vous avez payé de TVA et pouvoir réclamer ce montant à l’Etat

Comment se passe la récupération ou le paiement de la TVA à l’Etat ?

Vous avez 2 possibilités :

  • Soit un régime simplifié de TVA : vous faites une déclaration annuelle via un formulaire CA12
  • Soit un régime réel de TVA : vous faites une déclaration mensuelle ou trimestrielle (en fonction du montant de votre TVA) via le formulaire CA3

Dans ces formulaires, l’idée est :

  • 1) De préciser le montant de TVA collectée à travers vos ventes
  • 2) De préciser le montant de TVA déboursée à travers vos achats
  • De faire la différence 1 – 2 :
    • Si le solde est positif, vous avez collecté plus de TVA que vous n’en avez déboursée : vous devez faire un chèque au fisc de ce montant pour revenir à une TVA collectée à 0
    • Si le solde est négatif : le fisc vous fera un chèque car vous avez déboursé plus de Tva que vous n’en avez collectée

Finalement, rien de très compliqué sur le papier mais attention …

3 problèmes sérieux à prendre en compte si vous devenez assujettis à la TVA

  • Le risque d’une mauvaise gestion

Le premier piège pour les entreprises, c’est qu’elle encaissent une TVA qui ne leur appartient pas et qu’elles devront restituer. En tant que thérapeute alternatif, vous devrez donc précieusement mettre de côté 20% des consultations encaissées car cette somme ne vous appartient pas ! Il vous faudra être très rigoureux sur ce point.

  • La nécessité de tenir une comptabilité

Pour être en mesure de faire vos déclarations de TVA, vous devrez désormais tenir une véritable comptabilité et conserver précieusement toutes vos factures (pour identifier la TVA déboursée).

D’autant que la TVA peut être prise en compte en fonction des cas au moment de la facturation ou de l’encaissement … ce qui implique de tracer précisément les dates d’émission ou d’encaissement des factures.

Si vous n’êtes pas à l’aise avec les chiffres ou peu rigoureux vous devrez donc sans doute payer un expert comptable pour le faire à votre place (compter environ 1500 euros par an au minimum)

  • Le problème le plus sérieux : une augmentation significative de vos tarifs

Si vous dépassez les seuils vous devrez facturer vos séances en incluant 20% de TVA (ou 8,5% dans les DOM), ce qui aura un impact important sur vos factures et ce qui sera très dissuasif sur vos clients ! D’autant que les séances de thérapie alternative ne sont déjà pas remboursées pour la plupart par les mutuelles …

En résumé

Soyons clairs : si vous êtes thérapeute alternatif, [highlight]vous devez absolument éviter de franchir les seuils actuels du régime autoentrepreneur pour ne pas être soumis à la TVA[/highlight]. Au-delà de la complexification de votre gestion comptable et fiscale, cela aurait en effet une conséquence catastrophique sur vos tarifs et donc sur votre clientèle.

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7 clefs pour augmenter votre patientèle avec votre page Facebook

Enquête sur le tarif des thérapeutes

La question de savoir quel tarif pratiquer est une question que beaucoup de thérapeutes se posent.

C’est pour répondre à cette question qu’Omyzen – la plateforme des thérapeutes et des professionnels du bien-être – lance un sondage sur le tarif des thérapeutes.

A la fin du questionnaire vous aurez accès immédiatement aux résultats du sondage: un moyen idéal d’évaluer la pertinence de votre positionnement tarifaire.

Merci pour votre participation qui nous permettra d’enrichir ces résultats au fur et à mesure.

***

1) Etes-vous un homme ou une femme ?

2) Quelle est votre discipline thérapeutique ou de bien-être principale ?

3) Quelle est la taille de la ville dans laquelle vous exercez ?

4) Quelle est votre modalité d'exercice principale ?

5) Depuis combien d'années exercez-vous ?

6) Quel âge avez-vous ?

7) Quel tarif horaire habituel proposez-vous (en euros, sélectionnez le tarif le plus proche du vôtre) ?

Ce sondage vous a intéressé ? Souhaitez-vous recevoir de la part d'Omyzen d'autres contenus professionnels pour les thérapeutes et les professionnels du bien-être ?

Votre email:

Thérapies alternatives et réglementation: quels risques encourrez-vous ? comment s’en prémunir ?

On entend beaucoup de choses très différentes sur ce sujet de la réglementation des thérapies alternatives propice à toutes les angoisses et tous les fantasmes … Un petit article à partir de documents officiels me semblait utile pour recadrer le débat et vous donner des conseils pour continuer à exercer sereinement (et toujours professionnellement !)

Une pratique tolérée mais non autorisée

De manière générale, vous savez que la pratique des thérapies non conventionnelles est semble-t-il tolérée mais non officiellement autorisée. Ce qui veut dire très concrètement que si une séance tourne mal avec un patient, il peut être amené à porter plainte et vous pourriez être accusés de pratique illégale de la médecine.

Voilà ce qu’en dit le site du gouvernement :

Toute personne qui, sans être médecin – ou hors de leur sphère de compétences pour les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes et les biologistes-médicaux – prend part à l’établissement d’un diagnostic ou d’un traitement de maladies, réelles ou supposées, par acte personnel, consultations verbales ou écrites, exerce illégalement la médecine. Des sanctions (2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende) sont encourues pour l’exercice illégal de la profession de médecin, de chirurgien-dentiste, de sage-femme ou de biologiste-médical.
(article L.4161-1 et L.4161-5 du code de la santé publique)

Les cas sont rares mais existent.

Les thérapies alternatives sont tolérées lorsqu’elles sont « complémentaires ». Pourquoi ? Simplement parce que selon les autorités, leur dangerosité n’a pas été plus prouvée que leur efficacité ! Prouver la dangerosité revient en effet à accepter qu’elles ont des effets concrets …

Nos conseils :

  • soyez de bons professionnels: bien formés quelque soit votre cursus, sérieux et respectueux de vos patients
  • en terme de pratique soyez particulièrement vigilants à ne pas dénigrer la médecine conventionnelle avec vos patients
  • en cas de pathologie grave, [highlight]conseillez-leur systématiquement et explicitement de consulter en parallèle leur médecin généraliste[/highlight] quitte à refuser de suivre les patients qui n’ont pas cette démarche.

Certains titres sont explicitement réglementés

Certains titres ont été règlementés ce qui signifie que vous n’avez pas le droit de les utiliser sans remplir les prérequis exigés par la loi.

Ces titres sont :

  • Médecin

Les titres, les spécialisations, les mentions de qualifications ou d’appartenance à des sociétés savantes sont réglementés par le ministère de l’Enseignement supérieur et le Conseil national de l’ordre des médecins. Les médecins ne sont pas autorisés à faire mention de qualifications qui ne figurent pas sur les listes établies par le CNOM.

Les titres et mentions pouvant figurer sur les plaques et ordonnances des médecins sont donc réservés aux seuls médecins qui sont titulaires des diplômes ou qualifications correspondants. La liste de ces titres et mentions est consultable sur le site du conseil national de l’ordre des médecins (CNOM).

Cela semble aller de soi pour l’appellation de « médecin » par exemple … mais de manière générale nous vous conseillons de [highlight]ne pas utiliser de jargon/vocabulaire relevant du domaine médical.[/highlight] Par exemple évitez d’utiliser le terme de « diagnostic » sur votre site internet. Bannissez également le terme de « prescription ». Bref : n’utilisez que des mots qui relèvent du domaine général mais aucun nom « savant » du domaine médical.

  • Psychothérapeutes

L’usage professionnel du titre de psychothérapeute est réglementé par l’article 52 de la loi 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

Ce titre est réservé aux personnes possédant une formation spécifique (décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute)

[highlight]Vous ne pouvez donc vous appeler « psychothérapeute » à moins de remplir ces exigences.[/highlight] Mais le terme de thérapeute seul peut être utilisé.

  • Ostéopathes/chiropracteurs

L’usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur est réservé aux personnes titulaires d’un diplôme sanctionnant une formation spécifique (article 75 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé).

Il ne s’agit pas d’un diplôme d’Etat. Cette formation peut être indiquée sur la plaque du professionnel par la mention « DO » qui signifie Diplômé(e) en Ostéopathie ou « DC », Diplômé(e) en Chiropraxie. Les ostéopathes peuvent pratiquer des manipulations ayant pour but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels, c’est-à-dire des troubles qui ne relèvent pas de pathologies nécessitant l’intervention d’un médecin. Le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 définit les actes et les conditions d’exercice de l’ostéopathie. Certains professionnels de santé, médecins ou masseurs-kinésithérapeutes, pratiquent des actes d’ostéopathie en plus de leurs actes de professionnels de santé. Leur titre d’ostéopathe est alors aussi mentionné sur leur plaque de professionnel de santé. Le décret n°2011-32 du 7 janvier 2011 établit la liste des actes que les chiropracteurs sont autorisés à effectuer et détermine leurs conditions d’exercice.

En résumé

En effet le statut des thérapies alternatives est en train d’évoluer positivement dans le sens d’une libéralisation de la pratique ou de sa réglementation pour de nombreuses raisons supposées:

  • De trop nombreuses personnes vivent de ces activités (plusieurs 10 aines de milliers) et la tendance sociétale actuelle vise à favoriser l’initiative individuelle notamment à travers la fameuse « uberisation » de l’économie – ou comment certaines professions auparavant protégées se libéralisent pour lutter notamment contre le chômage de masse
  • Les thérapies alternatives sont utilisées par plus de 40% des français !
  • L’ordre des médecins reconnaît dors et déjà quatre pratiques: l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie et l’ostéopathie
  • De plus en plus de médecins s’y mettent ! Officiellement 6115 médecins français ont reconnu une orientation sur ces disciplines complémentaires en 2016
  • Elles s’invitent dans les hôpitaux et dans les formations universitaires : hypnose analgésique, méditation de Pleine Conscience, acupuncture pour les anesthésies … et on croise même désormais des « coupeurs de feu » ou des professeurs de Qi Qong dans les couloirs des hôpitaux
  • Un dernier argument à mon avis essentiel: les hommes politiques – quelle que soit leur opinion – ont tous fait l’expérience directe ou à travers un proche de l’efficacité des thérapies alternatives !

Bref, avec les précautions élémentaires évoquées plus haut, en considérant ces thérapies comme « complémentaires », vous pourrez continuer à exercer et à améliorer la santé de vos patients.

Suppression du RSI: à quoi faut-il s’attendre ?

Le gouvernement a annoncé la suppression du RSI. Le RSI vous le connaissez sans doute car c’est cette structure qui est chargée de l’assurance sociale obligatoire des quelques 6,5 millions de professions libérales. Alors que peut changer pour vous thérapeute la suppression du RSI ?

Bref rappel du contexte

Il a été créé en 2006 pour assurer la fusion des organismes :

  • CANAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Artisans )
  • CANCAVA (Caisse Nationale d’assurance vieillesse des artisans)
  • l’ORGANIC (assurance vieillesse, invalidité décès des industriels et commerçants).

Donc au départ une bonne idée : celle de la simplification côté usager et de l’optimisation côté gestion étatique.

Malheureusement à l’occasion d’une réforme mal gérée et de dysfonctionnement parfois spectaculaires, le RSI devient le point de focalisation de beaucoup de frustrations.

Comme le dit Le 28 juin 2017, Claude Reichman, président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale, déclare : « Tout le monde sait que le RSI est un capharnaüm, il est impossible d’y déceler quoi que ce soit. […] Le RSI prend la moitié de ce que gagne un indépendant pour l’assurer, qui plus est pour lui assurer une protection minable. Les indépendants ont une assurance maladie qui n’est pas bonne, et une assurance retraite lamentable. Il n’y a qu’un seul système d’assurance et de protection qui prend la moitié de ce qu’une personne gagne, c’est la mafia »

Il n’a pas complètement tort … combien n’ont pas eu à gérer des appels à cotisations considérables avec plusieurs années de décalage, une forme de harcèlement pour des sommes parfois dérisoires …

Suite à différents scandales l’actuel gouvernement a donc pris la décision de supprimer ce régime et de l’adosser au régime général à compter du 1 janvier 2018 avec une période de transition de 2 ans.

Apportons tout de suite une petite précision : le barème des cotisations des indépendants ne seront pas alignés sur celui des salariés du secteur privé. Les prestations ne seront pas non plus modifiées que ce soit en termes de retraite, d’indemnités journalières ou d’invalidité.

Alors qu’est-ce que cela va changer pour vous ?

Les avantages de la réforme

  • Une simplification des relations avec les usagers notamment dans les cas de transitions des statuts de salarié à entrepreneur (puisque l’assurance sociale sera gérée par le même organisme)
  • Des baisses de cotisations (il est encore trop tôt pour les évaluer précisément) vont être mises en place pour compenser notamment la hausse de la CSG prévu dans le projet de loi des finances.
  • Nous avons entendu parler d’une année blanche : malheureusement pour nous et heureusement pour les futurs thérapeutes il semblerait qu’elle soit réservée à ceux qui se mettent à leur compte à compter du 1 janvier 2019.
  • Les sénateurs ont aussi décidé de conserver le fonds national d’action sociale destiné à aider les assurés qui éprouvent des difficultés à régler leurs cotisations , jusqu’à la création du conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants qui adressera ce point.

Les risques de la réforme

  • Un projet de transition complexe dans un timing très serré : la réforme de création du RSI a été plutôt chaotique. Il y a de fortes chances que la réforme inverse le soit aussi … il y a tout de même 5500 employés du RSI et 6,5 millions de clients à faire basculer dans un nouveau mode de fonctionnement, dans de nouveaux outils informatiques … c’est un projet extrêmement complexe ! Quand on connaît par ailleurs les enjeux pour les chefs d’entreprise comme nous (ces cotisations peuvent parfois peser littéralement sur la survie de l’entreprise), il y a de quoi être inquiets.
  • Pas de faux espoirs : il y aura forcément des effets de bord. Pas forcément pour la grande masse d’entre nous, mais pour des milliers de cas particuliers qui seront très difficiles à faire rentrer dans le nouveau système et qui n’auront pas été pris en compte proprement …
  • Un conseil : assurez-vous de « mettre au carré » votre situation avec cet organisme, car il y a de fortes chances qu’ils soient injoignables pendant de longs mois … A moins que vous ne misiez sur un « bug » salutaire qui effacerait votre ardoise ?!

Résumé

Il est encore trop tôt pour connaître dans le détail l’impact de cette réforme mais nous parions qu’elle ne se fera pas sans heurts et qu’il faudra sans doute plusieurs années avant qu’elle soit stabilisée. D’ici là nous vous conseillons d’être dans la situation la plus claire possible vis-à-vis de vos cotisations et du RSI.

Les équipes d’Omyzen la suivront précisément pour vous et nous vous tiendrons informés des impacts sur l’activité des thérapeutes.

Et vous ? Quelle est votre expérience avec le RSI ? N’hésitez pas à partager votre expérience, vos craintes ci-dessous dans les commentaires ou directement dans notre forum dédié à vos échanges.

[author image= »https://blogsante.omyzen.com/wp-content/uploads/2017/11/DSC_0149-moyen.jpg »] Julien est co-fondateur de Omyzen. Il exerce une activité d’hypnothérapeute dans le Sud de la France et anime des stages, des formations autour de la méditation de Pleine Conscience, de la thérapie ACT et de la thérapie des schémas. Il est aussi passionné par « l’entrepreneuriat du coeur » ce qui l’a amené à créer Omyzen [/author]

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Choisir le lieu d’exercice: cabinet ou domicile ?

Vous en rêviez et le grand moment approche enfin : vous allez vous installer et devenir thérapeute libéral. C’est excitant mais vous devez répondre à de nombreuses questions très concrètes: choisir le lieu d’exercice, fixer votre tarif, créer – ou pas – un site internet … ?

Dans cette série d’articles, je partage avec vous mon expérience personnelle ainsi que les nombreux retours d’expérience de mes collègues. Le premier article de cette série concerne spécifiquement le choix du lieu d’exercice avec cette question classique: louer un cabinet à l’extérieur ou commencer à recevoir à domicile ?

C’est une question effectivement importante. Et même s’il n’existe pas de « recette » magique, je partage avec vous quelques sujets de réflexion pour vous aider dans votre décision.

Pourquoi je vous déconseille de recevoir à domicile

Un cabinet coûte plusieurs centaines d’euros par mois ce qui représente – surtout au début – un énorme investissement. La recherche peut être longue et vous ne savez peut-être pas exactement ce qu’il vous faut … alors vous demandez-vous : pourquoi ne pas recevoir dans un premier temps à domicile ? Après tout cela présente de nombreux avantages : la rapidité d’installation, une proximité très pratique, la gratuité, etc.Cette solution du « cabinet à domicile » est donc logiquement très tentante pour de nombreux débutants.

Pourtant, la plupart de ceux qui ont tenté cette expérience en sont rapidement revenus. Voilà les inconvénients principaux qu’ils ont rencontré:[checklist]

  • Le manque de crédibilité:les thérapies alternatives traînent déjà une image d’amateurisme voir de charlatanisme qui peut être facilement renforcée par le fait de recevoir à domicile. Surtout lorsque le patient est obligé de traverser votre salon jonché de jouets d’enfants avant d’aller s’installer dans cette petite pièce du fond de la maison … Un problème qui n’existe pas si vous avez une pièce avec une entrée séparée ce qui vous permettra de vous prémunir de ce genre de risques.
  • L’isolation phonique : cette contrainte est à prendre très au sérieux. On l’associe souvent uniquement au risque d’un environnement bruyant qui viendrait perturber la séance. Mais j’ai déjà planté une séance silencieuse parce que mon patient craignait d’être entendu par un tiers. Une pièce à côté de votre salon témoin des aller-retours de votre conjoint est donc également à proscrire.
  • Le cloisonnement entre votre vie perso et votre vie pro:à la maison, nous avons toujours tendance à être rattrapé par des tâches quotidiennes. Ces tâches peuvent vous déconcentrer et rapidement empiéter sur le temps consacré au développement de votre activité. Donc à moins d’être particulièrement rigoureux(se), attention à la dispersion !
  • Le cadre de la thérapie: il est important de conserver un cadre thérapeutique clair dans lequel votre intimité n’a aucune place. Passer devant un mur recouvert de vos photos de familles, voir un patient commenter les titres de votre bibliothèque … tout cela n’est pas adéquat dans la plupart des thérapies.
  • L’impact sur le processus de transfert:le transfert, ce mot vous dit forcément quelque chose. C’est ce mécanisme qui a été étudié par la psychanalyse et qui est considéré comme indispensable au processus thérapeutique. Il permet au patient de projeter sur son thérapeute des sentiments refoulés ce qui lui permet de les revivre, de les conscientiser pour mieux s’en débarrasser. La neutralité du thérapeute favorise cette mécanique. Recevoir à son domicile est dans ce contexte fortement contrindiqué.
  • Une limite à votre engagement:recevoir à son domicile et ne pas prendre de cabinet peut nuire à votre motivation. Une étude de psychologie a en effet démontré que lorsque nous avons un « plan B » (dans ce cas le fait de ne pas payer de loyer), et bien nous avons statistiquement moins de chance de réaliser le « plan A ». La prise de risque est un puissant facteur de motivation intrinsèque qui maximise vos chances de réussite.[/checklist]

Voilà pour le verre à moitié vide. Par ailleurs s’installer en cabinet peut vous apporter de très nombreuses opportunités notamment lorsque plusieurs cabinets sont regroupés.

Les regroupements de cabinet ou les cabinets partagés: faites jouer les synergies

[checklist]

  • Sortir de la solitude: être entouré de thérapeutes qui sont dans la même situation que vous permet de discuter, de se changer les idées, de se soutenir ou de partager des informations utiles … Ne sous-estimez surtout pas cet apport essentiel à votre motivation et à votreéquilibre psychologique. Ce n’est pas évident d’être seul toute la journée quand on enchaîne les séances « chargées ». Par ailleurs – et c’est le cas dans toute création d’entreprise – le fait de pouvoir échanger sur votre activité et vos difficultés améliore significativement vos chances de succès.
  • Le partage de clientèle:vous pourrez facilement envoyer un patient à votre collègue qui exerce une discipline complémentaire et qui n’hésitera pas à vous rendre la pareille … Par ailleurs les patients de vos collègues verront votre plaque, pourront lire votre flyer en salle d’attente … ils seront donc naturellement plus en confiance pour venir vous consulter puisque vous être indirectement « associés » à un lieu et à un thérapeute qu’ils connaissent déjà. Là encore ne sous-estimez pas cet apport qui sera très souvent la source de vos premiers clients.
  • La crédibilité: comme nous l’avons évoqué plus haut, si vous recevez en cabinet, avec une plaque professionnelle au mur, entouré d’autres thérapeutes, vous bénéficierez naturellement d’une crédibilité souvent décisive dans le choix de vosfuturs patients de vous consulter.[/checklist]

S’installer dans un cabinet individuel ne permet pas de faire jouer ces synergies mais présente d’autres avantages très intéressants.

Le cabinet individuel: l’avantage de la personnalisation

[checklist]

  • Vous n’avez pas les contraintes du « voisinage ». Au sein des cabinet partagés, j’ai déjà entendu des histoires plutôt surprenantes de comportement de thérapeutes arrachant les affiches de leurs collègues qu’ils considéraient comme des « concurrents » …
  • L’effet « pas de porte »:si vous prenez la suite d’un thérapeute (surtout dans la même discipline que vous), vous bénéficierez indirectement de sa clientèle … et de sa réputation ! (renseignez-vous bien avant de vous engager)
  • La possibilité de choisir sa zone d’implantation: située par exemple en pleine centre ville alors que vous habitez à la campagne, possédant des facilités d’accès (parkings, transports en commun) … Je vous conseille à ce propos de bien vous renseigner avant de choisir votre zone d’implantation: attention notamment aux zones désertées par les thérapeutes … cherchez à savoir si il n’y pas une bonne raison à cela !
  • La personnalisation:vous êtes seuls, vous allez donc pouvoir aménager votre cabinet très exactement comme vous l’entendez. C’est important aussi de se sentir bien dans son lieu de travail.
  • La crédibilité: en cabinet individuel vous n’êtes pas entouré d’autres cabinets. Il est donc crucial pour vous d’accentuer volontairement votre image de sérieux et de « professionnel de la santé » par le choix des magazines mis à disposition, des affiches, des flyers d’information, en affichant vos diplômes au mur et en recouvrant vos étagères de livres très épais et très sérieux … Cela peut sembler superficiel mais vous rendez en réalité un grand service à vos patients en leur faisant profiter à fond de l’effet placébo directement corrélé à la perception que les patients peuvent avoir de leur médicament … ou de leur thérapeute ! Vous avez sans doute entendu parler de ces études qui ont constaté que la taille et la couleur des placébos jouaient un rôle dans leur efficacité !? Et bien pour les thérapeutes et les cabinets c’est pareil : une étude a ainsi montré que le costume-cravate était la tenue la plus « efficace » … et Milton Erickson disait que la célébrité lui avait grandement facilité la tâche avec ses patients pour les mêmes raisons.[/checklist]

En résumé …

Ne choisissez l’option « domicile » que si:[checklist]

  • la pièce de consultation est bien isolée du reste du logement : accès séparé, isolation phonique notamment. Elle ne doit pas permettre au patient de rentrer dans votre intimité surtout si vous exercez dans des disciplines touchant à la « psychologie » des patients
  • vous êtes une personne plutôt rigoureuse : vous gèrerez plus facilement la séparation entre votre vie privée et votre vie pro
  • vous n’êtes pas isolé(e) socialement : le métier de thérapeute est un métier solitaire ou vous êtes largement confrontés à la souffrance humaine … croyez-moi, vous aurez besoin de soutien surtout à vos débuts ![/checklist]

J’espère sincèrement que ces quelques éléments vous aideront dans ce choix important et très personnel.

J’ai oublié certains points ? Vous n’êtes pas d’accord ? Vous avez une expérience à partager ? Des questions spécifiques à poser ? Utilisez les commentaires sous l’article pour échanger avec la communauté des thérapeutes. Omyzen a été créé pour vous et c’est votre espace, alors occupez-le !

PS : certains m’ont posé la question du déplacement au domicile des patients. Pour moi cette solution est sans doute l’une des pires sauf bien sûr en cas de mobilité réduite du patient. En effet pour un patient le fait de sortir de son contexte quotidien, de rencontrer un tiers « neutre » sur un terrain « neutre », de participer à une forme de « rituel » de soin en se rendant au cabinet sont autant d’éléments essentiels à l’efficacité thérapeutique dont vous prive en grande partie cette solution … Je vous la déconseille donc fortement.

[author image= »https://blogsante.omyzen.com/wp-content/uploads/2017/11/DSC_0149-moyen.jpg »] Julien est co-fondateur de Omyzen. Il exerce une activité d’hypnothérapeute dans le Sud de la France et anime des stages, des formations autour de la méditation de Pleine Conscience, de la thérapie ACT et de la thérapie des schémas. Il est aussi passionné par « l’entrepreneuriat du coeur » ce qui l’a amené à créer Omyzen [/author]

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