Le Shiatsu, l’art d’un massage thérapeutique

Le shiatsu se pratique au sol, sur un futon, le receveur reste habillé.

Le shiatsu est un art manuel thérapeutique qui consiste à effectuer des pressions sur des points précis du corps afin de rétablir un bon équilibre énergétique. En japonais, Shiatsu signifie : « pression des doigts », mais d’autres parties du corps peuvent être utilisées, comme les coudes ou les avant-bras.

Pratiqué en Asie depuis plus de 2000 ans, le shiatsu se base sur les principes fondamentaux de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Il s’agit d’une approche holistique, la problématique de la personne étant considérée dans sa globalité, corps, âme et esprit.

Le shiatsu, comment ça fonctionne ?

Le shiatsu se pratique au sol, sur un futon. Le receveur reste habillé pendant toute la séance. En suivant un rythme calme et régulier, le praticien va effectuer des pressions sur des points précis du corps, qui correspondent à des points d’acupuncture (carrefours d’énergie) ou à des trajets de méridiens (chemins d’énergie).

Les pressions peuvent être plus ou moins appuyées en fonction de l’état de la personne et de l’effet recherché. Elles se réalisent avec les paumes, les doigts, les avant-bras, les coudes ou encore les genoux. D’autres gestes peuvent être pratiqués : des étirements et des mobilisations articulaires.

Toutes ces interventions sur le corps visent à libérer les tensions musculaires, à assouplir les articulations et à lever les blocages énergétiques.

Les différents styles de Shiatsu

Il existe de nombreux courants différents de shiatsu. Des grands maîtres japonais mais aussi occidentaux, ont développé leur propre vision et pratique du shiatsu qui sont enseignées dans leurs écoles respectives. Certains shiatsu sont plus spécifiquement emprunts des fondamentaux de la médecine chinoise, d’autres influencés par la chiropraxie, d’autres encore par une approche psycho-somatique des troubles et douleurs.

Nous pouvons distinguer trois grands types de Shiatsu :

Les Shiatsu énergétique :

Il est principalement axé sur la circulation du Qi (énergie vitale) dans les méridiens, la circulation harmonieuse entrainant un bon état de santé. Au sein de même de ce Shiatsu des méridiens, nous retrouvons différentes approches, certains praticiens se basant sur les méridiens tels qu’ils sont décrits dans les textes traditionnels de médecine chinoise et d’autres sur les tracés de méridiens propres au maître Masunaga senseï.

Shiatsu Structurel :

C’est une approche centrée sur l’anatomie, qui se base sur l’observation de la posture et des mouvements du corps. On y retrouve des mobilisations proches de la chiropraxie.

Le Shiatsu thérapeutique :

S’inscrivant vraiment dans le cadre de la médecine Traditionnelle Chinoise, ce type de Shiatsu a vraiment pour objectif de déceler les déséquilibres à l’origine des troubles et maladies et d’intervenir pour rétablir un état équilibré de santé.

Le praticien peut être amené à effectuer des manipulations issues de la chiropraxie.

Quels sont les bienfaits du Shiatsu ?

Le shiatsu s’inscrit dans les techniques de soin préventives et complémentaires. Il contribue à :

  • Rétablir l’équilibre énergétique du corps et favoriser une bonne circulation
  • Renforcer les capacités d’auto-régulation de l’organisme
  • Diminuer le stress et les tensions psychiques
  • Détendre les muscles
  • Assouplir les articulations

D’où vient le Shiatsu ?

Avec le Tuina, le massage thaï ou ayurvédique, le Shiatsu s’inscrit dans les pratiques manuelles de santé trouvant leurs racines profondes dans l’Inde ancienne et s’étant développées en Chine au cours des derniers millénaires. Mais la technique précise du Shiatsu a été décrite et circonscrite plus récemment au Japon.

Les japonais ont adopté la médecine chinoise dans les années 700, ils utilisaient donc déjà le Tuina, la technique de massage issue de la médecine chinoise. Au fur et à mesure, ils ont développé une approche spécifique se focalisant sur les pressions de points d’acupuncture.

Les premiers protocoles de pressions, encore utilisés dans le Shiatsu actuel, ont été compilés en 1827 dans le livre de Shinsaï Ota, intitulé « Ampuku Zukai ». Un siècle plus tard, en 1939, c’est Tenpeki Tamai qui à travers son livre « Shiatsu Ryoho » proposa pour la première fois le mot Shiatsu pour décrire cette technique particulière.

Puis Tokujiro Namikoshi œuvra à son institutionnalisation, amenant le premier protocole de Shiatsu en clinique en 1925 puis montant la première école de formation en 1940.

Au Japon, une médecine reconnue

Au Japon, le Shiatsu est très largement utilisé à des fins thérapeutiques, Il est enseigné à la Faculté de médecine (3000 heures de formation) et il est perçu comme la « seconde médecine ». Les soins sont prodigués dans les cliniques et dans les centres de bains.

En 1955, le Ministère de la santé du japon, a reconnu le shiatsu comme médecine à part entière. Il le définit comme :

« Une forme de manipulation qui utilise les pouces et les paumes des mains, sans aucun instrument mécanique ou autre, qui applique une pression sur la peau humaine, pour corriger le mauvais fonctionnement interne, favoriser et maintenir la santé et traiter les maladies spécifiques ».

En Europe, une pratique qui se développe

En Occident, de plus en plus de personnes font appel au Shiatsu comme moyen de se détendre, de relâcher les stress et de soulager des douleurs. La pratique est répandue dans toute l’Europe, notamment en Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne, Espagne, France et Italie. Dans une enquête de Michel Odoul datant de 2006, le nombre de praticiens en Europe était estimé à 6000.

Bien que le shiatsu ne soit pas encore reconnu, une résolution du Parlement Européen votée le 29 mai 1997 le caractérisait comme une » médecine non conventionnelle digne d’intérêt « .

L’auteur Michel Odoul a contribué à la reconnaissance du shiatsu à travers l’écriture d’ouvrages de référence et la création de l’IFS (l’Institut Français de Shiatsu).

En mars 2018, a eu lieu la troisième édition de la Journée Nationale du Shiatsu et du Do-In. Des praticiens, enseignants et élèves ont organisé des centaines d’évènements dans toute la France.

Le praticien va effectuer des pressions sur les trajets des méridiens.

A qui cette discipline s’adresse-t-elle ?

Tout le monde peut recevoir un soin en shiatsu, des bébés aux séniors. Le shiatsu s’adresse à toute personne soucieuse d’optimiser un état de bonne santé physique, mentale et émotionnelle.

Concernant les contre-indications, un entretien préalable permet au praticien en shiatsu de déterminer quels gestes il va faire et ceux qu’ils ne doit pas faire étant donné l’état du patient. Si vous souffrez d’une pathologie grave, il est donc nécessaire d’en informer votre praticien.

Comment se déroule une séance ?

La séance dure une heure à une heure et demie, pour un tarif de 50 euros en moyenne. Pour les enfants la séance dure 45 minutes maximum.

Elle se pratique habillée, généralement au sol, sur un futon (matelas fin et ferme) mais parfois aussi sur une chaise de massage, pour les interventions en entreprise par exemple. Elle comprend un temps d’échange verbal.

Quelques conseils avant d’aller recevoir un soin en shiatsu :

  • Venir à jeun ou en ayant mangé léger
  • Porter des vêtements souples et confortables, si possible en fibre naturelle.

Le shiatsu : aussi pour nos amis à 4 pattes !

La discipline s’applique aussi aux animaux, avec notamment une pratique répandue du Shiatsu canin et équin.

Comment trouver son thérapeute ?

Retrouvez une liste de praticiens en shiatsu, shiatsu animalier et formateurs sur le site de la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel sur le site du FFST et de Shiatsu France.

Ces carnets d’adresses répertorient des praticiens sérieux qui ont suivi une formation pratique et théorique en énergétique orientale pendant 3 ans, sont détenteurs de l’Attestation de Formation aux Premiers Secours (AFPS) et signataires d’un code de déontologie strict.

Alors, que ce soit pour entretenir votre bien-être ou pour réguler un déséquilibre plus profond, n’hésitez pas à faire appel aux mains expertes d’un praticien en Shiatsu.

A lire aussi :

La médecine chinoise, un art millénaire au service des défis d’aujourd’hui

Témoignage : Stéphane Braye, praticien en shiatsu, reiki, et médecine chinoise

L’Art-thérapie pour les personnes âgées

Jean-Michel Pichery est Fondateur de l’ARTEC, centre de formation professionnelle et continue en Massage, Relation d’aide, Sophrologie et Art-thérapie. Il présente ici aux lecteurs d’Omyzen les grands principes de fonctionnement de l’Art-thérapie, ainsi que son intérêt auprès des personnes âgées pour favoriser la créativité et le bien-être.

art-thérapie
« L’Art-thérapie permet de s’émerveiller encore et à nouveau en devenant des êtres créatifs. »

Une pratique d’Art-Thérapie chez « A.R.T.E.C.-Formation »

… assortie de quelques détails signifiants et d’observations sur son adaptabilité aux personnes âgées.

Nombre d’ouvrages avertis renseignent d’une façon plus avantageuse sur l’art-thérapie et sur son application avec les personnes âgées. Voici ici, un simple regard, issu d’une expérience professionnelle (objectif-contenu-exploitation), sans théorisation et conceptualisation, d’une méthode pédagogique basique utilisée par l’« ARTEC », facilement adaptable aux personnes âgées.

1. Un objectif : évoluer vers un mieux-être

Rappelons que le but de l’art-thérapie ne se situe pas apriori dans une pure recherche artistique car il ne poursuit pas un objectif techniquement esthétique ; ce qui n’empêche en rien la réalisation d’œuvres surprenantes et remarquables. Le but n’est point aussi une thérapie au sens médical ; ce qui n’empêche pas, pour les seuls praticiens qui en ont développé les compétences et professent en conformité avec la législation, d’utiliser l’art-thérapie en tant qu’outils thérapeutiques au sens médical, analytique et psychothérapeutique. Basé sur une démarche phénoménologique, le but fixé se centrera plus sur une simple et profonde recherche d’évolution ou de progression de la personne plutôt que sur ce qui n’en est qu’un résultat, à savoir une transformation : faut-il d’abord évoluer pour prétendre se transformer. Souvent, vouloir « se transformer », tout comme les bonnes résolutions qui ne durent que le temps de les prendre, risque de n’être qu’un mirage. On peut en effet « changer de forme » sans évoluer ; et l’on peut même à ce titre régresser !

Au préalable : se mettre dans un état propice à la créativité

La pratique de l’art-thérapie puisse ses sources en premier lieu aux techniques de la relaxation, notamment dynamique. Il n’y a pas d’art-thérapie, de moindre acte de créativité, sans une moindre modification d’état de conscience » et cela grâce à la relaxation ou la sophrologie. Il s’agit d’induire un « lâcher-prise » pour « oser créer » et faire émerger un espace à dimension art-thérapeutique :

Un espace Artistique :

La relaxation réveille l’imaginaire, fonction vitale de tout être humain et en déclenche une puissance créative. De ce fait un état de relaxation dynamique devient lui-même médiateur art-thérapeutique. De plus cet état de relaxation se perpétuera à longueur de séance ou d’atelier.

La dimension Thérapeutique :

Dans son sens originel : « prendre soin de soi, se respecter » : donc dans une optique de recherche d’un bien-être. Ce « bien-être », dont la notion est si galvaudée et souvent réduite par la publicité à une marque d’une lotion, en tant qu’objectif à atteindre grâce à l’art-thérapie, devient le plus important programme d’évolution que l’on puisse se fixer. C’est une aventure de vie parfois difficile, exigeant le deuil d’infinis blocages comportementaux. Mais elle engage sur une voie royale celle de l’«égologie » ou construction de son soi, combien joyeuse puisqu’il s’agit au final de retrouver une confiance en soi pour « devenir existant », pour enfin « être ». L’art-thérapie est en elle-même cette aventure pour qui l’expérimente, quel que soit son âge : elle réveille les forces vives de créativité en réveillant en même temps les énergies vitales de l’enfance (et non celles d’un infantilisme) et la riche force d’une maturité adulte.

personnes âgées
« Ce « bien-être » devient le plus important programme d’évolution que l’on puisse se fixer. »

Pour les personnes âgées : attiser l’émerveillement et la créativité

L’art-thérapie se révèle des plus utiles pour réveiller « leur imaginaire » car lui, il ne vieillit point ; il se bonifie même au cours des années ! Elle contribue à ce que leur vieillesse ne soit pas vécue comme une régression. Cela les aide aussi à éviter de sombrer dans l’infantilisme ou gâtisme, à retrouver « leur âme d’enfant ». Enfin l’art-thérapie réduit le risque d’un repli sur soi, remédie du moins partiellement à une perte d’autonomie, contribue à conserver la mémoire et son identité…… Bref, elle permet de s’émerveiller encore et à nouveau en devenant des êtres créatifs. Car un être qui ne crée pas est déjà un mort-vivant en ayant détruit la potentialité de son vital imaginaire.

2. Une pratique…

La pratique de l’art-thérapie exige de respecter scrupuleusement toutes les prescriptions protocolaires nécessaires à la construction d’une séance individuelle ou d’un atelier : accueil, installation, matériel (ne pas oublier la boîte de Kleenex pour sécher parfois quelques larmes!), lieu dédié, durée, …… ; ainsi que les règles éthiques et déontologiques : bonne distance, attitude, limites, moralité, discrétion,……, bref, tout ce qui fait l’objet du contenu de toute formation sérieuse.

Spécificités à prendre en compte

Avec les personnes âgées, faut-il faire preuve tout simplement de « bon sens » : il ne s’agit pas de les perturber mais d’aller cependant dans l’accomplissement du procédé au maximum des limites possibles mais respectueuses. De ce fait il convient d’adapter la pratique et de poser de telles limites en fonction des objectifs fixés et de degré d’autonomie des participants : leurs états physiques, psychiques, handicaps ou degrés d’Alzheimer ; et aussi par rapport aux conditions et situations liées au lieu d’accueil : EHPAD, Hôpital, Maison pour Tous ou de Vacances, Foyer, Résidence, Béguinage…

Mener une séance, ou un atelier, pour ne rappeler que quelques points, nécessite :

a- Une indispensable mise en situation et condition préalable

Cette mise en condition ne s’effectue durant quelques minutes que par l’utilisation d’une technique adaptée de relaxation verbale ou manuelle. Pour les personnes âgées, on privilégie une induction corporelle (massage des mains, des bras, du dos, du front), ou une musique, ou encore tout autre moyen pour réveiller une sensation et peut-être déjà une vitale émotion…. S’il n’y a pas une telle préparation, il ne se produira pas de véritable éveil de l’imaginaire et de créativité, de dimension art-thérapeutique ». La séance risque de se transformer en simple activité occupationnelle, qui ne manque pas pour autant d’intérêt.

b- La sélection d’un médiateur

  • Peinture-forme-couleur :

    semble être le médiateur à favoriser pour les personnes âgées. Notons que l’usage de fusains, encres, pastels…. risque de les induire à vouloir « bien faire » en les renvoyant à d’anciens réflexes de technicité de leur vie antérieure professionnelle et/ou scolaire (d’où preuve, ici encore, de la nécessité d’une mise en condition par la relaxation). Sinon, il convient de commencer l’atelier par des médiateurs plus instinctifs qui se rapportent à la couleur : mandala (à partir de « son propre » cercle magique), peinture à doigts, graphisme, collage, maquillage (de soi, de l’autre ou d’objets représentatifs telles que des marionnettes que l’on aura confectionnées par exemple ….).

  • le Collage :

atelier passionnant qui permet de construire des posters avec des images anonymes mais sélectionnées, ou avec des images personnelles et chères chargées d’émotions (souvenirs, photographies, dessins …). N’oublions-pas, pour éveiller d’agréables et constructives régressions, de mettre si possible à disposition les petits pots de colle parfum amande « Cléopâtre » (on y plonge les doigts) et des petits ciseaux (heureusement irritant) comme à l’Ecole!

  • l’Ecriture :

atelier génial bien que plus délicat car plus « intellectuel » ; mais mille astuces pour « oser » restent à inventer pour en plus contribuer à faire « travailler » la mémoire des participants.

  • l’Argile:

c’est le plus archaïque des médiateurs qui de ce fait peut ressusciter de fortes réactions émotionnelles ; il reste donc à utiliser avec prudence avec un public âgé. Le médiateur peut être substitué selon les cas par toute autre pâte maniable particulière : à modeler, à bois, à sel, à papier.

  • Les ateliers « Sensorialité »

bâtis sur l’exploration des cinq sens, très enclin pour renforcer l’imaginaire et la créativité, semblent à privilégier pour nos « ainés » ; ils servent en outre de moyens de stimulation et de rééducation sensorielle.

  • la Danse :

véritable « rituel miraculeux » ! Nous ne pouvons, pour justifier une telle expression imagée, recommander ce jour l’ouvrage « Faites danser votre cerveau » aux éditions Odile Jacob, paru en septembre 2018, de Madame Lucy Vincent, neurologue, qui démontre l’influence -et la nécessité- du mouvement sur le cerveau pour entrainer une restauration des capacités notamment créatives. Citons aussi «Danser à corps joie »aux Editions Dangles, paru en octobre 2018, rédigé par notre formatrice ARTEC en Danse-Thérapie, Madame Dominique Hautreux.

  • Rythme et Musique

est un médiateur facilement lié à l’expression corporelle et à la danse. Notons ici l’importance d’accompagner la réalisation de la plupart des ateliers par un fond musical. Il est souhaitable d’ éviter les musiques dites de relaxation souvent sirupeuses, pour privilégier celles archétypales et rythmées, du monde, primitives ou modernes, ou celles qui répondent à des souvenirs particuliers pour les participants

  • Chant, Clown-praticien, Masque, Sand Play ou bac à sable, Conte et Jeu théâtral, SophrologieLudique :

il s’agit d’autres médiateurs (au programme de l’ARTEC) qui s’appliquent à merveille avec un réel bonheur en tout milieu, avec un tout public et particulièrement avec les personnes âgées.

Au vu de cette liste quel est donc le médiateur qui ne mérite point d’être privilégié ! De plus ils s’imbriquent tous les uns les autres dans un déroulement constructif et unificateur de séance artistico-thérapeutique, baignée de relaxation et de musique…. et surtout de plaisir :

graphisme=collage=écrit=argile=masque=maquillage=conte=chant-théâtre=danse= …. ou l’inverse !

gériatrie
« L’art-thérapie se révèle des plus utiles pour réveiller « leur imaginaire » car lui, il ne vieillit point ; il se bonifie même au cours des années ! »
  • Quelques observations complémentaires :

Rappelons que, le plus souvent possible et selon les situations, le praticien ne fournit quelesmatières premières (pinceaux, rouleaux-mousse, argile, feutres, encres, papiers divers, tissus etc. …..) indispensables pour fabriquer l’objet constitutif du thème de la séance, sauf dans le cas où les pratiquants doivent eux-mêmes apporter un tel objet. C’est souvent cette fabrication qui se transforme elle-même en médiateur de construction , qui se révèlera comme la plus riche et la plus intéressante expérience vécue par le sujet en concevant son masque, son jeu de carte, son conte, sa marionnette, son déguisement….

  • Certains ateliers, selon le médiateur et toujours en fonction du public, ne se réalisent non pas uniquement en solo ou en groupe (de douze personnes au maximum), mais encore en duo, trio, quatuor, sextuor. De même les apports n’en seront que plus décuplés si certains exercices se déroulent parfois les yeux bandés : les personnes rentrent alors dans une intériorité non parasitée par la vue et les interprétations et réserves qu’elle induit si souvent.
  • Tout comme un fond de musique et le maintien d’un état de relaxation accompagnent chacune des pratiques tout au long de leurs réalisations, il en sera de même dans la mesure du possible et selon les circonstances :

1. d’un « écrit post-création » :

Au terme de l’exercice, le participant « se précipite » sur une feuille de papier assortie de crayons, feutres ou pinceaux… (stationnant à proximité) pour se dépêcher d’exprimer par un écrit, un graphisme, une représentation, un mini-conte…… ce qu’il a envie de partager « avec lui-même » sur ses émotions premières, celles qui l’envahissent encore ; et c’est cette précipitation qui donnera une vérité radioscopique de son état émotionnel pour un travail sur soi plus sincère. Tout comme l’on procède en notant ses rêves pour les exploiter : dès son semi-réveil ou son semi-endormissement ; sinon, nous l’expérimentons sans cesse, ils s’estompent rapidement, notamment, avec dommages, les détails les plus significatifs et révélateurs.

2. de la vidéo /caméscope:

Pour filmer avec grande prudence les étapes de l’exercice, mais surtout le participant lui-même en train d’agir. L’exploitation de l’image dans ses moindres détails, lors du feed-back, sera des plus révélatrices pour qu’il se surprenne de son propre comportement et de son mode de fonctionnement. « Se voir à cru » réveille d’utiles prises de conscience, combien utiles pour s’engager alors dans une démarche d’évolution « auto-art-thérapeutique ».

  • Une mise en garde s’impose parfois lors de la pratique de l’art-thérapie pour les professionnels confirmés dans une spécialité artistique : d’une manière caricaturale nous dirions, pour nous faire comprendre et à titre d’exemple, que le danseur confirmé peut se révéler piètre danseur art-thérapeute, ou un artiste-peintre averti un très médiocre peintre-thérapeute, etc…. si l’un comme l’autre n’additionnent pas leurs compétences développées dans le cadre de leur métier initial à celles développées pour une pratique en art-danse-thérapie. Les compétences ne peuvent s’opposer car les registres ne doivent pas se confondre. Une telle remarque concerne en fait chaque praticien ou animateur d’atelier pour l’inviter à se défaire de ses ancrages, de ses certitudes sur un simple savoir-faire au détriment d’un capital savoir-faire du savoir-être.

c – La sélection d’un thème :

L’atelier en art-thérapie se déroule en fonction d’un thème choisi qui se doit d’être ludique, donc agrémenté de plaisir. En principe c’est le participant lui-même qui le choisit, peut-être certes sous l’induction habile du praticien si c’est nécessaire. Ce thème émergera de son imaginaire (et non de son imagination qui n’en est qu’un honorable sous-produit), lequel a été mis, ne l’oublions pas, en effervescence dès le début de la séance par une induction de relaxation.

Le répertoire des thèmes est incommensurable, et de la part des personnes âgées encore plus surprenant. Ci une petite palette panachée de thèmes improvisée : animaux, ciel et étoiles, couleurs,aliments, habits et linge, chapeaux, souvenirs, famille, enfants, religion, conte-légende-histoire-mythologie, fleurs et végétation, maison (plan, chemin, décoration), pierre et tous minéraux, mer, montagne, pluie, tout ce qui résulte d’une association d’idées, tout objet (celui qui « vous représente », fétiche, médaille, celui qui se touche et qui touche, se voie, se goûte, s’entend, serenifle… ), et encore tout ce qui se révèle à partir de l’environnement (établissement, personnel, visites, soins, seringue, blouse blanche …etc…), et puisque nous abordons le temps de l’Avent et de Noël, travaillons donc sur le calendrier de Noël, la carte postale, la carte de vœux, le cadeau….

La recherche d’un thème peut constituer en elle-même le thème de l’atelier !

3.Une exploitation :

C’est l’étape fondamentale et indispensable qui grâce à une verbalisation, feedback et entretien, va ancrer les apports de l’expérience vécue par le participant comme moteurs d’évolution. Ainsi :

  • Le pratiquant, toujours selon son désir et son choix, présente d’abord son « œuvre » (graphisme,dessin, caricature, masque, statue, conte, maquillage, danse, odeur, bruit, ……..). Puis il exprime « son vécu », à savoir tout ce qui lui est passé et tout ce qui s’est passé dans sa tête et dans son corps :sensations, perceptions, émotions, sentiments, images, souvenirs, réactions, visions, pensées, idées, observations, couleurs, vibrations, …. chair de poule ! ….. Ensuite il partage son écrit à chaud « post-création » qui éclaire parfois avec des différences et contradictions ses premières verbalisations. Une telle verbalisation individuelle est déjà thérapeutique en soi (même si la verbalisation demeure « silencieuse » !) ; elle peut constituer en elle-même la seule exploitation suffisante de l’atelier.

hôpitaux
« Ces «retours des autres » que reçoit le participant se révèlent encore plus riche que sa propre découverte qui s’en trouve revalorisée. »
  • Mais si l’on travaille en groupe, il convient, toujours selon les situations, de mettre en synergieinteractionnelle la richesse des vécus de chacun selon une méthode d’«effet miroir » ou de « ping-pong ». Lorsqu’ un pratiquant a fait part de son vécu à partir de son œuvre, de son expression et de son écrit « post-création », les autres membres du groupe vont à leur tour verbaliser, avant que vienne le temps de leur passage, sur ce qu’ils viennent de vivre grâce à ce premier participant. Et ainsi de suite. En fonction de la durée de l’atelier que l’on s’accorde, et pour qu’il se révèle encore plus intense, l’échange peut se dérouler en trois temps, c’est-à-dire entre chacune des étapes : présentation de l’œuvre, expression et écrit « post-création ».

Ces «retours des autres » que reçoit le participant :

Ils se révèlent encore plus riche que sa propre découverte qui s’en trouve revalorisée. Ils l’ouvrent sur une dimension sociale et relationnelle, mais plus encore ils vont l’éclairer sur les messages et la symbolique cachés dans son œuvre en lui « ouvrant les yeux » sur son comportement, son expérience et sa propre histoire de vie.

  • En fonction de l’objectif fixé du travail à poursuivre (personnel/collectif ; bien-être/ thérapeutique) voici, de toutes ces verbalisations, un « panier bien rempli » de matières premières qu’il reste à explorer et exploiter entre le participant et le praticien. Celui-ci utilisera la méthode verbale et/ounon verbale d’écoute emphatique, d’accompagnement et de relation d’aide qu’il aura acquise et dont il en aura développé de solides compétences à la suite d’une formation reconnue ainsi qu’une solide expérimentation assortie d’une supervision.
  • Après cette exploitation, après s’être assuré que tous les participants sont « bien réveillées », c’est-à-dire sortis d’un état modifié de conscience – il existe de nombreuses recettes – comme on le pratique après toute séance de massage ou de relaxation, après un éventuel rangement rapide du matériel et de la salle, on procède au rituel de salutations, de remerciements mutuels et d’au-revoir.

  • Selon les protocoles fixés, le praticien établit ensuite tout/toute compte-rendu, observation simple ou clinique, synthèse, grille d’évaluation, bilan…..… utiles pour les besoins d’une poursuite des séances futures et à partager/analyser éventuellement avec l’équipe médicale, paramédicale, éducative, d’accompagnement de l’établissement pour contribuer au suivi thérapeutique.

En conclusion…

La pratique ludique des médiateurs métamorphose la Parole en Verbe qui se fait cher (au sens précieux du terme), et la Créativité en Œuvre art-thérapeutique. A condition que le praticien soit vigilant à ce que la verbalisation ne tombe dans un débordement de bavardages corrosifs bien que certains torrents de paroles puissent se transformer en médiateur et en tremplin pour redécouvrir la tonalité du silence! Qu’il soit surtout vigilant à ce que personne dans le groupe ne coupe la parole à celui qui s’exprime et qu’il ne soit proféré de l’un vis-à-vis de l’autre le ou la moindre jugement, interprétation, généralité, comparaison ; chacun ne parle que de lui, de lui seul et de son propre univers s’il le veut bien. C’est un principe de base de la pratique de l’«égosophie » si chère à notre organisme ARTEC-FORMATION.

Jean-Michel Pichery – Fondateur de l’ARTEC –

Retrouvez tout les programmes de Formation sur : www.artec-formation.fr

P.S. : Dernière observation avec un avis aux apprentis-sorciers :

On ne peut se former à la pratique de l’art-thérapie qu’en groupe, qu’en situation réelle, et qu’en vivant dans ses tripes les mécanismes des ateliers ainsi que les expériences et les émotions qui en jaillissent. Une telle formation est très difficile, voire impossible, à se dérouler en milieu universitaire trop administratif -et nous en parlons en connaissance de cause ! Une formation, et plus encore avec supervision, « à distance » ou par correspondance ou avec des D.V.D., non seulement n’est pas sérieuse mais n’en est tout simplement point une; elle peut même présenter des risques. Relatons un « fait divers » à titre d’exemple, sur une formation en « massage des bébés » : « Un pèrecondamné (le 7 novembre dernier à 3 ans de prison ferme) pour avoir brisé les os de sa fille en effectuant des massages » d’une extrême violence ( in Les Dernières nouvelles d’Alsace et Paris Match-Faits divers). Résultat : une dizaine de fractures aux bras, aux côtes, à la clavicule ! Il s’était formé aux techniques de massage sur un site INTERNET. Si ce fût une vidéo de formation en art-thérapie, cet homme aurait fracturé combien de neurones cervicaux de son pauvre cobaye d’enfant!

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Témoignage : Géraldine Amalfitano, aide-soignante et praticienne Shiatsu

témoignage
« La passion de votre pratique est une motivation qui ne cesse de vous faire avancer, alors c’est sans effort que tout se met en place et c’est avec beaucoup de force et de sérénité que tout arrive. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour, je m’appelle Géraldine Amalfitano, je suis aide-soignante dans un hôpital, je suis mariée et mère de 3 enfants.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis praticienne Shiatsu près de Toulon (Var) depuis plus d’un an. Cette technique d’acupression permet d’équilibrer les énergies, de détendre les tensions, d’harmoniser notre organisme. Cela aide à réduire les effets du stress, des tensions, des douleurs.
Prendre conscience de son corps dans sa globalité et être à son écoute.
En effet, être apaisé dans son corps et dans sa tête, permet de gérer notre quotidien de façon bienveillante.
Trouver son équilibre en toute sérénité est essentiel.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Je suis aide-soignante et c’est une évidence pour moi de me former à des techniques de médecine douce.
De part mon expérience professionnelle et personnelle, je suis convaincue par ces pratiques et je suis passionnée par ce domaine. Je me forme régulièrement afin de compléter mon domaine d’activité pour que cela puisse personnaliser au mieux les séances de chacun.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Je me suis fait connaître par l’entourage personnel et par le bouche à oreille.
J’ai aussi une page Facebook.
Je participe aussi à des ateliers et des forums.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Diversité, sérénité, échange positif, et surtout une prise en charge naturelle pour soulager les tensions du quotidien.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Trouver le temps de faire de la communication pour se faire connaître.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

La passion de votre pratique est une motivation qui ne cesse de vous faire avancer, alors c’est sans effort que tout se met en place et c’est avec beaucoup de force et de sérénité que tout arrive.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Faire profiter les gens de ces techniques douces afin de trouver le calme et l’équilibre.
Développer mon auto-entreprise, continuer de me former et de m’informer pour accroitre mon savoir.

Quelques mots sur Omyzen ?

Mon rêve est que chacun d’entre nous poursuive son chemin pour vivre dans le respect de la Vie.
J’ai découvert le site et il est très enrichissant, beaucoup de témoignages, et cela rassure.

Un lien vers votre site ou compte facebook

www.facebook.com/BienEtre.et.Soulagement/

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Régis Hankard, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et Jean-Pierre Corbeau, Université de Tours

Aujourd’hui, nous ne choisissons plus les aliments uniquement pour leur goût : nous voulons manger plus équilibré, moins riche, moins gras, pour rester en bonne santé. Nous sélectionnons donc notre nourriture en fonction de ses « qualités », de ses vertus, que celles-ci reposent sur des informations fondées scientifiquement ou non : certains achètent des aliments « bio » ou cultivés de façon plus respectueuse de la nature, parce qu’ils sont plus « sains », d’autres vont accorder une attention particulière à leur valeur nutritive…

Ces démarches débouchent sur un art de vivre plus responsable, plus à l’écoute de son corps. Mais il arrive que les choses dérapent, et que l’obsession s’installe. Cette dérive porte un nom : l’orthorexie.

Qu’est-ce que l’orthorexie ?

Le terme orthorexie (du grec ortho, « droit », « exact », et orexia, « appétit ») désigne un trouble alimentaire qui peut nuire à la santé et à la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes.

Une personne orthorexique passe plusieurs heures par jour à choisir ses aliments, à prévoir ses repas. Elle va par exemple rechercher les aliments qui contiennent le moins de sel possible, ou ceux qui sont, selon elle, exempts de polluants, dans une quête souvent idéalisée… Pour les personnes atteintes d’orthorexie, la notion de pureté est importante. Certaines d’entre elles expriment « se sentir souillées » quand elles ne peuvent exercer ces choix alimentaires.

Cette quête peut aussi s’étendre à l’activité physique. Il s’agit d’obtenir un corps sain idéalisé, version extrême de l’adage « un esprit sain dans un corps sain ». Il s’ensuit parfois un envahissement par ces préoccupations. La personne orthorexique ressent de l’anxiété, voire de la culpabilité, quand les contraintes de choix qu’elle s’impose ne sont pas satisfaites. Cette situation peut aboutir à l’isoler socialement.

Quelles sont les conséquences pour la santé ?

Dans les contextes les plus extrêmes, des cas de dénutrition profonde, de malnutrition, c’est-à-dire de déficiences en certains nutriments, ont été rapportés. Il s’agit toutefois de cas cliniques isolés qui ne reflètent pas la situation courante.

Des études menées sur des populations à risque n’ont pas révélé de différence en termes de corpulence entre les personnes orthorexiques et les personnes témoins. Ce constat ne permet cependant pas d’exclure l’existence de carences, à des degrés moindres.

La souffrance psychologique est un autre champ de complications. L’orthorexie a en effet des conséquences sur l’humeur. Il arrive qu’elle se traduise par une anxiété pouvant devenir envahissante, parfois associée à des troubles obsessionnels compulsifs, voire à une dépression.

Qui est concerné ?

Il est difficile d’estimer la fréquence de l’orthorexie dans la population générale. Cela est en partie dû au fait que les critères diagnostiques sont encore débattus. La littérature commence à peine à s’intéresser à ce phénomène, et l’orthorexie n’est pas encore officiellement reconnue comme un trouble du comportement alimentaire, contrairement par exemple à l’anorexie ou à la boulimie.

S. Thomas :« Est-il temps que l’orthorexie soit officiellement classée comme trouble du comportement alimentaire ? » S. Bratman : « La reconnaissance officielle exige un important corpus de recherche, qui n’existe pas encore. Mais au cours des prochaines années…»
@StevenBratman

Ce trouble a été décrit pour la première fois par un médecin américain, Steven Bratman, en 1997. Le nombre de publications médicales et scientifiques qui lui ont été consacré ne s’est que récemment accru, pour atteindre près de 30 publications par an depuis 2015.

Les données disponibles concernent des groupes de population jugés « à risque » tels que les jeunes, et notamment les étudiants, en particuliers ceux suivant des cursus en diététique, médecine et sport. Les fréquences de l’orthorexie vont de 5-10 % dans les populations non ciblées à plus de 50 % dans les populations « ciblées ».

Aux racines de l’orthorexie

La quête d’une nourriture « saine », pour ne pas « s’intoxiquer », n’est pas récente, comme le rappelle l’historienne de l’alimentation Madeleine Ferrières dans son ouvrage consacré aux peurs alimentaires.

Toutefois, si autrefois les craintes liées à la nourriture étaient notamment nourries par le risque d’ingérer des aliments de mauvaise qualité sanitaire, aujourd’hui d’autres sources de préoccupations émergent. Pour comprendre l’apparition de l’orthorexie, il faut donc croiser approche historique et analyse sociologique.

Quatre peurs alimentaires, étroitement imbriquées, alimentent les racines de l’orthorexie : la peur du manque, la peur de l’empoisonnement, la peur de l’excès et, plus récemment, la peur du regard de l’altérité et la « mésestime de soi » qui risque d’en résulter.

La peur du manque

Cette peur est entremêlée avec la crainte de la famine (qui malheureusement concerne encore une partie importante de la population mondiale). Elle prend toutefois une forme nouvelle dans nos sociétés urbaines et « hypermodernes » où la « médicalisation » de l’alimentation engendre un effet pervers de « déconstruction » de nos aliments, réduits à leur seule dimension nutritionnelle.

Dans les catégories sociales de bon niveau socioculturel, dans les catégories socio-professionnelles supérieures, et davantage chez les femmes, la peur du manque ne concerne plus l’accès à des quantités suffisantes de calories nécessaires à la (sur)vie mais plutôt à des craintes fragmentées, relatives au déficit en sel minéraux, vitamines, oligo-éléments, antioxydants.

Cette préoccupation exacerbe une seconde sorte de peur, celle de l’excès.

Peur de l’excès et peur de l’empoisonnement

L’excès dont il est question ici ne concerne pas les quantités au sens large, mais plutôt l’excès de consommation de certains produits jugés malsains… Cela suppose l’existence d’une typologie sous-jacente où le végétal est naturellement bon, alors que les produits d’origine animale doivent être consommés avec parcimonie ou écartés de la diète pour des raisons éthiques et idéologiques.

Cette peur d’un excès, basée sur une classification des aliments qui n’a rien de scientifique, conforte à son tour une troisième peur, celle de l’empoisonnement. Contrairement aux empoisonnements évoqués par Madeleine Ferrières, ceux-ci ne sont plus attribués à un individu en particulier (empoisonneur au service d’une famille royale, « sorcière », homme de pouvoir dans la société villageoise – meunier, curé, instituteur, etc.) mais à une entité collective que l’on est bien incapable de définir !

La dimension industrielle (qui pourtant permet une qualité sanitaire supérieure à celle d’autrefois) effraie, au même titre que les décisions politiques et économiques « anonymes » (sur la protection de l’environnement, les processus de transformation alimentaire, etc.). Au contraire, les paradigmes du « small is beautiful » et la personnalisation de la nourriture (via son origine géographique, la connaissance du producteur, etc.) rassurent le mangeur, particulièrement français et d’Europe du Sud.

Enfin une dernière peur est elle, assez récente : il s’agit de celle liée au jugement que l’autre porte sur notre silhouette ou sur notre consommation de produits (qui participe d’une manière ou d’une autre à la « destruction » de notre planète).

La peur du jugement d’autrui

Cette peur peut avoir différentes origines. Par exemple, dans un contexte sociétal où la minceur (voire la maigreur ?) préside à l’esthétique corporelle, on surveille ses incorporations (de gras animal, de sucre, de sel, etc.), soupçonnées de faire grossir et d’éloigner de la réalisation d’une image corporelle de séduction, de réussite et d’efficacité sociale.

La crainte du regard d’autrui peut aussi survenir dans le cas où l’on consomme des produits dont la production ou la fabrication seraient condamnables d’un point de vue éthique, en termes de développement durable ou de pollution planétaire.

Dans tous les cas, ces peurs correspondent à un désir inconscient d’inclusion dans un groupe référent ou dans un conformisme normatif émergeant, in fine sécurisant pour un mangeur revendiquant par ailleurs une liberté d’action.

La caisse de résonance des médias et des réseaux sociaux

Ces peurs sont diffusées par les médias et les réseaux sociaux. C’est par exemple le cas des effets sur la santé de certains additifs alimentaires, du risque de cancer lié à certains aliments, ou de la contamination des sols et de la nourriture par les pesticides.

Des articles récents, publiés dans des journaux scientifiques prestigieux, ont ainsi mis en avant le rôle de l’alimentation comme première cause de décès chez l’être humain. Ces résultats ont parfois ensuite été repris par la presse « grand public ».

Détail de la « une » du quotidien Le Monde du 27 octobre 2015.
DR

On se souvient en particulier que le quotidien Le Monde avait titré sans nuance, en première page de l’édition datée du mardi 27 octobre 2015 : « Les viandes rouges classées cancérogènes ». Cet article faisait écho à une publication du journal The Lancet Oncology qui alertait sur le rôle des viandes transformées (charcuterie par exemple), dans le développement de cancers, ainsi qu’à un moindre niveau, sur le rôle de la viande rouge. Cette diffusion de l’information, amplifiée par les réseaux sociaux, peut contribuer à modifier le comportement alimentaire.

En outre, un nombre croissant de personnes orientent leurs choix alimentaires pour servir des causes qui ne sont pas directement liées à leur santé, tels que le bien-être animal ou la préservation de l’environnement. Vegan, végétarien, flexitarien, pesco-végétarisme (pescatarian)… De nombreux régimes sont concernés. Des travaux récents ont étudié leur impact sur la santé, et on peut s’attendre à ce que ces nouveaux modes d’alimentation nourrissent eux-aussi des conduites orthorexiques, sur la base d’effets bénéfiques démontrés ou suggérés.

Ceci est d’autant plus prévisible que certains de ces régimes peuvent être interprétés comme des démarches identitaires qui permettent à la personne qui les suit d’« exister » au sein d’un groupe. Or dans notre société « numérique » qui donne accès à tout, sans filtre aucun, les individus sont submergés par la multiplicité des informations. Cette saturation peut parfois engendrer un trouble profond, l’anomie (ou sensation de perte de repères), qui pousserait certains à s’engager dans des démarches identitaires pouvant être alimentaires, comme l’orthorexie, pour retrouver le sens perdu.

Que faire en pratique ?

Les répercussions sur l’humeur, la socialisation, ou le poids des personnes orthorexiques doivent mener à consulter un médecin. Ce dernier jugera s’il est nécessaire d’orienter le patient vers un médecin « somaticien » spécialisé, vers un psychiatre, ou encore s’il faut se placer sur ces deux niveaux simultanément.

Il est toutefois souvent difficile d’établir une alliance thérapeutique car la personne est généralement envahie par ses troubles. Peu apte à entendre les arguments ou à suivre une prescription, elle ne « vit » que dans le cadre qu’elle s’impose, persuadée que son obsession est justifiée. Opposer une attitude dogmatique, de raison, étayée par des arguments « scientifiques » et/ou « médicaux » est donc souvent vouée à l’échec.

Il n’existe à l’heure actuelle aucune stratégie thérapeutique universelle. Pour établir une relation de confiance dans ce contexte, il faut avant tout faire preuve de patience. Il s’agit de progressivement sortir les patients de leur enfermement, afin qu’ils puissent à nouveau simplement manger pour vivre, et non plus vivre pour chercher à manger…The Conversation

Régis Hankard, PU-PH, Professeur de Pédiatrie, Inserm UMR 1069 « Nutrition, Growth Cancer » & Inserm F-CRIN PEDSTART, Université de Tours, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et Jean-Pierre Corbeau, Professeur émérite de sociologie de l’alimentation, vice-président de l’Institut Européen de l’Histoire et des Cultures de l’Alimentation, Université de Tours

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Témoignage : Elsa Fitoussi, ostéopathe voyageuse

humanitaire
« J’ai d’abord choisi de pratiquer ce métier auprès de personnes qui n’y aurait peut être jamais eu accès et je suis donc partie faire de l’humanitaire durant plus d’un an, en Asie et en Amérique Latine. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Elsa Fitoussi, je suis ostéopathe, j’ai 26 ans et j’ai toujours vécu à Paris. J’ai toujours su que cette ville ne me correspondait pas également. J’ai pris le temps, après 6 années à étudier l’ostéopathie, de partir voyager et de pratiquer mon métier dans un but humanitaire. Je voulais aider, différemment. Et je voulais voyager seule, repousser mes limites et ma zone de confort, apprendre sur moi-même et sur le monde et les différentes cultures qui nous entourent, afin d’être prête à être thérapeute pour un bon moment.
Après cela, j’ai su que ma place était en France, mais je vis actuellement dans le sud de la France, près de Montpellier, dans un cadre qui me correspond bien plus que la folie parisienne.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis donc ostéopathe. J’ai d’abord choisi de pratiquer ce métier auprès de personnes qui n’y aurait peut être jamais eu accès et je suis donc partie faire de l’humanitaire durant plus d’un an, en Asie et en Amérique Latine. Cette expérience fut humainement et ostéopathiquement exceptionnelle.
Je suis aujourd’hui installée dans un cabinet médical depuis octobre, avec 3 autres médecins, je suis ravie de voir que nous pouvons avoir notre place dans ce genre de structures actuellement, et que les mentalités s’ouvrent à une autre médecine, complémentaire.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

J’ai toujours su que je serai dans le domaine médical, dans le soin. J’ai suivi la mouvance en sortant du lycée, et j’ai tenté d’entamer des études de médecine. Quelques mois ont suffi pour me rendre compte que ce n’était pas ma voie, que ce n’était pas la façon dont je voyais l’Être Humain, qu’il fallait que je trouve autre chose. Alors j’ai cherché, essayé toutes sortes d’autres médecines alternatives, jusqu’à tomber sur l’ostéopathie. C’était ça. C’était ce métier là qui recouvrait tous les aspects du soin, tel que je l’imaginais.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

D’abord j’ai crée mon « image » de thérapeute: un site internet, un logo, des cartes de visites afin de pouvoir les partager. J’ai été me présenter à la mairie et aux commerces de la ville où je travaille actuellement, ils m’ont proposé de publier un article sur mon installation dans le journal local, et les commerçants ont pris des cartes de visite afin de pouvoir les donner si besoin. J’ai organisé un « pot » pour l’ouverture du cabinet en invitant municipaux, commerçants et autres professionnels de santé. Et je continue de rendre le plus visible possible mon site internet sur Google.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Ils sont nombreux… mais je dirai en premier lieu, la vision globale du patient. C’est le plus important pour moi dans ce métier. Un patient c’est un TOUT, c’est son corps, c’est ses habitudes de vie, c’est ses antécédents, et c’est ses émotions et ce qui se passe dans sa vie. C’est toujours plusieurs facteurs qui amènent à une douleur. Une douleur, c’est juste un système mis en place par le corps pour nous alerter que ça ne va pas, qu’il a besoin d’un petit coup de « main ». J’ai aussi la chance d’avoir le temps d’écouter mes patients, de les guider au mieux dans leur guérison, pour comprendre d’où vient leur(s) douleur(s) et comment l’appréhender. Et puis, j’ai la chance de travailler avec mes mains, et uniquement avec mes mains! Le seul outil dont j’ai besoin, c’est moi-même.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Les études sont longues, et difficiles. Il faut évidemment apprendre le corps humain de A à Z, c’est fastidieux mais passionnant. Et ensuite, il faut créer une entreprise, c’est fastidieux aussi, et ça fait peur bien sur. Et puis une fois que tout cela est fait, il faut se faire confiance ! et être un peu patient le temps de construire une patientèle, mais ça vaut tellement le coup !

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Patience et persévérance. Travail sur soi et ne jamais cesser d’apprendre.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Pour le moment, je vois au jour le jour. Je souhaite de tout mon cœur que ce cabinet s’établisse correctement, c’est encore le début. Une fois cela stable, je souhaite continuer d’aider à l’étranger de temps en temps, avec des projets pour former d’autres professionnels là bas à l’ostéopathie. Transmettre, j’adorerai.

Quelques mots sur Omyzen ?

Un site dédié aux thérapies alternatives, c’est génial et très intéressant !

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La fatigue liée au cancer n’est pas une fatalité

La fatigue liée au cancer n’est pas une fatalité

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La majorité des patients atteints de cancer considèrent que la fatigue affecte leur vie quotidienne autant que la douleur, voire plus.
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Baptiste Morel, Le Mans Université

Une personne sur deux aura un cancer dans sa vie, transformant de facto l’autre moitié de la population en proche de malades. Nous serons donc tous touchés par cette maladie. Pendant longtemps, les patients n’ont eu, le plus souvent, que deux alternatives : vivre ou mourir. Néanmoins, depuis quelques années, grâce aux progrès de la recherche, une nouvelle perspective se dessine. De plus en plus fréquemment, le cancer est envisagé comme une maladie chronique, s’inscrivant dans la durée.

À partir du moment où le médecin a prononcé le mot « rémission », ce qui signifie que le cancer n’est apparemment plus là, une nouvelle vie commence. Une vie chamboulée, accompagnée de nombreux symptômes handicapants. Plus de la moitié des personnes vivent en effet l’après-cancer plus difficilement que la période des traitements, laquelle constitue pourtant une véritable épreuve.

Le coupable numéro un ? La fatigue. Ou plutôt, les fatigues, car derrière ce terme se cachent de nombreux états différents. Il est important de bien les identifier, pour mieux les prendre en charge.

Non pas une fatigue, mais des fatigues

La fatigue peut être décrite comme une sensation. Chacun en fait l’expérience intime et quotidienne. Elle semble universelle. Pourtant, lorsqu’il s’agit de préciser le ressenti, des nuances apparaissent, des natures de fatigue différentes émergent. Affaiblissement, abattement, dépression, épuisement, écœurement, ennui, lassitude, peine, surmenage sont quelques-uns des dizaines de synonymes du mot « fatigue ». La richesse de ce vocabulaire laisse entrevoir un phénomène incroyablement varié.

Cet état peut également être appréhendé comme une baisse de performances fonctionnelles. L’avantage de cette approche est de pouvoir quantifier la fatigue au moyen de tests objectifs.

La fatigue peut par exemple être définie comme une diminution de la capacité des muscles à produire une force. Après une course en montagne de 160 km, les muscles de la cuisse ne sont plus capables de produire que les deux tiers de leur force initiale. Pour le physiologiste qui analyse leurs performances, les coureurs qui se sont livrés à cet exercice sont fatigués.

Des spécialistes de sciences cognitives pourront quant à eux proposer une autre définition de la fatigue, basée sur le temps de réaction. Après plusieurs heures de calcul mental, le temps de réaction s’accroît. En mettant en évidence cette augmentation, les chercheurs décriront le sujet comme particulièrement fatigué.

Il existe donc autant de fatigues que de fonctions évaluées, ce qui participe à la difficulté d’appréhender ce phénomène dans sa globalité.

La fatigue protège, l’épuisement persécute

En principe, la sensation de fatigue n’a rien de pathologique. Elle a pour rôle essentiel d’assurer le bon fonctionnement de l’organisme en le protégeant face à la menace d’une sur-sollicitation. Faire la fête toute la nuit, courir un marathon, travailler sur son ordinateur une journée durant, contracter une grippe… Toutes ces situations vont « fatiguer », et donc forcer au repos. La cause de la fatigue est clairement identifiable, et cette dernière disparaîtra après une période de récupération.

La fatigue liée au cancer, en revanche, n’est pas de cette nature. Le terme même semble erroné puisqu’il vient de l’anglais « cancer-related fatigue », qui devrait être littéralement traduit par « épuisement lié au cancer ». Il s’agit en réalité d’une sensation d’épuisement physique, cognitif et/ou émotionnel disproportionnée au regard de l’activité récente. Elle n’est pas soulagée par le repos et perturbe profondément la qualité de vie.

Un symptôme unique, des mécanismes multiples

De multiples facteurs peuvent être à l’origine de la fatigue liée au cancer. Celle-ci peut être influencée par des paramètres d’ordre médical, biologique, psychologique, comportemental ou encore social.

Par exemple, les traitements par chimiothérapies sont connus pour engendrer une fonte musculaire, laquelle est associée à une augmentation de la fatigabilité à l’exercice. La moitié des malades rapporte aussi des perturbations substantielles de leur sommeil. La dépression vécue par certains patients est, elle aussi, très souvent associée à une fatigue importante. À l’inverse, les patients qui vivent avec un conjoint ressentent moins de fatigue.

Cependant, et malgré de très nombreuses recherches, la part relative des différents mécanismes impliqués ainsi que leurs interactions sont encore assez mal comprises.

Un nombre croissant de personnes concernées

Une grande majorité des malades ressentiront ce symptôme d’épuisement au moment des traitements. Selon l’Institut national du cancer,

« La majorité des personnes malades interrogées estiment que la fatigue affecte leur vie quotidienne autant, voire plus que la douleur. »

Plus grave : ils seront encore un tiers à subir cette fatigue chronique dix ans après la rémission (pour les chercheurs, on ne « guérit » pas, au sens strict, d’un cancer ; l’indicateur utilisé pour le suivi des patients est le « taux de survie net standardisé à 5 ans ». Ce froid jargon scientifique signifie qu’aucun signe de rechute n’a été décelé pendant une période de cinq ans après le traitement).

Or le nombre de patients en rémission augmente, car la recherche médicale a fait des progrès considérables. Ces 30 dernières années le taux de rémission a été amélioré pour la plupart des cancers. Pourtant, la fatigue est encore très peu considérée, car elle est souvent perçue comme un passage obligé, par les malades autant que par les professionnels de santé. Les premiers se gardent donc d’en parler, tandis que les seconds peinent à proposer une prise en charge spécifique. Pourtant, la fatigue liée au cancer n’est pas une fatalité, et il est possible de la traiter.

Déterminer la bonne prise en charge

L’approche médicamenteuse s’est jusqu’ici montrée inefficace pour diminuer la fatigue liée au cancer, à l’exception de cas où des perturbations biologiques ont été bien identifiées, comme lorsque des patients souffrent d’anémie.

En revanche de nombreuses interventions non médicamenteuses, telles qu’une activité physique adaptée, des thérapies cognitivo-comportementales, des interventions corps-esprit, etc. peuvent s’avérer efficaces pour réduire la fatigue liée au cancer. Leurs effets sont toutefois généralement faibles à modérés, et sont surtout très variables en fonction des individus.




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La fatigue constitue en effet une réponse unique à des mécanismes pouvant être très différents d’une personne à l’autre. De ce fait, il n’existe pas de solution universelle. Une intervention adaptée aux causes de la fatigue d’un patient peut s’avérer beaucoup moins pertinente pour un autre. Capitale dans le cas d’une fatigue liée à une perte de masse musculaire, l’activité physique s’avérera par exemple peu adaptée si la fatigue ressentie est principalement d’origine émotionnelle.

Il est donc essentiel de mieux comprendre ce que recèle la fatigue de chaque patient. Notre laboratoire et d’autres équipes dans le monde y travaillent. Ces recherches permettront à terme de mieux évaluer les causes individuelles de la fatigue, pour proposer une prise en charge sur mesure, et optimiser l’efficacité des interventions. En attendant, il est important de ne pas minimiser sa fatigue, elle n’est pas anodine.The Conversation

Baptiste Morel, Maître de conférences, Le Mans Université

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Témoignage : Stéphanie Maraval, kinésiologue experte en communication

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« Je conseille de bien choisir son école de formation et s’assurer du sérieux de l’enseignement. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Stéphanie Maraval. Originaire de Montpellier, je suis kinésiologue installée depuis septembre à l’Espace Clé à Canet. J’habite à Saint Félix de Lodez avec ma fille.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis installée en tant que kinésiologue depuis la rentrée de septembre à l’espace clé de Canet. Ma pratique s’appuie sur un test musculaire qui permet de mettre en évidence des déséquilibres énergétiques et les stress émotionnels qui empêchent d’utiliser toutes ses potentialités. Je consulte pour l’instant un jour par semaine. J’accueille les enfants, adolescents et adultes pour diverses problématiques d’ordres physique, émotionnel, relationnel, difficultés scolaires ou professionnels, deuil, séparation…

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

En fait, depuis 2010 je travaille dans une société de vente de mosaïque en salle de bain que j’ai co-fondée. Pendant longtemps j’ai eu envie de quelque chose dans lequel je puisse m’épanouir plus personnellement, ça faisait un moment que je voulais travailler dans le bien-être. J’ai eu des problèmes de peau récurrents, ce qui m’a amenée à beaucoup m’intéresser aux médecines parallèles pour chercher des solutions. C’est comme çà que j’ai fait ma première séance chez un kinésiologue et ça a eu un super impact. L’approche m’a beaucoup plu. je me suis dit : « C’est vers ça que j’ai envie d’aller! »

Alors je me suis lancée dans cette aventure. J’ai effectué une formation pendant 2 ans et demi au centre de formation méditerranée du Crès où j’ai pu acquérir différentes techniques (La santé par le toucher, 3 en 1 concept et Brain gym.)

Au travers de ma société j’avais acquis des connaissances et des compétences dans la communication, la gestion administrative et commerciale. J’ai transposé tous ces savoirs-faire pour faire connaitre mon activité de thérapeute.

Aujourd’hui, j’ai deux casquettes. Je continue à travailler du lundi au jeudi dans ma société et le vendredi je suis dans mon cabinet. Je garde mon activité commerciale le temps que ça se développe. Mon but est de passer progressivement à mi-temps puis d’être thérapeute à temps plein.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

J’ai la chance d’avoir habité Canet pendant quelques années et le bouche à oreille a fonctionné rapidement sur la commune et les environs. J’ai par ailleurs diffusé plusieurs campagnes publicitaires par facebook qui m’ont permises de me faire connaître plus largement. Bien entendu, j’ai créé un site internet pour expliquer ma pratique et bénéficier d’un plus large public à la recherche de ce type de pratique. Je démultiplie en parallèle la diffusion de mes coordonnées sur les pages jaunes ou annuaires professionnels.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Ma principale motivation est d’apporter un bien être, redonner le choix là où il semblait ne plus y en avoir, aider à la prise de conscience et à modifier son dialogue intérieur. Pour ma part, cette reconversion est une évolution personnelle pour moi qui m’amène à un épanouissement et qui fait partie de mon chemin de vie. Cela donne aussi une liberté en tant que libéral et un challenge à relever pour développer sa clientèle.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La kinésiologie n’est pas une pratique encore très connue, et cela demande certainement plus de temps pour développer sa clientèle. Je ne dois donc négliger aucun canal de communication.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Je conseille de bien choisir son école de formation et s’assurer du sérieux de l’enseignement. Lors de son installation, il est primordial de se faire connaître auprès de différents thérapeutes, de communiquer sur les réseaux sociaux, de créer un site internet et en parler autour de soi pour que le bouche à oreille également fonctionne. Une bonne communication peut aider et favoriser un démarrage d’activité rapidement si elle est bien faite.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Je souhaite développer ma clientèle pour que cette activité devienne mon activité principale et ma source d’épanouissement. Je vais enrichir ma formation pour être toujours au plus proche des besoins de mes clients et de leurs problématiques et développer également les soins énergétiques.
Je souhaite également mettre en place des ateliers pour travailler avec les enfants.

Quelques mots sur Omyzen ?

Omyzen est une source d’information riche et variée sur les thérapies alternatives que j’apprécie beaucoup.

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Les phobies d’impulsion, ou l’obsession du coup de folie

Les phobies d’impulsion, ou l’obsession du coup de folie

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Obsédées par l’angoisse du passage à l’acte violent, les victimes de phobies d’impulsion ne peuvent utiliser les objets potentiellement dangereux du quotidien.
Allef Vinicius / Unsplash

Antoine Pelissolo, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Âgée de 32 ans et mère de deux enfants, Caroline est venue me consulter car elle souffrait d’une phobie particulièrement handicapante : il lui était impossible de manipuler des couteaux ou des objets dangereux à proximité d’autres personnes. Elle m’a expliqué que tout avait commencé trois ans auparavant, par un fait divers tragique :

« Un jour, j’ai entendu à la radio qu’une mère de famille avait soudainement poignardé ses enfants avant de mettre fin à ses jours. Rien ne pouvait expliquer ni faire craindre cet acte, la femme n’étant pas connue comme malade ou violente ».

Depuis, Caroline se trouve envahie par la peur de céder elle-même à un tel coup de folie. « Si cela peut arriver, pourquoi pas à moi ? ». La jeune femme souffre d’une forme particulière de trouble obsessionnel compulsif (TOC), les phobies d’impulsion (ou obsessions impulsives).

La peur de la perte de contrôle

Caroline n’est pas atteinte d’une simple phobie des couteaux ou des ciseaux. Contrairement à ce que ressentent les personnes souffrant de phobies d’animaux ou de lieux clos, elle ne redoute pas ces objets en eux-mêmes. En revanche, elle craint les actes qu’elle pourrait commettre avec ces instruments dangereux si elle était prise d’une pulsion violente, soudaine et irrépressible.

Cette peur extrêmement douloureuse appartient à la catégorie des troubles obsessionnels-compulsifs (TOC). Toutes ces pathologies sont liées à une crainte profonde de ne pas contrôler suffisamment son comportement ou sa pensée, et de commettre ainsi des erreurs, voire des fautes graves (TOC dits de « vérification » ou de « mauvaises pensées »), de se contaminer en raison d’une mauvaise protection ou d’un mauvais nettoyage (TOC de « lavage »), ou encore de mal maîtriser son environnement (TOC « d’ordre et de rangement »).

Concrètement, les personnes souffrant de phobies d’impulsion redoutent de blesser les autres ou elles-mêmes, physiquement ou moralement. Elles peuvent ainsi « se voir » agresser leurs proches ou des inconnus à l’aide d’armes ou d’objets dangereux, les précipiter dans le vide, ou, moins dramatiquement, les insulter. Ces pulsions inadmissibles sont souvent reliées aux valeurs morales et aux peurs sociétales et culturelles. Aujourd’hui, on constate par exemple que les thématiques sexuelles sont de plus en plus présentes dans les phobies d’impulsion, notamment en ce qui concerne la crainte d’actes sur des enfants.

Les mêmes types de pulsions agressives peuvent être redoutées envers soi-même, sous la forme de gestes suicidaires impulsifs. En réponse, les patients cherchent des stratagèmes pour s’éloigner des lieux ou des objets dangereux (fenêtres, métro, aiguilles, lames, etc.) ou pour neutraliser symboliquement leurs « mauvaises pensées » (répétition de phrases, de chiffres ou d’actes conjuratoires). Tout ceci provoque des angoisses très fortes, à la hauteur de la gravité des malheurs redoutés.

Plusieurs centaines de milliers de personnes concernées en France

On ne dispose pas de statistiques précises sur le nombre de personnes souffrant de phobies d’impulsion. Il faut d’ailleurs bien distinguer cette pathologie, définie par un niveau important d’angoisse et de perturbations dans la vie quotidienne, de peurs du même type mais légères et transitoires, qui peuvent concerner quasiment tout un chacun, sans gravité.

Environ 2 % des adultes font l’objet d’un diagnostic de TOC avéré. Environ un quart de ces cas concernent des phobies d’impulsion. Plusieurs centaines de milliers de personnes seraient donc touchées en France par ce type de TOC, qui touche à peu près autant d’hommes que de femmes.

Il n’y a pas une cause unique et clairement identifiée pouvant expliquer la survenue de phobies d’impulsions. Celles-ci résultent probablement d’une conjonction de facteurs de vulnérabilité.

Tout d’abord, comme dans tous les TOC, il doit exister une certaine prédisposition interne, d’ordre psychologique mais reposant sans doute sur des particularités cérébrales. Ces dernières concernent les systèmes cognitifs du contrôle de l’action ou de la pensée, trop exigeants et générateurs de doutes et de besoins excessifs de maîtrise. Ceci explique qu’une personne souffrant de phobies d’impulsion peut avoir, en même temps ou à une autre période de sa vie, d’autres types de TOC, de vérification, d’ordre ou de lavage.

À cette vulnérabilité psycho-biologique s’ajoutent des facteurs émotionnels et les événements perturbateurs, stress divers et, parfois, véritables traumatismes. Les changements de vie, surtout quand ils s’accompagnent d’une augmentation de la responsabilité personnelle ou professionnelle, peuvent conduire à l’éclosion du trouble. Un exemple typique est la maternité, avec des formes transitoires ou plus durables de phobies d’impulsions des jeunes mères à l’égard de leurs nouveau-nés, probablement liées à l’addition des facteurs hormonaux, émotionnels et psychologiques du post-partum.

Les phobies d’impulsions peuvent par ailleurs être favorisées par l’existence d’autres troubles psychiques, notamment la dépression ou les troubles anxieux sévères.

Des traitements existent

Comme tous les TOC, les phobies d’impulsion peuvent être traitées efficacement. Les personnes touchées mettent souvent du temps à consulter pour demander de l’aide, car elles ont du mal à comprendre ce qui leur arrive. De plus, elles ont généralement honte d’en parler. Par ailleurs, le diagnostic n’est pas toujours facile à poser : une ou plusieurs consultations avec un psychiatre sont souvent nécessaires pour évaluer les symptômes de manière minutieuse, et identifier le trouble ainsi que les éventuelles autres problématiques associées.

Les traitements sont surtout psychologiques et comportementaux, mais une prescription médicamenteuse peut s’avérer très utile en complément. Les antidépresseurs sont efficaces, même sans dépression associée. Ils permettent de réduire progressivement le niveau d’envahissement mental par les obsessions, ainsi que le niveau d’angoisse. Ils peuvent être prescrits sur de longues durées, sans risque de dépendance et, en général, sans effets secondaires trop gênants.




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Mais l’essentiel de la prise en charge repose sur les psychothérapies, et le plus souvent sur une thérapie comportementale et cognitive. Celle-ci consiste surtout à analyser les réactions du sujet face aux idées obsédantes, puis à les modifier progressivement grâce à une compréhension de ce qu’elles sont : des peurs, et rien d’autre.

En effet, les phobies d’impulsion ne comportent en elles-mêmes aucun risque, et notamment aucun des risques redoutés. Les personnes souffrant de phobies d’impulsion n’effectuent jamais de passage à l’acte dangereux, pour elles-mêmes ou pour les autres (sauf, bien sûr, si ces actes sont provoqués par d’autres pathologies telles qu’une dépression ou une psychose, ou encore en cas de prise d’alcool).

Avoir peur de commettre un acte violent, alors qu’on ne le souhaite pas, ne provoque en aucun cas une perte de contrôle. La thérapie permet de prendre conscience de cette différence essentielle entre peurs et désirs, et de retrouver confiance en soi en adoptant des attitudes plus saines et sereines face aux obsessions. Ainsi, celles-ci vont peu à peu s’atténuer.


Pour aller plus loin :

Antoine Pelissolo (2017), « Vous êtes votre meilleur psy ! », Flammarion.The Conversation

Antoine Pelissolo, Professeur de psychiatrie, Inserm, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Témoignage : Emeric PERSILLET, réflexologue heureux

reflexologie vannes
« Foncez, vous allez voir, vous serez heureux ! «

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Emeric PERSILLET, j’ai 31 ans, je suis réflexologue en Bretagne dans la ville de Vannes. Ingénieur environnemental de métier je me suis réorienté dans la réflexologie dans un premier temps à titre personnel puis à titre professionnel voyant les nombreux effets positifs que la pratique pouvait avoir. Aujourd’hui je vis de mon métier et je suis heureux de me lever le matin ! C’est le pied !

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

La réflexologie est une technique de bien-être qui fait partie des thérapies complémentaires et naturelles. Elle se pratique essentiellement sur le pied car c’est ici qu’il y a le plus de terminaisons nerveuses reliées directement à tous les organes, glandes et parties de notre corps. Le réflexologue stimule ces terminaisons de manière à induire un état de bien-être et de relaxation profonde. La relaxation est l’objectif principale du métier. En stimulant des zones très précises, le réflexologue peut diminuer les douleurs et les tensions du patient qui peuvent être liées au stress, à l’anxiété, aux troubles du sommeil, aux douleurs articulaires, aux troubles digestifs et autres maux du quotidien.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Après des études d’infirmiers et remarquant le manque de temps considérable alloués aux patients (je précise que je respecte immensément cette profession), je décide de me réorienter dans des études de Géographie étant passionné par le voyage. Après 5 ans d’études et une création d’entreprise, je me rends compte que le stress rythme mes journées. Etant passionné par les médecines naturelles et le bien-être depuis plusieurs années, j’entreprends une formation de réflexologue à titre personnel. Etant donné les résultats plus que positifs auprès de mon cercle familial et amical, je décide de me mettre en auto-autrepreneur afin de pouvoir exercer officiellement. Je me rends vite compte qu’il est possible de vivre de ce métier. Je décide alors de me lancer à plein temps. Au bout d’un an de métier, je peux dire aujourd’hui que j’en vis et surtout que je suis heureux et passionné !

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

N’ayant qu’un tout petit réseau à Vannes lorsque j’ai commencé ce métier, j’ai du communiquer grandement. Site internet, Facebook, cartes de visite, bouche à oreille, flyer, rencontres avec d’autres thérapeutes, etc. Je pense toutefois que le bouche à oreille et le meilleur moyen de communication même s’il demande beaucoup de patience.

reflexologue
« Aujourd’hui je vis de mon métier et je suis heureux de me lever le matin ! »

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Métier passionnant, nous essayons de donner un peu de meilleur aux personnes qui viennent nous voir et de manière naturelle ! Nous nous sentons exister et surtout utiles. Etant donné la croissance plus que positive du secteur du bien-être je pense que ce métier est un métier d’avenir et qui plus est sain de corps et d’esprit.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Il faut savoir être patient car financièrement nous ne pouvons avoir de revenus corrects dés le début. Il faut savoir dans un premier vivre avec peu (ou avoir des économies). C’est un métier qui est encore peu connu donc cela nécessite de communiquer énormément.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Foncez, vous allez voir, vous serez heureux ! Cependant il faut savoir procéder intelligemment sans griller les étapes. La patience et la volonté sont les maîtres mots.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Je pense travailler en collaboration avec d’autres thérapeutes alternatifs de manière à organiser des conférences et des sessions découvertes de nos métiers. Je vais également organiser des ateliers d’auto massage. Je souhaite travailler avec les entreprises (de plus en plus d’entreprises font appel à des thérapeutes pour diminuer le stress dans les entreprises) et au départ et aux arrivées des évènements sportifs (trek, marathon, etc.)

Quelques mots sur Omyzen ?

Très belle découverte sur internet comme il y en a peu sur les métiers du bien-être !

Un lien vers votre site ou compte facebook

www.ep-reflexologie.fr/

www.facebook.com/epreflexologie/

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Témoignage : Isabelle Bouffard infirmière et énergéticienne