Thérapies manuelles : comment éviter les ambiguïtés ?

Quelle masseuse ou réflexologue n’a pas déjà reçu un coup de téléphone avec des questions ambiguës (« Vous pratiquez quel genre de massage ? ») ou carrément abruptes (« Vous faites les finitions ? ») ? Laquelle n’a pas eu affaire à un client lui faisant des propositions indécentes ou ayant des gestes déplacés ? Des situations embarrassantes, qu’on ne sait pas toujours comment gérer et qui peuvent dévaloriser votre posture de thérapeute alternatif. Comment s’en prémunir ? Comment les gérer ? Peuvent-elles ouvrir de nouvelles pistes de thérapie ? Omyzen vous donne ses préconisations.

La méthode radicale : Women only

Pour éviter tout risque de débordement, vous pouvez carrément refuser de recevoir une clientèle masculine. Il vous suffit de faire une petite annotation « Soins réservés aux femmes » sur vos visuels. Considérez tout de même que vous évincez de votre clientèle potentielle la moitié de la population ! Et puis la majorité des hommes a réellement besoin de vos services, sans forcément avoir une idée derrière la tête. Entre le travail physique dans le bâtiment ou l’agriculture, le stress et le surmenage des emplois de bureaux, les accidents et lésions dues au sport, et tous les problèmes liés à l’âge, le corps et les nerfs des hommes sont soumis à rude épreuve et il serait dommage qu’ils ne puissent pas bénéficier de vos soins. D’autant qu’il est tout à fait possible de se protéger des débordements, en posant tout simplement un cadre spécifique aux thérapies corporelles.

1) En amont : envoyer un message clair.

En matière de relation patient/thérapeute, la première personne qui amorce le dialogue, c’est vous. En effet, le client potentiel aura connaissance de votre activité par les supports de communication que vous aurez vous-même crée. Reste le bouche à oreille, mais si vous exercez de manière professionnelle, il y a peu de chances qu’un client pas clair vous soit envoyé par quelqu’un que vous avez déjà traité.

Rappelons que les règles qui encadrent les thérapies manuelles interdisent les relations intimes avec les patients. Ainsi l’article 4 du code de déontologie des ostéopathes stipule : « L’ostéopathe doit observer à l’égard de ses patients une attitude empreinte de dignité, d’attention et de réserve. Il doit s’abstenir de toutes relations ou déviances à caractère sexuel avec eux. »

Le choix des mots, la douceur des photos

Revenons aux supports de communications : les couleurs, les mots, les images que vous choisirez pour vos flyers, votre site ou votre plaque, sont autant de codes qui envoient un message à l’inconscient de votre destinataire. Donc en les choisissant, demandez-vous ce qu’ils évoquent. Et bien entendu, si vous voulez être tranquille, évitez les appellations « Massage tantrique, intégral , naturiste, body body ».

Même si vous êtes peut-être très loin de cet univers, ayez bien en tête qu’aujourd’hui, entre les scandales des salons de massage chinois et les petites annonces sur Vivastreet, le massage représentent l’alibi n°1 pour dissimuler des pratiques de prostitution. Il y a donc clairement des hommes, qui se tournent vers le massage, en visant autre chose.

Veillez donc, dans votre communication, à bien vous placer dans le registre du soin et non celui de la sensualité. Les couleurs sombres, les roses rouges, les photos de femme dénudée entre ombre et lumière, tous ces éléments sont connotés et risquent de créer l’ambiguïté. Préférez les tons d’avantage reliés au bien-être et penchant vers l’univers médical : blanc + bleu clair, mauve, vert anis…

Après l’aspect visuel, viens le choix des mots. Pour casser l’ambivalence des slogans équivoques type « un pur moment de détente et de plaisir », n’hésitez pas à évoquer les pathologies que votre pratique peut soulager : troubles digestifs, stress, maux de tête… Cela montrera à votre lecteur, le contexte dans lequel vous vous placez.

Et pour mettre les choses bien à plat, vous pouvez toujours ajouter sur vos supports de communication la fameuse annotation : « massage à caractère non sexuel »

Les modes de diffusion

Prêtez également attention à la manière dont vous diffusez votre comm. Des fly déposés dans une salle d’attente de médecin ou dans un magasin bio auront peu de chances d’attirer des hommes « intéressés ». Les laisser au bureau de tabac, à l’épicerie, sur les pare-brise, vous expose d’avantage à recevoir des coups de fil inappropriés. Et si vous mettez votre numéro sur les pages jaunes, ou des journaux locaux grand public, avec comme seul titre « massage », gare au harcèlement téléphonique ! Heureusement il vous reste encore…

2) Le filtre du téléphone

Aujourd’hui, rares sont les séances de soins qui ne se font pas « sur rendez-vous uniquement ». Vous avez donc la possibilité de clarifier les choses lors du premier entretien téléphonique. Si c’est un client que vous n’avez jamais reçu, mettez de côté l’enthousiasme lié au fait d’avoir un nouveau client, et pensez à lui poser certaines questions pour cerner la personne :

  • Comment avez-vous eu connaissance de mon activité ? / Êtes-vous recommandé par quelqu’un que je connais ?
  • Quelles sont vos attentes/besoins par rapport à ce soin ?
  • Est-ce que vous venez pour un trouble particulier ?

Pour contrecarrer l’éventuelle subtilité de ses réponses et clarifier encore plus la situation :

  • Présentez votre travail, décrivez une séance type.
  • Si besoin, précisez le caractère non sexuel de votre prestation.

Ce premier échange permet généralement d’éliminer les personnes qui vous contactent volontairement pour avoir autre chose que ce que vous proposez. Reste maintenant tous ceux qui n’avaient pas forcément d’idées derrière la tête, mais que l’ambiance chaleureuse, les bougies, la sensualité de certains mouvements, vont mettre en émoi. Comment éviter d’éveiller des désirs qui ne sont pas les bienvenus ?

3) Qu’est-ce que vous dégagez ? Quelles règles vous fixez ?

On ne le dira jamais assez l’identité visuelle d’un thérapeute, est reflétée par ses outils de communication, mais aussi par son apparence physique, vestimentaire et l’aménagement de son cabinet. (Cf Comment s’habiller quand on est thérapeute alternatif ? )

En matière de thérapie manuelle, le dress code c’est donc :

  • Vêtements souples et confortables. Évidemment, difficile de faire du shiatsu en jupe moulante. 😉

Mais aussi :

  • Apparence et tenue sobre et « neutre »: si vous voulez qu’on vous regarde dans les yeux (et que vous-même regardiez l’autre avec des yeux de thérapeutes 😉 ), il est préférable de laissez pour un autre contexte votre nouveau rouge à lèvre cerise, ce débardeur très décolleté ou le leggins moulant avec tee-shirt au ras du nombril.

Dans bien des situations, la tenue à elle seule permet de fixer des règles d’interactions. Vous ne vous adresserez sans doute pas de la même façon à quelqu’un qui porte une blouse de peintre, ou une robe de magistrat. Vous pouvez d’ailleurs utiliser cette neutralité de l’uniforme qui impose le respect, en portant une tunique d’esthéticienne. Avec votre nom ou enseigne brodée dessus, c’est encore mieux !

Un espace qui évoque le sérieux :

Vous pouvez aussi jouer sur l’aménagement de votre salle de soin et le déroulement de votre séance pour lever les incitations aux débordements. Si vous avez de l’appréhension vis-à-vis d’un client, pour lui pas de lumières tamisées, de musique ou de senteurs qui évoquent la sensualité.

Nudité ?

Le rapport au corps, et à la nudité est forcément culturel, et en même temps très personnel. Certaines personnes sont très à l’aise avec le fait de montrer l’intégralité de leur corps, celles qui pratiquent le naturisme par exemple. Elles préfèreront sans soute recevoir votre soin sans aucun vêtement. Là, à vous de voir si cela vous convient ou pas en fonction de votre propre sensibilité. Voyez aussi la possibilité de les couvrir tout de même partiellement avec un tissu. Pour les patients avec qui il pourrait y avoir ambiguïté, il est préférable d’exiger la couverture de ses parties intimes.

Le langage du corps

Pour bien marquer une différence entre le contact corporel que nécessite votre mode de thérapie et votre relation patient/ thérapeute, prenez soin de garder une distance physique dans les moments qui entourent la pratique. Pour les clients « à risque » :

  • pour saluer, serrer la main plutôt que faire la bise, pas d’accolade
  • pas de contact physique en dehors du soin
  • soyez assis à une certaine distance pendant le temps de l’entretien
  • si la personne se dévêtit, laissez là s’habiller, se déshabiller hors de votre vue
  • Sans être froide et distante, restez pro.

Et pour éviter que ça ne dérape, les règles doivent être strictes : c’est vous qui touchez le client, lui il n’a pas à vous toucher.

4) Que faire quand ça dérape ?

La réaction « à chaud » :

Si un client commence à vous saisir le poignet, à bouger son bassin, à vous faire un bisou sur l’épaule, tout autre geste déplacé, ou signe manifeste d’excitation sexuelle, dans un premier temps, je vous conseille :

  • d’arrêter immédiatement le soin
  • de mettre des mots sur ce qui se passe
  • de rappeler la règle. Exemple : « C’est moi qui masse, pas vous. » « Le soin est fait pour vous détendre, pas pour vous exciter. »
  • de ne reprendre le soin qu’après vous être assurée qu’il est d’accord pour respecter votre cadre

Précisons que tout cela peut se faire avec humour, pour aussi dédramatiser la situation et rester à l’aise pour la suite du soin.

Dans un deuxième temps : ouvrir la discussion ?

Au-delà, de la gêne que peut occasionner un comportement déplacé (pour l’un comme pour l’autre), ce type d’acte est chargé de sens. Vous pouvez utiliser un dérapage pour ouvrir un espace de discussion avec la personne. Frustration, violences sexuelles, problèmes d’érection, addiction à la pornographie, les problématiques physiques et psychologiques liée la sexualité sont nombreuses. Reparler de ce qui s’est passé quand le soin est terminé peut être l’occasion d’aborder ce sujet délicat avec votre patient, ce sera peut-être pour lui une opportunité rare de partager quelque chose de vraiment difficile à vivre. Et pour vous, le moyen aussi de maintenir votre posture de thérapeute. Rappelons également le processus du transfert, selon lequel le patient projette sur son thérapeute des désirs et fantasmes qui ne lui sont pas réellement destinés.

Si un réel problème est soulevé, vous pouvez choisir ensemble d’en faire un sujet sur lequel travailler en séance. Savoir être touché sans y mettre de connotation sexuelle, prendre confiance dans sa capacité à s’épanouir en couple, ou encore être capable de maitriser ses pulsions, peuvent être des pistes de développement personnel très libératrices.

Et si ce n’est pas de votre ressort, vous pouvez le rediriger vers des personnes compétentes : quelqu’un qui pratique le massage intégral ou tantrique, un(e) sexologue, une psychothérapeute, un médecin.

Dans un troisième temps : et si ça venez de vous ? (aie !)

Surtout s’ils sont récurrents, les dérapages peuvent être des occasions de remise en cause personnelle. Questionner votre propre rapport au corps, à l’autre, à la sexualité. Est-ce que –sans vous en rendre compte- vous êtes dans la séduction, même dans votre travail ? Est-ce que vous avez-vous-mêmes des pensées ou des croyances à assainir ? Des peurs à apaiser ? Les hypothèses selon lesquelles « On attire ce que l’on redoute », « ce qu’on est » ou encore « ce que l’on croit mériter » peuvent être intéressantes pour guider votre introspection…

Et vous ? Avez-vous eu expériences de dérapage ? Comment vous en êtes-vous tiré ? Quels sont vos « trucs » ou changements profonds pour les éviter ?

Dans la même thématique, vous pouvez(re)lire :

Quand le patient dépasse le cadre

Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Remarque : cet article a été rédigé avec la situation d’une femme en praticienne et d’un homme en client, nous avons fait ce choix parce que c’est la configuration la plus courante au sein de laquelle il y a des ambiguïtés. Mais des débordements peuvent évidemment avoir lieu quand le thérapeute est un homme et le receveur une femme, voir entre deux personnes du même sexe.

Stage Qi Gong à l’étranger : Interview de Magali Poirier #2

Aujourd’hui, votre activité se déploie de plus en plus, depuis 4 ans vous organisez aussi des voyages au Maroc, où vous proposez des ateliers de Qi Gong et de chant. Alors, racontez nous comment vous êtes venue à organiser ces voyages ?

Alors le voyage ça fait partie des choses que je fais dans ma vie depuis maintenant de nombreuses années, j’aime ça, j’ai besoin de ça. Ça me permet de prendre du recul, de m’enrichir de toutes ces belles cultures, de ces différences. Le Maroc c’est arrivé il y a à peu près une dizaine d’années. J’étais très attirée par l’Afrique de l’ouest, le Maroc me semblait un peu touristique. Mais un jour j’ai suivi un ami et ça a été une révélation. D’abord j’ai réalisé que c’était vraiment l’Afrique, l’Afrique à deux heures d’ici j’ai trouvé ça génial ! Et puis une culture, une bienveillance et une gentillesse de la part des marocains, j’ai vraiment apprécié ces gens là. Donc j’y suis retournée plusieurs fois. Un jour j’y ai amené ma fille, qui y a rencontré celui qui est devenu aujourd’hui son mari, avec lequel elle a deux enfants, donc je suis aussi grands-mère de deux petites filles franco-marocaines, donc le Maroc çà fait partie aujourd’hui de ma vie. C’est devenu ma deuxième maison. Et l’idée m’est venue un jour d’y animer du Qi Gong. Tout simplement parce que j’avais aussi envie de faire découvrir le voyage aux gens. Parce que le voyage c’est vraiment quelque chose de thérapeutique aussi ! Le fait de sortir de sa zone de confort, d’aller se frotter à d’autres cultures. C’est pas très loin, ce n’est pas très cher, donc c’est accessible à beaucoup. L’idée c’était de proposer un support, le Qi Gong et la voix puisque c’est des choses que j’aime faire. Et j’ai trouvé un lieu que je trouve vraiment chouette, c’est une ferme en fait, donc ça n’a rien à voir avec les lieux classiques qu’on peut trouver, qui demande un investissement plus important, donc ça nécessite des tarifs plus élevés. J’avais vraiment à cœur de proposer quelque chose d’accessible à tous. Donc c’est possible puisqu’on va dans une ferme, chez l’habitant, dans des conditions tout à fait confortables, mais pas luxueuses et un des intérêts pour moi c’est d’être immergé totalement dans la culture avec des gens du coin, des berbères notamment. C’est vraiment une semaine où on vit avec les gens, dans un lieu très chouette, avec une piscine.

Je prends juste une douzaine de personnes, pour moi c’est important qu’il n’y ai pas trop de monde, pour pouvoir vraiment être avec chacun. Et puis dans ces voyages il y a souvent des gens qui viennent pour la première, qui n’ont jamais voyagé, ils viennent pour le Qi Gong, la voix, parce qu’ils me font confiance et donc c’est bien de pouvoir créer un petit cocon sécurisant. Aujourd’hui c’est devenu un petit peu un concept : Le Maroc, le Qi Gong, la voix. Et tout ça est allié avec des visites dans la médina de Fes, dans la famille. C’est très convivial avec une place importante au voyage, avec tout ce qu’il y a de vivant, de profond, d’authentique. J’invite vraiment les personnes qui voudraient organiser ce type de séjour à faire aussi l’expérience du voyage. C’est différent du séjour où on est totalement pris en charge, avec des hôtels qui sont souvent très à l’image des européens, pour moi l’idée c’était vraiment de proposer quelque chose d’un peu plus authentique et atypique.

Est-ce que vous avez rencontré des difficultés pour organiser ce voyage ?

Oui bien-sûr, au début c’est venu un peu intuitivement « tiens, si on faisait ça.. ». Après il m’a fallu trouver un lieu, je l’ai trouvé mais comme ce n’est pas un lieu classique, les gens n’étaient pas habitués à recevoir des européens. La première année il a fallu s’adapter, nous européens, on arrive avec quand même nos envies, nos habitudes de vie. Par exemple dormir dans des lits, avec des draps, c’est bizarre pour eux ! Eux c’est sur des banquettes, on se met une couverture, ou pas. Enfin voilà, il y a plein de choses comme ça qu’il a fallu réajuster. Faire la peinture juste avant, pour eux ce n’était pas trop un problème mais nous on sait que les odeurs de peinture c’est toxique et que … Enfin voilà on a vraiment traversé des moments un peu « roots » au début. C’était le challenge, de prendre comme ça un lieu chez des gens qui n’étaient pas forcément au début totalement.. Mais en fait ça c’est construit ensemble. Au fur et à mesure, eux et nous, progressivement on a ré-ajusté. Les horaires aussi, alors là… Quand on va dans un hôtel, ils savent, ils connaissent. Mais là pour eux c’est hallucinant de se dire on mange à telle heure, pour eux il n’y a pas d’heure ! Et puis la nourriture aussi, c’est l’abondance, donc là aussi il a fallu réduire, mais pour eux c’est terrible de réduire ! Donc voilà, il y a eu pleins de choses à ré-ajuster et ça a pas été simple au début, vraiment pas simple ! Donc maintenant j’y vais carrément un week-end quinze jours avant, pour m’assurer que tout est bien clair et prêt. Maintenant ils sont briefés, ils connaissent un petit peu. Mais du coup, l’avantage et l’intérêt du fait que ça se soit construit ensemble, avec des difficultés au début, fait qu’on est arrivé aujourd’hui avec quelque chose qui est un peu un concept, qui s’est construit, entre les marocains et nous les européens, qui fait qu’on arrive aujourd’hui à vraiment chacun trouver son compte. C’est vraiment très intéressant. Après de manières plus générales, quand on organise un voyage, il y a toujours ceux qui n’ont pas leur passeport, ceux qui veulent annuler au dernier moment, ceux qui ont des inquiétudes, alors il faut rassurer. C’est tout ce travail, c’est pas rien, mais c’est intéressant.

Est-ce que vous êtes toute seule à gérer à la fois l’organisation, l’interface entre les deux cultures, les cours de Qi Gong… ?

Très bonne question.. .Non ! Non parce que c’est très lourd, donc je m’entoure. Mon compagnon m’aidait au départ, on a fait ça à deux et c’était vraiment intéressant qu’il y en ait un qui s’occupe vraiment de la logistique. Aujourd’hui je fais ça avec la présidente et la trésorière de l’association, qui sont aussi élèves. L’organisation c’est quand même plutôt moi mais comme c’est la quatrième édition je commence à mieux maitriser. Régulièrement je fais des réunions, je pense que c’est important de pas rester seul dans l’organisation d’un voyage comme çà. Donc toujours avoir des réunions, pour demander l’avis des uns et des autres, c’est important. Sur place, jamais seul, il y a quelqu’un qui s’occupe de la logistique, de l’argent, de prendre des photos, de faire des films. Et la deuxième connait bien le pays, donc elle s’occupe plutôt de tout ce qui logistique avec les taxis tout ça. Parce qu’une fois qu’on est sur place on a besoin d’être vraiment concentré sur la gestion du groupe et l’animation des ateliers. Et d’ailleurs même maintenant je ne fais plus les visites avec eux. Je délègue à une personne qui se régale de faire ça. Moi je reste centrée sur l’animation. Ça me parait important. Donc seule, non.

Quels conseils vous auriez à donner à des personnes qui voudraient créer un voyage à thème, autour de leur pratique thérapeutique ?

Déjà, attention au lieu. Moi j’ai visité des lieux, j’avais l’impression d’être dans un hôtel ici en Europe. Ca part d’une bonne intention, pour faire plaisir les marocains vont rester dans nos standards… Le lieu ça me parait important, qu’il soit authentique c’est un risque, il faut sécuriser, mais pour moi l’intérêt d’un voyage c’est que les gens puissent vraiment se frotter à la culture telle qu’elle est là-bas, avec des petits aménagements. Ça c’est la première chose, trouver un lieu qui corresponde. Après, anticiper vraiment, les gens ont besoin qu’on anticipe, envoyer un mail six mois avant, j’envoie des mails régulièrement, une fois par mois. Il s’agit pas non plus de materner, c’est pas le propos, mais de mon expérience c’est important. Après il faut vraiment s’assurer que les gens aient une assurance et aussi prendre une assurance au nom de notre association. Moi je demande aux gens de se débrouiller pour prendre leur vol, ça c’est ma manière de faire. Quand le vol est compris, c’est un package, c’est encore autre chose. Là les gens prennent leur vols et ils viennent assister à un stage qui est organisé sur place.

Vous n’êtes pas auto-entrepreneur, quel est le cadre légal avec lequel vous organisez votre pratique professionnelle, vous êtes en association ?

C’est ça, jusqu’à présent je suis salariée de l’association, ça va bientôt s’arrêter puisque je suis en contrat aidé et qu’à la fin du mois de juin, tous les contrats aidés se terminent. Donc moi je suis salariée de l’association, j’organise un stage au Maroc, et les personnes, de leur propre responsabilité, donc avec leur propre assurance, suivent un stage, organisé par l’association symbiozen, qui a elle-même sa propre assurance. Moi c’est comme ça que je pratique.

Et ce stage annuel au Maroc a un tel succès que vous allez en proposer un deuxième cette année ?

Il est complet pour le mois de juin, depuis déjà 4 mois et j’ai d’autres demandes donc je vais sans doute en organiser en autre en octobre et peut-être pérenniser, en faire deux par an, il se trouve que j’ai des contacts actuellement au Maroc avec d’autres personnes, peut-être organiser un stage au sud, dans le désert. C’est un pays magnifique que je connais bien et que j’ai vraiment à cœur de faire découvrir. Donc effectivement à terme, organiser trois ou quatre stages dans l’année, je ne sais pas comment ça va évoluer pour le reste de ma pratique, mais c’est quelque chose qui est vraiment entre train de se mettre en place. Une histoire de tarif aussi. C’est vrai qu’on a besoin de s’y retrouver, c’est très important. Pour ma part, j’essaie de garder des tarifs assez raisonnables. Pour vous donner un ordre d’ idée, nous on arrive à proposer un stage tout compris, pour moins de 400€, sur six jours ; hors billets d’avion, en sachant que les billets, si on les prend à l’avance, on peut en trouver pour 60€. Donc ça reste un tarif très intéressant.

Très bien, comment on peut en savoir plus sur vous, si on veut participer à un voyage ou voir ce que vous proposez ?

Pour l’instant je ne suis pas encore très équipée mais je compte bien faire un site avant la rentrée. J’ai un blog dont l’adresse est symbiozen.blogspot.com Là vous aurez toutes les informations, les photos. Et sinon vous pouvez me joindre au 06 11 28 64 66.

Merci ! Quelques mots à dire sur le site Omyzen ?

Oui, moi je trouve ça très très intéressant, cette proposition de réunir sur un site, grands nombre de thérapeutes. On est souvent seul dans son coin. On a souvent pleins de questions législative, administratives, sur le statut, et puis on a aussi besoin de se ressourcer régulièrement. Je pense qu’on a intérêt à aller les uns vers les autres, de plus en plus et je trouve cette initiative très très intéressante !

Un dernier mot ?

J’ai juste envie de dire, ce n’est pas le chemin, le plus facile, même si de plus en plus de gens tentent l’aventure, mais pour ma part, je crois que depuis que j’ai lâché avec quelque chose qui ne me convenait pas tant que çà, j’ai l’impression d’être dans la créativité, on crée notre métier, notre profession et ça c’est vraiment un plaisir de tous les jours. Bien sûr il y a des difficultés, ce n’est pas tous les jours facile mais se réveiller le matin en se disant : voilà aujourd’hui je vais donner un cours de Qi Gong, la semaine prochaine on part au Maroc et tout ça on l’a créé et on le fait avec plaisir. Et si on le fait avec plaisir, ça va avoir, d’autant plus d’impact et je trouve que c’est vraiment une belle aventure, donc j’invite vraiment tout le monde à tenter l’aventure, en tout cas si on le sent au plus profond de soi.

Merci beaucoup Magali Poirier !

Merci à vous et longue vie à Omyzen !

Vous souhaitez en savoir plus sur le Qi Qong?

Wikipedia Qi Gong

Vous pouvez lire la première partie de l’interview de Magali Poirier ici.

Retrouver l’intégralité de cette interview en podcast ici

Dans la même thématique, vous pouvez également lire :

La médecine chinoise, un art millénaire au service des défits d’aujourdhui

10 idées pour enrichir votre activité de thérapeute en vacances

Quand on travaille à son compte, pas de congés posés auprès de son employeur. La tentation peut être grande de ne pas faire de pause. Ainsi, une enquête de L’INSEE révèle que 40 % des auto-entrepreneurs travaillent pendant les week-ends et les vacances. Pourtant, il est nécessaire de s’imposer un break, pour se reposer, prendre du recul et recharger les batteries. Et pourquoi pas aussi, joindre l’utile à l’agréable en vivant des expériences qui viendront étoffer votre pratique de thérapeute. Omyzen vous donne 10 idées pour passer un été reposant et enrichissant.

1) Faire le point sur son activité :

Les vacances offrent un temps de pause qui permet de prendre de la distance par rapport à son projet professionnel, l’occasion de se poser les bonnes questions :

  • Où en suis-je de ce que je veux mettre en place ?
  • Comment s’est passée cette année ?
  • Quels sont les points forts, les surprises, ce qui me plait et fonctionne bien ?
  • Quelles sont les difficultés, les déceptions, les challenges ?
  • Quels sont mes objectifs pour la rentrée ?

2) Se ressourcer:

Prendre soin des autres, ça peut alourdir ou bien « vider ». Pour évacuer ce dont vous auriez pu vous charger lors de vos séances et refaire le plein d’énergie, allez vous immerger dans un lieu de nature qui vous requinque. Les grandes forêts, la mer, les cascades, la montagne, sont des hauts lieux d’énergie, riches en ions négatifs, des molécules qui permettent d’évacuer le stress et de se rebooster. A vous de trouver le coin de nature qui vous ressource le plus et de vous en imprégner jusqu’à vous recharger à 100% !

3) Découvrir de nouvelles pratiques :

Pourquoi ne pas profiter de ce break estival, pour expérimenter une pratique qui vous attire depuis longtemps ? C’est le moment de faire cette initiation au yoga du son dont vous rêviez ou ce stage de Qi Gong qui vous appelle. Et pour plonger à la source, les voyages à l’étranger offrent l’occasion d’approfondir certaines techniques dans leur contexte culturel. Quelle richesse de pouvoir apprendre le massage ayurvédique lors de son séjour en Inde ou de suivre une formation de massage thai pendant vos vacances en Thaïlande !

4) S’exercer à pratiquer une méthode thérapeutique

Les vacances sont l’occasion de sortir de son quotidien et de côtoyer différentes personnes, dans un contexte inhabituel. Vous pouvez profiter de ces circonstances inhabituelles et qui laisse plus de temps, pour vous entrainer à pratiquer une technique de bien-être à laquelle vous vous êtes formé. Par exemple, proposer des petites séances de réflexologie plantaire dans votre camping, des massages assis aux membres de votre famille, une séance d’hypnose à l’amie qui partage votre séjour. S’exercer sur des proches permet de prendre confiance en soi, de se faire de l’expérience et offre la possibilité de demander des retours sincères qui vous donneront des pistes pour vous améliorer.

5) Participer à un festival bien-être et développement personnel

Il existe aujourd’hui de nombreux évènements festifs qui intègrent largement la thématique du mieux-être au travers de stands ou d’ateliers. Y participer peut-être l’occasion d’élargir votre réseau professionnel et de découvrir des nouvelles approches thérapeutiques qui pourraient enrichir votre activité.

Quelques idées de festivals proposant des ateliers autours du bien-être :

6) Animer des ateliers en tant que proposant :

Vous pouvez aussi profiter de ces moments de festival pour vous essayer à partager une discipline à laquelle vous avez été initié et pour laquelle vous sentez le besoin vous exercer encore avant de la proposer dans un cadre vraiment professionnel. Être proposant dans un festival de bien-être ou un espace de vacances auto-gérées est l’occasion parfaite pour tester et affirmer la prestation que vous souhaitez mettre en place.

En plus des festivals déjà cités, voici des lieux qui proposent des séjours apprenants et coopératifs au sein desquels vous pouvez vous proposer des animations :

7) Suivre un stage de développement personnel

Les propositions de stages sont désormais légion, vous n’aurez que l’embarras du choix. Pour vous y retrouver posez vous vraiment la question du sujet sur lequel vous souhaitez travailler, de la manière dont vous pourrez utiliser au quotidien les outils que vous découvrirez, du sérieux de l’animateur, et bien sûr, écoutez votre intuition ! Un bon thérapeute est avant tout quelqu’un qui est soi même bien dans sa tête et dans son corps. Quel aspect de votre être aimeriez-vous peaufiner, pour exercer encore plus librement : le rapport à l’autre, la confiance en soi, la créativité, le ressenti, l’ancrage… ? Quelques lieux de stages qui proposent des stages de développement personnel :

8) Partir en voyage de développement personnel :

Et pour une immersion encore plus lointaine, partir à l’étranger est un cadeau à se faire qui peut réserver bien des surprises. Plusieurs agences proposent des séjours autour du monde avec des disciplines de bien-être très intéressantes :

9) Faire une retraite

Enfin, pour aller encore plus loin dans sa distanciation avec les distractions du monde extérieur, les retraites méditatives, qu’elles soient silencieuses, guidées ou vraiment solitaires, sont des moments intenses qui peuvent vraiment permettre de revenir à soi pour se remettre sur son chemin de vie.

10) Objectivez votre relation patient/thérapeute

Quand on suit des personnes très régulièrement depuis un certain temps, un rapport de dépendance peut progressivement s’instaurer. La pause des vacances est un révélateur de ce degré de dépendance et une invitation à plus d’autonomie de la part du patient. Pour les patients c’est aussi l’opportunité de prendre du recul sur leur thérapie, ses avancées, ses objectifs. Profitez de votre phase de congé pour éventuellement assainir une relation trop fusionnelle et reposer un cadre plus clair à votre retour. Pour reposer des bonnes bases, vous pouvez (re)lire : Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Enfin, pour partir en vacances sereinement, faîtes le point sur votre budget pour ne pas être en difficulté à la rentrée. En tant qu’auto-entrepeneur, pas de congé payé, pour se payer des vacances, il faut anticiper, économiser. De plus, votre absence représente un manque à gagner. Une fois votre budget bien ma^trisé, vous n’avez plus qu’à profiter.

Alors… bonne vacances !!

Quatre conseils pour limiter la pollution de l’air chez soi

Quatre conseils pour limiter la pollution de l’air chez soi

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Éteindre les bougies, un geste simple pour limiter les émissions nocives liées à la combustion.
Shutterstock

Philippe Glorennec, École des hautes études en santé publique (EHESP) – USPC

L’Institut national de la consommation a récemment fait le buzz en alertant sur ces produits dits « purifiants » (antiallergènes, antiacariens, antibactériens en diffuseurs ou aérosols) « qui loin d’assainir la maison comme le prétendent fabricants et vendeurs, décuplent en réalité la pollution intérieure ». Et ce 14 septembre 2017, l’Ademe a publié une étude mettant en garde contre l’utilisation intensive des encens et bougies parfumées.

S’il ne suffit donc pas de faire « pschitt » pour respirer sain chez soi, que faire pour s’assurer de la bonne qualité de son air ambiant ?

On ne s’aventurera pas ici à résumer tout ce qu’en dit la science, tant les composés présents dans l’habitat sont nombreux et leur chimie complexe. La revue spécialisée Indoor Air a toutefois énoncé quatre grands principes, classés par ordre de priorité, pour une bonne qualité d’air intérieur. Il s’agit donc de réduire les émissions à l’intérieur du lieu de vie ; de garder ce dernier au sec ; de bien ventiler ; et, enfin, de le protéger des pollutions extérieures.

L’application de ces principes ne saurait toutefois relever de la seule responsabilité de l’habitant. Car la mise sur le marché des produits, l’édiction de règles constructives, la réduction des pollutions extérieures ou encore l’obligation d’information des consommateurs relèvent de l’action publique.

Ceci étant dit, nous restons en règle générale maîtres chez nous de l’air… que nous polluons puis respirons. Heureusement, les bons gestes ne sont pas contre-intuitifs et le bon sens y trouve son compte. Voyons à quoi, dans la pratique, correspondent ces quatre principes classés par ordre de priorité.

1. Réduire les émissions à l’intérieur

Le contrôle à la source est à privilégier pour éviter des concentrations excessives, l’exemple ultime et funeste étant le monoxyde de carbone émis par des chauffe-eau défectueux ou des chauffages de fortune responsables d’une centaine de décès par an.

D’ailleurs toute combustion non ou mal contrôlée est à proscrire : cigarette bien évidemment, mais aussi d’autres émetteurs de contaminants aériens comme les bougies et les encens … Mais si l’on ne devrait rien faire brûler dans sa maison pour qu’elle sente bon, il n’est pas non plus recommandé de se fier les yeux fermés aux parfums chimiques ou épurateurs d’air.

Pour les odeurs, mieux vaut donc les éviter que les masquer ! D’ailleurs, un peu de ménage (en limitant les produits parfumés, avec serpillière et/ou un aspirateur doté d’un filtre à haute efficacité) ne fera pas de mal. En effet, les composés dits semi-volatils (plastifiants, retardateurs de flamme, pesticides…) trouvent refuge dans la poussière pour ensuite se revolatiliser. Une fois le ménage terminé vous pourrez ranger vos produits dans une pièce non occupée ou, à défaut, une pièce ventilée.

Vigilance également à l’endroit des pesticides appliqués sur les plantes et les animaux. Car nous finissons par les inhaler, les ingérer via le contact des mains avec les surfaces et poussières, puis des mains avec la bouche. Les enfants sont ici tout particulièrement concernés.

Pour ce qui est des contaminants biologiques, des travaux publiés dans la revue Pollution atmosphérique donnent des conseils pratiques aux amis des bêtes et aux ennemis des acariens et des moisissures.

2. Surveiller l’humidité

Il existe aujourd’hui un solide corpus de connaissances épidémiologiques établissant un lien entre l’humidité des logements et le risque de survenue de troubles respiratoires ou allergiques comme l’asthme, les infections respiratoires, la toux, les rhinites allergiques…

Si les agents causaux (moisissures, champignons…) ne sont pas tous identifiés, il est intéressant de noter que les troubles sont associés aux signes visibles d’humidité et de moisissure, ce qui permet de déclencher aisément des actions.

Celles-ci reposent sur la limitation et l’aspiration des émissions de vapeur d’eau et la ventilation. Il faut aussi mentionner des facteurs liés au bâtiment lui-même, échappant donc plus ou moins à l’occupant. Par exemple, l’enveloppe de l’habitation doit protéger de l’humidité extérieure (on veillera donc à ce que les matériaux ne soient pas stockés dehors pendant le chantier de construction) et également éviter la condensation ; ce dernier conseil vaut pour les climatiseurs qui doivent éviter la condensation de l’air extérieur.

3. Bien ventiler

La ventilation, si elle est suffisante et efficace, permet de limiter l’accumulation des émissions inévitables liées aux occupants eux-mêmes.

Elle ne saurait cependant être un moyen de compenser des émissions excessives évoquées plus haut. Assurez-vous donc de son bon fonctionnement en suivant ces gestes simples.

4. Éviter les pollutions extérieures

Ce dernier principe est celui dont l’application nous échappe sans doute le plus en tant qu’occupant, puisque la qualité de l’air extérieur dépend d’actions collectives et d’innovations techniques sur des dispositifs de filtration (ou d’isolation des émanations du sous-sol dans les régions granitiques émettrices de radon).

On peut bien sûr y contribuer par des modes de transport moins émissifs et en ne plantant pas d’espèces émettrices de pollens allergisants. Pour aérer son logement, on préférera donc éviter les heures de pointe de trafic automobile en ville et la journée en période de pollinisation.

Ce buzz sur la qualité de l’air de son logement vous aura-t-il incité à y mettre du vôtre ? Espérons qu’il contribue également à la mise sur l’agenda politique de la problématique de la qualité de l’air intérieur pour la mise en œuvre d’actions publiques volontaristes et le développement de la recherche.

The ConversationLe bon sens évoqué ici est en effet compatible avec des progrès et des innovations pour des matériaux et meubles moins émissifs, des méthodes et connaissances nouvelles pour quantifier les risques, des solutions efficientes de couplage ou découplage ventilation/climatisation ou chauffage, des capteurs alertant les occupants ou permettant d’optimiser le fonctionnement de la maison…

Philippe Glorennec, Professeur en expologie et évaluation des risques, École des hautes études en santé publique (EHESP) – USPC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Guide du thérapeute : 8 leviers pour activer le bouche à oreilles

Quand on demande aux thérapeutes qui réussissent comment ils ont fait pour se faire connaitre, la raison qui arrive toujours en tête de podium est : le bouche à oreilles. Un levier qui peut en décourager plus d’un car il semble ne pas nous appartenir, ce sont les autres qui parlent de nous et on ne peut pas maitriser leur discours, ou leur absence de discours. Et puis le bouche à oreilles s’active quand on a déjà eu des résultats positifs, il faut avoir commencé à exercer pour qu’il se mette en route, alors comment faire quand on débute tout juste son activité et qu’on n’a pas encore eu de client pour parler de nous ?

Si ce paradoxe du démarrage peut générer un sentiment d’impuissance, il ne doit pas être une excuse pour ne rien faire avec des raisonnements du type : « Çà ne sert à rien de faire un site, c’est le bouche à oreille qui fonctionne le mieux. » Ne commettez pas l’erreur d’attendre les bras croisésque le BAO se fasse tout seul. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez agir, il existe des actions à poser pour faire en sorte que les gens parlent de vous et vous recommandent. Omyzen vous livre 8 techniques pour vous permettre de connaitre et d’activer les leviers du BAO.

1) Créez l’évènement

Cela parait évident, mais pour que les gens parlent de vous, il faut qu’ils aient des choses à dire sur vous. Et si vous n’exercez pas encore, ou que vous n’avez pas encore de résultats flagrants, les personnes ne pourront pas discourir sur l’efficacité de vos séances. Alors, en attendant, donnez-leur à parler de ce que vous proposez : l’efficacité de votre discipline thérapeutique, le charme de votre cabinet, la richesse de votre parcours, l’originalité de vos prestations. Soyez visibles (cartes, plaque…) et faites parler de vous en organisant des évènements. C’est comme ça que le bouche à oreilles commence : « Tu as vu la plaque sur le mur ? Il y un hypno thérapeute qui s’installe dans la rue. » « Tiens une conférence sur le jeûne, organisé par une naturopathe, si on allait y faire un tour ? » Pour savoir comment organiser un événement promotionnel, vous pouvez (re)lire : «Guide du thérapeute alternatif : Animer une conférence » ou encore « 4 étapes essentielles pour optimiser un salon ».

2) Soignez votre e-réputation

Avec l’avènement des réseaux sociaux, un autre mode de communication fait et défait les réputations : le bouche à oreille numérique. Pour qu’il fonctionne en votre faveur, c’est à vous de l’initier. Et pour que vos infos soient partagées un maximum, il faut déjà fournir du contenu. Alors, si ce n’est pas déjà fait, lancez votre emmailing, créez votre site web, votre blog, votre page Facebook et surtout : faites les vivre. Apportez du contenu régulier sur votre page, pour (faire) parler votre activité mais aussi de l’actualité de votre profession, des découvertes en termes de thérapie. A chaque fois que vous participez à un évènement, que vous avez acquis une nouvelle compétence, que vous avez obtenu une réussite, faites le savoir ! N’hésitez pas à joindre des photos du stage que vous avez organisé, du salon auquel vous avez participé. A vous de fournir la matière qui fera parler de vous !

3) Parlez de votre passion

Que ce soit dans votre vie quotidienne, au marché, au café, au bureau, avec vos collègues, vos amis, vos voisins, les personnes que vous rencontrez, ne perdez pas une occasion de dire ce que vous faites, exprimez votre passion et rendez-là communicative. Il ne s’agit pas seulement d’exposer les faits : « La sophrologie permet de diminuer le stress. » ou « Je viens d’obtenir mon diplôme de naturopathe ». Parlez avec votre cœur, racontez votre histoire, expliquez pourquoi cette pratique vous nourrit, ce qu’elle a changé dans votre vie. Partagez ce que vous trouvez fabuleux dans la thérapie que vous utilisez, quels résultats positifs vous avez pu observer. Exposez ce qui vous motive à pratiquer votre métier de thérapeute, le plaisir et la satisfaction que vous éprouvez pendant les séances, les retours des personnes qui ont reçu vos soins. En plus des informations, c’est de l’émotion que vous allez communiquer et quand cela est fait avec sincérité et authenticité, l’impact sur votre interlocuteur est garanti.

4) Soignez la qualité de vos soins et des relations avec vos patients

Pour qu’un bénéficiaire qui vient vous voir ait envie de vous envoyer ses amis, il ne suffit pas que votre technique thérapeutique soit au point. La personne a besoin de se sentir à l’aise, accueillie, écoutée, respectée. Même si cela peut paraitre évident, parfois on est tellement concentré sur notre process de thérapie alternative, qu’on en oublie de veiller à ce que le cabinet se trouve facilement, de vérifier que la personne est confortablement installée, de se focaliser sur le traitement de sa demande et non de toutes ses problématique sous-jacentes. Soyez donc attentif à la façon dont vous recevez la personne, il serait dommage que la concentration que nécessite votre pratique vous fasse occulter un sourire d’accueil, un geste chaleureux, un échange plus superficiel servant à créer du lien. A ce sujet vous pouvez lire « Créer une alliance thérapeutique efficace ».

5) Amenez vos clients à exprimer leur satisfaction

A l’issue d’une thérapie, de votre séance de soin ou encore d’un stage, demandez systématiquement à votre patient, comment il se sent, ce que ça lui a apporté, les changements qu’il observe en lui ou dans sa vie. Il s’agit d’aider la personne à prendre conscience des bénéfices de votre soin et à les mettre en mots, les formuler. Le fait de le faire à chaud, avec vous lui permettra de créer un discours qui lui sera plus facile d’exprimer à son entourage, car il aura déjà été élaboré une première fois.

Quand son expérience a été particulièrement positive, proposez-lui de déposer son témoignage sur votre site, page ou blog. Vous pouvez aussi mettre à disposition un livre d’or dans votre cabinet, salle d’attente ou sur votre stand lors d’un évènement. Les retours positifs sont précieux, ils sont à valoriser ! Vous-même n’hésitez pas à relayer les retours positifs qu’on vous fait.

6) Invitez vos patients satisfaits à être des ambassadeurs

Si certaines personnes vont immédiatement vanter les mérites de leur thérapeute à tous ceux qu’ils croisent, d’autres ne vont pas spontanément recommander à leur entourage quelqu’un qui les a aidé à aller mieux. C’est votre rôle aussi de les inciter à partager leur expérience positive. Cela peut être par des petites phrases toutes simples après qu’ils aient exprimé leur satisfaction ou au moment de leur dire au revoir : « N’hésitez pas à en parler autour de vous ! »« Si vous connaissez des personnes qui ont le même trouble/besoin, vous pouvez me les envoyer. » Ce sont des petites graines qui vont faire leur chemin.

Tout le monde ne sera pas forcément à l’aise pour expliquer ce que vous faites. Pour les affermir dans leur rôle d’ambassadeur, proposez-leur de prendre des cartes ou des flyers, pour les donner à des personnes de leur entourage qui pourraient être intéressées, ou les déposer sur leurs lieux de travail, de loisir, de consommation.

Pour la communication par internet, pensez bien à ajouter en fin de mail, de post ou de vidéo une petite phrase de type : « Merci de diffuser l’information à vos contacts» ou « N’hésitez pas à faire tourner ! ».

7) Proposer un système de parrainage

Outil marketing classique utilisé dans la vente, le parrainage se prête parfaitement au domaine des thérapies alternatives. Choisir un thérapeute est quelque chose de délicat car la personne va se livrer intimement. Face aux piles de cartes de visite qui s’étalent sur le comptoir du magasin bio, elle peut se sentir perdue. C’est la recommandation d’une personne proche qui est passée entre vos mains qui va l’aider à se sentir en confiance pour franchir le pas de vous appeler. Le parrainage permet de récompenser les personnes qui vous amènent des nouveaux clients. Exemple d’offres promotionnelles :

  • Pour un nouveau client amené : 10% de réduction sur votre prochaine séance
  • Une séance de soin gratuite pour trois nouveaux clients amenés

8) Touchez les prescripteurs et les influenceurs

Cernez les personnes qui ont de l’influence ou qui sont en mesure de vous recommander de par leur statut. Si vous proposez des massages bébés, allez rencontrer les sages-femmes installées en libéral, si vous faîtes de l’ostéopathie, rencontrez l’entraineur de foot du quartier, si vous êtes spécialisé sur l’accompagnement des malades du cancer, prenez rendez-vous avec les associations concernées, si vous recevez beaucoup d’enfants DYS, faites la tournée des écoles pour présenter votre travail. Le tout est de vous faire connaitre des personnes qui sont en relation avec votre type de clientèle afin qu’ils puissent vous recommander.

Dans certains cas, il est judicieux de proposer des soins de découverte à votre prescripteur. La responsable du magasin bio ou du comité d’entreprise que vous démarchez sera plus à même de vanter les mérites de votre soin quand elle l’aura reçu elle-même.

Même si le bouche à oreilles finira par se faire tout seul et échapper à votre contrôle, en attendant vous avez désormais de nombreuses clés pour le provoquer et le dynamiser. Lesquelles utilisez-vous déjà ? Lesquelles allez-vous renforcer ? Initier ?

Choisissez de développer en priorité celles avec lesquelles vous vous sentez à l’aise, qui correspondent à votre personnalité et au contexte de votre activité de thérapeute alternatif. Et n’oubliez pas : un patient satisfait est votre meilleure publicité !

Dans la même thématique vous pouvez lire :

Booster son activité de thérapeute avec l’emailing

7 clés pour booster sa patentielle avec Facebook

Quand le patient dépasse le cadre

Dans un précédent article, nous avions vu Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Vous avez tout mis en œuvre pour cadrer votre séance de travail. Malgré tout, il y a toujours des personnes pour déborder du cadre. Qu’est-ce qui se passe quand un patient outrepasse les règles que vous avez fixées ? Quel sens donner à ces actes et comment y réagir ?

Quand peut-on dire qu’un patient sort du cadre thérapeutique ?

Un patient dépasse les limites du cadre, quand il a un comportement qui ne respecte pas le fonctionnement que vous avez fixé explicitement ou auquel vous vous attendez implicitement. On peut citer :

  • Arriver en retard: si c’est exceptionnel cela peut s’entendre mais si c’est récurrent, nous verrons que c’est un acte plein de sens. La personne peut aussi arriver systématiquement très en avance, ce qui est révélateur aussi.
  • Ne pas venir à la séance sans prévenir, ou en prévenant moins de 24h à l’avance.
  • Ne pas régler la séance, négocier le tarif
  • Imposer une parole au-delà du temps de séance : la personne sait que son temps est écoulé et continue à parler sans que vous ne puissiez l’arrêter.
  • Avoir des gestes déplacés: le patient n’est pas censé toucher le thérapeute, même dans les thérapies manuelles.
  • Téléphoner à des heures indues: contacter le thérapeute en dehors de ses heures de travail (le week-end ou après 20h) peut être une manière de rentrer dans sa sphère privée.
  • Poser des questions au thérapeute sur sa vie personnelle, le tutoyer sans son consentement : A ce sujet vous pouvez lire aussi : Relations patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement ?

Pourquoi le patient dépasse le cadre ?

Quand vous avez identifié un débordement, demandez-vous ce que ça signifie, questionnez :

Le rapport à l’autre :

Dépasser les limites peut être pour le patient, une manière de tester son thérapeute, comme un enfant testerait son parent pour évaluer sa solidité et se rassurer. Prenez en compte ce fameux mécanisme de transfert, par lequel le patient rejoue son histoire à travers vous. Quel rôle projette-il sur vous ? Comment ces actes font-il sens dans sa problématique ? Est-ce qu’il avait des parents défaillants et qu’il n’est pas habitué à respecter un cadre ? Enfant, est-ce qu’il palliait un manque d’attention en se faisant remarquer par un comportement rebelle ? Y a-t-il eu des problèmes d’attouchement, d’inceste qui ont perturbé son rapport au corps et à l’intimité ? Le patient parle aussi par son comportement, remettez son acte de dépassement dans sa problématique pour en saisir la signification. Ce sujet peut être pris comme un objet de discussion dans le cadre de la thérapie.

Le rapport au temps :

Le manque de respect des horaires n’est pas à prendre en compte de la même manière si il est exceptionnel ou récurent. Le sens sera également différent si la personne est en retard seulement à ses rendez-vous thérapeutiques ou si c’est une retardataire incorrigible dans d’autres domaines de sa vie quotidienne. Si la personne est systématiquement en retard, cela peut révéler :

  • Une peur de venir au rendez-vous, une appréhension : pourquoi ? Aborder ce sujet peut être l’occasion de discuter avec la personne de ce qui la met en difficulté et de la manière d’y remédier. Cela peut être lié à l’appréhension du travail qui se fait en thérapie ou révéler un manque de confiance en soi en général.
  • Une personnalité narcissique : en se faisant désirer, la personne prend votre temps et retient votre attention, la personne « brille par son absence », cela peut témoigner d’un ego surdimensionné, d’une volonté de prendre le pouvoir. Ce type de personnalité n’affichera aucune gêne à être en retard, au contraire.
  • Un manque d’estime de soi : la personne qui se dévalorise aura tendance à se mettre en difficulté en créant des situations où elle est gênée. C’est souvent le cas pour les personnes qui culpabilisent énormément d’être en retard et en profitent pour se dénigrer.

Le rapport à l’argent :

Pour les personnes qui ne règlent pas à temps ou demandent à payer moins, explorer aussi différentes hypothèses :

  • Est-ce que la personne est réellement en difficulté financière ?
  • Est-ce qu’elle a du mal à gérer ses finances ?
  • Est-ce qu’elle n’accorde pas de valeur à votre travail ? à sa thérapie ? à elle-même ? …
  • Est-ce qu’elle cherche à prendre le pouvoir ?
  • Quel est son rapport à l’argent ?

Votre aptitude à poser le cadre :

Si vous êtes confronté à ce genre de problème de manière récurrente, évaluez votre responsabilité dans l’affaire : est-ce que ce n’est pas vous qui n’avez pas posé un cadre assez clair ? Est-ce que vous avez laissé passer des petites incartades et que le client a fini par prendre ses aises ?

6 mauvaises raisons de ne pas tenir fermement un cadre

Voyons quelles raisons peuvent vous pousser à laisser le client déborder :

  • Peur du conflit: « Il risque de se mettre en colère et je ne veux pas de confrontation. »
  • Peur du jugement et du rejet: « Il va penser que je suis trop stricte et ne voudra plus que je le suive. »
  • Peur de manquer (de clients, d’argent): « Il risque de ne pas revenir et ça va me faire un client de moins. »
  • Syndrome du sauveur: « C’est avant tout lui qui a besoin d’aide, je dois prendre sur moi pour l’aider. »
  • Syndrome de l’imposteur: « Je ne me sens pas légitime de lui demander tant, c’est normal qu’il négocie. »
  • Culpabilité: « Si il ne va pas bien, ce sera de ma faute. »

Ces moteurs d’action, alimentés par des peurs ou des déséquilibres, ne peuvent mener à une relation thérapeutique épanouissante pour vous et votre patient. En fonctionnant avec, c’est vous qui courez différents risques : ne pas être payé, vous épuiser, perdre votre crédibilité.

Comment réagir ?

  • Se questionner: ce type de comportement invite à l’introspection, il peut révéler que vous n’avez pas défini le cadre assez clairement. Est-ce que vous avez bien énoncé les règles à la première séance ? Est-ce- que votre attitude invite à trop de familiarité ? Est-ce que vous avez des peurs ou syndromes à travailler ?
  • Questionner le patient : mettre des mots sur ce qui vous gêne et mettre en lumière ce qui se joue pour lui à travers son comportement. Cela peut être pris comme un élément de travail à intégrer dans la thérapie.
  • Rappeler la règle: Cela peut se faire en début ou en fin de séance, posez de nouveau les règles du jeu, de manière neutre et objective, sans tension.
  • Passer un contrat : « Si vous voulez prendre un temps de parole de 30 minutes, le temps de massage est réduit à 45 minutes. »
  • Fixer une deadline : « Vous avez jusqu’au 25 juin pour me régler la séance, le cas échéant je serais contrainte de suspendre les séances momentanément. »
  • Prendre des mesures: « Toute séance non décommandée 24h à l’avance est due », « Je vous demanderais de régler en début de séance, sinon la séance n’aura pas lieu. »

Ecoutez en Podcast: Annulation de RDV, comment éviter que les clients vous posent un lapin ?

En résumé, quand le patient dépasse le cadre, c’est une occasion d’en savoir plus sur lui, sur vous et de travailler ces informations dans la thérapie ou dans votre rôle de professionnel. Faire respecter les limites du cadre thérapeutique vous permet d’exercer plus confortablement et offre au patient qui l’aideront à mener à bien son travail sur lui.

Procrastination : comment arriver à ne plus repousser tout à plus tard

Procrastination : comment arriver à ne plus repousser tout à plus tard

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Celui-là ? Maintenant ou plus tard ?
Jay Malone/flickr, CC BY

Elliot Berkman, University of Oregon et Jordan Miller-Ziegler, University of Oregon

« J’aime les dates limites, a écrit un jour l’auteur anglais Douglas Adams. J’aime le bruissement qu’elles font en disparaissant. » Nous avons tous connu cette expérience de vouloir mener un projet à son terme tout en le repoussant à plus tard. Parfois, c’est parce que nous n’y tenons pas suffisamment que nous le mettons en attente ; mais d’autres fois, nous sommes vraiment attachés à ce projet – et cependant nous finissons par faire autre chose. Moi, par exemple, en me mettant à faire le ménage chez moi alors que j’ai tant de travaux à annoter et que je sais bien qu’il faudra s’y mettre.

Pourquoi, alors, procrastinons-nous ? Sommes-nous ainsi faits que cette pratique s’impose en certaines circonstances ? Ou bien y a-t-il quelque chose qui ne va pas dans cette façon d’aborder la tâche à accomplir ? Ces questions sont au cœur même de mes recherches sur la poursuite d’un objectif. Elles offrent quelques clefs, fournies par les neurosciences, expliquant le pourquoi de la procrastination et le moyen de la surmonter.

Faire ou ne pas faire

Tout commence par un choix très simple entre s’attaquer tout de suite à un projet, ou bien se consacrer à autre chose : réaliser une autre tâche, ou se livrer à une occupation plus amusante, voire ne rien faire du tout.
La décision de se mettre à l’œuvre dépend de l’importance que nous accordons au fait de travailler dans l’instant à notre projet – ce que les psychologues nomment sa valeur subjective. En termes de psychologie, la procrastination c’est ce qui arrive quand l’intérêt d’accomplir quelque chose d’autre l’emporte sur celui de s’y mettre tout de suite.

Bal du nouvel an à Vienne. Valse-hésitation…
Wilhelm Gause/Wikimedia

Cette façon de penser nous amène à un procédé tout simple pour vaincre la procrastination : trouver un moyen de stimuler, par rapport à d’autres activités, la valeur subjective du travail immédiat. Vous pouvez surévaluer l’intérêt de votre projet et diminuer l’importance de la distraction, ou bien combiner les deux démarches. Par exemple, au lieu de mes travaux domestiques, je pourrais essayer de me concentrer sur ce que l’importance de l’annotation de travaux a de personnel pour moi.
Ou bien je pourrais réfléchir à ce qu’a en réalité de désagréable le nettoyage d’une maison, surtout avec un enfant en bas âge.

Il s’agit là d’un simple conseil, mais adopter cette stratégie peut se révéler assez difficile, tant il existe de forces contrariant l’intérêt d’une action immédiate.

Une date butoir lointaine

Les gens ne sont pas entièrement rationnels dans leur façon d’évaluer les choses. Par exemple, la valeur d’un billet d’un dollar vaut aujourd’hui autant qu’une semaine plus tôt, mais sa valeur subjective – en gros, à quel point ce serait bon de posséder un dollar – dépend d’autres facteurs venant s’ajouter à sa valeur intrinsèque, comme le moment où nous recevons ce billet.

La tendance qu’ont les gens à dévaluer mentalement l’argent et d’autres biens est ancrée dans le temps. On l’appelle le « délai de discount » que l’on peut traduire par « dévaluation temporelle ». Ainsi, une étude a montré qu’en moyenne recevoir 100 dollars tous les trois mois équivaut pour les individus à en recevoir 83 tout de suite. Ils préféreraient perdre 17 dollars plutôt qu’attendre quelques mois pour toucher une somme supérieure.

D’autres facteurs jouent sur cette valeur subjective, par exemple la quantité d’argent qu’on a récemment gagné, ou perdu. Point crucial : il n’existe pas de corrélation parfaite entre valeur subjective et valeur réelle.

La dévaluation temporelle est un facteur de procrastination car le fait de mener une tâche à bien est ancré dans l’avenir. L’achever promet une récompense, mais pour plus tard. Si bien que sa valeur dans le temps présent est réduite. Plus la date limite est éloignée, moins s’attaquer immédiatement à la tâche présente quelque attrait.

Malgré les Post-It, anticiper les tâches à accomplir est parfois difficile.
Josh DiMauro/Flickr, CC BY-NC-ND

Les unes après les autres, des études ont démontré que la tendance à procrastiner suit de façon étroite les modèles économiques de la dévaluation temporelle. En outre, les gens qui se qualifient eux-mêmes de procrastinateurs exagèrent cet effet. Bien plus que d’autres, ils rabaissent l’intérêt qu’il peut y avoir à accomplir par avance une tâche. Un moyen de stimuler l’intérêt d’en finir avec elle serait de fixer une date butoir plus rapprochée. Par exemple, imaginer concrètement une future récompense réduit la dévaluation temporelle.

Pas de travail sans effort

Non seulement l’accomplissement d’un projet peut être dévalorisé parce qu’il se produit dans l’avenir, mais effectuer une tâche peut aussi se révéler pénible tout simplement parce que le travail demande un effort.
Selon de nouvelles recherches, l’effort mental est intrinsèquement coûteux. C’est pour cette raison qu’en général, les gens privilégient un travail plus facile à un travail plus difficile. Qui plus est, des coûts subjectifs plus importants se manifestent quand on effectue une tâche perçue comme plus difficile (encore que cela puisse être compensé par l’expérience du travail à accomplir).

Tout cela conduit à une intéressante prédiction : on procrastine d’autant plus que la tâche envisagée est perçue comme plus difficile. Plus elle demande d’effort, plus on y gagne en déployant le même taux d’effort dans quelque chose d’autre, un phénomène que les économistes appellent les « coûts d’opportunité ». Selon ces coûts d’opportunités, le travail sur quelque chose de difficile est perçu comme une perte.

Bien évidemment, plusieurs études démontrent qu’on procrastine plus en cas de tâches désagréables. Ces résultats suggèrent que pour diminuer le fardeau de peiner sur un travail, le réduire en plusieurs éléments familiers et manipulables serait une manière efficace de réduire la procrastination.

Votre travail, votre identité

Quand nous écrivons que la procrastination est un effet secondaire de notre manière d’évaluer les choses, cela fait relever l’accomplissement d’une tâche de la motivation plutôt que du savoir-faire. En d’autres termes, vous pouvez vraiment être bon dans quelque chose, cuisiner un repas fin ou écrire une histoire. Mais si vous n’avez pas de motivation ou si vous n’attachez pas d’importance à la réalisation de cette entreprise, elle s’évanouira vraisemblablement. C’est pour cette raison que l’écrivain Robert Hanks, dans un récent essai pour la London Review of Books, a qualifié la procrastination de « manque d’appétit ».

La source de cet « appétit » peut s’avérer quelque peu compliquée, mais on peut arguer que, comme pour notre appétit de nourriture, elle est intimement imbriquée dans nos vies quotidiennes, notre culture et notre perception de nous-mêmes.

Alors, comment faire croître la valeur subjective d’un projet ? Un moyen puissant – que mes étudiants et moi avons chroniqué en détail – est de relier le projet à notre idée de soi-même. Selon notre hypothèse, les projets perçus comme importants pour l’idée de soi auront plus de valeur subjective pour la personne. Pour cette raison, Robert Hanks a aussi écrit que la procrastination semble émerger d’un manque « à s’identifier suffisamment avec son moi futur » en d’autres termes, le moi pour qui le but à atteindre est le plus significatif.

The ConversationDans la mesure où on se sent motivé pour conserver une image positive de soi, les objectifs à atteindre associés intimement à l’idée de soi ou d’identité prennent beaucoup plus de valeur. Relier le projet à venir à des valeurs plus immédiates, comme des objectifs dans la vie ou ce qui tient vraiment à cœur peut combler le déficit de valeur subjective qui sous-tend la procrastination.

Elliot Berkman, Assistant Professor, Psychology, University of Oregon et Jordan Miller-Ziegler, PhD Candidate in Psychology, University of Oregon

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Relations patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement ?

L’efficacité d’une thérapie alternative dépend beaucoup de la relation qui s’établit entre le thérapeute et son patient. Une relation qui se construit principalement par l’échange verbal, les mots pouvant être de véritables outils thérapeutiques. Dans ce contexte, le choix du tutoiement ou du vouvoiement peut devenir primordial. Quels sont les enjeux de ces petits mots qui en disent long sur une relation ? Comment les choisir à bon escient en fonction du contexte et de la nature de la thérapie ?

Le vouvoiement maintient la distance thérapeutique

Ordinairement, le vouvoiement est d’usage dans un cadre professionnel ou lors d’une rencontre conventionnelle, il exprime le fait de ne pas appartenir au même groupe. C’est une marque de politesse, de respect mutuel. A la manière de l’uniforme, il représente une sorte de bouclier contre les abus et les dépassements de limite. Vouvoyer permet d’assoir votre position de thérapeute, de maintenir une distance respectueuse et de renforcer votre sérieux, votre crédibilité.

Pour une personne qui est en manque de repères et/ou qui a du mal à parler d’elle, même à ses proches, le fait de vouvoyer son thérapeute peut aussi lui offrir un cadre sécurisant au sein duquel s’exprimer. Ce code langagier fixe un cadre à respecter au même titre que l’horaire ou le tarif de la consultation. Pour approfondir ce sujet, vous pouvez aussi lire Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Pour certains thérapeutes le vouvoiement est une barrière à ne pas franchir, un mécanisme de défense qui permet d’être moins dans l’émotionnel et de rester dans l’analyse, à l’écoute de situations parfois très difficiles.

Mais le vouvoiement peut aussi devenir une armure qui empêche la personne de se livrer intimement. C’est pourquoi le tutoiement a aussi ses avantages.

Le tutoiement peut favoriser l’alliance thérapeutique

Certaines personnes auront du mal à exprimer leurs émotions et à parler de leur vie privée en restant sur un mode de communication qui leur parait impersonnel. Le tutoiement crée alors une proximité qui peut aider la personne à se sentir en confiance. Il situe l’échange au niveau d’une rencontre authentique et égalitaire, sans masque ni parade et favorise la simplicité et l’honnêteté des échanges. Cette proximité permet de tisser un lien différent avec ses patients, d’établir un contexte chaleureux, qui facilité parfois la prise en charge ou permet de fidéliser sa clientèle.

Freud recommandait le vouvoiement systématique et considérait qu’un « tu » qui s’échappait était comme un acte manqué. En effet, le tutoiement nous renvoie à la famille, à la communauté, aux groupes amicaux. Cette familiarité peut donc exprimer que la personne se sent en confiance, mais aussi révéler un mécanisme de transfert. Quel rôle jouez-vous à travers votre place d’écoutant : la copine confidente, le frère complice, la bonne mère, le père rassurant ?

En psychanalyse, ce mécanisme de transfert étant un outil clé de la thérapie, si le tutoiement inopiné le révèle, on peut aussi choisir de le proposer volontairement, pour justement favoriser le transfert.

Si c’est le thérapeute qui fait ce glissement involontaire, cela peut être interprété comme une défaillance dans le cadre thérapeutique. L’envie de tutoyer un patient est à questionner : est-ce qu’on se sent beaucoup d’affinité avec cette personne ? N’est-on pas en train de sortir de son rôle ?

Attention toutefois, certaines personnes peuvent croire qu’on leur manque de respect si on les tutoie. Le tutoiement implique qu’on se considère d’égal à égal. Cela peut aussi créer un trouble dans la relation, si vous employez le « tu » certaines personnes ne savent plus à qui elles s’adressent, un copain ? un parent ?

S’adapter à l’âge, à la culture, au contexte thérapeutique

Tutoiement comme vouvoiement sont d’abord des marqueurs de codes relationnels et sociaux. La culture d’un pays peut faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre, toute la question est de savoir s’y adapter. En Afrique du nord le « tu » est de rigueur et le « vous » peut être perçu comme une marque de rejet. En Espagne également, on se tutoie dans le milieu professionnel. Ne soyez donc pas surpris si un patient vous tutoie, c’est peut-être juste son référent culturel à lui.

Le langage s’adapte également à l’âge de vos patients. Si le tutoiement est beaucoup plus pertinent pour travailler avec les enfants, utilisez-le avec précaution auprès des adolescents, car ils pourraient se sentir infantilisés.

Pour des thérapies qui utilisent différents registres de communication, il peut y avoir des allers-retours entre tutoiement et vouvoiement. Ainsi au cours de leur séance, certains hypnothérapeutes utilisent le « vous » avec le conscient et le « tu » avec l’inconscient quand la personne est en état hypnotique.

Dans les démarches psycho-corporelles intégrant des pratiques en groupe, le tutoiement est plus approprié pour faciliter les contacts corporels, les jeux de rôle et les échanges émotionnels. Les praticiens utilisent alors le tutoiement pendant ces ateliers de groupe mais ils reprennent le vouvoiement lors des séances individuelles pour bien marquer la différence de situations.

Le manque de réciprocité : quand l’un dit « tu » et l’autre « vous »

Généralement, quand une personne tutoie quelqu’un qui la vouvoie, cela signe un rapport dominant/dominé. Celui qui dit « tu » ayant pris le pouvoir sur l’autre. On retrouve ce langage bancal dans la hiérarchie des entreprises par exemple. Il est donc mal venu de tutoyer un patient qui vous vouvoie.

Un patient peut vous tutoyer et que vous décidiez de rester dans le vouvoiement pour maintenir une distance. Cela marque un rapport déséquilibré : le patient se sent plus proche de vous, que vous de lui. Si le fait de vous dire « tu » l’aide à s’exprimer, vous pouvez le laisser faire, mais si c’est un moyen de prendre le pouvoir et de vous décrédibiliser, repositionnez les choses, c’est à vous de fixer le cadre thérapeutique.

On se dit tu ? Un passage plein de sens

Si le vouvoiement est le mode de communication instauré dès le départ, au fur et à mesure de l’avancée dans la thérapie et des liens qui se créent, la relation peut évoluer vers le tutoiement. Ce passage peut se faire dans différents contextes. Les questions à se poser étant : Est-ce que cela annule la distance thérapeutique ou pas ? Qui fixe les modalités de la relation ?

Vous rencontrez votre patient dans un contexte non professionnel : la nature de la relation change, le « vous » devient inapproprié, le tutoiement est possible au retour en cabinet mais vous pouvez aussi revenir au vouvoiement afin de bien marquer les différences de situations.

Le patient vous demande de passer au tutoiement : c’est vous qui fixez le cadre de la thérapie, il vous appartient donc d’accepter ou de décliner sa proposition en fonction du contexte. Si c’est quelqu’un qui a tendance à déborder du cadre, il est préférable de refuser, en expliquant les raisons.

Vous glissez naturellement vers le « tu » : ce passage marque une proximité plus grande dans votre relation. Attention toutefois à ne pas glisser vers une relation de copinage qui nuirait à la thérapie, les autres éléments fixant le cadre doivent rester stables.

Une fin de thérapie : L’adoption du tutoiement peut marquer une avancée, que la personne se considère maintenant comme votre égal, qu’elle n’a plus besoin de la thérapie, qu’elle peut sortir de ce cadre-là.

En définitive, vouvoiement ou tutoiement, vous l’aurez compris, le choix se fait en fonction du contexte, l’essentiel étant d’avoir bien conscience de ce que ce choix implique, pour maintenir une juste distance professionnelle.

Et vous, quelles sont vos prises de position en tant que thérapeute alternatif ? Partagez vos expériences et votre point de vue avec la communauté Omyzen en commentaire !

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Booster son activité de thérapeute alternatif avec l’emailing : toutes les clefs pour créer une newsletter efficace

Selon l’étude EMA 2017 du Sncd, 90% des internautes consultent leurs mails au moins une fois par semaine et 80% sont inscrits à au moins une newsletter. De plus, « 76 % des abonnés à une newsletter affirment avoir déjà acheté un produit ou un service en ligne en cliquant sur le lien présent dans le mail. » Le mail reste donc un canal de communication très apprécié, il est une excellente façon se faire connaitre et de vendre ses services.

Comment faire pour créer des newsletters attrayantes et mettre en place un emailing efficace pour faire décoller votre activité de thérapie alternative ? Omyzen vous dit tout. 😉

1) Créer et enrichir une liste de diffusion :

La première étape consiste à rassembler vos destinataires. A partir de quels contacts se constituer une liste d’abonnés ?

  • Clients existants: pensez à demander son mail à chaque nouveau patient et rentrez le dans votre liste de contacts
  • Visiteurs sur un stand: quand vous faîte un salon ou organisez un évènement, mettez à disposition une feuille sur laquelle les personnes inscrivent leurs mails pour recevoir vos infos. Si vous n’avez pas encore crée d’évènement, lisez 6 bonnes raisons d’animer une conférence et 4 étapes essentielles pour optimiser un salon
  • Inscription sur votre site internet : Attention, depuis le 25 mai 2018, le RGPD (la nouvelle loi de référence européenne en matière de protection des données à caractère personnel) est entrée en vigueur. Elle condamne les personnes qui utilisent les adresses pour envoyer des mails à caractère commercial sans leur consentement. Il est donc important de notifier sur la page qui invite la personne à remplir son mail, qu’elle est d’accord pour recevoir votre newsletter. Vous pouvez consulter l’intégralité du texte de loi RGPD ici.

Une fois que vous avez une liste d’abonnés, vous pouvez la segmenter, c’est-à-dire la diviser en plusieurs groupes à qui vous ferez des envois plus personnnalisés. Vous pouvez faire différentes listes en classant les personnes ou par localité si vous travaillez sur plusieurs lieux ou par centre d’intérêt si vous travaillez avec des publics différents.

2) Que mettre dans sa newsletter ?

Ce n’est pas le tout d’avoir des contacts à qui envoyer ses informations, encore faut-il que votre mail ne passe pas à la corbeille ou en spams. Comment faire pour que votre message atteigne son but ? Selon l’étude de la Sncd :

« Quatre éléments favorisent l’ouverture des emails publicitaires : la connaissance de l’expéditeur (81 %), la confiance en l’expéditeur (81 %), la pertinence de l’objet (80 %) et sa personnalisation (42 %). »

Il est donc important que les abonnés aient déjà eu un premier contact avec vous et qu’ils s’en souviennent et il est capital de fournir un contenu de qualité. Tout d’abord, définissez l’objectif de votre email : faire connaitre votre thérapie alternative ? Offrir du contenu ? Vendre une promo ?

Voici les différents contenus qui peuvent constituer votre message :

  • De l’information : donner des informations pertinentes permet de vous positionner en tant qu’expert et vous fait gagner en crédibilité.
  • Une invitation à un évènement que vous organisez ou auquel vous participez (conférence, porte ouverte de son cabinet, salon…)
  • Une offre spéciale: lorsque vous proposez des bons cadeaux ou réductions pour les fêtes par exemple (St Valentin, Noë, fête des mères),
  • Un article de blog: informez qu’un nouvel article est en ligne sur votre blog
  • Votre actualité: si vous avez acquis un nouvel outil, une nouvelle compétence ou méthode de thérapie alternative, informez-en vos patients
  • Un tutoriel: pour guider votre patientèle vers le mieux-être. Offrir à la personne quelque chose qu’elle peut utiliser tout de suite (un conseil, une inspiration, une information intéressante, une image agréable) l’amènera dans une logique de réciprocité qui invite à la prise de rendez-vous.
  • Un témoignage client: pourquoi ne pas partager un retour particulièrement positif d’un de vos patients ?

Mettez-vous à la place de la personne : qu’est-ce qu’elle aimerait lire ? Qu’est-ce qui pourrait leur faciliter la vie ? Personnaliser votre message, écrivez comme si vous parliez à un ami pour créer une relation de proximité.

3) Les règles d’or pour un emailing efficace

Le networking c’est tout un art ! Omyzen a compilé pour vous toutes les bonnes pratiques et les erreurs à ne pas commettre, pour bien communiquer par mail.

  1. Pour que votre mail arrive en boite de réception et pas dans les spams, le filtrage tient compte du titre et du contenu :

  • Soignez le titre du message : pour que la personne ouvre votre mail, tout se joue sur le titre, vous avez 2 secondes pour convaincre d’ouvrir. Il faut donc que votre objet soit clair. Ne pas y mettre les mots «promo» ou « réduc », cela rebute. Préférez des phrases qui suscitent la curiosité, l’envie d’en savoir plus. Vous pouvez par exemple poser une question, pour donner l’envie aux gens d’ouvrir et de lire le mail. Exemple : comment retrouver le sommeil de manière naturelle ? Veillez bien entendu à ce que le titre soit cohérent avec le contenu du message.
  • Rendre le message « scannable » : allez à l’essentiel. Jouez sur la mise en page pour que votre message soit clair, structuré, aéré et que la personne comprenne en un coup d’œil de quoi il s’agit : mettre des listes à puces, des titres, des mots en gras.
  • Ne pas mettre de pièce jointe : elles sont très rarement ouvertes, mettez tout dans le corps du texte
  1. Créez une routine :

  • Garder toujours la même structure et charte graphique : cela rendra votre mail familier et identifiable.
  • Faire des envois réguliers: tenez un calendrier pour anticiper et organiser vos envois, une fois par mois ou par saison est un bon rythme pour les informations des thérapies alternatives.
  • Privilégiez la qualité plutôt que la quantité: rien ne sert d’inonder les personnes des mails plusieurs fois par semaine, soignez plutôt votre contenu.
  • Choisissez bien l’heure et le jour d’envoi: pour démarcher des patients, le créneau d’envoi recommandé est le week-end ou de 17hà 20h en semaine

et surtout :

  • Mettre un lien pour vous contacter: la finalité du mailing étant tout de même la prise de rendez-vous, terminez toujours votre mail par un appel à l’action en insérant votre téléphone ou un lien vers votre site.
  • Testez son message: envoyez toujours votre mail à vous-même avant de le diffuser pour vous assurer de sa lisibilité. Pensez aussi à cliquer sur les liens pour vérifier qu’ils fonctionnent bien.
  • Permettre à la personne de se désabonner facilement: avec la nouvelle loi RGPD, c’est désormais une obligation. « Les utilisateurs devront pouvoir annuler facilement leur consentement et demander l’effacement de leurs données dans les meilleurs délais. » Offrez donc aux destinataires le moyen de se désabonner facilement de votre newsletter en mettant un petit lien à la fin du mail. Exemple : « Vous recevez ce mail parce que vous êtes inscrit à la newsletter. Vous pouvez désabonner l’adresse (mettre le mail de votre contact) en cliquant ici. » La procédure doit pouvoir se faire ne moins de trois clics.
  • Ne pas envoyer votre mail depuis outlook ou word (publipostage), éviter aussi d’utiliser votre boîte mail personnel, créez une adresse pro ou utiliser un logiciel de routage.

Un logiciel d’emailing permet de planifier ses envois, de segmenter ses contacts, d’avoir des retours statistiques, d’augmenter la délivrabilité de ses emails. Si votre activité d’emailing prend de l’ampleur, nous vous conseillons de l’organiser via un logiciel de routage. Voici les plus utilisés actuellement :

  • Mailchimp
  • Getresponse
  • Mailpoet
  • Mailjet
  • Mailingreport
  • Aweber
  • SendinBlue

Vous avez désormais tout en main pour lancer votre emailing, alors, c’est parti !

Et comme toujours, partagez votre expérience avec la communauté Omyzen !

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Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

L’efficacité des thérapies alternatives dépend énormément de la capacité du professionnel à Créer une alliance thérapeutique efficace. L’émergence de cette relation de confiance mutuelle ne peut se faire que dans un cadre thérapeutique précis. Quels sont les éléments qui constituent ce cadre ? Comment le mettre en œuvre et rester un thérapeute chaleureux, empathique et authentique tout en maintenant une juste distance nécessaire avec ses patients ? Voici des clefs pour vous aider à installer le cadre thérapeutique propice au bon déroulement d’une thérapie.

Le cadre matériel

Le cadre spatial : l’aménagement de votre cabinet reflète votre professionnalisme

Le cadre thérapeutique, c’est premièrement l’espace dans lequel vous recevez. Les objets, la disposition des lieux doivent dégager un certain professionnalisme : plaque avec votre titre sur le mur extérieur, aménagement d’une salle d’attente, cabinet propre et rangé, vidé de tout objet personnel ou extérieur à votre discipline. L’aménagement de votre espace de travail révèle et oriente le rapport que vous voulez établir avec votre client : votre fauteuil et le sien sont-ils les mêmes ? Sont-ils à la même hauteur ? Est-ce qu’un bureau marque la frontière entre vous ou est-ce que vous êtes face au patient avec votre bureau sur le côté ? Pensez bien aux implications de tous ces détails en aménageant votre espace.

Le cadre contractuel : poser les règles du jeu dès le départ

Le cadre consiste tout d’abord en l’établissement de règles précises et concrètes par lesquelles vous établissez un rapport contractuel. Par exemple : 60€ contre 50 minutes de psychanalyse. Ces données objectives, doivent apparaitre sur vos supports de communication, et si besoin, être répétée au moment de la prise de rendez-vous ou au début de la première séance. Et surtout… tenez-vous-y ! Dans l’établissement de ce contrat, vous pouvez préciser vos compétences, vos limites et vos attentes (ponctualité, implication, régularité, nombre de séances…)

Pour le patient, l’habitude de venir au même endroit, à des moments réguliers, avec des règles fixes permet de ritualiser le rendez-vous, ce qui crée un sentiment de sécurité et de stabilité propice au travail sur soi.

Le cadre temporel : de l’importance de limiter la durée des séances

Pris dans ce qui est en train de se passer, le patient peut avoir envie que la séance dure plus longtemps, ou plus rarement, de l’écourter. Pour vous faire respecter en tant que thérapeute et pour que la personne sache qu’elle s’exprime et reçoit un soin dans un cadre précis, il est important de rester vigilant à l’heure et de s’en tenir à la durée annoncée.

Attention, prévoyez que la première séance dure souvent plus longtemps parce qu’il faut faire totalement connaissance avec la personne. Prévoyez une durée plus longue. Certains thérapeutes intègre même cette spécificité à leur contrat : 50€ la séance (1h), 60€ pour la première séance (1h30).

Cela peut arriver de déborder parce qu’il se passe des choses importantes pendant la séance, qu’il serait dommage de couper. Mais si vous débordez à chaque fois cela devient problématique. Est-ce que votre temps de séance est trop court ? Dans ce cas allongez le et que cela devienne le nouveau cadre. Si vous énoncez que la séance dure une heure et que vous passez toujours une heure et demie, mieux vaut annoncer une heure et demi dès le début. Sinon est-ce parce que vous avez du mal à canaliser le flot de paroles de la personne et que cela empiète sur votre temps de travail ? Ou est-ce que vous avez besoin de donner toujours plus pour vous dire que votre travail a de la valeur ? Est-ce que vous avez du mal à mettre les limites, à dire stop de manière générale ? Autant de sources d’introspection…

Le cadre monétaire : la valeur que vous et votre patient donnez à votre travail

Fixez votre tarif et tenez-vous y aussi. C’est-à-dire que la séance doit être réglée, en intégralité, le jour même. Vous éviterez les déconvenues, d’une personne qui dit qu’elle vous paiera à la prochaine séance et que vous ne revoyez jamais.

En cas d’absentéisme répété vous pouvez mettre un panneau indiquant « Toute séance non décommandée 24h à l’avance est due. » De même vous pouvez afficher les modalités de paiement, préciser par exemple si vous refusez les chèques, ou acceptez les cartes bleues.

Pensez aussi à évoquer la question du remboursement, si votre thérapie entre dans la catégorie des soins remboursés par certaines mutuelles.

Il y aura toujours des personnes pour essayer de négocier le tarif. Là, évaluez la situation au cas par cas : est-ce que la personne est en réelle difficulté financière et fait des efforts pour suivre sa thérapie ? Ou est-ce qu’elle accepte de donner 80€ par mois à sa coiffeuse mais considère que pour votre soin en réflexologie plantaire, 30€ par séance suffit amplement ? Dans ce que vous fixerez comme tarif, l’essentiel est que vous vous y retrouviez financièrement et moralement. Rappelons que dans l’inconscient collectif plus quelque chose est cher plus il a de la valeur et de l’efficacité. Le prix que le patient est prêt à mettre peut influencer son implication dans la thérapie.

Sur ce sujet, consultez Les thérapeutes et l’argent: un rapport parfois complexe ou 5 bonnes raisons de faire payer ses séances

Le cadre vestimentaire : l’habit ne fait pas le moine, mais il y contribue !

De nombreuses expériences de psychologie montrent l’importance de l’apparence vestimentaire dans la crédibilité d’une personne. Et plus votre personne croit en vous, plus la thérapie a des chances d’être efficace ! La célèbre expérience de Milgram, en psychologie sociale, démontre entre autre l’importance de l’apparence extérieure. En l’occurrence, le fait que le sujet porte une blouse blanche fait que les personnes testées perçoivent son autorité comme légitime et cela influence leurs réactions. Une personne installée depuis 40 ans et qui a acquis une solide expérience et une excellente réputation pourra se permettre d’être négligée, mais quand vous êtes encore au stade de « faire vos preuves », veillez à soigner votre apparence afin de véhiculer une image de sérieux.

Le cadre relationnel : bien définir le rôle de chacun

Qu’est-ce que vous pouvez apporter ?

Lors de la première séance, établissez clairement ce que vous pouvez amener à la personne, en décrivant votre méthode, vos outils, voir votre parcours, mais aussi les limites de votre pratique. « Je ne suis pas médecin, je ne suis pas magicienne. » En renforcement, afficher ses diplômes, avoir dans son cabinet une bibliothèque et des objets afférant à sa discipline permet d’assoir le contexte disciplinaire de la thérapie.

Quelles sont vos exigences vis-à-vis de votre patient ?

Énoncez aussi ce que vous attendez de la personne : quelle implication lui demandez-vous ? Est-ce que vous refuserez de poursuivre le travail si elle n’est pas prête à adopter des changements de comportements alimentaires ou à venir régulièrement pendant une période donnée par exemple ? Est-ce que vous attendez qu’elle soit vraiment décidée à entreprendre un changement, à être actrice de sa transformation ?

Vous pouvez également être amené à exiger de l’honnêteté sur sa situation. Si elle vous cache une pathologie ou un traitement médicamenteux en cours, cela peut s’avérer dangereux, pour un soin en médecine chinoise par exemple.

C’est important que la base soit clairement définie pour partir sur une relation thérapeutique saine.

Établir la juste distance…

Avec les mots :

Le vouvoiement permet de marquer que vous êtes dans une situation patient/professionnel. Freud préconisait le vouvoiement systématique et considérait le « tu » comme un acte manqué. Le tutoiement peut néanmoins participer à la fidélisation de sa clientèle ou aider la personne à se sentir à l’aise et ainsi à pouvoir exprimer ses émotions et son vécut avec plus de facilité. Ce choix est donc dépendant des types de personnes et des relations instaurées, mais si vous avez besoin d’établir un cadre professionnel strict, optez pour le vouvoiement.

Avec les gestes :

Pour accueillir la personne, serrez la main plutôt que faire la bise. Si une main sur l’épaule peut apporter un cadre réconfortant quand la personne « craque » et pleure en cours de séance, évitez d’avoir trop de contacts physiques en dehors de ceux que vous demande votre pratique.

Le cadre légal et déontologique

Les codes de déontologies spécifiques à chaque disciplines offrent des bons repères pour (se) fixer des repères. Certaines professions sont soumises à un code de déontologie précis. Ils définissent les engagements que le thérapeute prend envers ses patients et ses pairs, ce qui permet de fixer une base commune de bonne pratique.

Vous pouvez mettre ce code à disposition de votre clientèle, en le lassant dans la salle d’attente par exemple.

Les points qui sont généralement mentionnés sont :

  • Le respect des obligations légales et de la législation en vigueur
  • Le respect de la personne : son intégrité physique et psychique, sa dignité
  • La confidentialité : le thérapeute est tenu au secret. Assurez la personne que ce qui se passe dans le cabinet ne sortira pas de murs et tenez-vous y ! Ecueil à éviter : parler à ses clients d’autres clients. Sauf si vraiment cela sert une proposition thérapeutique, en évoquant par exemple, une technique que vous avez appliquée à un autre patient et pour qui ça a très bien marché.
  • La compétence : être formé et continuer de se former régulièrement
  • Le respect de la médecine conventionnelle : le thérapeute ne se substitue pas au personnel médical, il sait déléguer quand la problématique de la personne ne relève plus de sa compétence, il ne conseille pas l’arrêt d’un traitement
  • Le respect de ses pairs : entretenir des relations d’entraide, de respect et de valorisation mutuelles avec ses confères
  • L’impartialité : ne pas faire de propagande ou prosélytisme religieux ou idéologique au sein de son cabinet

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les codes de déontologie propres à chaque discipline, que ce soit la vôtre ou pas, ça vous permettra de voir où vous vous situez.

Voilà, vous avez déjà une bonne base pour créer un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant.

Et vous, comment faites-vous pour instaurer et maintenir ce cadre ? Quelles difficultés rencontrez-vous pour le fixer ou le faire respecter ? Partagez votre conception et vos expériences avec la communauté, c’est l’occasion d’un enrichissement mutuel !

Vous pouvez à tout moment :
– Rejoindre le groupe « Réussir Comme Thérapeute »: je rejoins le groupe

Vous trouverez des articles de contenu 100% dédiés thérapeutes, des invitations pour des ateliers gratuits, etc.

– vous abonner à la chaîne Youtube: je m’abonne à la chaîne

J’y poste (quand j’ai le temps) des vidéos sur des sujets très concrets en rapport avec votre activité de thérapeute. Vous y trouverez aussi par exemple les enregistrements de mes ateliers LIVE etc.

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