Se former à la sophrologie : 2# Choisir sa formation

Choisir la formation sophrologie qui vous convient
Face à la centaine de formation qui existe en sophrologie, comment faire le bon choix ?

Se former à la sophrologie : 2# Choisir sa formation

C’est décidé, vous souhaitez vous former à la sophrologie. Mais comment vous y repérer dans toutes les propositions de formations ? Avec des dizaines et des dizaines d’offres disparates, aux programmes et aux coûts parfois très différents, difficile de s’y retrouver !

Omyzen vous donne des éléments de compréhension pour y voir plus clair et faire votre choix. La « bonne » école étant aussi celle qui vous conviendra à votre projet personnel, nous vous conseillons de lire également : « Se former à la sophrologie : 1#Définir son projet professionnel »

Avant tout : attention aux fausses promesses !

Votre recherche sur internet peut mettre en avant des formations qui ne sont pas parmi les meilleures… Usez de discernement, un site internet très bien fait peut cacher une formation manquant de sérieux.

Méfiez-vous des formations trop courtes (6 mois ou moins). Sophrologue est un métier avec une pratique qui demande à être mise en œuvre et murie, cela demande du temps.

–> Observez la cohérence entre la durée de la formation et la richesse du programme proposé. Si une longue liste de sujets est annoncée pour une durée inférieure à un an, il y a de fortes chances que vous survoliez toutes ces notions. Vous ne pourrez alors pas vraiment les utiliser professionnellement, il vous faudra compléter votre formation pour les approfondir.

Examinez bien l’ancienneté de l’école et l’importance de son réseau d’enseignants. Sachez qu’il existe des anciens étudiants qui reprennent le programme de l’école dont ils sont issus et ouvrent tout seuls une école copiée/collée en gonflant artificiellement leur réseau…

Les différents types de formation

Voici les différentes « formules » que vous pourrez trouver pour vous former à la sophrologie :

Le Diplôme Universitaire

Ce DU ne doit pas être confondu avec un Diplôme d’Etat. Il est proposé par l’Université de Lille II Droit et Santé et a la même valeur que les diplômes remis par des écoles privées. Il n’existe pas de D.E. de Sophrologie. Les conditions d’accès pour passer le D.U. sont néanmoins un peu plus strictes que pour d’autres écoles. En effet, le DU est réservé aux personnes travaillant déjà dans le domaine de la santé (médical, paramédical, médecines douces), du sport ou de l’accompagnement de la personne (psychologie, services de sevrages, éducateurs, travailleurs sociaux…). Si le candidat ne vient pas de ces professions là, il lui est demandé de suivre en cycle fondamental en sophro-thérapie et de poser un dossier de candidature.

La Formation continue

Se déroulant en présentiel, généralement le week-end, cette formule est la plus prisée pour toutes les personnes qui sont en reconversion ou qui souhaitent enrichir leur profession. Cela leur permet de se former tout en continuant d’exercer leur activité professionnelle habituelle. S’étalant sur une ou plusieurs années, les formations continues permettent d’intégrer progressivement toutes les notions apprises, en prenant le temps de les mettre en pratique.

Les stages

Certains thérapeutes en sophrologie proposent des stages au sein de leur cabinet à toute personne souhaitant se former. Participer à ces stages peut être bénéfique pour découvrir d’avantage le métier avant de se former ou avoir une approche concrète en complément de sa formation. Ils ne sont en aucun cas suffisants pour prétendre acquérir toutes les compétences nécessaires à l’ouverture de son propre cabinet.

Les formations à distance

De plus en plus d’organismes proposent des offres alléchantes avec des cours envoyés par mail, des classes virtuelles via la webcam, voir un suivi avec un formateur par Skype ou téléphone. Cette option peut paraitre attrayante ou niveau financier et par simplicité d’organisation. Elle peut être tentante quand notre emploi du temps ne nous permet pas du tout de nous libérer pour suivre une formation continue.

Cependant attention aux arnaques, soyez sûrs que les personnes qui vous suivront sont vraiment compétentes et ne veulent pas juste profiter du filon. Et gardez en tête que la sophrologie est avant tout une science humaine, et que les expériences seront certainement plus riches si elles sont vécues en présentielles.

Les formations individuelles :

Quelques formateurs, comme Camille Pecqueur sur Montpellier, proposent des formations privées en individuel. Cette formule permet vraiment de s’adapter à votre demande, notamment si vous avez un projet professionnel très précis. Le suivi individuel vous offrira la possibilité d’avancer à votre propre rythme, dans la direction qui vous intéresse. Petit bémol : il manquera la richesse des échanges avec différents formateurs et élèves.

Vous voyez maintenant les différentes possibilités de formules de formation qui s’offrent à vous. Voici à présent une liste de critères à examiner pour vous aider à trier les propositions de formations sérieuses ou non.

Sur quels critères de sélection me baser pour choisir mon école ?

L’agrément

Tout d’abord, vérifiez que l’école est bien enregistrée comme organisme de formation professionnelle continue, c’est obligatoire. De plus, si vous voulez faire une demande de financement, il faut que l’école soit agrée centre de formation.

Le statut juridique

Choisissez de préférence une école qui ne soit pas une association mais qui soit vraiment une entreprise professionnelle avec une activité exclusivement consacrée à la formation en sophrologie. Et optez plutôt pour des écoles affiliées à des organisations professionnelles.

L’ancienneté

Regardez depuis combien de temps cette formation existe. Si elle est en place depuis longtemps, c’est tout de même un gage de solidité et de compétence. De plus, l’école aura su s’améliorer avec le temps. Le contenu des cours, l’organisation risquent d’être mieux « rodés ». Vous éviterez ainsi d’essuyer les plâtres d’une école un peu jeune. S’il y a un bureau d’anciens élèves, n’hésitez pas à les contacter pour échanger avec eux.

La durée de la formation

Encore une fois, attention aux formations éclairs qui risquent de ne pas vous offrir un bagage suffisamment solide pour vous permettre d’exercer. On recommande un minimum d’apports théoriques de 400h sur 2 ans pour avoir le temps d’approfondir et d’intégrer toutes les notions de base.

Le contexte d’apprentissage

Image d'un cours de sophrologie
Le contexte de formation favorise plus ou moins l’apprentissage.

Dans la mesure du possible, nous conseillons les formations en présentiel. Celles qui ont un centre dédié avec des locaux propres à l’école à privilégier. Les conditions seront plus agréables que d’aller prendre des cours dans une salle de réunion d’un hôtel, mal équipée et parfois inadaptée.

Regardez également le nombre d’élèves inscrits, admis, installés, et la richesse du corpus de formateurs. Votre vision sera plus large si vous bénéficiez de l’enseignement de plusieurs intervenants différents, ayant des spécialisations diverses et des niveaux d’expériences importants que si vous suivez la pensée d’un seul et unique formateur.

Attention toutefois aux écoles admettant un trop grand nombre d’élèves. Vous courez le risque d’être dans des classes surchargées, avec des outils standardisés et des enseignants manquant de disponibilité.

La nature du programme

Comparez bien les différents programmes pour voir quelles notions sont plus ou moins développées en fonction de vos centres d’intérêt. Veillez aussi à la logique de déroulement du programme et au temps imparti pour l’acquisition de chaque sujet.

L’importance fondamentale de la pratique !

Pour un mode d’accompagnement comme la sophrologie, il est primordial de pouvoir bénéficier de larges temps de pratique. Idéalement, ces moments de mises en situation réguliers et évalués représenteront la moitié du temps de formation. Il est nécessaire que vous puissiez animer vous-même des protocoles assez rapidement en étant observé et évalué par un superviseur. C’est ce qui vous permettra de vous entrainer réellement au travail que vous ferez.

L’idéal est que l’école propose un stage de mise en pratique d’au moins 10 séances : vous animez bénévolement des séances en dehors du lieu de formation. Tout en étant couverts par une convention de stage et évalués par votre superviseur, ces mises en situation professionnelles représentent un vrai tremplin vers votre installation.

Mon conseil : si vous hésitez entre plusieurs école, contactez des responsables pour préciser votre demande et mieux cerner les orientations de l’école.

A lire aussi : Comment choisir votre formation et votre école à travers 5 critères essentiels ?

Liste des écoles préparant au RNCP

Si il n’existe pas de Diplôme d’Etat ni de de diplôme type Master dispensé par les Universités, le Ministère du Travail reconnait néanmoins le titre de sophrologue, à travers son inscription au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles). Le fait d’avoir obtenu un certificat de sophrologue reconnu par le RNCP représente un avantage certain dans l’installation de son cabinet, d’autant plus si vous souhaitez exercer dans le milieu médical, entrepreneurial ou de l’éducation. Il existe 33 écoles qui préparent à ce titre.

Voici la liste des organismes qui délivrent le Titre RNCP avec les écoles auxquelles ils sont reliés pour le préparer :

  • Fédération des Ecoles Professionnelles en Sophrologie (FEPS) : fédère 12 écoles
  • Institut de Formation à la Sophrologie (IFS)
  • Académie de Sophrologie de Paris (ASF) : regroupe 6 écoles
  • Conscientia Sarl – Esophro Formation
  • Ecole des hautes études de sophrologie et bioanalyse (EDHES)
  • Ecole de sophrologie (PACA)
  • EFDS – Borchi Sébastien
  • Poids plume – Ecole française supérieure de sophrologie (EFSS)

Précisons que cet agrément n’est pas valable à vie, il a une date limite au-delà de laquelle il peut être renouvelé, ou pas. Cette liste est donc valide en 2018 mais devra être actualisée chaque année.

Notons également que depuis 2016, ce titre peut également s’obtenir par validation d’expérience, au travers du dispositif VAE.

Syndicats et fédérations

Privilégiez les écoles rattachées à des Syndicats ou à des fédérations. Elles proposent généralement des formation complètes avec un contenu et un enseignement de qualité, des travaux pratiques et l’écriture d’un mémoire.

Voici les organismes auprès desquels vous pouvez vous référer (liste non exhaustive) :

  • F.E.P.S (Fédération des Ecoles Professionnelles en Sophrologie)
  • SSP syndicat des sophrologues professionnels
  • société Française de Sophrologie
  • UFSEPS : L’Union Française des Sophrologues et des Ecoles Professionnelles de Sophrologie
  • FES : Fédération Européenne de Sophrologie
  • Académie Internationale de Sophrologie Caycédienne
  • C. E. P. S. (Coordination des Ecoles Professionnelles en Sophrologie)

Des écoles suivants les différents branches de la sophrologie

Comme nous l’avons vu dans le dossier Sophrologie, la sophrologie telle qu’elle a été décrite par son fondateur A. Caycedo, a été reprise et transformée par d’autres penseurs et thérapeutes. Jusqu’à aujourd’hui elle continue d’évoluer et d’être enrichie. Cette diversité se retrouve dans les différentes propositions de formation qui existent.

Nous pouvons discerner aujourd’hui 4 grands courants parmi les différentes écoles de sophrologie :

Les caycédiennes pures

Elles sont affiliées à l’Académie Internationale de Sophrologie Caycédienne, l’académie du Pr Alfonso Caycedo. Ces écoles exigent d’aller effectuer des stages en Andorre.

Les écoles d’inspiration caycédienne

On y retrouve les centres de formation du réseau C. E. P. S. (Coordination des Ecoles Professionnelles en Sophrologie), elles sont dans la lignée Alfonso Caycedo, enseignant les bases de la sophrologie dite « caycédienne » mais ne sont pas affiliées à la fédération qu’il préside.

Les écoles de sophrologie non caycédienne

Nous retrouvons dans ces écoles des courants de pensées et des pratiques développées par des collaborateurs de Caycedo dans les années 70, avec une approche s’inspirant de la psychanalyse.

Les écoles de « pseudo sophrologie »

Nous appelons ainsi toutes les formations qui prennent l’étiquette de sophrologie tout en enseignant un peu tout et n’importe quoi, en mélangeant des techniques de relaxation, respiration, visualisation, avec un peu de psychologie, d’hypnose ou encore d’énergétique. Elles sont assez éloignées de la théorie caycedienne de base.

Image d'une demande d'aide à la formation professionnelle
Vous pouvez faire une demande d’aides à la formation professionnelles.

Se faire financer ?

Une école représente un certain coût (comptez autour de 7000€), quand on rajoute les frais de déplacements et éventuellement d’hébergement, cela commence à chiffrer. Cela vaut le coup de regarder si vous avez des droits qui vous permettraient de vous en faire financer au moins une partie.

Le CPF

Depuis le 1er janvier 2015 le DIF a été remplacé par le CPF (Compte Personnel de Formation). Rapprochez-vous du Fongecif afin d’évaluer vos droits. Si votre compte vous ouvre des droits, sélectionnez une école qui entre dans les clous. Pour que votre dossier soit éligible, il vous faut sélectionner une école inscrite sur le répertoire officiel RNCP (voir liste en amont).

Précisons que certaines écoles ne sont plus éligibles au DIF depuis que le DIF est devenu le CPF, contactez les bien en amont pour vérifier leur éligibilité.

Même si les formations en thérapies alternatives et médecines douces sont de plus en plus difficiles à se faire financer, cela vaut la peine d’essayer. Vous aurez un dossier à monter dans lequel vous exposerez votre motivation, votre projets, vos démarches. Il se peut que le Fongécif vous demande aussi une étude de marché et un business plan.

Peut-être pouvez-vous également négocier avec votre employeur un congé de formation ?

Le Pôle Emploi

Si vous êtes demandeur d’emploi, voyez avec votre conseiller les possibilités de prise en charge par Pôle Emploi. Un conseil : Lorsque vous ferez votre demande, mettez de côté la notion de développement personnel lié à la sophrologie. Mettez uniquement en avant le fait que vous allez apprendre un nouveau métier.

Les périodes de chômage ou encore de congé parental peuvent être des opportunités pour vous former et vous réorienter professionnellement.

Vous avez maintenant de bons repères pour choisir l’école qui vous conviendra et vous permettra de vous former à la sophrologie. Maintenant, au travail ! Et bonne exploration dans le vaste champ des possibles de l’univers sophrologique… 😉

Consultez aussi :

Se former à la sophrologie #1 : Définir son projet

11 bonnes raisons d’être thérapeute alternatif ou de le devenir

Thérapeute alternatif : les difficultés de la reconversion

Notre dossier Sophrologie

Se former à la sophrologie : 1# Définir son projet

Avant de choisir votre formation, posez-vous les bonnes questions.

Se former à la sophrologie :

1#Définir son projet professionnel

Plébiscitée par de plus en plus de français, présente dans des domaines allant du milieu médical au monde de l’entreprise en passant par l’école ou les sports de haut niveau, la sophrologie a le vent en poupe. Vous avez vécu un grand changement dans votre vie suite à une série de séances de sophrologie ou avez entendu parler de bénéfices qui pourraient compléter votre pratique professionnelle ? Cette expérience vous a donné envie de devenir sophrologue et vous envisagez de vous former ?

Sachez qu’il existe en France une centaine d’endroits où se former à la sophrologie. Et que les offres de formation sont très disparates tant sur le fond que sur la forme. Alors, avant de vous lancer dans la jungle des différentes écoles, à la recherche de « la bonne » formation, Omyzen vous apporte des informations clés pour vous aider à y voir plus clair et à orienter votre recherche.

Et en amont, c’est le moment de se poser les bonnes questions : comment travaille un sophrologue ? Pourrais-je vivre de ce métier ? Est-ce vraiment pour moi ?

Se lancer dans une nouvelle formation professionnelle va vous demander un certain investissement en temps et en argent. D’où l’importance de bien choisir sa formation. S’il existe des critères importants à prendre en compte dans le choix de son école, la « bonne formation », sera celle qui est bonne pour vous, c’est-à-dire qui correspond à votre projet professionnel. Avant de vous lancer dans la recherche de formation, prenez donc le temps de préciser la vision que vous avez de votre future activité de sophrologue. Voici des pistes de réflexions pour vous accompagner dans votre cheminement.

Avez-vous les pré-requis pour être sophrologue ?

L’accès au métier

Légalement il n’existe pas de pré-requis pour exercer le métier de sophrologue, hormis le fait de disposer d’un statut juridique vous permettant de déclarer vos recettes. Vous pouvez même exercer sans certificat de formation, mais nous vous le déconseillons fortement.

L’accès aux formations

Concernant l’accessibilité aux écoles, il n’y a généralement pas besoin d’un niveau d’étude ou de compétences spécifiques, pour s’inscrire à une formation de sophrologie. Seul l’accès au DU de l’Université de Lilles, pose certaines conditions d’admission. Il est réservé aux personnes travaillant dans le domaine du sport, de la santé (médical, paramédical, médecines douces), ou de l’accompagnement de la personne (psychologie, services de sevrages, éducateurs, travailleurs sociaux…). Si le candidat ne vient pas de ces professions là, il lui est demandé de suivre en cycle fondamental en sophro-thérapie puis de déposer un dossier de candidature.

Les prédispositions pour être sophrologue

Savoir écouter l’autre et l’accueillir sans jugement.

La sophrologie se situant dans le domaine de la relation d’aide, certaines qualités humaines sont nécessaires pour faire un bon thérapeute. Citons l’empathie, l’ouverture, l’écoute, la bienveillance, ainsi que le respect et la confidentialité. Avoir fait ou faire un travail sur soi semble également nécessaire pour ne pas se retrouver face à ses propres névroses au lieu d’être disponible pour s’occuper de celles du patient. Pensez aussi que la formation vous demandera une capacité à étudier et à assimiler de nouvelles connaissances. Enfin, le développement de votre propre activité nécessitera une certaine aptitude à s’organiser, être autonome, avoir des compétences de base en communication et marketing.

D’où venez-vous ?

L’activité professionnelle que vous exercez actuellement et l’expérience que vous vous êtes fait les années précédentes va avoir de l’importance dans votre parcours de reconversion. Pour anticiper votre parcours de formation, voici les questions clés à se poser :

  • Mon statut actuel me permet-il de bénéficier d’aides à la formation, soit via le Fongécif soit par le biais de Pôle Emploi si je suis sans activité actuellement ?
  • Est-ce que mon activité professionnelle actuelle me laisse le temps de suivre une formation continue en présentiel et d’effectuer le travail personnel requis ?
  • Pourrais-je utiliser la sophrologie dans le cadre de mon travail ?
  • Est-ce que je souhaite exercer la sophrologie en complément de mon activité actuelle ? Dans ce cas, sera-t-il possible de dégager des jours consacrés à mon métier de sophrologue ?
  • Exercer la sophrologie, quand je serais à la retraite ?
  • Est-ce que je souhaite en faire une activité principale ?
  • Dans quel secteur d’activité je veux travailler ?
  • Y a-il une thématique ou un public privilégié vers lesquels je souhaite me tourner ?

Quel secteur d’activités cernez-vous ?

Le sophrologue peut exercer en cabinet mais aussi dans beaucoup de contextes institutionnels différents. Vous projetez-vous tous les jours dans votre cabinet privé seul avec votre patient ? Ou êtes –vous également attiré par des dynamiques de groupe ? Si oui, dans quel milieu vous sentiriez-vous à l’aise pour exercer ? Quelle thématique vous tient à cœur ?

  • les institutions médicales (cliniques, hôpitaux) à Gestion de douleur, préparation à l’accouchement ou à une opération, gestion du stress des examens, accompagnement de changements de vie, …
  • le monde de l’entreprise? à Gestion du stress, motivation, créativité, bien-être au travail, prévention des risques psycho-sociaux, cohésion et travail en équipe, aide à la prise de décision, …
  • les milieux sportifs et artistiques à concentration, performance, préparation à des compétitions, motivation, confiance en soi, gestion du stress et du sommeil, maitrise su schéma corporel, cohésion de groupe, canalisation de la pression, de la douleur, des émotions, récupération…
  • les institutions scolaires? (pour le personnel encadrant et pour les élèves, de la maternelle aux étudiants) : aide à l’apprentissage, préparation aux examens, gestion de conflit, prise de parole en public, gestion du stress et des émotions, concentration, confiance ne soi, relationnel…
  • les maisons de retraite, l’accompagnement aux personnes âgées ? à conscience de son corps, travail sur le langage, la mémoire, stimulation de l’attention et des capacités cognitives, confiance en soi, gestion de la douleur…
  • les centres d’addictologie? à conscience corporelle, gestion du stress et des émotions, confiance en soi, renforcer le positif, accompagner un traitement de sevrage, …
  • les centres de remise en forme et de de thalassothérapie ? à conscience du schéma corporel, passage de vie, préparation à un évènement, relaxation, gestion des émotions, …

Quel statut juridique envisagez-vous ?

Il est possible d’exercer la sophrologie sous différents statuts. Si vous travaillez dans une des institutions précédemment citées, vous pouvez être salarié d’une entreprise, association ou administration, être embauché comme vacataire ou encore être salarié d’une société de portage. Mais cette situation ne concerne qu’une petite minorité des sophrologues.

La grande majorité exerce aujourd’hui avec le statut de micro-entrepreneur sous le code APE 8690F (« activité de santé humaine non classée ailleurs »). Il est également possible de s’établir en profession libérale au sein d’une entreprise individuelle en coopérative ou en société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).

Au niveau juridique, le sophrologue exerce une profession libérale non réglementée. Cela signifie que la profession est reconnue par l’Etat mais que le titre de sophrologue est libre de droit. Il n’existe pas de Diplôme D’Etat en Sophrologie et donc il n’est pas obligatoire de justifier d’une certification pour exercer. Celle-ci est pourtant fortement recommandée comme nous le verrons plus loin.

Où installer votre cabinet ?

Là encore, il existe plusieurs possibilités :

Selon une enquête réalisée par le Cabinet Sabine Pernet, auprès de 257 sophrologues, en 2016 :

  • 51,1% des personnes enquêtées partagent leur cabinet avec un autre professionnel de santé
  • 37,9% sont propriétaires ou installés à domicile.
  • 25,8% louent un cabinet pour leur usage unique
  • 23,3% sont installés en maison médicale ou paramédicale

Et vous, quelles seraient vos préférences ? Vos possibilités ?

Pour enrichir votre réflexions sur le choix de cabinet, lisez :

7 critères essentiels pour choisir l’emplacement de son cabinet

Choisir le lieu d’exercice: cabinet ou domicile ?

Combien gagne un sophrologue ?

Avec un tarif moyen de 50€ la séance, au rythme de 5 séances par mois, le chiffre d’affaire brut serait environ de 1000€. Mais c’est sans compter les frais (charges, déplacements, matériel, location, communication…) qui ne peuvent être déduis avec le statut de micro-entrepreneur. Et puis une clientèle, cela ne se fait pas en un jour.

Selon une enquête réalisée par le Cabinet Sabine Pernet, auprès de 257 sophrologues, en 2016, 80% des praticiens interrogés touchaient moins que le SMIC net mensuel (1.480,27€). De plus, précisons qu’il aura fallu entre 3 et 5 ans d’exercice aux 20% des personnes qui dépassent ce seuil pour y arriver.

Pour une grande partie de praticiens, la sophrologie reste donc encore une activité secondaire, qui vient en complément d’un emploi salarié.

Afin d’optimiser vos chances de réussir, projetez-vous dans votre projet et personnalisez le. Voici quelques conseils illustrés d’exemples de parcours réussis.

Un projet bien défini et ciblé, augmente vos chances de réussite.

Définir son projet professionnel, trajectoires inspirantes

Rebondir sur ses loisirs/passions

Marie C. est éducatrice spécialisée depuis plus de 20 ans, musicienne pendant son temps libre, elle a eu recours à la sophrologie pour apprendre à gérer le stress qui la paralysait au moment de monter sur scène. Devenu experte en techniques de gestion du stress adapté au milieu du spectacle, elle s’est formé à la sophrologie et propose des prestations aux artistes et professionnelles qui sont confrontés à l’angoisse de la scène.

Diversifier les cadres d’intervention

Vous pouvez aussi combiner votre activité dans différents domaines d’intervention. C’est le cas d’ Estelle Tournois par exemple :

« Je travaille à temps partiel au cabinet, trois jours par semaine et je me déplace pour des interventions en entreprise ou dans les établissements scolaires. »

(Lire Témoignage de thérapeute : Estelle Tournois, sophrologue relaxologue)

Se spécialiser dans ce qu’on connait bien du fait de notre histoire personnelle

Chacun a une trajectoire de vie bien particulière avec des combats et défis qui lui sont propres. Le fait d’accompagner des personnes dans une problématique qu’on a connu personnellement et qui a été dépassée s’impose parfois comme une évidence.Coralie Degradot, Sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires nous en offre le témoignage :

« Un jour, une endocrinologue avec qui j’avais eu un excellent rendez-vous, m’a adressé une jeune femme souffrant d’anorexie. Et ça a été pour moi une révélation : mes 17 années d’anorexie sont une force incroyable pour accompagner les personnes qui souffrent de troubles alimentaires car je les comprends profondément. J’ai adapté toute la méthode et développé un accompagnement Sophrologique adapté à ces problématiques. En l’espace de quelques mois, j’étais identifiée comme accompagnante de qualité sur ces problématiques. »

Rebondir sur son ancien métier, faire jouer son réseau pro :

Coralie Degradot, témoigne également de la manière dont elle a su établir une continuité entre les postes qu’elle avait occupé tout au long de son parcours professionnel et son activité de sophrologue libérale :

« J’ai mis à profit ce que j’ai appris dans mes précédents postes et pris RDV avec les médecins de mon secteur de l’époque, le CMP, les services hospitaliers. Le milieu professionnel duquel je venais m’a permis d’ouvrir des portes. »

Se spécialiser sur une thématique de soin :

Même si des connaissances générales sont nécessaires dans un premier temps, les thérapeutes qui réussissent sont souvent ceux qui ont consolidé une spécialité et sont devenus des experts référents dans un domaine précis.

« Je ne me sentais jamais suffisamment armée… Jusqu’à ce que je décide de me spécialiser dans un domaine précis : la gestion du poids. Un Français sur deux étant en surpoids, je sentais que j’allais être utile en transmettant une méthode efficace qui allie nutrition, nutritherapie, hypnose et psychologie. » Témoignage de thérapeute : Christine Ecart Duplessy, sophrologue et hypnonutritionniste

Mettre à profit ses acquis professionnel

Les qualités qui vous servaient dans votre activité pro, comme l’esprit d’analyse ou de synthèse, la capacité d’organisation, pourront vous être utiles dans le développement de votre projet personnel. De même, les compétences que vous avez acquises pourront faire un vrai plus dans la mise en oeuvre de votre activité. Prenons l’exemple de Caroline Gormand, qui était graphiste, lors de son installation elle a pu concevoir ses propres supports de communication (site, fly, cartes) avec une qualité professionnelle.

Alors, prêts pour être sophrologue ? Omyzen vous livrera tout bientôt une mine d’informations pour vous aider à vous y retrouver entre les différentes formations qui existent et pour bien faire votre choix.

Dossier Sophrologie

Un atelier collectif de sophrologie
Un atelier collectif de sophrologie

1-Introduction
2-Son fondateur : Alfredo Caycedo
3-Institutionnalisation de la Sophrologie
4-Principes de fonctionnement de la sophrologie
5-Les différents courants de la sophrologie
6- La sophrologie aujourd’hui
7- Les résultats de la sophrologie : Études et controverses
8- Suivre des séances de sophrologie : pourquoi ? comment ?

Introduction

Des sophro-rando aux café-sophro, la sophrologie est désormais entrée dans le langage courant. Des professionnels de santé la recommandent et elle entre même dans le monde de l’entreprise. Ce qu’elle désigne reste néanmoins flou pour le non initié : technique de relaxation ? Forme d’hypnose ? Philosophie de vie ?

Lors de la déclaration de Genève, son fondateur, Alfonso Caycedo l’a définie ainsi :

« Une méthode scientifique conçue pour maîtriser l’équilibre corps-esprit, pour l’étude de la conscience et pour la conquête des valeurs de l’homme, avec des procédés vivantiels qui lui sont propres et originaux. »

Nous voyons donc qu’à l’origine, la sophrologie est bien plus qu’une simple technique psychocorporelle de mieux-être. Pour son initiateur, A. Caycedo il s’agissait à la fois d’une science de la conscience, permettant de comprendre l’être humain, d’un art de vivre visant l’harmonie physique et mentale et d’une philosophie, basée sur la phénoménologie existentielle.

Etymologiquement, le terme sophrologie est formé à partir de trois racines de grec ancien :

  • SOS = harmonie, sérénité, paix, tranquillité
  • PHREN = esprit, cerveau, conscience
  • LOGOS = science, discours, étude, parole

On peut donc traduire sophrologie par : « science de la paix de l’esprit ».

Si le terme est assez récent (1960), les sources dont elle tire son inspiration sont beaucoup plus anciennes. Comment est apparue la sophrologie ? Quels sont les objectifs premiers de son concepteur ? Sur quels piliers théoriques repose-t-elle ? Pour mieux comprendre cette discipline, revenons sur ses origines.

Son fondateur : Alfredo Caycedo

Expérience en psychiatrie et application de l’hypnose médicale

Né en Colombie en 1934, Caycedo se rend à Madrid pour faire des études de médecine. Il y devient docteur en Médecine et Chirurgie. Spécialisé en Neurologie et en Psychiatrie, il travaille comme interne dans un hôpital de Madrid. Les méthodes qui y sont appliquées (comas insuliniques, traitements par électrochocs) l’amènent questionner sur la mise en état de conscience modifié dans un but thérapeutique.

Il s’intéresse alors à l’hypnose et tente de l’introduire l’hypnose médicale là où il travaille. Il fonde en 1959 la Société Espagnole d’Hypnose Clinique et Expérimentale. Cependant, l’appellation « hypnose » engendrant à l’époque beaucoup de réticences et la technique ne répondant pas toujours à ses attentes, il finit par la laisser de côté. Il entreprend de réaliser des recherches scientifiques sur la conscience, ce qui l’amène en 1960, à créer le terme de « sophrologie ». Il applique sa méthode, encore assez proche de l’hypnose, dans un service de neuropsychiatrie, en instaurant le premier département de sophrologie.

Recherches en phénoménologie existentielle

Puis Alfredo Caycedo part en Suisse, travailler sous la direction du psychiatre Ludwig Binswanger, le père de la phénoménologie existentielle. Fondée par E. Husserl, cette philosophie part du postulat que « toute conscience est conscience de quelque chose » et vise à étudier les phénomènes tels que la conscience les perçoit. Caycedo repense la sophrologie à la lumière de cette approche phénoménologique, mettant l’accent sur le vécut subjectif des sujets. Il entreprend un travail de recherche original qu’il appelle « vivance phonique ».

« Puisse-je connaître la conscience en harmonie ? Fut ma première Question Radicale qui me porta à mettre en marche un mouvement médical pour rechercher la conscience en harmonie, je lui donnais le nom de « Sophrologie » (…), une école scientifique pour laquelle j’ai proposé la devise « Ut conscientia noscatur », qui signifie, « pour que la conscience soit connue ». (Caycedo, 2001)

L’influence des traditions orientales :

Avec sa femme Colette, fervente adepte du yoga, entre 1963 et 1965, il voyage en Orient, toujours dans le but de comprendre les relations corps-esprit et d’explorer les différents états de la conscience humaine. Il se rend en Inde où il étudie le yoga avec des Maitres Yogis reconnus et fait un séjour dans l’ashram de Sri Aurobindo.

Puis il découvre différents procédés de la médecine tibétaine permettant d’altérer la conscience, auprès d’un médecin dans l’Himalaya.

Enfin, il s’initie à la méditation zazen, lors d’un voyage au Japon. Ces différentes approches le sensibilisent à l’importance de passer par le corps pour travailler sur la conscience. Il tire de ses découvertes un programme appelé « Relaxation Dynamique de Caycedo », dont le premier degré reprend les bases du yoga tel qu’il est pratiqué en Inde, le deuxième d’inspiration tibétaine et le dernier se référant au zazen japonais.

Alfredo Caycedo a donc années après années, affiné et enrichit son étude de la conscience et des moyens de la modifier dans un but thérapeutique en étudiant :

  • La médecine neurologique
  • La psychiatrie et la phénoménologie existentielle
  • L’hypnose
  • Les traditions orientales du bouddhisme, du Yoga et du Zen

Institutionnalisation de la Sophrologie

La sophrologie prend son essor dans les années 70 : suite à la parution d’un premier ouvrage francophone présentant la sophrologie en 1968, le premier congrès mondial de sophrologie voit le jour en 1970 à Barcelone. En 1971, le centre de sophrologie de Paris est créé. S’en suivent des congrès scientifiques, à Lausanne en 1973, à Bruxelles en 1974 puis de nouveau à Barcelone en 1975.

En marge de l’engouement pour cette nouvelle discipline, certains médecins reprochent à Caycedo de sortir du cadre scientifique en apportant trop de postures idéologiques à sa pratique. Il exerce en effet comme Professeur à l’école de psychiatrie de la faculté de médecine de Barcelone et se doit d’apporter des preuves scientifiques à ses pairs. Après l’avoir créée, sa technique est soumise à expérimentation et à vérification.

Les « Discours sur les valeurs de l’homme » :

En 1977 a lieu au Brésil le troisième congrès mondial de sophrologie. Le Pr A. Caycedo est nommé professeur honoris causa de l’université de Pernambouc. Il y prononce la « Déclaration de Recife », dans laquelle il présente sa conception des valeurs de l’homme. La sophrologie y est présentée comme une technique de gestion du stress et de développement personnel. En 1992, il présente officiellement son travail devant plus de 2000 psychiatres, lors du sixième congrès européen de psychiatrie de Barcelone. En 2001, il prononce son deuxième « Discours sur les valeurs de l’homme », appelée aussi « déclaration de Genève ». La formation est désormais accessible aux universitaires, avec l’inauguration de la première « Faculté de sophrologie » en 1982 à Bogota et la création d’une Fédération européenne de sophrologie en 1983.

De la sophrologie médicale à la sophrologie sociale :

Dans ces mêmes années, A. Caycedo crée en Colombie la branche sociale de cette thérapie, il a pour ambition qu’elle aide les habitants des pays en voie de développement.

En 1985, il élabore le quatrième degré de son programme de « Relaxation Dynamique ». Il part s’installer en Andorre et met en place des masters de sophrologie dès 1989. En France il faut attendre 1993 avant que ne soient fondées les écoles en « Sophrologie Caycédienne », déléguées officiellement par A. Caycedo. Le nombre d’écoles se multiplie progressivement, et coordonnées par le Fédération des Ecoles Professionnelles en Sophrologie. En 2012, elle regroupait 9 écoles.

Développement de différentes branches

La sophrologie a connu un certain succès et des personnes se sont approprié le concept, en créant des écoles, des cabinets et des formations qui ne correspondaient pas forcément à la vision de A. Caycedo. Le terme de « sophrologie » n’ayant pas été protégé dans le domaine public, en 1989, il décide de le breveté en déposant l’appellation « sophrologie caycédienne ».

« Peut-être à cause des recherches que j’ai réalisées, nombreux sont encore ceux qui confondent la Sophrologie et ma Méthode qui est son fondement, avec ce genre de techniques et de méthodes [occidentales et orientales] que j’ai étudiées et abandonnées au fur et à mesure que je découvrais les structures responsables de l’intégration de la conscience, celles que ma méthode découvre et renforce à l’heure actuelle ».(Caycedo, 2001)

Il existe donc aujourd’hui une scission entre les formations labellisées « sophrologie caycédienne », se revendiquant dans la continuité de leur fondateur, sous l’impulsion notamment de Natalia caycedo, sa fille, et différentes courants s’en inspirant tout en intégrant d’autres techniques psycho-corporelles. Plusieurs nouvelles écoles voyant le jour chaque année, avec des programmes de formation empruntant des techniques au domaine de la PNL, de l’hypnose, ou encore de l’Analyse Transactionnelle. Ce schisme se retrouve au niveau de l’organisation syndicale, le Syndicat des Sophrologues Professionnels regroupant l’ensemble des différents courants de sophrologie et le Syndicat National des Sophrologues, étant exclusivement réservés aux sophrologues caycédiens.

Principes de fonctionnement de la sophrologie

La sophrologie mise en forme par Alfonso Caycedo tire son inspiration de différentes traditions et disciplines : la neuropsychiatrie, la phénoménologie, le yoga, le zazen japonais ou encore l’hypnose. A partir de ses observations, quels fondements théoriques A. Caycedo a-t-il formulé afin de développer la sophrologie ? Quels sont les principes de fonctionnement de cette méthode ? Explorons les bases cette médecine douce telles qu’elles ont été définies par son fondateur.

1) Terminologie propre à la sophrologie :

Alfonso Caycedo a défini toute une terminologie qui lui permet de circonscrire ce qu’est la sophrologie. En voici les principaux concepts :

L’alliance Sophronique :

Dans une cure psychanalytique classique, le thérapeute va se placer dans un rôle de supériorité par rapport au patient et interpréter ce qui émerge de son inconscient. Reflétant la relation que le patient entretient avec ses parents, ce rapport va induire un mécanisme de transfert qui est le levier thérapeutique de la psychanalyse. La relation entre le sophrologue et son patient – dit sophronisant – est tout autre. L’alliance thérapeutique se base sur une égalité entre deux sujets adultes. Le sophrologue pratique lui-même les techniques qu’il suggère à son patient. Il n’interprète pas ce que son patient exprime. Il favorise juste son émergence et laisse la conscience du sophronisant traiter elle-même les informations. Ce mode de relation thérapeutique propre à la sophrologie est appelée « l’alliance sophronique »

Le Terpnos Logos

D’origine grecque, ce terme est l’un des premiers redéfini par Caycedo pour distinguer la spécificité de sa pratique. Il désigne la manière dont le sophrologue va parler au patient, pendant la phase de sophronisation. La voix doit être calme, rassurante, d’une rythmique régulière et sans inflexion importante. Cette technique vocale est un outil qui aide le sophronisant à être attentif à ce qui lui est proposé et à entrer dans un état de conscience sophro-liminal. Caycedo entendait se distinguer de l’hypnose par le fait que ce ton n’était pas de la suggestion mais permettait que le patient garde un lien avec le réel afin d’adhérer consciemment à ce qui lui est proposé par le sophrologue.

La Vivance

Ce terme vient de l’espagnol « vivencia », qui signifie « expérience vécue ». A. Caycedo l’utilise pour décrire les états de conscience induits par la sophrologie et qui en constituent le mécanisme thérapeutique :

  • La vivance phronique: Il s’agit du phénomène psychique produit par la sophronisation, un type de relation corps/esprit entrainant une transformation structurelle de l’individu. Cette expérience vivantielle renouvelle sa conscience et modifie sa manière d’appréhender sa vie.
  • La loi de la répétition vivantielle: Intervient ici un autre pilier de l’efficacité de la sophrologie, la répétition. C’est par la pratique régulière et répétée des expériences de vivance phronique que l’individu est progressivement transformé. C’est pourquoi il est nécessaire de pratiquer les techniques de la sophrologie de manière régulières même si c’est pour de courts moments (une dizaine de minutes).

2) Les trois principes de fonctionnement de la sophrologie :

Le Principe de schéma corporel :

Il s’agit de la manière dont chaque individu perçoit son corps, que ce soit au niveau physique, émotionnel et intellectuel. Pour Caycedo, toute expérience vécue passe par le corps. Par conséquence, plus la conscience de son propre schéma corporel est fine, plus la capacité à agir sur son esprit est possible. Caycedo affirmait que :

« La conquête du corps est la conquête de l’esprit. »

En sophrologie, le travail sur le corps est donc un point de départ pour renforcer le positif en soi.

Le principe d’action Positive :

Pour Caycedo, le fait de répéter régulièrement des actions positives permet de redonner de l’élan, une envie de construire et d’aller vers le meilleur. C’est une manière d’élever sa conscience et donc de s’éloigner d’états pathologique. Ce « positif » n’est pas standardisé, mais il est propre à chaque individu. Le sophrologue amènera le patient à exprimer ce qui est positif pour lui, au moment de la séance. Il sera associé à des souvenirs, des émotions, des désirs, des sensations, des images propres à la personne avec laquelle il travaille. Ce Positif contient une force qui permet de se dégager de schémas enfermant et de se propulser vers une amélioration. Quand il est activé cela se répercute sur tous les éléments psychiques de l’être.

Le Principe de la Réalité Objective :

Caycedo insistait sur la nécessité pour le praticien de pratiquer lui-même très régulièrement les méthodes de la sophrologie, afin d’intégrer une bonne conscience de son propre schéma corporel. Pour que le travail sophrologique puisse opérer, le sophrologue doit tenir compte de son propre état de conscience, afin d’objectiver sa relation avec son patient.

3) La méthode sophrologique d’Alfonso Caycedo

La méthode décrite par Caycedo se décompose en trois cycles partitionnant 12 degrés de progression. Dans la phase préparatoire, le sophronisé apprend à adopter une posture corporelle spécifique :

La posture Isocay :

Le sujet est assis de préférence sur une chaise, le dos étant droit mais détaché du dossier, les mains sur les cuisses et les épaules détendues. Pour les techniques des deux premiers cycles, les yeux restent clos. La respiration est calme et régulière avec une bonne synchronisation des mouvements du thorax et de l’abdomen. Cette posture induit un état de conscience particulier pendant laquelle le sujet est parfaitement éveillé et maître de ses actes, ne descendant pas dans la couche infraliminale de la conscience.

les 5 systèmes
Posture adoptée pendant la séance de sophrologie

Technique de sophronisation de base :

Une fois installé en posture isocay, le sujet va successivement amener son attention sur différentes parties de son corps dans une intention de relâchement musculaire. Seront progressivement passés en revue :

  • La tête : détente du front, du cuir chevelu, des yeux, de joues et des temps, les dents sont desserrées, la langue décollée du palais, les lèvres relâchées.
  • Le haut du thorax : décontraction du cou, de la nuque, des bras, épaules, coudes et mains, jusqu’au bout de s ongles
  • Détente du dos et de la cage thoracique
  • Décontraction de la ceinture abdominale et des lombaires
  • Relâchement du bassin puis des jambes et des pieds, jusqu’aux orteils
  • Intégration de tout le corps avec une attention sur la colonne vertébrale.

A partir de cet état de relaxation corporel, le sujet prête attention aux sensations qu’ils ressent et laisse venir à sa conscience un élément positif, mot, image, souvenir. S’en suit un retour à l’état de conscience habituel.

Technique de la sophro-stimulation vitale :

Dans la continuité de la technique décrite précédemment, la sophro-stimulation vitale consiste à poser l’intention d’activer et d’harmoniser les différents tissus et organes des différentes parties du corps. Cette technique permet de renforcer le fonctionnement des organes et de dynamiser l’énergie corporelle.

Le principe de fonctionnement de la sophrologie est donc de s’appuyer sur les sensations corporelles du patient et d’amplifier le Positif qui est en lui, tel qu’il le définit à un instant T. Si cela peut passer par la mise en état sophrolominal, le but n’est pas de se déconnecter de la réalité. Parce qu’il a lui-même travaillé ces techniques, le sophrologue est en mesure de rester attentif à l’état de conscience de la personne avec laquelle il travaille.

5) Les différents courants de la sophrologie

Au fur et à mesure, que A. Caycedo établissait les fondements théoriques et pratiques de la sophrologie, d’autres chercheurs et médecins s’en inspirèrent et l’enrichirent avec d’autres pratiques et courants de pensées. Il y eu des dissidences quand Caycedo proposa les trois premiers degrés de la relaxation dynamique à son retour d’orient en 1968 puis en 1977 quand il ouvrit sa discipline à des non médecins.

Un des principes de la sophrologie étant l’adaptabilité (au thérapeute, au patient, à la problématique..), cette discipline était forcément vouée à évoluer. Le domaine des médecines douces se nourrissant des différentes découvertes touchant à la sphère psycho-corporelle, beaucoup de thérapeutes alternatifs utilisent désormais la sophrologie comme un outil parmi d’autres (hypnose, PNL, EMDR, psychologie, coaching…). A tel point qu’aujourd’hui, il existe de nombreuses manières de pratiquer la sophrologie et qu’il devient même parfois difficile d’identifier au cours d’une séance thérapeutique, ce qui appartient à la sophrologie ou pas. Nous pouvons néanmoins dégager :

  • Deux grandes institutions : caycédienne/bio-analytique
  • Deux grands champs d’application : médical/social, développement personnel
  • Une diversité de types de pratique

La sophrologie Caycedienne ®

Cette marque a été déposée par Caycedo afin de circonscrire la spécificité de la discipline qu’il avait créée, au moment où d’autres praticiens commençaient à l’exercer en dénaturant la pratique originelle. Il s’agit de la sophrologie telle qu’elle a été strictement définie par le Pr. Caycedo. Elle se base principalement sur les techniques de Relaxation Dynamique. Cette méthodologie est structurée en 12 degrés, regroupé en 3 cycles. Elle est axée sur la conscience du corps, des émotions, des valeurs et des pensées de l’individu. Parfois appelée aussi « sophrologie phénoménologique », elle s’appuie sur la valorisation du vécu. Le vécu positif est renforcé, jusqu’à devenir un phénomène, ce qui permet d’élever le niveau de conscience du sujet et de le sortir d’éventuels états pathologiques.

Emblème et devise de la sophrologie caycedienne

Pour exercer officiellement la sophrologie caycedienne, il faut avoir suivi le cursus d’une école en portant la marque. Aujourd’hui, cette marque est gérée par la société Sofrocay®, qui administre le syndicat SFSCay et l’Académie Internationale de sophrologie caycedienne. Ce sont ses dirigeants qui décident ou non d’attribuer le label aux différentes écoles de formation en sophrologie qui le demandent. .

Pour pratiquer en tant que sophrologue caycedien, il faut également respecter scrupuleusement les recommandations laissées par Caycedo, à commencer par la terminologie qu’il a définie. Ainsi, pour amener la personne en état de sophronisation de base, le Pr. Caycedo a proposé de scanner le corps en le décomposant en différents systèmes, le premier système englobant la tête, les oreilles les yeux, etc… Ce mode de prise de conscience est appelé système ISOCAY. Si un thérapeute préfère guider son patient en mentionnant directement les différentes parties du corps (« Vous relâcher votre mâchoire), sans mentionner le terme de système (« nous allons relaxer le système 3 »), la pratique ne peut être qualifiée de caycedienne, bien qu’elle s’en inspire en tout point.

L’école française : une sophrologie bio-analytique, découvrante

Jean-Pierre Hubert, le père de la sophrologie analytique

Le Pr. Caycedo est suivi par des collègues médecins qui deviennent ses collaborateurs dès 1968. En 1985, l’un d’entre eux, le Dr Jean-Pierre Hubert, intègre à la sophrologie proposée par Caycedo les théories de la psychanalyse développées par Freud, Jung et Lacan. Les techniques psycho-corporelles de la sophrologie sont alors utilisées pour permettre de découvrir l’inconscient du sujet. En accédant ainsi à son « Moi authentique », la personne peut prendre conscience de ses valeurs et aspirations propres, afin d’apporter les changements qui lui permettent de donner à sa vie un sens qui lui corresponde réellement.

Jean-Pierre Hubert fonde la Faculté Européenne de Sophrologie et de Sophro analyse. Le professionnel qui exerce selon cette méthode est appelé Sophrologue-analyste ®. Tout comme le psychanalyste, il se doit d’avoir été lui-même en analyse.

L’école qu’il a mis en place propose 3 niveaux de compétences :

  • Niveau 1 sophro-analyste
  • Niveau 3 : Sophro-thérapeute
  • Niveau 3 : Sophrologue

Cette école est ouverte à tous. Au troisième niveau, les membres des professions médicales et paramédicales peuvent prendre une option qui leur permettra d’accéder à une certification professionnelle propre.

La sophrologie médicale :

Rappelons que Caycedo était médecin et que sa motivation première dans la quête qui l’a amené à élaborer la sophrologie, a pris racine dans son expérience en milieu hospitalier. D’autres médecins partageaient son intérêt pour les techniques de modification de l’état de conscience à des fins analgésiques. Ainsi, le Dr Baldomero Sol raconte :

« Je suis venu à Paris à l’hôpital Lariboisière pour participer à un cours d’implantologie maxillo-faciale. J’eus alors l’occasion d’anesthésier un patient […] et, pour expliquer la technique que j’avais employée, je pris le nom de sophrologie. C’était la première fois qu’on l’utilisait pour un acte médical dans un hôpital de faculté. (…) Une grande partie des collègues français s’intéressa à la sophrologie que j’avais apportée à Lariboisière et c’est alors que se forma une société française et plusieurs groupes d’études. C’est à partir de ce moment ; que je peux qualifier d’historique, que la Sophrologie Médicale est née. « (in « Traité de Sophrologie, origines et développement », Dr JP. Hubert , Le courrier du livre 1988.)

Dans le sillage du Pr A. Caycedo, le Dr Jean Pierre Hubert a donc collaboré avec le Dr Baldomero Sol pour expérimenter l’utilisation des techniques de sophrologie en milieu médical.

Des professionnels de santé se forment à la sophrologie

Aujourd’hui la sophrologie dite clinique est entrée dans la catégorie des « soins de support ». Pratiquée par des professionnels de santé (infirmières essentiellement), elle se base surtout les techniques de relaxation avec prise conscience du corps et de la respiration, pour apporter un apaisement physique et psychologique. Elle est utilisée dans :

  • La gestion de la douleur due à une intervention, à des soins de suite ou à des symptômes aggravés (son application est alors proche de celle de l’hypnose médicale)
  • La gestion du stress lié à aux examens médicaux et pronostics
  • L’acceptation de traitements lourds (en oncologie notamment)
  • La confiance pendant les phases de récupération
  • L’accompagnement en soins palliatifs

Dans le milieu médical, la sophrologie peut être proposée aux patients mais aussi au personnel soignant où elle est employé comme outil de gestion du stress.

Portrait : Bénédicte Delebarre était infirmière, elle travaille désormais en tant que sophrologue au sein du Centre Hospitalier de Lille. La sophrologie y est notamment utilisée comme mode de prise en charge non médicamenteuse de la douleur.

La sophrologie sociale

Cette appellation regroupe tous les types de sophrologie qui se réalisent en dehors d’un contexte médical. A partir de techniques psycho-corporelles, elle vise l’épanouissement de l’individu. Elle s’adresse à toutes les personnes soucieuses de leur bien-être, qui veulent trouver un sens à leur vie, gérer leurs émotions, leurs stress, retrouver confiance en soi ou améliorer leur vie.

Ce type de sophrologie peut prendre plusieurs formes, en fonction de ses influences, on peut retrouver des pratiques sophrologiques plus ou moins empruntes de :

L’hypnose

Certaines formes d’hypnoses utilisent des inductions hypnotiques.

Elle se base sur les premières relaxations décrites par A. Caycedo : le thérapeute se focalise sur les symptômes à traiter, met la personne en étant de sophronisation avec des inductions. Un exemple de technique caractéristique de ce type de sophrologie est la sophro-substitution sensorielle, pendant laquelle le thérapeute va formuler des inductions qui vont transformer une sensation désagréable (tristesse, angoisse, douleur…) en une sensation plus confortable.

La relaxation :

On y retrouve des inductions faisant penser aux techniques hypnotiques, mais le but est la détente. Cela passe par le corps, le thérapeute amenant le sujet à relâcher progressivement chaque partie de son corps. Pour plus de confort, les sophronisants peuvent être allongés, de la musique calme peut être utilisée pour favoriser la relaxation.

Les traditions orientales :

On y retrouve des techniques venant directement du zazen (méditation silencieuse) et du yoga avec des postures, techniques de respiration du prana, de visualisation des chakras, etc…

La phénoménologie :

C’est l’expérience de l’individu et son expression qui prime. Le thérapeute accueille la totalité de son discours avec une attitude d’écoute neutre et bienveillante, il ne conseille pas, ne juge pas et n’encourage pas son patient.

Le comportementalisme :

A l’inverse, le thérapeute est très actif, il guide, conseille, recommande à son patient des lectures, des exercices d’application, des entraînements. Ce type de relations est très proche du coaching.

Au travers de cette diversité de pratiques, nous retrouvons les grandes sources d’inspiration auxquelles le Pr Caycedo a été puiser tout au long de l’élaboration de sa discipline.

Aujourd’hui , la sophrologie évolue avec les différents enrichissements et influences qu’apportent les personnes qui la pratiquent. Certains thérapeutes se spécialisent sur des domaines d’application précis, comme par exemple Coralie Degradot, Sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires. D’autres intègrent à leur pratique de la sophrologie des outils tels que la cohérence cardiaque. D’autres encore mettent l’accent sur la relaxation.

Au delà de ses différents courants, la sophrologie est donc une discipline qui peut en intégrer d’autres et s’adapter à toutes la diversité des demandes.

6) La sophrologie aujourd’hui

La sophrologie en France : une popularité grandissante

La sophrologie est déjà bien connue du grand public, 9 français sur 10 déclarent en avoir déjà entendu parler et 6 millions l’ont déjà pratiquée. Souvent associé à de la relaxation, elle bénéficie d’une bonne réputation puisque parmi ceux qui en ont déjà entendu parler, 73% en a une image positive. (Source : sondage de la Chambre Syndicale de la Sophrologie réalisé 2014 par BVA)

Selon le baromètre 2017 des pages jaunes, la sophrologie est la discipline qui arrive en premier lors des recherches de thérapeutes alternatifs, loin devant les autres. Un engouement en nette progression puisque le nombre de recherches de sophrologue sur le site des pages jaunes a plus que triplé en 1 an.

Le nombre de sophrologues installés en France augmente également, on estime qu’il est actuellement de 8 000 à 10 000.

Une discipline reconnue au niveau institutionnel

Depuis 2009, la Sophrologie est enregistrée comme une profession à part entière auprès de Pôle Emploi, elle entre dans le code ROME K1103. Concernant le statut de micro-entrepreneur, le RSI a reconnu la sophrologie en la classant dans les codes APE 8690F (activité de santé humaine) et 9609Z (autres services personnels).

De plus, en appartenant à la Chambre Syndicale de la Sophrologie, les sophrologues peuvent être membres de la Chambre Nationale des Professions Libérales.

Reconnaissance du métier de sophrologue par le RNCP.

Enfin, depuis 2011, le « certificat professionnel de sophrologue » a été inscrit dans le Répertoire National de la Certification Professionnelle géré par la Commission Nationale de la Certification Professionnelle, une inscription qui marque la reconnaissance du métier de sophrologue au niveau institutionnel.

Cette discipline ailleurs dans le monde

Caycedo ayant travaillé en Espagne et en Suisse, il n’est pas étonnant de voir que la sophrologie caycedienne s’est développée en Europe. Ainsi, il existe 42 écoles rattachées à Sofrocay en France, Espagne, Portugal, Suisse, Italie Belgique et Luxembourg. C’est ainsi plus de 800 personnes qui se forment en Europe chaque année, juste par le biais de ces écoles. On dénombre environs 5000 professionnels sortis de ces écoles, exerçant dans une vingtaine de pays différents.

Qui exerce la sophrologie ?

La profession est à large dominante féminine, avec une moyenne d’âge excédant les 40 ans. Installés plutôt dans les villages et petites villes, beaucoup de praticiens n’exercent pas exclusivement la sophrologie, cela constitue leur activité secondaire. Nous retrouvons parmi eux beaucoup de professions médicales (kinésithérapeutes, infirmières…) et d’emplois accompagnement de la personne (psychologues, orthophonistes, coaches sportifs…)

Quels sont les types d’événements qui existent ?

De nombreuses Rencontres et Congrès jalonnent l’avancée de la recherche en sophrologie.

De nombreux rassemblements rythment l’avancée de cette discipline vivante, en perpétuelle approfondissement. Ainsi, la FFDS (Fédération Française de Sophrologie) organise des rencontres annuelles depuis 20 ans. Lors des dernières rencontres de la FFDS, des conférenciers ont exploré comment la sophrologie pouvait aborder les problématiques de la dépression, des troubles alimentaires, de l’estime de soi ou encore de l’apprentissage.

Reconnu d’intérêt public, L’Observatoire National de la Sophrologie (ONS) organise également des rencontres thématiques ainsi qu’un grand colloque annuel. Il gère l’organisation d’enquêtes sur la discipline et d’études scientifiques portant sur des sujets spécifiques.

Enfin, l’Académie de Sophrologie de Paris, dirigée par le Dr Patrick-André Chéné, a organisé en 2015 le premier Congrès international de Sophrologie, qui a réunis 430 sophrologues venus de toute la France mais aussi de l’étranger.

Plusieurs magasines sont dédiés à la sophrologie comme « Sophro Actu » ou « Sophrologie, pratiques et perspectives ».

7) Les résultats de la sophrologie : Etudes et controverses

La sophrologie, un atout pour booster ses performances sportives.

Bien qu’il existe toujours des détracteurs pour qualifier la sophrologie de pseudoscience, elle a fait déjà fait ses preuves dans de nombreux domaines et notamment dans la préparation à des événements stressants : accouchement, examens, compétitions sportives. Une étude commanditée par le constructeur automobile Ford portant sur l’impact des séances de sophrologie sur les performances sportive, a montré que les exercices de préparations mentales augmentaient de 40% le niveau de concentration et de performance des pilotes mais aussi d’un individu lambda. La gestion du mental apparait désormais comme ce qui démarque les champions et fait la différence.

Des recherches sont en cours sur les problématiques du deuil, des troubles du sommeil ou encore des acouphènes, avec des résultats prometteurs. Ainsi, l’Observatoire National de Sophrologie a mis en place depuis 2009, une commission de recherche sur les acouphènes qui a en charge d’évaluer l’impact des séances de sophrologie sur l’inconfort qu’ils provoquent. Y sont comparés les résultats des séances individuelles et collectives, ainsi que du nombre de séances. Le travail n’agit pas sur l’acouphène lui-même mais sur la représentation que le patient s’en fait et le niveau de stress que cela génère. Les chercheurs ont constaté une amélioration pour une personne sur deux ayant suivi 5 à 10 séances individuelles.

La sophrologie est majoritairement utilisée pour la gestion des émotions et du stress. Elle s’intègre de plus en plus dans le monde du travail. L’Institut de Sophrologie Caycédienne de Barcelone a récemment lancé un programme de « Mieux-être et Sophrologie », visant à permettre d’intégrer des techniques sophrologiques permettant d’améliorer son bien-être. Des recherches sont en cours au sein d’institutions médicales et d’autres contextes professionnels afin de démontrer scientifiquement l’efficacité de ce programme. L’ambition de ce groupe de recherche géré entre autres par Dr. Natalia Caycedo est de prouver l’utilité de la sophrologie comme outil de gestion du stress et de mieux-être au travail.

8) Suivre des séances de sophrologie : pourquoi ? comment ?

A qui cette discipline s’adresse-t-elle ?

Toute personne peut pratiquer la sophrologie à partir du moment où elle est capable de volontairement poser sa conscience sur un objet. Pour les enfants on la conseille donc plutôt à partir de 4/6 ans. La personne doit également avoir l’envie personnelle de faire ce travail.

Pour quels symptômes est-elle bien adaptée ?

La sophrologie est particulièrement préconisée pour les problématiques suivantes :

  • Troubles médicaux: Addictions, douleurs chroniques, préparation à l’accouchement ou à un examen de santé, suites opératoires, accompagnement d’un traitement. Si elle ne remplace en aucun cas les traitements médicaux, la sophrologie fait désormais partie des soins de supports.
  • Performances sportives: Préparation à une compétition, récupération
  • Troubles nerveux: phobies, stress, angoisses, sommeil, détente, dépression, stress post-traumatique
  • Prévention du vieillissement: conscience de son corps, mémoire, gestion des acouphènes
  • Apprentissage: aide à la compréhension, à la mémorisation, préparation aux examens
  • Difficultés relationnelles: timidité, prise de parole en public, entretien d’embauche, manque de confiance en soi
  • Changements de situation: deuil, maladie, déménagement, séparation, perte d’emploi

De manière générale, la sophrologie est adaptée pour toute personne qui souhaite un mieux-être physique, psychologique et émotionnel.

Les contre-indications de la sophrologie

La sophrologie est déconseillée aux personnes souffrant de troubles neurologiques ou psychiatriques comme la psychose, la névrose, surtout en phase délirante. On ne pratiquera pas non plus la sophrologie avec une personne qui est sous emprise de drogue ou en état d’ivresse. La bonne volonté et la capacité de conscientisation sont nécessaires pour réaliser un travail sophrologique.

Comment se déroule une séance ?

La sophrologie peut se pratiquer en séances individuelles, dans ce cas les séances durent en moyenne 1 heure, ou lors de séances de groupe, qui prennent plutôt 1H30. Les séances de groupe portent sur des sujets génériques comme la gestion du stress ou des émotions, la sophrologie en entreprise se développant de plus en plus.

Des séances de sophrologie sont de plus en plus en vogue en entreprise.

Les séances en individuel offrent une approche beaucoup plus personnalisée. Lors de la première séance, le praticien va écouter la demande du patient et cerner la problématique sous-jacente en faisant une anamnèse afin de lui proposer un programme d’accompagnement personnalisé. Ce qui se passe pendant les séances va dépendre du problème du patient ainsi que du courant dans lequel le thérapeute s’inscrit (voir plus haut « Les différents courants de la sophrologie »).

De manière générale on retrouvera toujours dans le déroulé d’une séance, un temps de relaxation passant par une attention portée sur la respiration et les différentes parties du corps, ainsi que des visualisations positives.

A l’issu de la séance, un débriefing est fait, pendant lequel le patient expose ce qui s’est passé pour lui pendant ce temps de sophronisation.

En fonction de la nature du trouble à traiter et de la manière dont réagit le patient, le nombre de séances nécessaire pourra s’étendre de 2/3 séances à une douzaine. Dans une visée d’autonomisation de la personne, le sophrologue peut aussi apprendre à son patient comment entrer en état de sophronisation et pratiquer les exercices appropriés lui-même. Il est d’ailleurs recommandé de les pratiquer quotidiennement à raison d’une dizaine de minutes par jour.

Combien coute une séance ?

  • Pour une séance individuelle : comptez 45€ à 60€, cela pouvant monter jusqu’à 75€ à Paris.
  • Pour les ateliers collectifs : cela revient de 12€ à 20€ par participant. Des forfaits annuels peuvent être proposés.

Ce sont des fourchettes de prix, chaque thérapeute fixant son propre tarif. La sécurité sociale ne rembourse pas la sophrologie mais de plus en plus de mutuelles proposent des prises en charge forfaitaires. En voici la liste.

5 conseils pour bien choisir son sophrologue

  1. Référez-vous aux annuaires de la Société Française de Sophrologie et de la Chambre Syndicale de la Sophrologie, La profession n’étant pas règlementée, il n’existe pas de sophrologues diplômés d’État, en passant par ces associations, vous avez la garantie que votre thérapeute a suivi une formation sérieuse.
  2. Demander des recommandations à des proches ou à des professionnels.
  3. Questionnez le praticien que vous rencontrez : Lors du premier contact téléphonique avec votre sophrologue, vous pouvez demander à la personne depuis combien de temps elle exerce, quelle école elle a suivi, quelle type de sophrologie elle pratique, quels sont ses domaines de prédilection.
  4. Ecoutez votre ressenti: Les compétences seront néanmoins beaucoup liées à la personne elle-même et aux qualités qu’elle aura pu développer. De plus vous pouvez ressentir plus ou moins d’affinité avec la praticienne, en fonction de vos personnalités respectives. Il importe donc de voir comment vous vous sentez avec cette personne et quels impacts les séances ont sur vous.
  5. Si le travail ne vous convient pas, n’hésitez pas à changer de thérapeute.

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Témoignage : Coralie Degradot, Sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je suis Coralie Degradot sophrologue spécialisée dans les troubles alimentaires. J’ai 36 ans et je vis actuellement dans le Gers. J’ai beaucoup bougé dans ma vie, me permettant de découvrir plusieurs pays et régions de France très différentes les unes des autres. Passionnée par l’Histoire et l’histoire de l’Art (mon premier métier), la culture Japonaise, la nature … je suis très curieuse 😉

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis Sophrologue spécialisée dans les rapports douloureux à l’alimentation et formatrice. Les rapports douloureux à l’alimentation concernent les troubles alimentaires, les maladies amenant un rapport à l’alimentation difficile (diabète, allergies, maladie inflammatoire des intestins par ex) ainsi que l’alimentation émotionnelle. Aujourd’hui je n’accompagne que des personnes souffrant de rapports douloureux à l’alimentation.
Accompagnements, formations et supervision sont mes seules activités.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Lorsque j’ai du mettre fin à mes études d’Histoire et Histoire de l’art, je me suis lancée dans le monde du travail sans que mes 4 années d’études n’aient vraiment de valeur. C’est un peu « par hasard » (s’il existe ;)) que je suis entrée dans les industries de santé. J’y suis restée 9 ans, dont 7 dans le diabète.
J’ai abordé de nombreux aspects qui m’ont permis de faire grandir mes compétences (marketing, ventes, formations, juridique, pharmacovigilance, matériovigilance, organisation d’évènements de formation pour les professionnels de santé etc…).
J’étais au contact des patients, des professionnels de santé, des associations de patients, des familles des personnes diabétiques.
Une belle expérience, qui m’a demandé de très nombreuses ressources physiques qu’intellectuelles. Trop nombreuses.
Après un premier burn out, j’ai décidé de changer de métier.
Que ce soit dans l’histoire ou dans les industries de santé, ce que j’ai toujours aimé c’est l’humain. Que ce soit avec mes collègues, les patients, les professionnels de santé, j’étais très à l’écoute.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Au début de mon activité, je souhaitais me spécialiser dans la périnatalité. Mais en dépit de mes efforts, ce champ d’application, n’était pas fait pour moi.
J’ai mis à profit ce que j’ai appris dans mes précédents postes et pris RDV avec les médecins de mon secteur de l’époque, le CMP, les services hospitaliers.
Le milieu professionnel duquel je venais m’a permis d’ouvrir des portes. Convaincre et être à la hauteur de la confiance qui m’a été portée n’a relevé que de moi.
Un jour, une endocrinologue avec qui j’avais eu un excellent rendez-vous, m’a adressé une jeune femme souffrant d’anorexie.
Et ça a été pour moi une révélation : mes 17 années d’anorexie sont une force incroyable pour accompagner les personnes qui souffrent de troubles alimentaires car je les comprends profondément.
J’ai adapté toute la méthode et développé un accompagnement Sophrologique adapté à ces problématiques.
En l’espace de quelques mois, j’étais identifiée comme accompagnante de qualité sur ces problématiques et tous mes patients m’étaient adressés par les professionnels de santé avec lesquels j’étais en contact.
J’ai ouvert un second cabinet en petite couronne parisienne (le premier était en grande couronne).

Mon activité bien posée, la vie m’a proposé un nouveau changement. Par amour pour un charmant toulousain qui aujourd’hui encore partage ma vie, j’ai tout quitté pour venir m’installer dans le Gers.

Il y a eu quelques mois de battement : l’Ile de France et le Gers n’ont rien à voir 😉 J’ai développé ma présence sur internet et développé mes premières formations pour les Sophrologues qui souhaitent se spécialiser dans l’accompagnement des personnes souffrant de troubles alimentaires.

Aujourd’hui je propose des formations de spécialisation en ligne pour les Sophrologues et de la Supervision.

J’accompagne des patients dans toute la francophonie à distance. Nouveau challenge car l’adaptation est encore différente.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

La liberté d’être à son compte est pour moi le premier point positif. La liberté est extrêmement importante à mes yeux.

Pouvoir continuer à me former à de nombreuses autres disciplines pour venir nourrir ma pratique est le second.

Bien entendu, pouvoir être une personne ressource pour des personnes souffrant de troubles alimentaires est pour moi une joie.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La difficulté principale : la pression. Il y a beaucoup de pression lors du lancement d’une activité libérale : celle du chiffre d’affaire, celle de l’environnement qui n’a pas forcément confiance en votre projet, celle qu’on peut se mettre soi-même…

Je ne sais pas si j’ai réglé la place de la pression 😉 en tous cas, ce qui m’a soulagée c’est la reconnaissance de la qualité de mon accompagnement par mes patients, mon réseaux de professionnels de santé… j’ai trouvé ma place et je continue à la faire grandir et rayonner.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Nous sommes de plus en plus nombreux et il n’y a pas de concurrence : la personne que vous êtes fait la différence 😉 ayez confiance en vous et spécialisez-vous. Pas forcément comme je l’ai fait en recevant uniquement des personnes souffrant de telle ou telle problématique. Mais en ayant un champ d’application qui vous passionne, dans lequel vous prenez beaucoup de plaisir à accompagner vos patients. Qui vous permettra d’être identifié comme accompagnant de qualité.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Dans les prochains mois, je vais proposer des formations en présentiel un peu partout en France pour aller à la rencontre de mes confrères et consœurs ayant suivi mes formations.
Je vais développer de nouvelles formations en ligne, ouvrir plus de créneaux pour les supervisions.
Je débute également la rédaction de deux livres : un destiné aux professionnels de l’accompagnement, un second pour les personnes souffrant de troubles alimentaires.

Quelques mots sur Omyzen ?

J’aime le fait que vos articles soient variés, avec des intervenants de tous milieux. Votre communication est claire et légère.

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

Podcast- Utiliser la cohérence cardiaque comme outil thérapeutique : interview de Caroline Gormand, sophrologue

Retrouver l’interview de caroline Gormand, sophrologue qui utilise la cohérence cardiaque comme outil de gestion du stress.

Utiliser la cohérence cardiaque comme outil thérapeutique : interview de Caroline Gormand, sophrologue

Caroline Gormand bonjour, merci d’accorder cette interview à Omyzen. Vous êtes sophrologue, maître praticienne en hypnose, formée en PNL et en psychopathologie intégrative. Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours ?

Bonjour, je me suis formée en premier lieu à la sophrologie, à l’époque où je cherchais à me reconvertir dans la relation d’aide. Donc j’ai commencé par la sophro dont l’approche psychocorporelle me plaisait. Et puis, une fois installée comme sophrologue, j’ai eu besoin de comprendre la psyché de mes patients pour traiter des problématiques plus complexes et pouvoir y répondre de façon plus efficace. Donc j’ai intégré un organisme de formation montpelliérain, qui proposait les trois autres approches que vous avez cité.

C’était quel organisme de formation ?

IL s’agit de Génération Formation, à Montpellier.

Vous êtes installée depuis combien de temps ?

Je suis installée en tant que sophrologue depuis janvier 2015 et petit à petit j’ai ajouté ces différentes compétences.

Et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Je voulais gagner ma vie en faisant quelque chose d’utile pour mon prochain, toujours en gardant la souplesse de ce que permet une activité en libéral, en utilisant des outils qui pouvaient être suffisamment variés et complémentaires.

Comment s’est passée votre reconversion ? Avant vous étiez dans le domaine de l’informatique c’est ça ?

Ça s’est passée avec une période de transition de deux années pendant lesquelles j’ai continué à temps partiel mon ancienne activité, tout en lançant mon cabinet et en continuant à me former.

Et actuellement, vous travaillez dans quel cadre ?

Au départ j’ai conjugué l’activité en cabinet et en milieu scolaire : j’intervenais auprès d’élèves de BTS à Montpellier, pour la gestion du stress et la préparation aux examens. Et maintenant j’exerce uniquement en cabinet libéral, sur consultation.

Quel est le public qui vient vous voir ?

Absolument tout public, sans restriction, enfants, adultes de 7 à 90 ans.

Et vous avez une thématique privilégiée pour la thérapie ?

Pas de thématique privilégiée : gestion du stress, phobies, dépression, deuil, les difficultés relationnelles, addictions numérique, sevrage tabagique, troubles anxieux, insomnie, etc.

Vous avez cette originalité, en tant que sophrologue, d’avoir intégré l’outil de la cohérence cardiaque, à vos séances. Qu’est-ce que la cohérence cardiaque ?

La cohérence cardiaque est une technique de « biofeedback », terme un peu compliqué qui désigne un processus très simple : un instrument qui permet de mesurer une fonction physiologique et de donner des informations sur l’état de cette fonction, dans le but de la modifier ou de l’améliorer.

Le thermomètre, par exemple, est aussi un outil de biofeedback qui renseigne sur la température du corps.

La cohérence cardiaque, elle, est basée sur un phénomène physiologique qui est la synchronisation de la fonction respiratoire et de la fonction cardiaque. Elle associe la mesure de la fréquence cardiaque et une technique de respiration très spécifique : on détecte la fréquence cardiaque du consultant à l’aide d’un capteur de pouls, puis on l’invite à la modifier (l’apaiser ou la soutenir) grâce à un type de respiration particulière. C’est-à-dire que si vous modifiez votre rythme respiratoire, vous allez modifier aussi votre rythme cardiaque, tout simplement !

La cohérence cardiaque vient des Etats-Unis (Institut Heartmath). Elle a été introduite en France par le regretté docteur David Servan-Schreiberet son confrère David O’Hare, médecin généraliste franco-canadien qui a consulté de nombreuses années sur Nîmes et qui aujourd’hui se consacre exclusivement à la formation de praticiens en cohérence cardiaque.

Et c’est avec lui que vous vous êtes formée ?

Oui, je me suis formée à Nîmes auprès de David O’Hare, il y a quelques années.

Et qu’est-ce qui vous a donné envie de l’intégrer à votre pratique professionnelle ?

Dans le cadre de ma formation en sophrologie, j’ai assisté à une demi-journée d’information et de démonstration de cohérence cardiaque.

C’est très complémentaire de la sophrologie parce que ça permet de neutraliser les manifestations physiologiques du stress. Et par ailleurs c’est une technique qui est très facile à mettre en place tout de suite pour le consultant, et l’effet est visible instantanément sur le logiciel.

Et comment vous mêlez la sophrologie et la cohérence cardiaque dans vos séances ?

Je ne l’utilise pas uniquement pour la sophrologie. Très souvent je m’en sers comme premier outil dans la gestion du stress et l’apprentissage du lâcher prise, pour les raisons que j’ai indiquées plus haut.

Pour le consultant, le fait de pouvoir visualiser sur écran, qu’en quelques respirations il peut calmer son rythme cardiaque et reprendre la main sur un phénomène de stress que d’habitude il ne maitrise pas, c’est déjà très encourageant et très positif.

Vous utilisez quel matériel ?

Au cours de la formation il est fortement conseillé d’acquérir un matériel professionnel qui permet de faire cette démonstration : cela consiste en un petit capteur de pouls qu’on place en général sur l’oreille, et qui est relié à un logiciel qui traduit les données récoltées sous forme de graphique représentant la variabilité cardiaque du sujet. Le sujet peut suivre en direct l’évolution de son rythme cardiaque, et surtout l’influence de ses émotions sur son activité cardiaque, et celle de la respiration sur cette même activité.

Donc la personne peut vraiment se rendre compte en temps réel des modifications. Et vous l’utilisez pour tout le monde ou seulement pour des patients spécifiques ?

Pour tout le monde, il n’y a aucune contre-indication. Après je ne le fait pas systématiquement, il faut que ce soit justifié. Par exemple en cas de troubles liés au stress, dans les troubles anxieux ou les troubles panique. C’est efficace aussi dans les troubles du sommeil, puisque ce type de respiration va calmer le système nerveux orthosympathique et stimuler le système nerveux parasympathique, impliqués tous deux dans les troubles du sommeil.

Un médecin peut l’utiliser par exemple pour stabiliser les arythmies cardiaques (tachycardie, bradycardie) et avec les personnes faisant de l’hypertension artérielle.

Ça ré-équilibre les fonctions physiologies du corps ?

Ca ré-équilibre le système nerveux autonome, en ce sens que cela permet de calmer l’emballement physiologique lors de la réaction d’adaptation de stress, et d’éviter qu’elle n’évolue en stress chronique.

Et est-ce que vous partagez cette pratique en dehors du cabinet ?

J’ai fait quelques conférences, avec démonstration sur écran.

Donc en fait c’est une technique que d’autres thérapeutes peuvent utiliser pour enrichir leur activité ?

Tout à fait, pour les raisons que j’ai évoquées plus haut.

Avec quelles autres thérapies ça pourrait s’associer ?

Toutes les fois qu’il est question de combattre le stress et ses manifestations physiologiques, l’anxiété ou l’insomnie, que ce soit dans le cadre de consultations médicales ou para-médicales, ou bien en psychothérapie, ou encore dans le domaine du développement personnel et du coaching de vie.

C’est au patient de pratiquer chez lui, trois fois par jour… et s’il ne le fait pas ?

Le consultant reste libre de pratiquer ou pas ! Mais c’est la même chose avec un patient qui ne prend pas ses médicaments….

Il est fortement conseillé d’avoir une pratique régulière pour que le corps fasse l’apprentissage et assimiler ce rythme bien particulier de respiration. Avec l’entrainement, cela devient un outil-réflexe.

En général pour 5 minutes minimum de pratique, on va avoir un effet notoire pendant une à trois heures, en fonction de l’état de stress. Donc, pour une pratique idéale, c’est à faire 3 fois par jours, 5 minutes le matin, 5 minutes avant midi et 5 minutes le soir (En dessous de 5 minutes, il n’y a pas d’effet notoire).

Mais il n’y a pas de limite : on peut pratiquer aussi souvent qu’on le souhaite pour préparer un événement anxiogène ou difficile (comme un entretien d’embauche ou un examen).

Et donc pour vous c’est vraiment un outil très efficace dans votre approche thérapeutique ?

Oui complétement !

Très bien, si il y a des thérapeutes qui souhaiteraient en savoir plus, se former, est-ce que vous avez des écoles à conseiller ?

Il y a le site internet de l’institut de David O’Hare qui s’appelle https://www.coherenceinfo.com/. Vous y trouverez toutes les formations qui sont proposées, qui sont vraiment sérieuses et efficaces.

Et pour se procurer ce petit logiciel qui permet de suivre en temps réel les battements du cœur ?

Pareil, c’est auprès de cet institut.

Pour en savoir plus sur vous, sur votre activité, on peut vous retrouver sur le net ?

Oui j’ai un site internet qui s’appelle www.espace-ressource.fr

Deux mots à dire sur Omyzen ?

Et bien, je suis allée faire un tour sur le site, je trouve qu’il est vraiment bien fait, il est très varié, y a pleins d’infos à glaner pour les thérapeutes en herbe qui souhaitent s’installer et puis même pour les autres d’ailleurs, pour se tenir au courant. Vraiment il est très bien fichu, allez-y, je ne peux vous dire que ça, c’est intéressant !

A lire également :

Le dossier Omyzen sur la sophrologie

Se former à la sophrologie: définir son projet

Témoignage de thérapeute : Christine Ecart Duplessy, sophrologue et hypnonutritionniste

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’ appelle Christine Ecart Duplessy. J’habite Paris où j’exerce une double activité professionnelle et où je vis en couple. Je suis sophrologue et hypno-nutritionniste.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis sophrologue et hypnonutritionniste depuis 2015 . J’exerce le vendredi et le samedi en cabinet . Ce n’est donc pas mon activité principale laquelle consiste à monter des campagnes de prévention santé.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Je me suis formée en parallèle de mon activité professionnelle. J’ai pendant plusieurs années suivi de nombreux cursus (école centrale d’hypnose, école de Catherine Aliotta, méthode Chataigner..). Je ne me sentais jamais suffisamment armée… Jusqu’à ce que je décide de me spécialiser dans un domaine précis : la gestion du poids. Un Français sur deux étant en surpoids, je sentais que j’allais être utile en transmettant une méthode efficace qui allie nutrition, nutritherapie, hypnose et psychologie. C’est d’ailleurs bien plus qu’un moyen de retrouver un poids de forme . C’est une véritable méthode de prévention santé et une arme anti vieillissement.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

D abord grâce à la communication autour du réseau des hypnonutritionnistes de la méthode Chataigner( articles presse…). Ensuite le bouche à oreilles.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

La sensation d’avoir un métier qui a du sens et le bonheur d’accompagner des consultants vers un mieux être.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La peur de ne pas être à la hauteur. C’est pourquoi je me forme quasiment en continu.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?
Qu’ils soient curieux et toujours prêts à découvrir d’autres pratiques.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Développer encore mon activité, et pourquoi pas développer une carrière de conférencière à l’international… mais il y a encore du travail !

Quelques mots sur Omyzen ?

Un support spécialement dédié aux thérapeutes est très appréciable. Travailler en libéral est un peu solitaire. C’est pour cette raison d’ailleurs que je garde un pied en entreprise. J’aimerais qu’Omyzen organise des événements autour de thématiques précises.

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

Mon site est en cours de refonte, vous pouvez me retrouver sur Facebook : Christine Lucia Duplessy, hypnonutrition, conception programmes Bien-être

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Se former à la sophrologie : définir son projet

Témoignage de thérapeute : Sophie Buttafoghi, sophrologue énergéticienne

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour je me présente: Sophie Buttafoghi, mariée, deux enfants. Je suis actuellement domiciliée dans le département des Yvelines (78). Je suis sophrologue et je pratique les soins énergétiques.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

J’accompagne les patients par la pratique des soins énergétiques. J’exerce également la sophrologie, les deux approches se complétant parfaitement. Je reçois actuellement à mon domicile mais je suis en cours de recherche pour la location d’un cabinet.
Mon parcours en tant qu’énergéticienne est atypique car essentiellement autodidacte. Jeune, je ressentais naturellement les énergies, et un parcours familial qui a nécessité soins, intuition et attention m’a conduit naturellement à croire en cette forme de thérapie, et à la développer selon mes capacités propres, avec le complément de stages et séminaires. J’ai complété mon parcours avec un diplôme en sophrologie et relaxation en 2014. Ce n’est pas actuellement mon activité principale mais cela le deviendra certainement !

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

L’autorisation que je me suis donnée d’être thérapeute a été possible suite à un « départ programmé » à mon ancien travail. C’était davantage un appel du cœur et de l’âme qu’une décision mentale, ce dernier s’étant chargé souvent à me faire douter ! Là à résidé, personnellement, la principale difficulté.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

La connaissance de ma nouvelle activité s’est faite dans un premier temps par « le bouche à oreille » et la confiance de proches en proches.
Ensuite j’ai ressenti le besoin d’une forme « d’identité » avec la réalisation de carte de visites, logo, tracts…
La création du site internet est intervenue un peu plus tard dans ma communication. De mon expérience il est davantage un support explicatif de la thérapie proposée qu’un moyen immédiat de trouver un praticien; ce sont davantage les annuaires et le référencement qui remplissent ce rôle.
Pour le patient c’est une prise de connaissance avec le thérapeute et son univers, qui vient confirmer (ou infirmer) le choix de demande de rendez-vous de la personne. Souvent il est ressenti une forme « d’attraction » ou de « confiance intuitive » ou non à la lecture du site.
A mon sens c’est la somme de tous ces moyens mis bout à bout, mais également de la concordance entre le contenu du site et les soins du praticien, que la patientèle se construit et se nourrit.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Je ne vis pas forcément les choses en « points positifs » ou « négatifs » mais plus sur une échelle de « bien-être » dans la pratique des soins.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La difficulté principale a été de me sentir légitime. Ce sentiment de légitimité s’est installé petit à petit par la richesse des échanges avec les patients et la pratique du non-jugement envers moi-même.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Le conseil pour les aspirants thérapeutes est d’être en contact avec leur cœur pour avant tout ne pas faire « fausse route avec soi-même ». Ce métier nous amène constamment à des « retours à nous », à notre histoire personnelle.
Ceci me semble un point essentiel : choisir ce métier par le cœur, et dans l’humilité et la joie.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

J’ai créé un livret sur les bénéfices de la sophrologie pour les enfants ou adultes porteurs d’un handicap. J’aimerais donc de tout cœur ouvrir et faire communiquer les univers de chacun. Je suis également en ce moment en démarche pour introduire l’énergétique dans le milieu hospitalier.

Quelques mots sur Omyzen ?

Je suis en pleine découverte de votre site. J’apprécie son approche, ses différents conseils et cette mise en relation saine et claire.

Encore un mot à ajouter ?

La vie de thérapeute est une magnifique aventure Humaine, qui nous emmène au cœur des richesses d’autrui et de nous-mêmes également.
C’est éprouvant souvent de toucher la souffrance, la douleur mais tellement émouvant aussi d’accompagner l’Autre dans le re-découverte de son monde intérieur guérisseur. Car c’est bien le patient qui se guérit … nous sommes pour eux des boussoles … lumineuses ! qui les aident à reprendre le cap de la confiance et de l’amour de soi.

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

Témoignage de thérapeute : Estelle Tournois, sophrologue relaxologue

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour ! Je m’appelle Estelle Tournois, je suis thérapeute, mariée et maman de trois enfants de 14, 11 et 6 ans. Je vis en Saône-et-Loire. Je suis sophrologue relaxologue.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis sophrologue relaxologue et praticienne en Reiki Usui et Karuna®. J’accompagne des personnes – adultes, adolescents, enfants – qui ont besoin de reprendre leur équilibre en main. J’utilise pour cela plusieurs techniques – respiration, relaxation, sophrologie, des techniques de Brain Gym® et des techniques énergétiques, comme le Reiki. J’exerce mon activité en cabinet depuis deux ans, dans un centre pluridisciplinaire de santé naturelle, le Centre Epione, situé à Givry, au cœur du vignoble bourguignon. Je travaille à temps partiel au cabinet, trois jours par semaine et je me déplace pour des interventions en entreprise ou dans les établissements scolaires.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Avant de mettre en place cette activité, j’ai exercé plusieurs métiers : documentaliste en entreprise dans l’industrie agro-alimentaire puis automobile, chef de projet nouvelles technologies puis enseignante documentaliste dans un lycée professionnel. A la naissance de mon 3e enfant, j’ai pris un congé parental et j’ai mis ce temps à profit pour me former afin d’adapter ma vie professionnelle à mes aspirations et à ma vie de famille.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Lorsque j’ai démarré mon activité, j’ai d’abord commencé par m’inscrire sur les pages jaunes, mettre en place un site internet et une page Facebook, distribuer des cartes de visite et prendre contact avec des professionnels de santé et des thérapeutes pour me faire connaître. Le bouche à oreille et les relations avec les autres praticiens du centre pluridisciplinaire ont fait le reste…

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Faire un métier qui a du sens et dans lequel on se sent épanoui et libre.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Les principales difficultés au départ sont d’allier plusieurs métiers en un : il faut connaître sa pratique, mais aussi gérer des aspects administratifs, faire de la communication…ce qui n’est pas forcément évident au départ.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Observer l’environnement dans lequel on va évoluer et faire l’état des lieux des thérapeutes existants sur le secteur. Bâtir un projet solide et professionnel pour ne pas se retrouver démuni lors du démarrage de l’activité. Bref, savoir où on met les pieds !

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Continuer à développer mon activité et à développer le centre pluridisciplinaire, notamment par la mise en place de conférences, d’ateliers collectifs.

Quelques mots sur Omyzen ?

Je trouve ce projet très intéressant. Tout ce qui permet de se mettre en réseau, d’échanger, de mutualiser les idées et les pratiques me semble important. Pour avancer, il faut le faire ensemble !!

Et pour finir ?

Merci à vous pour cette initiative de demander des témoignages. Cela permet d’avoir une ouverture sur les pratiques et surtout une vision humaine des différents projets.

Précisez le lien vers votre site internet ou page Facebook

https://www.sophrorelax71.fr/

https://www.facebook.com/EstelleTournoisSophroRelaxologue/

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