Se former à la sophrologie : 2# Choisir sa formation

Choisir la formation sophrologie qui vous convient
Face à la centaine de formation qui existe en sophrologie, comment faire le bon choix ?

Se former à la sophrologie : 2# Choisir sa formation

C’est décidé, vous souhaitez vous former à la sophrologie. Mais comment vous y repérer dans toutes les propositions de formations ? Avec des dizaines et des dizaines d’offres disparates, aux programmes et aux coûts parfois très différents, difficile de s’y retrouver !

Omyzen vous donne des éléments de compréhension pour y voir plus clair et faire votre choix. La « bonne » école étant aussi celle qui vous conviendra à votre projet personnel, nous vous conseillons de lire également : « Se former à la sophrologie : 1#Définir son projet professionnel »

Avant tout : attention aux fausses promesses !

Votre recherche sur internet peut mettre en avant des formations qui ne sont pas parmi les meilleures… Usez de discernement, un site internet très bien fait peut cacher une formation manquant de sérieux.

Méfiez-vous des formations trop courtes (6 mois ou moins). Sophrologue est un métier avec une pratique qui demande à être mise en œuvre et murie, cela demande du temps.

–> Observez la cohérence entre la durée de la formation et la richesse du programme proposé. Si une longue liste de sujets est annoncée pour une durée inférieure à un an, il y a de fortes chances que vous survoliez toutes ces notions. Vous ne pourrez alors pas vraiment les utiliser professionnellement, il vous faudra compléter votre formation pour les approfondir.

Examinez bien l’ancienneté de l’école et l’importance de son réseau d’enseignants. Sachez qu’il existe des anciens étudiants qui reprennent le programme de l’école dont ils sont issus et ouvrent tout seuls une école copiée/collée en gonflant artificiellement leur réseau…

Les différents types de formation

Voici les différentes « formules » que vous pourrez trouver pour vous former à la sophrologie :

Le Diplôme Universitaire

Ce DU ne doit pas être confondu avec un Diplôme d’Etat. Il est proposé par l’Université de Lille II Droit et Santé et a la même valeur que les diplômes remis par des écoles privées. Il n’existe pas de D.E. de Sophrologie. Les conditions d’accès pour passer le D.U. sont néanmoins un peu plus strictes que pour d’autres écoles. En effet, le DU est réservé aux personnes travaillant déjà dans le domaine de la santé (médical, paramédical, médecines douces), du sport ou de l’accompagnement de la personne (psychologie, services de sevrages, éducateurs, travailleurs sociaux…). Si le candidat ne vient pas de ces professions là, il lui est demandé de suivre en cycle fondamental en sophro-thérapie et de poser un dossier de candidature.

La Formation continue

Se déroulant en présentiel, généralement le week-end, cette formule est la plus prisée pour toutes les personnes qui sont en reconversion ou qui souhaitent enrichir leur profession. Cela leur permet de se former tout en continuant d’exercer leur activité professionnelle habituelle. S’étalant sur une ou plusieurs années, les formations continues permettent d’intégrer progressivement toutes les notions apprises, en prenant le temps de les mettre en pratique.

Les stages

Certains thérapeutes en sophrologie proposent des stages au sein de leur cabinet à toute personne souhaitant se former. Participer à ces stages peut être bénéfique pour découvrir d’avantage le métier avant de se former ou avoir une approche concrète en complément de sa formation. Ils ne sont en aucun cas suffisants pour prétendre acquérir toutes les compétences nécessaires à l’ouverture de son propre cabinet.

Les formations à distance

De plus en plus d’organismes proposent des offres alléchantes avec des cours envoyés par mail, des classes virtuelles via la webcam, voir un suivi avec un formateur par Skype ou téléphone. Cette option peut paraitre attrayante ou niveau financier et par simplicité d’organisation. Elle peut être tentante quand notre emploi du temps ne nous permet pas du tout de nous libérer pour suivre une formation continue.

Cependant attention aux arnaques, soyez sûrs que les personnes qui vous suivront sont vraiment compétentes et ne veulent pas juste profiter du filon. Et gardez en tête que la sophrologie est avant tout une science humaine, et que les expériences seront certainement plus riches si elles sont vécues en présentielles.

Les formations individuelles :

Quelques formateurs, comme Camille Pecqueur sur Montpellier, proposent des formations privées en individuel. Cette formule permet vraiment de s’adapter à votre demande, notamment si vous avez un projet professionnel très précis. Le suivi individuel vous offrira la possibilité d’avancer à votre propre rythme, dans la direction qui vous intéresse. Petit bémol : il manquera la richesse des échanges avec différents formateurs et élèves.

Vous voyez maintenant les différentes possibilités de formules de formation qui s’offrent à vous. Voici à présent une liste de critères à examiner pour vous aider à trier les propositions de formations sérieuses ou non.

Sur quels critères de sélection me baser pour choisir mon école ?

L’agrément

Tout d’abord, vérifiez que l’école est bien enregistrée comme organisme de formation professionnelle continue, c’est obligatoire. De plus, si vous voulez faire une demande de financement, il faut que l’école soit agrée centre de formation.

Le statut juridique

Choisissez de préférence une école qui ne soit pas une association mais qui soit vraiment une entreprise professionnelle avec une activité exclusivement consacrée à la formation en sophrologie. Et optez plutôt pour des écoles affiliées à des organisations professionnelles.

L’ancienneté

Regardez depuis combien de temps cette formation existe. Si elle est en place depuis longtemps, c’est tout de même un gage de solidité et de compétence. De plus, l’école aura su s’améliorer avec le temps. Le contenu des cours, l’organisation risquent d’être mieux « rodés ». Vous éviterez ainsi d’essuyer les plâtres d’une école un peu jeune. S’il y a un bureau d’anciens élèves, n’hésitez pas à les contacter pour échanger avec eux.

La durée de la formation

Encore une fois, attention aux formations éclairs qui risquent de ne pas vous offrir un bagage suffisamment solide pour vous permettre d’exercer. On recommande un minimum d’apports théoriques de 400h sur 2 ans pour avoir le temps d’approfondir et d’intégrer toutes les notions de base.

Le contexte d’apprentissage

Image d'un cours de sophrologie
Le contexte de formation favorise plus ou moins l’apprentissage.

Dans la mesure du possible, nous conseillons les formations en présentiel. Celles qui ont un centre dédié avec des locaux propres à l’école à privilégier. Les conditions seront plus agréables que d’aller prendre des cours dans une salle de réunion d’un hôtel, mal équipée et parfois inadaptée.

Regardez également le nombre d’élèves inscrits, admis, installés, et la richesse du corpus de formateurs. Votre vision sera plus large si vous bénéficiez de l’enseignement de plusieurs intervenants différents, ayant des spécialisations diverses et des niveaux d’expériences importants que si vous suivez la pensée d’un seul et unique formateur.

Attention toutefois aux écoles admettant un trop grand nombre d’élèves. Vous courez le risque d’être dans des classes surchargées, avec des outils standardisés et des enseignants manquant de disponibilité.

La nature du programme

Comparez bien les différents programmes pour voir quelles notions sont plus ou moins développées en fonction de vos centres d’intérêt. Veillez aussi à la logique de déroulement du programme et au temps imparti pour l’acquisition de chaque sujet.

L’importance fondamentale de la pratique !

Pour un mode d’accompagnement comme la sophrologie, il est primordial de pouvoir bénéficier de larges temps de pratique. Idéalement, ces moments de mises en situation réguliers et évalués représenteront la moitié du temps de formation. Il est nécessaire que vous puissiez animer vous-même des protocoles assez rapidement en étant observé et évalué par un superviseur. C’est ce qui vous permettra de vous entrainer réellement au travail que vous ferez.

L’idéal est que l’école propose un stage de mise en pratique d’au moins 10 séances : vous animez bénévolement des séances en dehors du lieu de formation. Tout en étant couverts par une convention de stage et évalués par votre superviseur, ces mises en situation professionnelles représentent un vrai tremplin vers votre installation.

Mon conseil : si vous hésitez entre plusieurs école, contactez des responsables pour préciser votre demande et mieux cerner les orientations de l’école.

A lire aussi : Comment choisir votre formation et votre école à travers 5 critères essentiels ?

Liste des écoles préparant au RNCP

Si il n’existe pas de Diplôme d’Etat ni de de diplôme type Master dispensé par les Universités, le Ministère du Travail reconnait néanmoins le titre de sophrologue, à travers son inscription au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). Le fait d’avoir obtenu un certificat de sophrologue reconnu par le RNCP représente un avantage certain dans l’installation de son cabinet, d’autant plus si vous souhaitez exercer dans le milieu médical, entrepreneurial ou de l’éducation. Il existe 33 écoles qui préparent à ce titre.

Voici la liste des organismes qui délivrent le Titre RNCP avec les écoles auxquelles ils sont reliés pour le préparer :

  • Fédération des Ecoles Professionnelles en Sophrologie (FEPS) : fédère 12 écoles
  • Institut de Formation à la Sophrologie (IFS)
  • Académie de Sophrologie de Paris (ASF) : regroupe 6 écoles
  • Conscientia Sarl – Esophro Formation
  • Ecole des hautes études de sophrologie et bioanalyse (EDHES)
  • Ecole de sophrologie (PACA)
  • EFDS – Borchi Sébastien
  • Poids plume – Ecole française supérieure de sophrologie (EFSS)

Précisons que cet agrément n’est pas valable à vie, il a une date limite au-delà de laquelle il peut être renouvelé, ou pas. Cette liste est donc valide en 2018 mais devra être actualisée chaque année.

Notons également que depuis 2016, ce titre peut également s’obtenir par validation d’expérience, au travers du dispositif VAE.

Syndicats et fédérations

Privilégiez les écoles rattachées à des Syndicats ou à des fédérations. Elles proposent généralement des formation complètes avec un contenu et un enseignement de qualité, des travaux pratiques et l’écriture d’un mémoire.

Voici les organismes auprès desquels vous pouvez vous référer (liste non exhaustive) :

  • F.E.P.S (Fédération des Ecoles Professionnelles en Sophrologie)
  • SSP syndicat des sophrologues professionnels
  • société Française de Sophrologie
  • UFSEPS : L’Union Française des Sophrologues et des Ecoles Professionnelles de Sophrologie
  • FES : Fédération Européenne de Sophrologie
  • Académie Internationale de Sophrologie Caycédienne
  • C. E. P. S. (Coordination des Ecoles Professionnelles en Sophrologie)

Des écoles suivants les différents branches de la sophrologie

Comme nous l’avons vu dans le dossier Sophrologie, la sophrologie telle qu’elle a été décrite par son fondateur A. Caycedo, a été reprise et transformée par d’autres penseurs et thérapeutes. Jusqu’à aujourd’hui elle continue d’évoluer et d’être enrichie. Cette diversité se retrouve dans les différentes propositions de formation qui existent.

Nous pouvons discerner aujourd’hui 4 grands courants parmi les différentes écoles de sophrologie :

Les caycédiennes pures

Elles sont affiliées à l’Académie Internationale de Sophrologie Caycédienne, l’académie du Pr Alfonso Caycedo. Ces écoles exigent d’aller effectuer des stages en Andorre.

Les écoles d’inspiration caycédienne

On y retrouve les centres de formation du réseau C. E. P. S. (Coordination des Ecoles Professionnelles en Sophrologie), elles sont dans la lignée Alfonso Caycedo, enseignant les bases de la sophrologie dite « caycédienne » mais ne sont pas affiliées à la fédération qu’il préside.

Les écoles de sophrologie non caycédienne

Nous retrouvons dans ces écoles des courants de pensées et des pratiques développées par des collaborateurs de Caycedo dans les années 70, avec une approche s’inspirant de la psychanalyse.

Les écoles de « pseudo sophrologie »

Nous appelons ainsi toutes les formations qui prennent l’étiquette de sophrologie tout en enseignant un peu tout et n’importe quoi, en mélangeant des techniques de relaxation, respiration, visualisation, avec un peu de psychologie, d’hypnose ou encore d’énergétique. Elles sont assez éloignées de la théorie caycedienne de base.

Image d'une demande d'aide à la formation professionnelle
Vous pouvez faire une demande d’aides à la formation professionnelles.

Se faire financer ?

Une école représente un certain coût (comptez autour de 7000€), quand on rajoute les frais de déplacements et éventuellement d’hébergement, cela commence à chiffrer. Cela vaut le coup de regarder si vous avez des droits qui vous permettraient de vous en faire financer au moins une partie.

Le CPF

Depuis le 1er janvier 2015 le DIF a été remplacé par le CPF (Compte Personnel de Formation). Rapprochez-vous du Fongecif afin d’évaluer vos droits. Si votre compte vous ouvre des droits, sélectionnez une école qui entre dans les clous. Pour que votre dossier soit éligible, il vous faut sélectionner une école inscrite sur le répertoire officiel RNCP (voir liste en amont).

Précisons que certaines écoles ne sont plus éligibles au DIF depuis que le DIF est devenu le CPF, contactez les bien en amont pour vérifier leur éligibilité.

Même si les formations en thérapies alternatives et médecines douces sont de plus en plus difficiles à se faire financer, cela vaut la peine d’essayer. Vous aurez un dossier à monter dans lequel vous exposerez votre motivation, votre projets, vos démarches. Il se peut que le Fongécif vous demande aussi une étude de marché et un business plan.

Peut-être pouvez-vous également négocier avec votre employeur un congé de formation ?

Le Pôle Emploi

Si vous êtes demandeur d’emploi, voyez avec votre conseiller les possibilités de prise en charge par Pôle Emploi. Un conseil : Lorsque vous ferez votre demande, mettez de côté la notion de développement personnel lié à la sophrologie. Mettez uniquement en avant le fait que vous allez apprendre un nouveau métier.

Les périodes de chômage ou encore de congé parental peuvent être des opportunités pour vous former et vous réorienter professionnellement.

Vous avez maintenant de bons repères pour choisir l’école qui vous conviendra et vous permettra de vous former à la sophrologie. Maintenant, au travail ! Et bonne exploration dans le vaste champ des possibles de l’univers sophrologique… 😉

Consultez aussi :

Se former à la sophrologie #1 : Définir son projet

11 bonnes raisons d’être thérapeute alternatif ou de le devenir

Thérapeute alternatif : les difficultés de la reconversion

Notre dossier Sophrologie

Se former à la sophrologie : 1# Définir son projet

Avant de choisir votre formation, posez-vous les bonnes questions.

Se former à la sophrologie :

1#Définir son projet professionnel

Plébiscitée par de plus en plus de français, présente dans des domaines allant du milieu médical au monde de l’entreprise en passant par l’école ou les sports de haut niveau, la sophrologie a le vent en poupe. Vous avez vécu un grand changement dans votre vie suite à une série de séances de sophrologie ou avez entendu parler de bénéfices qui pourraient compléter votre pratique professionnelle ? Cette expérience vous a donné envie de devenir sophrologue et vous envisagez de vous former ?

Sachez qu’il existe en France une centaine d’endroits où se former à la sophrologie. Et que les offres de formation sont très disparates tant sur le fond que sur la forme. Alors, avant de vous lancer dans la jungle des différentes écoles, à la recherche de « la bonne » formation, Omyzen vous apporte des informations clés pour vous aider à y voir plus clair et à orienter votre recherche.

Et en amont, c’est le moment de se poser les bonnes questions : comment travaille un sophrologue ? Pourrais-je vivre de ce métier ? Est-ce vraiment pour moi ?

Se lancer dans une nouvelle formation professionnelle va vous demander un certain investissement en temps et en argent. D’où l’importance de bien choisir sa formation. S’il existe des critères importants à prendre en compte dans le choix de son école, la « bonne formation », sera celle qui est bonne pour vous, c’est-à-dire qui correspond à votre projet professionnel. Avant de vous lancer dans la recherche de formation, prenez donc le temps de préciser la vision que vous avez de votre future activité de sophrologue. Voici des pistes de réflexions pour vous accompagner dans votre cheminement.

Avez-vous les pré-requis pour être sophrologue ?

L’accès au métier

Légalement il n’existe pas de pré-requis pour exercer le métier de sophrologue, hormis le fait de disposer d’un statut juridique vous permettant de déclarer vos recettes. Vous pouvez même exercer sans certificat de formation, mais nous vous le déconseillons fortement.

L’accès aux formations

Concernant l’accessibilité aux écoles, il n’y a généralement pas besoin d’un niveau d’étude ou de compétences spécifiques, pour s’inscrire à une formation de sophrologie. Seul l’accès au DU de l’Université de Lilles, pose certaines conditions d’admission. Il est réservé aux personnes travaillant dans le domaine du sport, de la santé (médical, paramédical, médecines douces), ou de l’accompagnement de la personne (psychologie, services de sevrages, éducateurs, travailleurs sociaux…). Si le candidat ne vient pas de ces professions là, il lui est demandé de suivre en cycle fondamental en sophro-thérapie puis de déposer un dossier de candidature.

Les prédispositions pour être sophrologue

Savoir écouter l’autre et l’accueillir sans jugement.

La sophrologie se situant dans le domaine de la relation d’aide, certaines qualités humaines sont nécessaires pour faire un bon thérapeute. Citons l’empathie, l’ouverture, l’écoute, la bienveillance, ainsi que le respect et la confidentialité. Avoir fait ou faire un travail sur soi semble également nécessaire pour ne pas se retrouver face à ses propres névroses au lieu d’être disponible pour s’occuper de celles du patient. Pensez aussi que la formation vous demandera une capacité à étudier et à assimiler de nouvelles connaissances. Enfin, le développement de votre propre activité nécessitera une certaine aptitude à s’organiser, être autonome, avoir des compétences de base en communication et marketing.

D’où venez-vous ?

L’activité professionnelle que vous exercez actuellement et l’expérience que vous vous êtes fait les années précédentes va avoir de l’importance dans votre parcours de reconversion. Pour anticiper votre parcours de formation, voici les questions clés à se poser :

  • Mon statut actuel me permet-il de bénéficier d’aides à la formation, soit via le Fongécif soit par le biais de Pôle Emploi si je suis sans activité actuellement ?
  • Est-ce que mon activité professionnelle actuelle me laisse le temps de suivre une formation continue en présentiel et d’effectuer le travail personnel requis ?
  • Pourrais-je utiliser la sophrologie dans le cadre de mon travail ?
  • Est-ce que je souhaite exercer la sophrologie en complément de mon activité actuelle ? Dans ce cas, sera-t-il possible de dégager des jours consacrés à mon métier de sophrologue ?
  • Exercer la sophrologie, quand je serais à la retraite ?
  • Est-ce que je souhaite en faire une activité principale ?
  • Dans quel secteur d’activité je veux travailler ?
  • Y a-il une thématique ou un public privilégié vers lesquels je souhaite me tourner ?

Quel secteur d’activités cernez-vous ?

Le sophrologue peut exercer en cabinet mais aussi dans beaucoup de contextes institutionnels différents. Vous projetez-vous tous les jours dans votre cabinet privé seul avec votre patient ? Ou êtes –vous également attiré par des dynamiques de groupe ? Si oui, dans quel milieu vous sentiriez-vous à l’aise pour exercer ? Quelle thématique vous tient à cœur ?

  • les institutions médicales (cliniques, hôpitaux) à Gestion de douleur, préparation à l’accouchement ou à une opération, gestion du stress des examens, accompagnement de changements de vie, …
  • le monde de l’entreprise? à Gestion du stress, motivation, créativité, bien-être au travail, prévention des risques psycho-sociaux, cohésion et travail en équipe, aide à la prise de décision, …
  • les milieux sportifs et artistiques à concentration, performance, préparation à des compétitions, motivation, confiance en soi, gestion du stress et du sommeil, maitrise su schéma corporel, cohésion de groupe, canalisation de la pression, de la douleur, des émotions, récupération…
  • les institutions scolaires? (pour le personnel encadrant et pour les élèves, de la maternelle aux étudiants) : aide à l’apprentissage, préparation aux examens, gestion de conflit, prise de parole en public, gestion du stress et des émotions, concentration, confiance ne soi, relationnel…
  • les maisons de retraite, l’accompagnement aux personnes âgées ? à conscience de son corps, travail sur le langage, la mémoire, stimulation de l’attention et des capacités cognitives, confiance en soi, gestion de la douleur…
  • les centres d’addictologie? à conscience corporelle, gestion du stress et des émotions, confiance en soi, renforcer le positif, accompagner un traitement de sevrage, …
  • les centres de remise en forme et de de thalassothérapie ? à conscience du schéma corporel, passage de vie, préparation à un évènement, relaxation, gestion des émotions, …

Quel statut juridique envisagez-vous ?

Il est possible d’exercer la sophrologie sous différents statuts. Si vous travaillez dans une des institutions précédemment citées, vous pouvez être salarié d’une entreprise, association ou administration, être embauché comme vacataire ou encore être salarié d’une société de portage. Mais cette situation ne concerne qu’une petite minorité des sophrologues.

La grande majorité exerce aujourd’hui avec le statut de micro-entrepreneur sous le code APE 8690F (« activité de santé humaine non classée ailleurs »). Il est également possible de s’établir en profession libérale au sein d’une entreprise individuelle en coopérative ou en société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).

Au niveau juridique, le sophrologue exerce une profession libérale non réglementée. Cela signifie que la profession est reconnue par l’Etat mais que le titre de sophrologue est libre de droit. Il n’existe pas de Diplôme D’Etat en Sophrologie et donc il n’est pas obligatoire de justifier d’une certification pour exercer. Celle-ci est pourtant fortement recommandée comme nous le verrons plus loin.

Où installer votre cabinet ?

Là encore, il existe plusieurs possibilités :

Selon une enquête réalisée par le Cabinet Sabine Pernet, auprès de 257 sophrologues, en 2016 :

  • 51,1% des personnes enquêtées partagent leur cabinet avec un autre professionnel de santé
  • 37,9% sont propriétaires ou installés à domicile.
  • 25,8% louent un cabinet pour leur usage unique
  • 23,3% sont installés en maison médicale ou paramédicale

Et vous, quelles seraient vos préférences ? Vos possibilités ?

Pour enrichir votre réflexions sur le choix de cabinet, lisez :

7 critères essentiels pour choisir l’emplacement de son cabinet

Choisir le lieu d’exercice: cabinet ou domicile ?

Combien gagne un sophrologue ?

Avec un tarif moyen de 50€ la séance, au rythme de 5 séances par mois, le chiffre d’affaire brut serait environ de 1000€. Mais c’est sans compter les frais (charges, déplacements, matériel, location, communication…) qui ne peuvent être déduis avec le statut de micro-entrepreneur. Et puis une clientèle, cela ne se fait pas en un jour.

Selon une enquête réalisée par le Cabinet Sabine Pernet, auprès de 257 sophrologues, en 2016, 80% des praticiens interrogés touchaient moins que le SMIC net mensuel (1.480,27€). De plus, précisons qu’il aura fallu entre 3 et 5 ans d’exercice aux 20% des personnes qui dépassent ce seuil pour y arriver.

Pour une grande partie de praticiens, la sophrologie reste donc encore une activité secondaire, qui vient en complément d’un emploi salarié.

Afin d’optimiser vos chances de réussir, projetez-vous dans votre projet et personnalisez le. Voici quelques conseils illustrés d’exemples de parcours réussis.

Un projet bien défini et ciblé, augmente vos chances de réussite.

Définir son projet professionnel, trajectoires inspirantes

Rebondir sur ses loisirs/passions

Marie C. est éducatrice spécialisée depuis plus de 20 ans, musicienne pendant son temps libre, elle a eu recours à la sophrologie pour apprendre à gérer le stress qui la paralysait au moment de monter sur scène. Devenu experte en techniques de gestion du stress adapté au milieu du spectacle, elle s’est formé à la sophrologie et propose des prestations aux artistes et professionnelles qui sont confrontés à l’angoisse de la scène.

Diversifier les cadres d’intervention

Vous pouvez aussi combiner votre activité dans différents domaines d’intervention. C’est le cas d’ Estelle Tournois par exemple :

« Je travaille à temps partiel au cabinet, trois jours par semaine et je me déplace pour des interventions en entreprise ou dans les établissements scolaires. »

(Lire Témoignage de thérapeute : Estelle Tournois, sophrologue relaxologue)

Se spécialiser dans ce qu’on connait bien du fait de notre histoire personnelle

Chacun a une trajectoire de vie bien particulière avec des combats et défis qui lui sont propres. Le fait d’accompagner des personnes dans une problématique qu’on a connu personnellement et qui a été dépassée s’impose parfois comme une évidence.Coralie Degradot, Sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires nous en offre le témoignage :

« Un jour, une endocrinologue avec qui j’avais eu un excellent rendez-vous, m’a adressé une jeune femme souffrant d’anorexie. Et ça a été pour moi une révélation : mes 17 années d’anorexie sont une force incroyable pour accompagner les personnes qui souffrent de troubles alimentaires car je les comprends profondément. J’ai adapté toute la méthode et développé un accompagnement Sophrologique adapté à ces problématiques. En l’espace de quelques mois, j’étais identifiée comme accompagnante de qualité sur ces problématiques. »

Rebondir sur son ancien métier, faire jouer son réseau pro :

Coralie Degradot, témoigne également de la manière dont elle a su établir une continuité entre les postes qu’elle avait occupé tout au long de son parcours professionnel et son activité de sophrologue libérale :

« J’ai mis à profit ce que j’ai appris dans mes précédents postes et pris RDV avec les médecins de mon secteur de l’époque, le CMP, les services hospitaliers. Le milieu professionnel duquel je venais m’a permis d’ouvrir des portes. »

Se spécialiser sur une thématique de soin :

Même si des connaissances générales sont nécessaires dans un premier temps, les thérapeutes qui réussissent sont souvent ceux qui ont consolidé une spécialité et sont devenus des experts référents dans un domaine précis.

« Je ne me sentais jamais suffisamment armée… Jusqu’à ce que je décide de me spécialiser dans un domaine précis : la gestion du poids. Un Français sur deux étant en surpoids, je sentais que j’allais être utile en transmettant une méthode efficace qui allie nutrition, nutritherapie, hypnose et psychologie. » Témoignage de thérapeute : Christine Ecart Duplessy, sophrologue et hypnonutritionniste

Mettre à profit ses acquis professionnel

Les qualités qui vous servaient dans votre activité pro, comme l’esprit d’analyse ou de synthèse, la capacité d’organisation, pourront vous être utiles dans le développement de votre projet personnel. De même, les compétences que vous avez acquises pourront faire un vrai plus dans la mise en oeuvre de votre activité. Prenons l’exemple de Caroline Gormand, qui était graphiste, lors de son installation elle a pu concevoir ses propres supports de communication (site, fly, cartes) avec une qualité professionnelle.

Alors, prêts pour être sophrologue ? Omyzen vous livrera tout bientôt une mine d’informations pour vous aider à vous y retrouver entre les différentes formations qui existent et pour bien faire votre choix.

Témoignage : Sabrina Gobet, coach holistique

Sabrina Gobet : « Je propose donc à mes consultants une approche holistique : esprit, corps et âme. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour, je suis Sabrina Gobet, une femme dynamique de 40 ans vivant à Perpignan, coach holistique et maman de deux enfants. Mon parcours de vie riche en événements m’a conduit petit à petit sur le chemin du bien-être et après des années à travailler sur moi j’ai décidé à mon tour d’aider les autres.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Il y a trois ans j’ai souhaité me former au Reiki. J’ai donc effectué le cursus qui m’a permis de devenir Maître Reiki et lors de mes séances j’allie cette méthode au magnétisme pur. A force de recevoir des personnes à mon cabinet qui me parlaient de leurs désirs, leurs blocages et autres soucis quotidiens, et désirant les accompagner au mieux, j’ai constaté qui fallait une approche plus « globale », j’ai donc choisi de me former au développement personnel en passant un certificat de coaching, je propose donc à mes consultant une approche holistique : esprit, corps et âme, que j’adapte en fonction des besoins. D’autres formations sont en cours afin d’associer plusieurs techniques pour un même consultant. Une approche personnalisée donc.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Après avoir travaillé pendant vingt ans dans une clinique, en service d’IRM, j’ai souhaité bifurquer vers une activité qui me correspondait plus en terme d’accompagnement. J’ai donc commencé par cumuler les deux activités pendant deux ans puis, la clientèle augmentant, j’ai décidé d’en faire mon activité principale il y a quelques mois. Entre mes rendez-vous et mes différentes formations, les journées sont extrêmement courtes mais tellement enrichissantes !!

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

J’avais la chance au départ de bénéficier d’un bon réseau tant amical que professionnel. Le « bouche à oreille » ayant merveilleusement fonctionné dès le départ, il n’a pas été difficile de franchir le pas pour une installation en tant que Coach Bien-être, cumulant donc plusieurs compétences dans un même domaine qui est celui de l’accompagnement.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

La liberté de choix concernant le planning de travail, la richesse des rencontres, tant en ce qui concerne les consultants que les confrères et autres thérapeutes, les formations continues qui sont enrichissantes d’un point de vue personnel.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Pour le moment aucune… pourvu que ça dure (rires) !!

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Bien constituer sa clientèle avant de franchir le pas de choisir cette activité en profession principale, ne pas hésiter à s’entourer de personnes compétentes pour un échange d’idées de développement.

Croyez en vous ! Ayez confiance en vos capacités quelles qu’elles soient ! Vivez vos rêves…

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

J’ai toujours eu plusieurs projets en même temps depuis toujours, et concernant cette activité je ne déroge pas à ceci, des formations à venir vont me permettre d’accroître mes compétences en coaching et en bien-être pour ma clientèle. J’ai choisis ce nouveau parcours suite à plusieurs concours de circonstances dans ma vie personnelle, je souhaite que chacun puisse accéder à ces techniques de soin et d’accompagnement quelque soit ses propres moyens financiers car aujourd’hui encore les prix pratiqués peuvent être prohibitifs, je travaille à démocratiser cela car je pars du principe que lorsque l’on aide une personne à aller mieux, c’est tout son entourage qui en bénéficie.

Quelques mots sur Omyzen ?

Un site complet qui permet de se tenir au courant des dernières informations sur les thérapies alternatives.

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

www.sabrina-gobet.com

www.facebook.com/sabrinagobet.coach

Lire d’autres témoignages de thérapeutes énergéticiens :

Témoignage de thérapeute : Sophie Buttafoghi, sophrologue énergéticienne

Témoignage de thérapeute : Jany Hanquez, praticienne en massages et soins énergétiques

7 clefs pour augmenter votre patientèle avec votre page Facebook

Développer une clientèle nécessite en tout premier lieu d’attirer l’attention pour se faire connaitre. Avec 1,13 milliards d’utilisateurs actifs quotidiens[i] , Facebook est le premier réseau social. Au-delà du domaine de la vie privée et du partage d’informations entre amis, il est largement utilisé dans le développement d’activités commerciales, puisque 77% des entreprises déclarent avoir obtenu au moins 1 client grâce à Facebook.

Les réseaux sociaux sont à la fois un moyen de trouver de nouveaux clients, mais aussi de renforcer le lien avec ceux qui vous connaissent déjà et profiter de leur recommandation. Facebook peut donc être un levier très efficace pour augmenter votre patientèle, encore faut-il savoir l’utiliser. Omyzen vous donne les 7 clefs incontournables pour animer votre page pro efficacement et facilement.

1. Faites vivre votre page en publiant régulièrement du contenu

Sachant que 76% des gens utilisent leur fil d’actualité Facebook pour trouver du contenu intéressant[ii], il est important de partager régulièrement des post qui nourrissent l’intérêt des internautes. L’idéal est que les informations que vous partagez valorisent votre discipline :

  • recherches ou témoignages démontrant son efficacité
  • vidéos illustrant les techniques mises en œuvre
  • articles de fond expliquant la théorie sur laquelle elle se base.
  • Actualités concernant votre domaine d’activité
  • Conseils, astuces, idées pratiques afférant à votre thérapie

Vous pouvez aussi partager du contenu afférant plus largement au domaine du bien-être ou à différentes pathologies.

Concernant la régularité, une publication par semaine permet déjà de maintenir votre page active. Profitez des évènements saisonniers (vacances, rentrée, fête des mères…) pour mettre en avant un atout de votre discipline ou proposer une offre promotionnelle. Vous pouvez aussi partir des différents troubles que votre approche thérapeutique soulage : un post sur les bienfaits de la sophrologie pour soulager le stress, puis un sur la gestion des troubles alimentaires, etc…

2. Mettez en avant votre activité

Le but étant de vous faire connaitre, alimentez régulièrement votre page en créant vos propres publications avec des textes, photos et vidéos que vous aurez vous-même rédigé et qui parlent de votre actualité :

  • un post présentant la spécificité d’un soin que vous proposez
  • des photos de votre cabinet
  • un article de presse présentant votre activité
  • une petite vidéo dans laquelle vous vous présentez
  • le visuel d’une conférence ou d’un atelier que vous animez
  • une nouvelle compétence que vous venez d’acquérir

Ne lésinez pas sur l’aspect visuel, gardez à l’esprit que les messages Facebook avec des images obtiennent 2.3 fois plus d’engagement que ceux sans images. [iii]

3. Prenez le temps de répondre aux commentaires de vos clients

L’animation de votre page va vous demander une veille quasi quotidienne car sur les réseaux sociaux la communication est presque instantanée, les réponses aux commentaires et aux messages se font de préférence dans la journée même. Ces interactions vont vous permettre de créer du lien. Vos potentiels clients vont ainsi pouvoir se familiariser avec votre personnalité, avoir un premier contact avec vous.

Astuce : Sollicitez des réactions en agrémentant vos publications de questions ouvertes.

Si vous ne pouvez pas répondre aux messages rapidement, activez la messagerie automatique, qui vous permettra de faire patienter votre interlocuteur.

4. Faites des liens avec votre site internet:

Si les réseaux sociaux servent à créer un premier contact, pour qu’ils identifient bien votre activité, les internautes doivent être amenés à aller voir sur votre site, qui est votre véritable vitrine.

Ayez en tête que votre page est un moyen d’accroitre la visibilité de votre site internet. Partagez donc sur votre page, des publications qui viennent directement de votre site ou de votre blog afin de les y emmener.

5. Créez des évènements

L’organisation d’évènements Facebook crée une émulation, c’est l’occasion pour ceux qui aiment déjà votre page d’inviter leurs amis à la découvrir, de partager votre actualité. Cela peut être pour mettre en avant un évènement physique (atelier, conférence…) mais aussi un évènement virtuel webinaire, concours…). Vous pouvez aussi créer un challenge, c’est-à-dire un défi daté dans le temps, qui permet de mobiliser des personnes qui vous suivent pour un objectif commun.

Exemple : 30 jours pour vous libérer du passé avec l’EFT

Chaque jour, vous posterez « le tapping du jour » ou des idées qui aident les participants à relever le challenge

6. Mettez en avant vos patients satisfaits

Qu’est-ce que qui donnera le plus envie à des personnes qui ne vous connaissent pas de venir vous voir ? Le témoignage d’une personne satisfaite, dont vous avez pu résoudre le problème ou améliorer la vie. Alors, quand un soin ou une thérapie a eu une issue particulièrement positive, proposez-lui d’écrire son témoignage, de laisser une recommandation ou un petit texte sur votre page. Le récit de son expérience peut être anonyme si elle souhaite préserver son intimité ou au contraire, la personne peut être d’accord pour faire une photo avant/après, tout dépend de ce que vous proposez, vous adapterez en fonction la manière la plus judicieuse de mettre en avant votre pratique.

7. Organisez des campagnes de marketing

Pour dynamiser votre activité quand elle faiblit un peu ou augmenter votre patientèle, vous pouvez proposer des offres préférentielles avec des codes promo et des réductions réservés à ceux qui vous suivent sur votre page.

Avec un petit budget il est possible de booster ses publications et de lancer quelques publicités, sur une zone géographique restreinte.

Vous l’aurez compris, vous pouvez faire de votre page Facebook pro un véritable outil pour faire venir de nouveaux patients et diffuser votre pratique. C’est un moyen d’activer le bouche à oreille, dans un contexte où les échanges virtuel sont en constante augmentation.

Et vous, avez-vous une page pro de thérapeute alternatif ? Comment la gérez-vous ? Est-ce que cela vous a permis de rencontrer de nouveaux patients ? Partagez votre expérience avec le communauté Omyzen !

Et pour d’autres moyens de vous faire connaitre et de développer votre activité par internet, lire :

Booster son activité de thérapeute alternatif avec l’emailing : toutes les clefs pour créer une newsletter efficace

Communication: quel prestataire choisir ?

Le référencement naturel en 5 points clés

[i] (Statista, 2016)

[ii] . (HubSpot, 2016)

[iii] (Buzzsumo, 2015)

Comprendre et utiliser le mécanisme de transfert thérapeutique

Outil privilégié de la cure psychanalytique, le processus du transfert est un mécanisme qui se produit dans toute relation thérapeutique. Il est important de comprendre son fonctionnement pour mieux appréhender ce qui se joue dans la relation patient-thérapeute. Et pourquoi pas utiliser les informations qu’il met en lumière, pour faire avancer la thérapie, quel que soit notre discipline principale.

Qu’est-ce que le mécanisme de transfert ?

Le concept de transfert a été élaboré par Freud et constitue un des piliers de la psychanalyse. Il désigne ce processus par lequel le patient va reporter sur son thérapeute les désirs, les sentiments ou attentes inconscientes qu’il aurait eu pour ses proches, notamment ses parents, pendant son enfance et aurait refoulé. Utilisé premièrement dans le cadre de la cure psychanalytique, ce mécanisme a aussi été observé dans les relations entre patients et magnétiseurs, hypnothérapeutes et médecins et peut s’étendre à toute relation thérapeutique.

Toute personne a naturellement tendance à transférer ses désirs inconscients sur l’Autre

Freud explique que les relations humaines sont des terrains où se rejouent les problématiques inconscientes du passé et notamment les désirs sexuels non assouvis décrits dans la théorie du « complexe d’Oedipe ».

« La faculté de concentrer l’énergie libidinale sur des personnes doit être reconnue à tout homme normal. La tendance au transfert que nous avons rencontré dans les névroses (…) ne constitue qu’une exagération extraordinaire de cette faculté générale. »(« Introduction à la psychanalyse », S.Freud)

Le rapport patient/ thérapeute, une relation qui exacerbe le mécanisme de transfert

Pour Freud, le fait qu’une personne vienne consulter un thérapeute pour l’aider à résoudre ses difficultés affectives, psychologiques ou physique, la place dans une situation frôlant la dépendance et l’infériorité, qui renvoie à la situation dans laquelle l’enfant était quand il dépendait de ses parents pour sa survie matérielle et la satisfaction de ses besoins émotionnels. D’où la tendance à transférer encore d’avantage sur son thérapeute les affects qui nous lient à nos parents.

Le transfert, un obstacle à la thérapie ?

Dans un premier temps, Freud a considéré les sentiments amoureux ou haineux des patients envers leurs thérapeutes comme des résistances qui empêchaient le processus de guérison.

« Je veux parler du cas où une patiente, soit par de transparentes allusions, soit ouvertement fait comprendre au médecin que, comme toute simple mortelle, elle s’est éprise de son analyste. Cette situation comporte des côtés pénibles et comiques et des côtés sérieux… elle est si complexe, si inévitable, si difficile à liquider que son étude est depuis longtemps devenue une nécessité vitale pour la technique psychanalytique. »« Observations sur l’amour de transfert », 1915, Freud)

Cette notion de transfert est donc importante pour éclairer les comportements dérangeants de certains clients (lire Quand le patient dépasse le cadre et Thérapies manuelles : comment éviter les ambiguïtés ?)

Au fur et à mesure de son observation des mécanismes de transfert, Freud comprend que le fait de rejouer avec son thérapeute un conflit intérieur non réglé, un désir inconscient non manifesté, est l’occasion de désamorcer des tensions et de dénouer les symptômes. Il fait alors du transfert un outil majeur de la psychanalyse pour avancer dans la résolution des états pathologiques.

Comment manier le transfert pour en faire un outil thérapeutique ?

Freud appelle « maniement du transfert » la capacité du thérapeute à interpréter les symptômes, les comportements ou encore les rêves, lapsus, actes manqués, de son patient afin de comprendre les mécanismes inconscients qui les sous-tendent.

Les émotions et attitudes que votre patient va manifester à votre égard peuvent faire remonter à la surface des informations concernant son passé, son inconscient. Donc, quand vous observez une attitude ou des phrases particulièrement teintées d’affect à votre égard, observez bien la nature de ces manifestations, ce sont de pistes à creuser pour comprendre votre patient à l’aider et mettre en lumière et à désamorcer des scénarios qui ne favorise pas son plein épanouissement.

Exemple de situation :

Une patiente entre dans votre cabinet furieuse : « J’ai passé un quart d’heure à patienter dans la salle d’attente, vous trouvez ça normal de faire attendre les gens comme çà ?! »

  • Réaction de défense spontanée :

« Écoutez madame, désolée du retard mais la séance précédente a du se prolonger, vous n’êtes pas la seule patiente.» Il est probable que la patiente ne se sente pas écoutée dans ce qu’elle vit et que le thérapeute passe à côté d’une occasion de travailler la cause profonde de cette colère.

  • Réaction prenant en compte la situation transférentielle :

« Je vois que le fait d’avoir attendu vous a mis en colère, est-ce que d’autres situations de ce type vous ont fait souffrir auparavant dans votre vie ? » Et la patiente, se sentant reconnue dans ce qu’elle vit et en confiance, de rebondir sur des scènes d’enfance ou elle devait toujours attendre que sa mère ait finit de s’occuper de son grand frère handicapé, avant de pouvoir prendre soin d’elle et du sentiment d’injustice et d’abandon que cela lui provoquait…

La réaction du thérapeute : le contre-transfert

En réponse aux projections de son patient, le thérapeute va forcément avoir une certaine réaction. La réaction englobe les ressentis ou pensées que provoquent en soi l’attitude du patient (empathie, agacement, tristesse, pitié…) ainsi que les comportements qui en découlent. Elle révèle des informations sur le thérapeute lui-même, mais aussi sur le patient, dans la mesure où ce que le patient fait ressentir au thérapeute, il est probable qu’il le fasse ressentir à d’autres personnes de son entourage. La réaction du thérapeute peut être déterminante dans la réussite d’une thérapie. Par exemple, quand le patient projette une image maternelle sur sa thérapeute, qu’il lui exprime de la colère et que celle-ci est entendue, accueillie sans jugement, alors que ce n’était pas le cas avec sa propre mère, une blessure intérieure peut s’en trouvée peu à peu apaisée. D’où l’importance pour le thérapeute, d’avoir travaillé sur lui pour assainir ses propres problématiques, et de conscientiser ce qu’il vit, ressent et renvoie en séance, en tenant compte de ce mécanisme de transfert.

Quand le thérapeute transfert sur son patient

Le thérapeute est avant tout un humain et il se trouve qu’il peut lui aussi projeter sur ses patients des sentiments ou des désirs qui ne leur sont pas destinés en première intention. Il est important de d’observer avec vigilance et discernement les différentes émotions qu’éveillent en nous nos patients afin de démêler ce qui nous appartient et de le traiter, afin d’être le plus objectif possible.

Et vous, avez-vous en tête des exemples de situations pendant lesquelles vous avez pu observer le processus de transfert à l’œuvre dans votre relation thérapeutique ? Qu’en avez-vous fait ? Cela a-t-il desservi l’avancée du travail thérapeutique ou l’a-t-il fait avancé ? Partagez vos expériences avec la communauté Omyzen.

Et pour vous aider à être vigilant pendant vos séances, lisez : ACT: la Pleine Conscience au service de votre efficacité thérapeutique

Pour approfondir la question de la relation patient/thérapeute, vous pouvez aussi lire Créer une alliance thérapeutique efficace: la dimension affective

A lire également :

Relation patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement?

Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant?

Quand le patient dépasse le cadre

Thérapies manuelles : comment éviter les ambiguïtés ?

Quelle masseuse ou réflexologue n’a pas déjà reçu un coup de téléphone avec des questions ambiguës (« Vous pratiquez quel genre de massage ? ») ou carrément abruptes (« Vous faites les finitions ? ») ? Laquelle n’a pas eu affaire à un client lui faisant des propositions indécentes ou ayant des gestes déplacés ? Des situations embarrassantes, qu’on ne sait pas toujours comment gérer et qui peuvent dévaloriser votre posture de thérapeute alternatif. Comment s’en prémunir ? Comment les gérer ? Peuvent-elles ouvrir de nouvelles pistes de thérapie ? Omyzen vous donne ses préconisations.

La méthode radicale : Women only

Pour éviter tout risque de débordement, vous pouvez carrément refuser de recevoir une clientèle masculine. Il vous suffit de faire une petite annotation « Soins réservés aux femmes » sur vos visuels. Considérez tout de même que vous évincez de votre clientèle potentielle la moitié de la population ! Et puis la majorité des hommes a réellement besoin de vos services, sans forcément avoir une idée derrière la tête. Entre le travail physique dans le bâtiment ou l’agriculture, le stress et le surmenage des emplois de bureaux, les accidents et lésions dues au sport, et tous les problèmes liés à l’âge, le corps et les nerfs des hommes sont soumis à rude épreuve et il serait dommage qu’ils ne puissent pas bénéficier de vos soins. D’autant qu’il est tout à fait possible de se protéger des débordements, en posant tout simplement un cadre spécifique aux thérapies corporelles.

1) En amont : envoyer un message clair.

En matière de relation patient/thérapeute, la première personne qui amorce le dialogue, c’est vous. En effet, le client potentiel aura connaissance de votre activité par les supports de communication que vous aurez vous-même crée. Reste le bouche à oreille, mais si vous exercez de manière professionnelle, il y a peu de chances qu’un client pas clair vous soit envoyé par quelqu’un que vous avez déjà traité.

Rappelons que les règles qui encadrent les thérapies manuelles interdisent les relations intimes avec les patients. Ainsi l’article 4 du code de déontologie des ostéopathes stipule : « L’ostéopathe doit observer à l’égard de ses patients une attitude empreinte de dignité, d’attention et de réserve. Il doit s’abstenir de toutes relations ou déviances à caractère sexuel avec eux. »

Le choix des mots, la douceur des photos

Revenons aux supports de communications : les couleurs, les mots, les images que vous choisirez pour vos flyers, votre site ou votre plaque, sont autant de codes qui envoient un message à l’inconscient de votre destinataire. Donc en les choisissant, demandez-vous ce qu’ils évoquent. Et bien entendu, si vous voulez être tranquille, évitez les appellations « Massage tantrique, intégral , naturiste, body body ».

Même si vous êtes peut-être très loin de cet univers, ayez bien en tête qu’aujourd’hui, entre les scandales des salons de massage chinois et les petites annonces sur Vivastreet, le massage représentent l’alibi n°1 pour dissimuler des pratiques de prostitution. Il y a donc clairement des hommes, qui se tournent vers le massage, en visant autre chose.

Veillez donc, dans votre communication, à bien vous placer dans le registre du soin et non celui de la sensualité. Les couleurs sombres, les roses rouges, les photos de femme dénudée entre ombre et lumière, tous ces éléments sont connotés et risquent de créer l’ambiguïté. Préférez les tons d’avantage reliés au bien-être et penchant vers l’univers médical : blanc + bleu clair, mauve, vert anis…

Après l’aspect visuel, viens le choix des mots. Pour casser l’ambivalence des slogans équivoques type « un pur moment de détente et de plaisir », n’hésitez pas à évoquer les pathologies que votre pratique peut soulager : troubles digestifs, stress, maux de tête… Cela montrera à votre lecteur, le contexte dans lequel vous vous placez.

Et pour mettre les choses bien à plat, vous pouvez toujours ajouter sur vos supports de communication la fameuse annotation : « massage à caractère non sexuel »

Les modes de diffusion

Prêtez également attention à la manière dont vous diffusez votre comm. Des fly déposés dans une salle d’attente de médecin ou dans un magasin bio auront peu de chances d’attirer des hommes « intéressés ». Les laisser au bureau de tabac, à l’épicerie, sur les pare-brise, vous expose d’avantage à recevoir des coups de fil inappropriés. Et si vous mettez votre numéro sur les pages jaunes, ou des journaux locaux grand public, avec comme seul titre « massage », gare au harcèlement téléphonique ! Heureusement il vous reste encore…

2) Le filtre du téléphone

Aujourd’hui, rares sont les séances de soins qui ne se font pas « sur rendez-vous uniquement ». Vous avez donc la possibilité de clarifier les choses lors du premier entretien téléphonique. Si c’est un client que vous n’avez jamais reçu, mettez de côté l’enthousiasme lié au fait d’avoir un nouveau client, et pensez à lui poser certaines questions pour cerner la personne :

  • Comment avez-vous eu connaissance de mon activité ? / Êtes-vous recommandé par quelqu’un que je connais ?
  • Quelles sont vos attentes/besoins par rapport à ce soin ?
  • Est-ce que vous venez pour un trouble particulier ?

Pour contrecarrer l’éventuelle subtilité de ses réponses et clarifier encore plus la situation :

  • Présentez votre travail, décrivez une séance type.
  • Si besoin, précisez le caractère non sexuel de votre prestation.

Ce premier échange permet généralement d’éliminer les personnes qui vous contactent volontairement pour avoir autre chose que ce que vous proposez. Reste maintenant tous ceux qui n’avaient pas forcément d’idées derrière la tête, mais que l’ambiance chaleureuse, les bougies, la sensualité de certains mouvements, vont mettre en émoi. Comment éviter d’éveiller des désirs qui ne sont pas les bienvenus ?

3) Qu’est-ce que vous dégagez ? Quelles règles vous fixez ?

On ne le dira jamais assez l’identité visuelle d’un thérapeute, est reflétée par ses outils de communication, mais aussi par son apparence physique, vestimentaire et l’aménagement de son cabinet. (Cf Comment s’habiller quand on est thérapeute alternatif ? )

En matière de thérapie manuelle, le dress code c’est donc :

  • Vêtements souples et confortables. Évidemment, difficile de faire du shiatsu en jupe moulante. 😉

Mais aussi :

  • Apparence et tenue sobre et « neutre »: si vous voulez qu’on vous regarde dans les yeux (et que vous-même regardiez l’autre avec des yeux de thérapeutes 😉 ), il est préférable de laissez pour un autre contexte votre nouveau rouge à lèvre cerise, ce débardeur très décolleté ou le leggins moulant avec tee-shirt au ras du nombril.

Dans bien des situations, la tenue à elle seule permet de fixer des règles d’interactions. Vous ne vous adresserez sans doute pas de la même façon à quelqu’un qui porte une blouse de peintre, ou une robe de magistrat. Vous pouvez d’ailleurs utiliser cette neutralité de l’uniforme qui impose le respect, en portant une tunique d’esthéticienne. Avec votre nom ou enseigne brodée dessus, c’est encore mieux !

Un espace qui évoque le sérieux :

Vous pouvez aussi jouer sur l’aménagement de votre salle de soin et le déroulement de votre séance pour lever les incitations aux débordements. Si vous avez de l’appréhension vis-à-vis d’un client, pour lui pas de lumières tamisées, de musique ou de senteurs qui évoquent la sensualité.

Nudité ?

Le rapport au corps, et à la nudité est forcément culturel, et en même temps très personnel. Certaines personnes sont très à l’aise avec le fait de montrer l’intégralité de leur corps, celles qui pratiquent le naturisme par exemple. Elles préfèreront sans soute recevoir votre soin sans aucun vêtement. Là, à vous de voir si cela vous convient ou pas en fonction de votre propre sensibilité. Voyez aussi la possibilité de les couvrir tout de même partiellement avec un tissu. Pour les patients avec qui il pourrait y avoir ambiguïté, il est préférable d’exiger la couverture de ses parties intimes.

Le langage du corps

Pour bien marquer une différence entre le contact corporel que nécessite votre mode de thérapie et votre relation patient/ thérapeute, prenez soin de garder une distance physique dans les moments qui entourent la pratique. Pour les clients « à risque » :

  • pour saluer, serrer la main plutôt que faire la bise, pas d’accolade
  • pas de contact physique en dehors du soin
  • soyez assis à une certaine distance pendant le temps de l’entretien
  • si la personne se dévêtit, laissez là s’habiller, se déshabiller hors de votre vue
  • Sans être froide et distante, restez pro.

Et pour éviter que ça ne dérape, les règles doivent être strictes : c’est vous qui touchez le client, lui il n’a pas à vous toucher.

4) Que faire quand ça dérape ?

La réaction « à chaud » :

Si un client commence à vous saisir le poignet, à bouger son bassin, à vous faire un bisou sur l’épaule, tout autre geste déplacé, ou signe manifeste d’excitation sexuelle, dans un premier temps, je vous conseille :

  • d’arrêter immédiatement le soin
  • de mettre des mots sur ce qui se passe
  • de rappeler la règle. Exemple : « C’est moi qui masse, pas vous. » « Le soin est fait pour vous détendre, pas pour vous exciter. »
  • de ne reprendre le soin qu’après vous être assurée qu’il est d’accord pour respecter votre cadre

Précisons que tout cela peut se faire avec humour, pour aussi dédramatiser la situation et rester à l’aise pour la suite du soin.

Dans un deuxième temps : ouvrir la discussion ?

Au-delà, de la gêne que peut occasionner un comportement déplacé (pour l’un comme pour l’autre), ce type d’acte est chargé de sens. Vous pouvez utiliser un dérapage pour ouvrir un espace de discussion avec la personne. Frustration, violences sexuelles, problèmes d’érection, addiction à la pornographie, les problématiques physiques et psychologiques liée la sexualité sont nombreuses. Reparler de ce qui s’est passé quand le soin est terminé peut être l’occasion d’aborder ce sujet délicat avec votre patient, ce sera peut-être pour lui une opportunité rare de partager quelque chose de vraiment difficile à vivre. Et pour vous, le moyen aussi de maintenir votre posture de thérapeute. Rappelons également le processus du transfert, selon lequel le patient projette sur son thérapeute des désirs et fantasmes qui ne lui sont pas réellement destinés.

Si un réel problème est soulevé, vous pouvez choisir ensemble d’en faire un sujet sur lequel travailler en séance. Savoir être touché sans y mettre de connotation sexuelle, prendre confiance dans sa capacité à s’épanouir en couple, ou encore être capable de maitriser ses pulsions, peuvent être des pistes de développement personnel très libératrices.

Et si ce n’est pas de votre ressort, vous pouvez le rediriger vers des personnes compétentes : quelqu’un qui pratique le massage intégral ou tantrique, un(e) sexologue, une psychothérapeute, un médecin.

Dans un troisième temps : et si ça venez de vous ? (aie !)

Surtout s’ils sont récurrents, les dérapages peuvent être des occasions de remise en cause personnelle. Questionner votre propre rapport au corps, à l’autre, à la sexualité. Est-ce que –sans vous en rendre compte- vous êtes dans la séduction, même dans votre travail ? Est-ce que vous avez-vous-mêmes des pensées ou des croyances à assainir ? Des peurs à apaiser ? Les hypothèses selon lesquelles « On attire ce que l’on redoute », « ce qu’on est » ou encore « ce que l’on croit mériter » peuvent être intéressantes pour guider votre introspection…

Et vous ? Avez-vous eu expériences de dérapage ? Comment vous en êtes-vous tiré ? Quels sont vos « trucs » ou changements profonds pour les éviter ?

Dans la même thématique, vous pouvez(re)lire :

Quand le patient dépasse le cadre

Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Remarque : cet article a été rédigé avec la situation d’une femme en praticienne et d’un homme en client, nous avons fait ce choix parce que c’est la configuration la plus courante au sein de laquelle il y a des ambiguïtés. Mais des débordements peuvent évidemment avoir lieu quand le thérapeute est un homme et le receveur une femme, voir entre deux personnes du même sexe.

Guide du thérapeute : 8 leviers pour activer le bouche à oreilles

Quand on demande aux thérapeutes qui réussissent comment ils ont fait pour se faire connaitre, la raison qui arrive toujours en tête de podium est : le bouche à oreilles. Un levier qui peut en décourager plus d’un car il semble ne pas nous appartenir, ce sont les autres qui parlent de nous et on ne peut pas maitriser leur discours, ou leur absence de discours. Et puis le bouche à oreilles s’active quand on a déjà eu des résultats positifs, il faut avoir commencé à exercer pour qu’il se mette en route, alors comment faire quand on débute tout juste son activité et qu’on n’a pas encore eu de client pour parler de nous ?

Si ce paradoxe du démarrage peut générer un sentiment d’impuissance, il ne doit pas être une excuse pour ne rien faire avec des raisonnements du type : « Çà ne sert à rien de faire un site, c’est le bouche à oreille qui fonctionne le mieux. » Ne commettez pas l’erreur d’attendre les bras croisésque le BAO se fasse tout seul. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez agir, il existe des actions à poser pour faire en sorte que les gens parlent de vous et vous recommandent. Omyzen vous livre 8 techniques pour vous permettre de connaitre et d’activer les leviers du BAO.

1) Créez l’évènement

Cela parait évident, mais pour que les gens parlent de vous, il faut qu’ils aient des choses à dire sur vous. Et si vous n’exercez pas encore, ou que vous n’avez pas encore de résultats flagrants, les personnes ne pourront pas discourir sur l’efficacité de vos séances. Alors, en attendant, donnez-leur à parler de ce que vous proposez : l’efficacité de votre discipline thérapeutique, le charme de votre cabinet, la richesse de votre parcours, l’originalité de vos prestations. Soyez visibles (cartes, plaque…) et faites parler de vous en organisant des évènements. C’est comme ça que le bouche à oreilles commence : « Tu as vu la plaque sur le mur ? Il y un hypno thérapeute qui s’installe dans la rue. » « Tiens une conférence sur le jeûne, organisé par une naturopathe, si on allait y faire un tour ? » Pour savoir comment organiser un événement promotionnel, vous pouvez (re)lire : «Guide du thérapeute alternatif : Animer une conférence » ou encore « 4 étapes essentielles pour optimiser un salon ».

2) Soignez votre e-réputation

Avec l’avènement des réseaux sociaux, un autre mode de communication fait et défait les réputations : le bouche à oreille numérique. Pour qu’il fonctionne en votre faveur, c’est à vous de l’initier. Et pour que vos infos soient partagées un maximum, il faut déjà fournir du contenu. Alors, si ce n’est pas déjà fait, lancez votre emmailing, créez votre site web, votre blog, votre page Facebook et surtout : faites les vivre. Apportez du contenu régulier sur votre page, pour (faire) parler votre activité mais aussi de l’actualité de votre profession, des découvertes en termes de thérapie. A chaque fois que vous participez à un évènement, que vous avez acquis une nouvelle compétence, que vous avez obtenu une réussite, faites le savoir ! N’hésitez pas à joindre des photos du stage que vous avez organisé, du salon auquel vous avez participé. A vous de fournir la matière qui fera parler de vous !

3) Parlez de votre passion

Que ce soit dans votre vie quotidienne, au marché, au café, au bureau, avec vos collègues, vos amis, vos voisins, les personnes que vous rencontrez, ne perdez pas une occasion de dire ce que vous faites, exprimez votre passion et rendez-là communicative. Il ne s’agit pas seulement d’exposer les faits : « La sophrologie permet de diminuer le stress. » ou « Je viens d’obtenir mon diplôme de naturopathe ». Parlez avec votre cœur, racontez votre histoire, expliquez pourquoi cette pratique vous nourrit, ce qu’elle a changé dans votre vie. Partagez ce que vous trouvez fabuleux dans la thérapie que vous utilisez, quels résultats positifs vous avez pu observer. Exposez ce qui vous motive à pratiquer votre métier de thérapeute, le plaisir et la satisfaction que vous éprouvez pendant les séances, les retours des personnes qui ont reçu vos soins. En plus des informations, c’est de l’émotion que vous allez communiquer et quand cela est fait avec sincérité et authenticité, l’impact sur votre interlocuteur est garanti.

4) Soignez la qualité de vos soins et des relations avec vos patients

Pour qu’un bénéficiaire qui vient vous voir ait envie de vous envoyer ses amis, il ne suffit pas que votre technique thérapeutique soit au point. La personne a besoin de se sentir à l’aise, accueillie, écoutée, respectée. Même si cela peut paraitre évident, parfois on est tellement concentré sur notre process de thérapie alternative, qu’on en oublie de veiller à ce que le cabinet se trouve facilement, de vérifier que la personne est confortablement installée, de se focaliser sur le traitement de sa demande et non de toutes ses problématique sous-jacentes. Soyez donc attentif à la façon dont vous recevez la personne, il serait dommage que la concentration que nécessite votre pratique vous fasse occulter un sourire d’accueil, un geste chaleureux, un échange plus superficiel servant à créer du lien. A ce sujet vous pouvez lire « Créer une alliance thérapeutique efficace ».

5) Amenez vos clients à exprimer leur satisfaction

A l’issue d’une thérapie, de votre séance de soin ou encore d’un stage, demandez systématiquement à votre patient, comment il se sent, ce que ça lui a apporté, les changements qu’il observe en lui ou dans sa vie. Il s’agit d’aider la personne à prendre conscience des bénéfices de votre soin et à les mettre en mots, les formuler. Le fait de le faire à chaud, avec vous lui permettra de créer un discours qui lui sera plus facile d’exprimer à son entourage, car il aura déjà été élaboré une première fois.

Quand son expérience a été particulièrement positive, proposez-lui de déposer son témoignage sur votre site, page ou blog. Vous pouvez aussi mettre à disposition un livre d’or dans votre cabinet, salle d’attente ou sur votre stand lors d’un évènement. Les retours positifs sont précieux, ils sont à valoriser ! Vous-même n’hésitez pas à relayer les retours positifs qu’on vous fait.

6) Invitez vos patients satisfaits à être des ambassadeurs

Si certaines personnes vont immédiatement vanter les mérites de leur thérapeute à tous ceux qu’ils croisent, d’autres ne vont pas spontanément recommander à leur entourage quelqu’un qui les a aidé à aller mieux. C’est votre rôle aussi de les inciter à partager leur expérience positive. Cela peut être par des petites phrases toutes simples après qu’ils aient exprimé leur satisfaction ou au moment de leur dire au revoir : « N’hésitez pas à en parler autour de vous ! »« Si vous connaissez des personnes qui ont le même trouble/besoin, vous pouvez me les envoyer. » Ce sont des petites graines qui vont faire leur chemin.

Tout le monde ne sera pas forcément à l’aise pour expliquer ce que vous faites. Pour les affermir dans leur rôle d’ambassadeur, proposez-leur de prendre des cartes ou des flyers, pour les donner à des personnes de leur entourage qui pourraient être intéressées, ou les déposer sur leurs lieux de travail, de loisir, de consommation.

Pour la communication par internet, pensez bien à ajouter en fin de mail, de post ou de vidéo une petite phrase de type : « Merci de diffuser l’information à vos contacts» ou « N’hésitez pas à faire tourner ! ».

7) Proposer un système de parrainage

Outil marketing classique utilisé dans la vente, le parrainage se prête parfaitement au domaine des thérapies alternatives. Choisir un thérapeute est quelque chose de délicat car la personne va se livrer intimement. Face aux piles de cartes de visite qui s’étalent sur le comptoir du magasin bio, elle peut se sentir perdue. C’est la recommandation d’une personne proche qui est passée entre vos mains qui va l’aider à se sentir en confiance pour franchir le pas de vous appeler. Le parrainage permet de récompenser les personnes qui vous amènent des nouveaux clients. Exemple d’offres promotionnelles :

  • Pour un nouveau client amené : 10% de réduction sur votre prochaine séance
  • Une séance de soin gratuite pour trois nouveaux clients amenés

8) Touchez les prescripteurs et les influenceurs

Cernez les personnes qui ont de l’influence ou qui sont en mesure de vous recommander de par leur statut. Si vous proposez des massages bébés, allez rencontrer les sages-femmes installées en libéral, si vous faîtes de l’ostéopathie, rencontrez l’entraineur de foot du quartier, si vous êtes spécialisé sur l’accompagnement des malades du cancer, prenez rendez-vous avec les associations concernées, si vous recevez beaucoup d’enfants DYS, faites la tournée des écoles pour présenter votre travail. Le tout est de vous faire connaitre des personnes qui sont en relation avec votre type de clientèle afin qu’ils puissent vous recommander.

Dans certains cas, il est judicieux de proposer des soins de découverte à votre prescripteur. La responsable du magasin bio ou du comité d’entreprise que vous démarchez sera plus à même de vanter les mérites de votre soin quand elle l’aura reçu elle-même.

Même si le bouche à oreilles finira par se faire tout seul et échapper à votre contrôle, en attendant vous avez désormais de nombreuses clés pour le provoquer et le dynamiser. Lesquelles utilisez-vous déjà ? Lesquelles allez-vous renforcer ? Initier ?

Choisissez de développer en priorité celles avec lesquelles vous vous sentez à l’aise, qui correspondent à votre personnalité et au contexte de votre activité de thérapeute alternatif. Et n’oubliez pas : un patient satisfait est votre meilleure publicité !

Dans la même thématique vous pouvez lire :

Booster son activité de thérapeute avec l’emailing

7 clés pour booster sa patentielle avec Facebook

Six règles pour régénérer son cerveau

Six règles pour régénérer son cerveau

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Cliché du cerveau obtenu par IRM.
Kai Stachowiak

Pierre-Marie Lledo, Institut Pasteur

Vous venez d’atteindre la cinquantaine ou, peut-être même avez-vous dépassé cet âge ? Vous n’imaginez sans doute pas que, dans cette région de votre cerveau que l’on nomme l’hippocampe, une structure clé pour la formation de vos souvenirs et pour la bonne gestion de vos émotions, tous les neurones présents à l’époque de votre naissance ont été remplacés depuis par des neurones fraîchement produits à partir de cellules souches du cerveau.

Nous avons tous le potentiel de régénérer notre cerveau, à tout âge. Seulement il y a des conditions à respecter pour que cette fontaine de jouvence puisse jaillir, comme le montre la recherche sur les animaux. Prenez une souris dans un élevage standard et placez-la dans une cage dépourvue de congénères, aseptisée, avec une nourriture invariante, sans objets à découvrir au cours de ses explorations. En gros l’enfer et la prison, dans sa vie de souris. Vous constaterez qu’en deux à trois semaines, la production de nouveaux neurones dans son cerveau aura été réduite de 50 %. Cette malheureuse souris, vous allez en plus la stresser et vous verrez alors que cette production disparaîtra totalement.

Prenez la même souris et placez-la, cette fois, dans un univers enrichi, stimulant. Vous allez placer des objets nouveaux dans sa cage, des congénères avec lesquels elle pourra communiquer au quotidien. Vous allez lui proposer un peu d’exercice physique, en installant une petite roue sur laquelle elle pourra s’entraîner. En l’espace de quelques semaines, elle aura multiplié par trois le taux de production de nouveaux neurones.
Dans la première expérience, on voit que le cerveau se détruit sous l’effet de la routine. Dans la seconde, on s’aperçoit que le cerveau se nourrit du changement.

Une pouponnière à neurones dans notre cerveau

Ceci est vrai car nous hébergeons dans notre cerveau une espèce de pouponnière dans laquelle sont abritées des cellules souches neuronales. Celles-là mêmes qui ont permis de construire notre cerveau à l’âge embryonnaire et que nous avons emmenées avec nous après la naissance. Grâce à ce dispositif, au moment même où vous me lisez, de nouveaux neurones jaillissent dans votre cerveau.
Mais pour les produire, il y a six principes à satisfaire. Et ce n’est pas en restant assis sans rien faire que ça va se passer…

Premier principe : il faut s’ouvrir au changement et fuir la routine. Socrate nous dit : la sagesse commence avec l’émerveillement. On parle ici de l’émerveillement d’apprendre et de comprendre. Il s’agit de respecter la libido sciendi, le désir d’apprendre et de comprendre propre à l’être humain.

Passons au second principe. Le cerveau est malléable car il est « informable ». C’est en effet l’information qui invite nos circuits cérébraux à se régénérer, mais de quel type d’information parlons-nous ? Aujourd’hui nous sommes confrontés à un vrai problème. Nous vivons dans un écosystème numérique alors sans rien faire, nous sommes bombardés d’information. Il nous faut apprendre à lutter contre ce trop-plein. Nous sommes abonnés à des blogs, des lettres. Nos téléphones sonnent, vibrent. On s’aperçoit que ce type d’information, qui nous conduit juste à savoir, est délétère.

Le cerveau bombardé d’information, qui sait mais n’a pas compris, est condamné à l’anxiété. En tant que sujet je deviens un spectateur, au lieu d’être un acteur. Il est important, pour nous tous, de trier l’information utile, c’est-à-dire l’information qui nous fait comprendre, et de laisser de côté l’information futile, qui nous fait juste savoir. Celle-là, on n’en veut plus ! Dit autrement, mon deuxième principe nous invite à lutter contre l’infobésité.

Troisième principe : gardons-nous de la tentation facile des anxiolytiques et des somnifères. Parce que l’objectif de ces substances, c’est justement de ne pas laisser émerger ce cerveau qui cherche à comprendre. Vous ne voulez plus ruminer en allant travailler ? On va vous donner des substances avec lesquelles vous allez marcher en cerveau automatique, ce cerveau même qui est utile pour savoir mais pas pour comprendre. En prenant ces médicaments de façon chronique, vous ne pouvez plus satisfaire au premier principe qui est, je le rappelle : ouvrez-vous au changement et donnez du sens à ce changement.

Le quatrième principe consiste à lutter contre la sédentarité. Parce que la science nous dit qu’en cas d’activité physique, les muscles produisent des substances chimiques qu’on appelle les facteurs trophiques. Par voie sanguine, ceux-ci viennent agir sur le cerveau et en particulier sur la pouponnière, la fontaine de jouvence, et l’incitent à produire plus de neurones. Il existe une corrélation directe entre l’activité musculaire et la production de nouveaux neurones. Alors, choisissez la marche, plutôt que le métro ou la voiture.

S’exposer aux autres

Cinquième principe : prenons acte que notre cerveau est une véritable chambre d’écho de l’autre, de notre prochain. Nous n’avons pas le contrôle sur certaines parties de notre cerveau, dont l’engagement dépend de l’exposition à autrui, à l’alter ego. C’est ce qu’on appelle, globalement, le cerveau social. Dit autrement, plus vous allez cultiver votre altérité, fuir l’isolement, plus votre cerveau sera enclin à produire de nouveaux neurones.

Il existe encore un sixième principe à respecter. Très récemment, les neurosciences associées avec la microbiologie nous ont appris qu’il existait une flore intestinale dont la communication avec le cerveau est permanente. En fonction de votre régime alimentaire, notamment si vous consommez des fibres et une alimentation variée, vous allez encourager la prolifération de certaines espèces bactériennes qui vont concourir à cette prolifération de neurones. À l’inverse, si votre nourriture devient peu variée, riche en sucre et en graisse, vous allez favoriser la prolifération d’espèces bactériennes qui sont de véritables verrous, bloquant la production de nouveaux neurones, et ce quelque soit votre âge.

La quête ancienne de l’immortalité

Voici les six principes énoncés, il vous revient maintenant d’utiliser ce potentiel. Évidemment, quand on parle de cellules souches et d’une neurogenèse, c’est-à-dire une production de neurones au cours de la vie, cela probablement résonne en vous. Nous baignons dans les mythes qui ont accompagné la naissance de la civilisation, au moment de l’invention de l’écriture chez le peuple sumérien – la fameuse épopée de Gilgamesh, ce récit légendaire de la quête de l’immortalité, ou plus proche de nous, le fameux Faust de Goethe. Ce sont des paraboles sur la souffrance de l’humanité qui voit une possible rédemption au travers de l’éternité.

Loin de moi l’idée de venir nourrir ou prolonger ces mythes ! En fait, nous voilà face à une découverte scientifique qui porte en elle tous les ferments d’une véritable révolution scientifique, appelant au renouveau des méthodes d’éducation, d’une définition objective du fameux bien-être en matière de santé mentale, d’inventer de nouvelles stratégies thérapeutiques, tant sur un plan neurologique que psychiatrique, essentiellement les troubles de l’humeur, reposant sur la présence de ces cellules souches neuronales.

The ConversationChacun à notre échelle, nous avons le pouvoir de tirer parti de cette révolution scientifique, à titre personnel, mais aussi vis-à-vis d’autrui. La fameuse maxime de Goethe dit : traitez les gens comme ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils peuvent être. Ce pouvoir, vous le tenez entre vos mains. Profitez-en !

Pierre-Marie Lledo, Neurobiologiste, Institut Pasteur

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Comment s’habiller quand on est thérapeute alternatif ?

Les habits qu’on porte sur soi ne servent pas uniquement à nous couvrir, ils sont un langage social, ils envoient un message à l’autre. Tout comme la personne qui porte un stéthoscope et une blouse de médecin prend immédiatement un grade de sérieux, d’autorité, de compétence dans l’imaginaire collectif, la manière dont vous vous habillez en tant que thérapeute va orienter la vision que votre patient a de vous et influencer la thérapie. Est-ce que vous diriez la même chose à une personne si elle est habillée en complet 3 pièces, en jogging tee-shirt ou en lingerie fine ?

1) Avoir conscience du message qu’on envoie

L’habillement, mais aussi le look en général (coiffure, bijoux, style, maquillage) est un mode de communication non verbale. Faites le point sur votre apparence quand vous recevez des clients et posez-vous ces trois questions :

  • Quel message envoyez-vous ? En vous regardant de l’extérieur, comme si c’était une autre personne, observez avec le plus d’objectivité et identifiez les impressions, les valeurs, l’image que vous dégagez : celle d’une personne sportive ? organisée ? calme ? sérieuse ? écolo ? intello ? joyeuse ? sensuelle ? sensible ? strict ?….
  • Est-ce que l’apparence que vous véhiculez est en phase avec ce que vous voulez transmettre en tant que thérapeute?
  • Est-ce que le message que vous envoyez favorise la relation thérapeutique ?

2) Soigner sa tenue

Est-ce que vous auriez envie de vous faire masser par une personne avec des cheveux gras en bataille, flottant dans un tee-shirt sale et un vieux jean déchiré ? Même si vous pensez que l’essentiel n’est pas dans l’apparence et que votre discipline thérapeutique ainsi que votre comportement prime, de nombreuses études montrent que tous les individus jugent un inconnu en moins d’une minute, et que cette première impression est capitale pour le reste de la relation.

Le fait de prendre soin de votre apparence contribue à poser le cadre thérapeutique. Cela montre que vous prenez la séance au sérieux, que vous respectez la personne et cela l’invite à vous considérer en retour. Pour approfondir la question du cadre, vous pouvez lire Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

3) Choisir son code vestimentaire

Les entreprises ont un dress code qui participe à l’établissement et au maintient de l’image de l’entreprise. En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes votre propre vitrine. Quelles valeurs voulez-vous que votre micro entreprise véhicule au travers de votre habillement ?

Le vêtement symbolise également l’appartenance à un groupe métier : au-delà de votre propre activité individuelle, vous représentez les sophrologues, les hypnothérapeutes, les naturo, etc… Quel ambassadeur voulez-vous être pour votre discipline ?

4) Rester sobre

Dans une relation thérapeutique, l’attention ne doit pas être attirée sur vous, c’est la problématique du client qui est au centre de l’attention. Éviter les excès de couleur, de parfum, les bijoux qui font du bruit, ne pas mettre de vêtements trop flashy ou originaux est une manière de se mettre un peu en retrait pour laisser la place au patient. Éviter aussi d’être trop classe, la personne modeste qui se retrouve en face d’un thérapeute en tailleur Chanel peut être impressionnée, mal à l’aise et que cela bloque sa confidence.

Laisser au placard les tenues trop sexy, si une femme thérapeute a un patient masculin, cela peut vraiment perturber la thérapie. Un patient me confier qu’il n’allait plus chez telle consœur parce qu’elle mettait toujours des décolletés plongeants et que ça l’excitait tellement que ça l’empêchait de rester focaliser sur sa thérapie !

5) Respecter son style :

Si il y a une trop grande différence entre vos vêtements et ce que vous êtes profondément, votre personnalité, cela va se sentir et détonner, renvoyer une impression d’incohérence, de fausseté. En tenant compte des éléments précédemment évoqués, il est donc important de ne pas trop vous éloigner de qui vous êtes.

6) Mettre des vêtements dans lesquels vous vous sentez thérapeutes

L’attention que vous apportez à votre habillement n’a pas uniquement une conséquence sur le mental de votre interlocuteur, mais également sur le vôtre. Si le fait de porter une tenue réfléchie et choisie pour votre activité de thérapeute augmente la confiance en soi, le sentiment de légitimité, cela va encore plus loin. Plusieurs études récentes révèlent la tenue que nous portons influence notre manière de penser en activant différents espaces de notre cerveau.

« Ainsi, le professeur Karen Pine de l’Université d’Hertfordshire a découvert que les personnes vêtues d’un T-shirt du super-héros étaient plus confiantes et s’estimaient plus fortes physiquement et plus sympathiques que les personnes portant un T-shirt classique. La même étude a également démontré que les femmes portant un pull obtenaient de meilleures performances durant un test de math que celles qui réalisaient le test en maillot de bain.

Une autre étude, menée conjointement par des chercheurs des Universités de Northridge et de New York et intitulée “The Cognitive Consequences of Formal Clothing”, a quant à elle prouvé que les hommes qui portent une tenue formelle costume, chemise, cravate ou nœud papillon – développent une capacité de pensée abstraite plus importante. A l’inverse, les tenues vestimentaires plus décontractées favorisent les pensées concrètes. » (source : N. Guerra pour le site développement personnel).

Ces résultats d’études surprenantes nous invitent à prêter attention à la manière dont nous nous sentons en fonction de ce que nous portons et à sélectionner ce qui favorise en nous les qualités propres à notre rôle thérapeutique.

Vous pouvez avoir des vêtements que vous portez spécifiquement pour votre travail, qui vous permettent de rentrer dans votre rôle de thérapeute… et d’en sortir quand vous en changez.

En définitive, veiller à son apparence en tant que thérapeute a plus d’importance qu’on pourrait le croire à vue d’œil. Et si en France on a coutume de dire que « l’habit ne fait pas le moine » , méditons cette maxime de Quintilien, professeur de rhétorique à Rome au premier siècle après J-C, qui enseignait à ses élèves: «vestis virum reddit» (l’habit fait l’homme).

A lire également :

Relation patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement

Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant

Quand le patient dépasse le cadre

Dans un précédent article, nous avions vu Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Vous avez tout mis en œuvre pour cadrer votre séance de travail. Malgré tout, il y a toujours des personnes pour déborder du cadre. Qu’est-ce qui se passe quand un patient outrepasse les règles que vous avez fixées ? Quel sens donner à ces actes et comment y réagir ?

Quand peut-on dire qu’un patient sort du cadre thérapeutique ?

Un patient dépasse les limites du cadre, quand il a un comportement qui ne respecte pas le fonctionnement que vous avez fixé explicitement ou auquel vous vous attendez implicitement. On peut citer :

  • Arriver en retard: si c’est exceptionnel cela peut s’entendre mais si c’est récurrent, nous verrons que c’est un acte plein de sens. La personne peut aussi arriver systématiquement très en avance, ce qui est révélateur aussi.
  • Ne pas venir à la séance sans prévenir, ou en prévenant moins de 24h à l’avance.
  • Ne pas régler la séance, négocier le tarif
  • Imposer une parole au-delà du temps de séance : la personne sait que son temps est écoulé et continue à parler sans que vous ne puissiez l’arrêter.
  • Avoir des gestes déplacés: le patient n’est pas censé toucher le thérapeute, même dans les thérapies manuelles.
  • Téléphoner à des heures indues: contacter le thérapeute en dehors de ses heures de travail (le week-end ou après 20h) peut être une manière de rentrer dans sa sphère privée.
  • Poser des questions au thérapeute sur sa vie personnelle, le tutoyer sans son consentement : A ce sujet vous pouvez lire aussi : Relations patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement ?

Pourquoi le patient dépasse le cadre ?

Quand vous avez identifié un débordement, demandez-vous ce que ça signifie, questionnez :

Le rapport à l’autre :

Dépasser les limites peut être pour le patient, une manière de tester son thérapeute, comme un enfant testerait son parent pour évaluer sa solidité et se rassurer. Prenez en compte ce fameux mécanisme de transfert, par lequel le patient rejoue son histoire à travers vous. Quel rôle projette-il sur vous ? Comment ces actes font-il sens dans sa problématique ? Est-ce qu’il avait des parents défaillants et qu’il n’est pas habitué à respecter un cadre ? Enfant, est-ce qu’il palliait un manque d’attention en se faisant remarquer par un comportement rebelle ? Y a-t-il eu des problèmes d’attouchement, d’inceste qui ont perturbé son rapport au corps et à l’intimité ? Le patient parle aussi par son comportement, remettez son acte de dépassement dans sa problématique pour en saisir la signification. Ce sujet peut être pris comme un objet de discussion dans le cadre de la thérapie.

Le rapport au temps :

Le manque de respect des horaires n’est pas à prendre en compte de la même manière si il est exceptionnel ou récurent. Le sens sera également différent si la personne est en retard seulement à ses rendez-vous thérapeutiques ou si c’est une retardataire incorrigible dans d’autres domaines de sa vie quotidienne. Si la personne est systématiquement en retard, cela peut révéler :

  • Une peur de venir au rendez-vous, une appréhension : pourquoi ? Aborder ce sujet peut être l’occasion de discuter avec la personne de ce qui la met en difficulté et de la manière d’y remédier. Cela peut être lié à l’appréhension du travail qui se fait en thérapie ou révéler un manque de confiance en soi en général.
  • Une personnalité narcissique : en se faisant désirer, la personne prend votre temps et retient votre attention, la personne « brille par son absence », cela peut témoigner d’un ego surdimensionné, d’une volonté de prendre le pouvoir. Ce type de personnalité n’affichera aucune gêne à être en retard, au contraire.
  • Un manque d’estime de soi : la personne qui se dévalorise aura tendance à se mettre en difficulté en créant des situations où elle est gênée. C’est souvent le cas pour les personnes qui culpabilisent énormément d’être en retard et en profitent pour se dénigrer.

Le rapport à l’argent :

Pour les personnes qui ne règlent pas à temps ou demandent à payer moins, explorer aussi différentes hypothèses :

  • Est-ce que la personne est réellement en difficulté financière ?
  • Est-ce qu’elle a du mal à gérer ses finances ?
  • Est-ce qu’elle n’accorde pas de valeur à votre travail ? à sa thérapie ? à elle-même ? …
  • Est-ce qu’elle cherche à prendre le pouvoir ?
  • Quel est son rapport à l’argent ?

Votre aptitude à poser le cadre :

Si vous êtes confronté à ce genre de problème de manière récurrente, évaluez votre responsabilité dans l’affaire : est-ce que ce n’est pas vous qui n’avez pas posé un cadre assez clair ? Est-ce que vous avez laissé passer des petites incartades et que le client a fini par prendre ses aises ?

6 mauvaises raisons de ne pas tenir fermement un cadre

Voyons quelles raisons peuvent vous pousser à laisser le client déborder :

  • Peur du conflit: « Il risque de se mettre en colère et je ne veux pas de confrontation. »
  • Peur du jugement et du rejet: « Il va penser que je suis trop stricte et ne voudra plus que je le suive. »
  • Peur de manquer (de clients, d’argent): « Il risque de ne pas revenir et ça va me faire un client de moins. »
  • Syndrome du sauveur: « C’est avant tout lui qui a besoin d’aide, je dois prendre sur moi pour l’aider. »
  • Syndrome de l’imposteur: « Je ne me sens pas légitime de lui demander tant, c’est normal qu’il négocie. »
  • Culpabilité: « Si il ne va pas bien, ce sera de ma faute. »

Ces moteurs d’action, alimentés par des peurs ou des déséquilibres, ne peuvent mener à une relation thérapeutique épanouissante pour vous et votre patient. En fonctionnant avec, c’est vous qui courez différents risques : ne pas être payé, vous épuiser, perdre votre crédibilité.

Comment réagir ?

  • Se questionner: ce type de comportement invite à l’introspection, il peut révéler que vous n’avez pas défini le cadre assez clairement. Est-ce que vous avez bien énoncé les règles à la première séance ? Est-ce- que votre attitude invite à trop de familiarité ? Est-ce que vous avez des peurs ou syndromes à travailler ?
  • Questionner le patient : mettre des mots sur ce qui vous gêne et mettre en lumière ce qui se joue pour lui à travers son comportement. Cela peut être pris comme un élément de travail à intégrer dans la thérapie.
  • Rappeler la règle: Cela peut se faire en début ou en fin de séance, posez de nouveau les règles du jeu, de manière neutre et objective, sans tension.
  • Passer un contrat : « Si vous voulez prendre un temps de parole de 30 minutes, le temps de massage est réduit à 45 minutes. »
  • Fixer une deadline : « Vous avez jusqu’au 25 juin pour me régler la séance, le cas échéant je serais contrainte de suspendre les séances momentanément. »
  • Prendre des mesures: « Toute séance non décommandée 24h à l’avance est due », « Je vous demanderais de régler en début de séance, sinon la séance n’aura pas lieu. »

Ecoutez en Podcast: Annulation de RDV, comment éviter que les clients vous posent un lapin ?

En résumé, quand le patient dépasse le cadre, c’est une occasion d’en savoir plus sur lui, sur vous et de travailler ces informations dans la thérapie ou dans votre rôle de professionnel. Faire respecter les limites du cadre thérapeutique vous permet d’exercer plus confortablement et offre au patient qui l’aideront à mener à bien son travail sur lui.