Podcast : Interview de Magali Poirier, énergéticienne et enseignante de Qi Gong

INTERVIEW OMYZEN : Écoutez en Podcast et en intégralité, le témoignage de Magali Poirier. Elle nous parle des effets du Gi Gong thérapeutique sur son état de santé et son parcours d’énergéticienne.

« Le Qi Gong est vraiment venu rajouter un plus, notamment au niveau de la sensibilité énergétique, c’est quelque chose qui s’est déployé à une vitesse incroyable et de manière assez phénoménale. »

Témoignage de Stéphanie Segura, assistante de direction reconvertie en psycho-énergéticienne

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour, je suis Stéphanie Segura. J’habite à Toulouse « la ville rose » dans le département de la Haute-Garonne. Je suis divorcée et maman de 2 enfants. Je suis psycho-énergéticienne.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis psycho-énergéticienne, Maître Reiki, Facilitatrice et Praticienne des Processus Corporels Energétiques d’Access Consciousness (modalité Américaine). Avec ces différentes techniques énergétiques et les outils de développement personnels auxquels je suis formé je propose des accompagnements dans la gestion du stress, de la douleurs, de la dépression, des addictions et dans la perte de poids. J’ai installé mon cabinet à mon domicile depuis le début de l’année. Je propose des séances individuelles et des formations sur Toulouse et sa banlieue.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Avant ma reconversion, j’exerçais en tant qu’Assistante de direction dans la fonction publique territoriale. Cet emploi ne me convenait plus, il ne m’apportait pas l’énergie d’expansion et de créativité que je recherchais. Depuis plus de 2 ans j’ai débuté mon parcours de formation dans les différentes techniques énergétiques auxquels je souhaitais être formée. La difficulté rencontrée lors de ma reconversion a été de trouver les investissements pour financer toutes mes formations. La seconde difficultés rencontrée a été de faire accepter ma décision à mon entourage. Quitter « la sécurité de l’emploi » quand on vit seule avec 2 enfants à charges et « sauter dans le vide » pour enfin créer sa réalité ! Pas envisageable pour la plupart. Certes très inconfortable par moment…mais tellement excitant, vivant et créateur de CHOISIR sa vie hors des limitations de cette réalité !

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Flyers, site internet, Facebook, bouche à oreille et article dans magasine. Je commence à avoir des contacts.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Tellement de gratitude pour ce métier. On facilite le bien-être, la joie et l’aisance dans la vie et le corps des personnes.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La principale difficultés et la communication. Comment communiquer efficacement sur son activité et se faire connaitre. Je suis entrain de revoir tout cela.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

C’est un métier fabuleux et tellement gratifiant. Même si les débuts pour s’installer sont un peu inconfortables…si c’est votre choix alors allez y et engagez vous totalement et tout s’ajustera et vous comblera au delà de tout ce que vous avez pu imaginer.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Expanser mes formations sur des thèmatiques spéciales « Corps et Poids » « Corps et Santé » et développer mon accompagnement auprès des enfants diagnostiqués TDA, TDAH, DYS et Autiste au travers des séances individuelles et formations. A plus long terme, ouvrir un institut de « Bars® » qui est le processus corporel principal d’Access Consciousness. Il agit sur la libération des mémoires cellulaires…technique puissante et transformationnelle qui change la vie des gens !

Quelques mots sur Omyzen ?

Omyzen me permet de rencontrer d’autres thérapeutes, de connaître d’autres disciplines, de lire des articles et des témoignages sur les thérapies alternatives. Un lieu d’échanges très appréciable et bien mené !

Un lien vers votre site ou compte facebook ?

Site : www.stephanie-segura.com

Facebook :www.facebook.com/stephanie.segura.

Merci pour cette initiative et de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer.

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Les bienfaits du Qi Gong pour les thérapeutes alternatifs : Interview de Magali Poirier

Magali Poirier bonjour, merci d’accorder cette interview à Omyzen.

Bonjour !

Donc, vous êtes actuellement prof de Qi Gong et énergéticienne

C’est ça, oui, j’enseigne la Qi Gong depuis à peu près 5 ans et en ce qui concerne les soins énergétiques ça fait à peu près 7/8 ans.

Et vous exerciez une autre activité avant ?

Oui, alors avant j’étais assistance sociale jusqu’en 2010 et j’ai travaillé une quinzaine d’année dans ce secteur d’activité, dans lequel j’étais plutôt à ma place dans les premières années, et petit à petit je me suis rendue qu’il y avait d’autres choses qui m’animait et puis surtout une perte de cohérence et de sens dans ce métier.

Et comment vous avez découvert le Qi Gong ?

Alors, le Qi Gong c’est venu au cours d’une formation. Cette formation a débuté juste après ma décision d’arrêter cette profession que j’exerçais. En tant qu’assistante sociale je faisais essentiellement des remplacements et un jour je me suis dit il faut que j’arrête parce que je sentais que c’était plus ma place. Et parallèlement, j’étais déjà très intéressée par tout ce qui était énergétique, j’étais déjà initiée au deuxième degré de Reiki. J’ai dû rempiler sur un dernier contrat à un moment où j’avais décidé d’arrêter. Donc ce n’était certainement pas très juste, et deux mois après le début de ce contrat, j’ai eu un accident de voiture assez grave. Ça a été traumatisant et là j’ai compris que ce n’était pas juste de continuer, j’ai donc terminé mon contrat après 6 semaines d’arrêt et là je savais qu’il fallait que j’arrête. Et c’est à partir du moment où j’ai lâché totalement, cette période de travail, que j’ai pu entrer dans cette nouvelle vie. Mais j’insiste sur le fait que c’était vraiment important de lâcher d’abord, pour que le reste arrive. C’est donc à ce moment-là, lors d’une séance d’osthéo, due à l’accident, que j’ai vu une formation, en thérapie énergétique et là très intuitivement, j’ai senti que c’était pour moi. Mais à ce moment-là je ne savais pas encore vraiment de quoi il s’agissait.

Et donc vous avez commencé à faire cette formation ?

Voilà, j’ai entrepris cette formation, qui a duré 3 ans et au cours de cette formation on avait des cours de Qi Gong . Et là ça a été une deuxième révélation. Alors moi j’avais fait beaucoup de danse auparavant. Et le Qi Gong est venu un petit peu comme une espèce de synthèse, entre l’énergétique et le mouvement, la danse.Dès ma première approche avec le Qi Gong j’ai ressenti des choses très fortes. Je me suis dit « wow, c’est quoi ce truc ?! ». A partir de là j’ai commencé à prendre des cours et ça c’est fait parallèlement en début de ma pratique en thérapie énergétique.

Vous avez aussi eu des soucis physiques que le Qi Gong a pu soulager ?

Oui, parallèlement à tout çà, j’arrivais à un âge et puis c’était sans doute une tendance, une petite faiblesse chez moi, j’ai commençais à avoir des problèmes articulaires et certains médecins me prédisaient un avenir très difficile : arrêter de travailler, voir fauteuil roulant, etc. et en fait j’ai décidé de ne pas trop renter dans leur jeu. En même temps, c’est vrai que ça m’avait un petit peu perturbée et la pratique du Qi Gong a été vraiment pour moi salvatrice. Je suis convaincue que c’est ce qui m’a permis d’en être là où j’en suis arrivée aujourd’hui à savoir en très bonne santé et voir même mieux qu’avant. Même si j’ai encore quelques petites douleurs, indéniablement, la pratique du Qi Gong m’a permis de ne pas rentrer dans cette maladie. Pour moi il n’y a pas de doute là-dessus.

Et vous avez expérimentez des fois où vous aviez des douleurs et où le fait de pratiquer vous enlevait les douleurs.

Oui le Qi Gong est par définition thérapeutique. On peut le pratiquer simplement pour du bien-être, mais de toute façon, quelles que soient les raisons pour lesquelles on va pratiquer, aucun mouvement n’est fait par hasard. Chaque mouvement a un but thérapeutique puisqu’il va agir sur des méridiens et donc de fait, on va travailler sur les organes, les os, les muscles et donc on va avoir de toutes façons, un effet thérapeutique. Après quand on est conscient des vertus du Qi Gong, on va orienter en pratiquant plutôt des mouvements qui vont travailler sur tel organe, telle pathologie, etc. Et bien sûr moi j’ai travaillé sur le foie, le Qi Gong des tendons et des muscles, des mouvements qui allaient m’aider sur mes problèmes physiques et ça a eu des effets spectaculaires, que j’ai vérifié sur moi mais que j’ai pu vérifier aussi sur mes élèves. J’enseigne depuis 5 ans donc je peux voir vraiment l’évolution et je vois des gens arriver avec des postures pas très justes, des pathologies, des déséquilibres physiques et psychologiques. Des gens arrivent dans des états de stress et quelques mois ou années plus tard, je vois des corps s’alléger, des postures s’ajuster, je vois des états psychologiques se tranquilliser. Je vois vraiment des résultats étonnants.

Vous donnez plusieurs cours hebdomadaires et vous avez aussi un accompagnement individuel ?

C’est ça, je n’avais pas vraiment prévu de faire çà et j’ai eu des demandes. Je fonctionne beaucoup à la demande, en tant que thérapeute et enseignante je trouve que c’est vraiment intéressant. Donc suite à des demandes j’ai mis en place des ateliers hebdomadaires. Ça peut être des gens qui suivent les cours hebdomadaires et qui n peuvent pas venir tout le temps et qui ont besoin de rattraper parce qu’elles sentent bien qu’elles vont être en difficulté, ça c’est une des premières raisons. La deuxième raison, ce sont des personnes qui ont des pathologies : un problème à l’épaule ou d’autres pathologies, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques. Elles vont utiliser le Qi Gong, alors bien sûr à côté d’autres pratiques, d’autres thérapies, et vont l’utiliser vraiment à but thérapeutique. J’ai l’exemple d’un vieux monsieur, c’est sa femme qui m’a contactée parce qu’elle avait entendu parler des bienfaits du Qi Gong. Ca fait presque un an que je vais chez lui chaque semaine et c’est assez étonnant les transformations physiques et psychologiques chez cet homme-là. Il était au départ très renfermé sur lui, il ne souriait pas beaucoup, il tremblait beaucoup. On a travaillé de manière spécifique sur ses tremblements, sur l’équilibre, sur la fluidité, la lenteur et aussi la tranquillité de l’esprit, toutes ces choses qu’on travaille en Qi Gong et c’est vraiment étonnant de voir les résultats.

Vous l’avez vu se transformer ?

Oui carrément, c’est un monsieur qui se tient droit, il est souriant. C’est les voisins qui le disent tout le monde dit « Qu’est-ce qui se passe avec ce monsieur ? » Alors, c’est en complément d’autres thérapies, mais il y a vraiment des choses super super intéressantes. Et en même temps un plaisir dans l’instant. C’est vraiment un art qui se pratique dans la souplesse, dans la tranquillité et dans le plaisir. Bien souvent, assez rapidement, on ressent des choses quand on le pratique et c’est vrai qu’on ressort souvent d’une séance dans un état de détente vraiment intéressant. Et par rapport à ma pratique d’énergéticienne, qui est parallèle, le Qi Gong est vraiment venu rajouter un plus, notamment au niveau de la sensibilité énergétique, c’est quelque chose qui s’est déployé à une vitesse incroyable et de manière assez phénoménale.

Donc c’est vraiment intéressant pour n’importe quel thérapeute, de pratiquer cette discipline ?

Tout à fait, le Qi Gong et notamment celui que j’enseigne, la pratique du Wu Dang, qui est un Qi Gong très interne et qui travaille beaucoup sur les énergies notamment au niveau des mains. On s’en rend compte physiquement, à la fin d’un cours, ça foisonne, au niveau des extrémités. C’est vraiment un plus pour toutes les personnes qui travaillent avec leurs mains, que ce soit les magnétiseurs, les masseurs, même les ostéopathes, et bien sûr la pratique du ReiKi, pour moi c’est vraiment venu renforcer cette pratique là. Pour moi c’est totalement cohérent, il y a vraiment quelque chose qui vient renforcer cette capacité à transmettre l’énergie.

Et pour les thérapeutes qui sont dans des thérapies corporelles ou énergétiques, est-ce que ça peut aussi les aider à être plus ancré, plus centré ?

Oui tout à fait, une des particularités, des bienfaits du Qi Gong, c’est vraiment cette capacité à être ancré. C’est quoi l’ancrage ? Ca se passe au niveau du mais ça a forcément des effets sur la confiance. Je vais parler de mon expérience personnelle, outre les bienfaits énergétiques et la facilité peut être à transmettre l’énergie par les mains, c’est aussi comment, avec cet ancrage, j’ai de plus en plus, pris confiance en moi. L’ancrage c’est se solidifier à l’intérieur. C’est comme un arbre. Quand un arbre est bien ancré, que ses racines sont bien profondes, il peut lui arriver n’importe quoi, ça va se balancer mais la structure est toujours là. Il y a une confiance absolue, on sait que ça va marcher. Et moi ça m’a beaucoup aidé dans ma pratique, en tant qu’énergéticienne mais aussi dans d’autres domaines. L’ancrage, c’est comment, quand je suis bien ancré et que j’ai confiance, quoi que je fasse, ça va être juste, parce que je suis vraiment dans mon ancrage, ma verticalité et dans la justesse. Donc forcément ce qui va arriver ça va être juste et cohérent, donc oui je pense que pour tout un chacun peut-être particulièrement pour des thérapeutes, ça va être une pratique qui va permettre de plus en plus de lâcher prise et d’être en confiance dans sa propre pratique. Je vais rajouter aussi, un troisième volet qui s’est rajouté récemment. Pour les personnes qui travaillent avec le son, alors moi c’est plus le chant spontané. J’ai remarqué à quel point cette pratique du Qi Gong m’a aidé à apporter plus de fluidité dans cette pratique du son et de l’expression de la voix.

Ça vous a aidé dans le chant d’improvisation ?

Oui tout à fait, c’est toujours cette histoire de confiance. Je commence à guider des ateliers de chant improvisé c’est ce je transmets et c’est parce que moi je sens de plus en plus mon ancrage que je peux aussi transmettre ça. Je pense que c’est aussi très important.

Aujourd’hui, votre activité se déploie de plus en plus, vous parlez du chant, et depuis 4 ans, vous organisez aussi des voyages au Maroc où vous proposez justement des ateliers de Qi Gong et de chant. Alors, comment vous êtes venue à organiser ces voyages ?

La seconde partie de cette interview – portant plus spécifiquement sur l’organisation de voyage à thèmes par les thérapeutes – sera publiée le mois prochain. Restez connectés !

En attendant, vous pouvez aller visiter le Site de Magali Poirier et lire aussi :

Les 4 temps du diagnostic chinois : une source d’inspiration pour cerner vos patients

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Les 4 temps du diagnostic chinois : une source d’inspiration pour cerner vos patients

La médecine traditionnelle Chinoise est un art dont les origines remontent à plus de 3000 ans. Elle n’a cessé de se perfectionner et de s’adapter au fil des siècles, jusqu’à aujourd’hui où elle démontre son efficacité avec des résultats spectaculaires concernant notamment le domaine de l’anesthésie. La théorie fondamentale sur laquelle elle se base rejoint les conceptions holistiques modernes qui constatent l’influence de l’environnement, du mode de vie ou encore des émotions sur notre santé.

Le diagnostic, ou Bilan Energétique, est la première étape d’un soin en Médecine Chinoise. Il s’agit de recueillir un maximum d’informations pertinentes sur le patient, en prenant en compte aussi bien son âge, que son activité quotidienne, ses antécédents familiaux ou encore l’état psychologique dans lequel il se trouve. Toutes ces données ainsi recueillies sont classées selon 8 critères, afin de définir un syndrome qui déterminera le principe de traitement à appliquer pour régulariser l’individu dans son ensemble et lui permettre de retrouver un état d’équilibre naturel.

Sans forcément rentrer dans les complexités de la médecine chinoise, tout thérapeute alternatif qui reçoit des personnes dans son cabinet gagne à connaitre les étapes du bilan énergétique chinois, afin de récolter des informations capitales à côté desquelles ils serait peut-être passé et d’enrichir sa propre méthode de diagnostic.

Petite base théorique pour comprendre le bilan énergétique :

La médecine traditionnelle chinoise part du principe que tout ce qui existe sur terre est composé de 5 éléments : l’eau, le bois, le feu, la terre et le métal. Au-delà de leur aspect concret, ces éléments servent à symboliser différentes énergies agissantes visibles dans la nature et (donc) dans l’humain. Ainsi, le bois par exemple, est associé au printemps, à la croissance, au lever du jour, à l’organe du foie, à l’émotion de la colère et à bien d’autres catégories. Ces 5 principes interagissent en permanence au sein de notre organisme, s’engendrant et se restreignant mutuellement. Quand tous ces éléments sont en équilibre au sein d’une personne, elle est dans un état de bonne santé physique, émotionnelle, intellectuelle. Mais si une agression extérieure ou un excès émotionnel vient perturber cet équilibre, la maladie ou les troubles de l’humeur et du comportement se manifestent. On parle alors de plénitude ou de vide. Par exemple, une personne souriante et dynamique aura un « bon niveau » de feu en elle, mais si elle a le visage très rouge, qu’elle est surexcitée, parle fort, bouge beaucoup et part dans des fou rires incontrôlables, on peut supposer qu’elle a un excès de feu. On parle alors de « chaleur plénitude du Coeur ».

Le Bilan Energétique chinois se déroule en 4 temps. Nous les mettons ici les uns après les autres, mais dans la pratique, le thérapeute porte son attention sur ces différents objets simultanément ou en faisant des aller-retour.

1) L’observation :

Il s’agit de regarder attentivement tout ce qui se dégage de la personne. Chaque détail est une source d’information pourvu qu’on sache l’interpréter. Certes, quand votre patient entre dans votre cabinet vous le voyez, mais avez-vous pensé à regarder consciemment :

  • La démarche (dynamique, calme, fuyante, pesante….)
  • Les attitudes (immobilité, balancements, tremblements, tics, mouvements de mains…)
  • La posture (raide, avachie, recroquevillée…)
  • La morphologie (en 8, en X, en A…)
  • Le style vestimentaire (décontracté, chic, sportif, …)
  • La peau (sèche, marquée, acné, cicatrices, luisante, fine…)
  • Le teint du visage (éclatant, terne, verdâtre, rougeau, …)
  • Les yeux (mi-clos, cernés, exorbités, rouges…)
  • Le regard (fixe, mobile, absent, pénétrant…)
  • Les cheveux (secs, fournis, ternes, brillant, clairsemés…)
  • Les lèvres (pâles, crevassée, gercées, tremblantes, rouges vif…)

Les médecins chinois regardent également avec attention la gorge, les gencives et surtout la langue, qui donne une foule d’information sur l’état des organes et des entrailles.

2) L’audio-olfaction

Pour ce qui est de l’olfaction, vous n’allez pas renifler vos clients ! Cependant, si une odeur forte se dégage d’eux, par la transpiration, l’haleine ou les flatulences, sachez que c’est souvent un signe de chaleur, notamment au niveau de la sphère digestive.

L’audition c’est le fait de prêter l’oreille autant à la nature même du discours de la personne – est-ce qu’il est cohérent ? désordonné ? Logorrhéique ? – qu’à sa forme – la voix est-elle rauque, étouffée, tremblante, forte… ? Et c’est aussi le fait d’écouter tous les autres sons qu’elle peut émettre :

  • La respiration (bruyante, sifflante, courte, haletante, …)
  • Les bruits intestinaux (gargouillis et compagnie..)
  • Les bruits de bouche (soupirs, rires, raclements de gorge, éternuements…)
  • Toux, hoquets, éructation…

Ainsi, en aillant la personne au téléphone pour la première fois au moment de la prise de rendez-vous, rien qu’en l’écoutant vous pourriez déduire beaucoup de choses de son état physique et mental.

3) La palpation

Cette étape concerne plus les médecines manuelles ou les thérapies qui vont intervenir vraiment sur le corps de la personne. La palpation consiste à toucher différentes parties du corps pour observer leur nature (froid, chaud, tendu, mou…) et leur réactivité (le toucher procure un soulagement, une douleur, une gêne, un picotement local ou distal…)

En Chine, les médecins peuvent être amenés à palper :

  • L’ensemble du corps et en particulier les extrémités et le ventre
  • Certains points révélateurs de l’état des organes et des entrailles (points Shu, Mu, Yuan…)
  • Les points douloureux (ou point « sonnettes», parce que quand on appuie dessus ça produit le son « Aïe ! »)
  • Les zones réflexes (pieds, mains, visages, oreilles…)
  • Les pouls radiaux: la fameuse prise du pouls chinois qui permet aux médecins les plus expérimentés de dire à une femme qu’elle est enceinte alors que ce n’est pas encore visible, voire de lui annoncer le sexe de l’enfant à venir !

En tant que thérapeute alternatif, le contact avec le corps, établi dans un cadre précis, peut vous permettre de mettre en lumière certaines problématiques inhérentes à la personne. Le touché est révélateur de nombreuses thématiques : le manque affectif, le rapport aux autres, un stress, une colère rentrée, etc…

4) L’interrogatoire

Si l’observation et l’audio-olfaction sont des outils de recueil de signes que vous utiliseraient sans forcément que votre patient ne s’en rende compte, l’interrogatoire est vraiment la trame qui va guider l’interaction avec le patient, tout au moins pendant la phase de prise de contact. Même dans les soins qui se font plutôt en silence (Reiki, massage…), il y a toujours une étape de discussion préalable pour déterminer les besoins de la personne qui vient vous voir.

Pour enrichir votre grille de questions et affiner vos investigations, vous pouvez puiser dans le questionnaire propre au diagnostic chinois :

En premier lieu, le thérapeute part de la demande de son patient :

  • Quel est votre problème ? (vous venez pourquoi ?)
  • Depuis combien de temps vous avez ce problème ?
  • Comment s’est arrivé ?
  • Comment ça a évolué ?
  • Est-ce que vous avez déjà entrepris des actions pour le résoudre ?
  • Quels résultats ça a donné ?
  • Qu’est-ce qui améliore/aggrave ce symptôme ?
  • Quel est votre objectif/attente/besoin aujourd’hui ?

Puis il remet ce problème dans le contexte de vie du patient :

  • Est-ce qu’il y a ce genre de problème dans votre famille ?
  • Avez-vous d’autres symptômes/déséquilibres ?
  • Avez-vous des antécédents ? (son passé)
  • Quelle est votre situation socio-professionnelle? (âge, lieu de vie, profession, situation familiale, classe sociale…)
  • Quel est votre mode de vie ? (rythme de travail, sommeil, loisirs, repas, activité physique, sexualité, relationnel, cadre de vie…)
  • Est-ce que vous avez vécu des chocs, évènements traumatisants ? Est-ce que des situations vous causent du stress, de la colère, de la frustration, de l’inquiétude… ?

Pour approfondir l’état de santé du patient, le médecin chinois pose aussi des questions concernant :

  • L’appétit et les saveurs qui attirent le plus la personne
  • La digestion, les selles et urines
  • La relation au chaud et au froid (frilosité, transpiration…)
  • Les douleurs (localisation, nature, intensité…)
  • La qualité du sommeil
  • Les organes des sens (vue qui baisse, acouphènes, perte d’odorat…)

Sans oublier les questions spécifiques :

  • Aux femmes (menstruations, grossesses, allaitement…)
  • Aux hommes (troubles de la sphère génitale…)
  • Aux enfants (gestation, naissance, âge du langage, vaccinations, maladies infectieuses…)

Pour le thérapeute en énergétique chinoise toute ces informations collectées (signes et symptômes) vont être classées selon 8 critères (les « 8 règles ») :

YINFROIDVIDELI
YANGCHAUDPLÉNITUDEBIAO

Ainsi, une maladie chronique est classé « LI », un teint bleuté va signer la présence de FROID, une extrême fatigue nous orientera vers un état de VIDE, une insolation sera une pathologie dite YANG.

L’interprétation synthétique de toutes ces données va permettre de dresser un tableau appelé SYNDROME. Le thérapeute va par exemple déduire que la personne a un « Vide de Qi de la Rate » ou une « stagnation du Qi du Foie ».

Il va rétablir l’équilibre en tonifiant, en dispersant ou en harmonisant. Pour cela, il peut utiliser différents types de traitement :

  • Acupuncture
  • Tuina (massage chinois)
  • Médecine manuelle (ancêtre de l’ostéopathie)
  • Moxibustion (chauffer avec une plante, l’armoise)
  • Ventouses
  • Pharmacopée

Maintenant que vous en savez plus sur le bilan énergétique chinois, quels sont les éléments que vous pouvez prendre en compte pour étoffer votre approche thérapeutique ?

Et suivant la discipline que vous pratiquez, quelles clefs vous ont été données en formation pour évaluer l’état de votre patient ? Qu’est-ce que vous avez ajouté par vous-même pour faire le point en début de séance ? N’hésitez pas à partager votre expérience avec la communauté Omyzen !

Ce temps de bilan participe également à l’instauration du cadre thérapeutique, pour en savoir plus vous pouvez aussi lire : Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

La médecine chinoise : pour quoi? comment?

Le sport ne guérit pas le cancer, mais il peut y aider

Le sport ne guérit pas le cancer, mais il peut y aider

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Les études scientifiques montrent qu’une activité physique suffisamment régulière et bien dosée contribue à lutter efficacement contre le cancer.
Shutterstock

Gregory Ninot, Université de Montpellier

Le sport devient un atout pour lutter contre le cancer. Des associations proposent aux patients de pratiquer le karaté ou le tai-chi. Des centres spécialisés contre le cancer comme l’institut Curie organisent des cours collectifs de gymnastique ou d’endurance. Des sociétés montent des séances d’exercices en visioconférence, comme V@si. Et des fédérations sportives, par exemple celle du tennis, proposent des sessions spécifiques pour ce public.

Suivre un programme d’activité physique adaptée est l’une des nombreuses « médecines douces » auxquelles on peut recourir dans cette maladie, en complément des traitements. Son intérêt sera débattu lors du congrès scientifique sur l’efficacité des interventions non médicamenteuses dans le cancer, qui se tient le 23 mars à Montpellier, à l’initiative de la Plateforme CEPS.

Car aujourd’hui, tout se dit, tout s’écrit sur les bienfaits du sport contre le cancer – trop souvent sans arguments scientifiques suffisants. L’analyse des études disponibles permet pourtant aux patients de savoir quoi attendre de leur investissement. Si le sport ne guérit pas du cancer, certains programmes d’activité physique peuvent y aider – preuves à l’appui.

L’activité physique, longtemps considérée comme accessoire

Petit retour historique. Avant les années 1980, l’activité physique ne suscitait aucun intérêt de la part des professionnels en charge des cancers en France. Priorité était donnée aux traitements : chirurgies, radiothérapies et chimiothérapies – le reste était accessoire. Et ceci à juste titre, au regard des progrès qui avaient été réalisés dans le domaine.

Des hôpitaux spécialisés ont été créés dans les plus grandes villes, les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC), pour répondre au flux croissant de patients dépistés de plus en plus précocement, et pour installer les plateaux techniques dans des locaux appropriés.

Entre 1980 et 2000, des équipes ont lancé les premières recherches cliniques, notamment au Canada et aux États-Unis. Un essai prospectif publié en 1999 par un scientifique américain a montré par exemple une amélioration de la qualité de vie de 27 patientes traitées par chimiothérapie pour un cancer du sein, grâce à un programme d’activité physique de huit semaines réalisé à domicile.

Des premières études dans le cancer du sein surtout

La plupart des études disponibles durant cette période était des études pilotes, avec de nombreuses limites méthodologiques. On y trouvait une prédominance du cancer du sein – la tentation étant grande, alors, d’extrapoler les résultats à tous les cancers. Les activités physiques analysées étaient très différentes les unes des autres. Et elles étaient amorcées à des moments différents de la prise en charge du patient : juste après l’annonce du diagnostic, avant le début du traitement, après le traitement.

Une revue de la littérature scientifique publiée en 1999 confirme cependant l’impact significatif de l’exercice physique sur la qualité de vie liée à la santé pour les patients. À l’époque, l’activité physique avait pour objectif d’améliorer la qualité de vie mais aussi l’estime de soi, mise à mal par des traitements agressifs faisant perdre des cheveux notamment.

Prendre du plaisir à faire du sport était l’essentiel. On laissait donc le choix de la pratique au patient, dans l’idée qu’il reprenne confiance en lui et rompe avec l’isolement. Cette pratique se faisait essentiellement à domicile, encouragée par des professionnels de santé et quelques oncologues pionniers. Les messages de santé étaient assez basiques. Qualifiés d’hygiéno-diététiques, ils pourraient se résumer aujourd’hui par la phrase : « il faut bouger plus avec un cancer ».

Réduire la fatigue, la douleur, l’anxiété

À partir des années 2000, l’activité physique devient un « soin de support » à part entière. C’est-à-dire qu’elle entre dans « les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades tout au long de la maladie ». Les recommandations officielles indiquent de la débuter le plus tôt possible après l’annonce du cancer au patient.

L’activité physique adaptée est devenu un « soin de support » à part entière dans le traitement du cancer.
Shutterstock

L’ambition est triple. D’abord, réduire les symptômes induits par les traitements et le cancer lui-même comme la fatigue, la douleur, l’anxiété, la dépression, les nausées, les troubles du sommeil, les lymphœdèmes (gonflement lié à une mauvaise circulation de la lymphe) et les neuropathies (affection des nerfs). Ensuite, améliorer l’état général, la condition physique et la composition corporelle – c’est-à-dire favoriser la prise de masse musculaire au détriment de la masse graisseuse, en particulier abdominale. Enfin, prévenir le déconditionnement physique, c’est-à-dire le cercle vicieux conduisant à l’inactivité physique avec toutes ses répercussions physiologiques (atrophie musculaire par exemple) et psychologiques (perte de confiance en ses capacités physiques). Ce déconditionnement est un facteur de mauvais pronostic, de moindre efficacité des traitements et de mortalité plus élevée.

Des essais randomisés contrôlés sont alors menés, avec des conclusions convergentes montrant la réduction de la fatigue et des symptômes anxio-dépressifs, l’amélioration de la condition physique et la prévention du déconditionnement. Une succession de méta-analyses est venue apporter le niveau de preuve le plus élevé, celle de 2005, celle de 2006, celle de 2009 et celle de 2011.

Bien doser l’intensité de la pratique pour ne pas épuiser le patient

Une dernière méta-analyse, publiée en 2012, particulièrement démonstrative, conclut au bénéfice d’un programme d’activité physique supervisé sur la fatigue, sur la base de 56 essais randomisés contrôlés ayant inclus 4068 patients traités pour un cancer. La pratique est encadrée pour veiller à la sécurité des participants – on tient compte par exemple du risque de problème cardio-vasculaire dû à une chimiothérapie. La supervision consiste aussi bien à doser l’intensité pour ne pas épuiser le patient durant son traitement, qu’à maintenir sa participation au fil du temps.

Actuellement, d’autres travaux sont menés sur la période de l’après-cancer, pour encourager les personnes à poursuivre une activité physique hebdomadaire régulière conforme aux recommandations. Des principes généraux établis par l’Institut général du cancer (INCa) en 2017 encadrent ces pratiques. Deux autres institutions, l’Inserm et la Haute autorité de santé (HAS), publieront leurs recommandations cette année.

Ces initiatives s’inscrivent dans un mouvement général de « sport sur ordonnance », applicable par décret depuis le 1er mars 2017. Il s’agit de la prescription médicale de programmes d’activité physique adaptée (APA) aux personnes malades chroniques. Vient s’y ajouter l’incitation à la pratique d’une APA mentionnée dans le Plan Cancer 2014-2019.

Distinguer les fausses promesses des vraies

On assiste en France à une offre pléthorique mais inégale d’activités physiques de la part des CLCC, des cliniques, des maisons médicales, des associations sportives, des associations dédiées au cancer, des entreprises du secteur du sport-santé, des start-up et des professionnels libéraux. Ce foisonnement de propositions s’accompagne parfois de promesses qui vont au-delà des connaissances scientifiques, allant jusqu’à faire miroiter la guérison ou encore la prévention de récidives.

À ce jour, il n’est pas possible de prédire de tels résultats à l’échelle d’un individu. Seules les études de cohortes, qui suivent des centaines de patients dans le temps, donnent des indications sur le rôle de l’activité physique dans la guérison. Et ce, sous forme de probabilité seulement. Par exemple, l’analyse de 24 cohortes issues de pays différents, comportant au total 35 622 patients, indique une réduction du risque de mortalité due au cancer de 38 % dans le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer de la prostate, selon les travaux d’une équipe canadienne publiée en 2016. Ce qui ne fait pas du sport un remède anti-cancer.

Des essais cliniques commencent à être menés dans le monde sur la survie et la diminution des récidives grâce à l’activité physique, en association avec les traitements conventionnels du cancer comme celle d’une équipe de l’université de l’Alberta (Canada) dans le cancer du côlon dont le protocole a été publiée en 2008. Les premiers résultats seront connus d’ici 2020. En attendant, les preuves s’avèrent encore insuffisantes pour affirmer qu’une pratique d’activité physique à une intensité et d’une façon données permet d’influer sur l’évolution d’un cancer ou sa récidive.

Agir sur l’immunité, le métabolisme, l’inflammation et la neuropsychologie

L’idée de fond est de ralentir la progression de la tumeur et de contribuer à éviter une récidive en sollicitant de manière ciblée les fonctions immunitaires, métaboliques, inflammatoires et neuropsychologiques de l’individu par une activité physique ciblée. Des progrès scientifiques et cliniques restent à faire pour comprendre les mécanismes en jeu et proposer le meilleur programme à chaque patient, en fonction de sa tumeur et de son mode de vie.

The ConversationLes espoirs de pouvoir agir un jour sur la tumeur par l’activité physique ne sont pas totalement infondés. Mais pour l’heure, ce qui est prouvé est qu’une activité physique suffisamment régulière et bien dosée permet d’améliorer la qualité de vie du patient, d’améliorer son état général de santé, de réduire les effets secondaires des traitements et de renforcer les effets de certains. C’est déjà beaucoup.

Gregory Ninot, Professeur en santé, psychologie et sciences du sport, Université de Montpellier

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Témoignage : Anna Ferragut, Praticienne en Psychopédagogie Positive

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Anna Ferragut, j’ai 46 ans, mariée depuis bientôt 20 ans et nous avons 4 enfants qui ont de 16 à 11 ans. Nous habitons en Seine et Marne. Je suis éducatrice spécialisée depuis plus de 20 ans ( en foyer d’accueil d’urgence puis en ITEP auprès d’enfants et adolescents présentant des troubles du comportement) et Praticienne en Psychopédagogie Positive depuis un an et demi .

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

J’exerce aujourd’hui en libéral mon métier d’éducatrice spécialisée et de psychopédagogue et j’accompagne des enfants et adolescents pour leur permettre de (re)trouver le goût d’apprendre. J’ai pratiqué ma première année au domicile des enfants/ados que j’accompagnais. Depuis septembre, j’ai un cabinet, mais continue aussi parallèlement d’aller à domicile.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

J’ai quitté le secteur social en institution, non pas parce qu’être auprès d’enfants et d’ado en difficultés, ne me plaisait plus, mais parce que je ne m’y retrouvais plus niveau éthique. J’ai eu la chance de pouvoir prendre ma retraite (de la fonction publique) et de m’occuper de mes enfants quelques temps. J’ai aussi profiter de cette période pour mûrir ma réflexion sur mon avenir professionnel. Lorsque la formation de psychopédagogue s’est présentée à moi, tout s’est aligné et j’ai su que c’était là ma place.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

J’ai distribué des flyers et cartes de visite, crée un site et une page Facebook, bouche à oreille…il faut du temps pour se faire connaitre, mais les choses évoluent positivement surtout depuis l’ouverture du cabinet.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Je travaille pour moi et selon ma vision des choses et ça c’est déjà énorme d’être en phase avec soi même. J’aime être en relation avec l’humain, et avancer avec les personnes que j’accompagne ensemble.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Pour moi la principale difficulté a été la communication. Mais j’y travaille 😉

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Il faut aller au bout de ses rêves et de ses envies. S’écouter, écouter son intuition et se faire confiance.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

J’espère accompagner encore plus d’enfants et d’adolescents, continuer à m’épanouir dans cette activité. Avancer aussi en faisant des conférences et laisser des petites graines de pédagogie positive 😉

Quelques mots sur Omyzen ?

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A lire également :

Témoignage de Stéphanie Segura, psycho-énergicienne

Ces femmes autistes qui s’ignorent

Ces femmes autistes qui s’ignorent

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Daria Nepriakhina/Unsplash

Fabienne Cazalis, École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

Adeline Lacroix, titulaire d’un master 1 de psychologie et elle-même diagnostiquée en 2014 autiste Asperger, travaille sur une revue de la littérature scientifique concernant les spécificités des femmes autistes de haut niveau. Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, elle s’oriente vers la neuropsychologie et les neurosciences. Associée aux travaux de Fabienne Cazalis, elle a participé à l’écriture de cet article.


Nous l’appellerons Sophie. Le portrait que nous allons dresser de cette jeune personne pourrait être celui de n’importe laquelle des femmes qui entrent, sans le savoir, dans le spectre autistique. Parce qu’elles sont intelligentes, parce qu’elles sont habituées à compenser des difficultés de communication dont elles n’ont pas forcément conscience, ces femmes passent à travers les mailles du filet encore trop lâche du dispositif national de diagnostic.

La journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, organisée le 2 avril à l’initiative des Nations Unies, se concentre pour la première fois sur l’autonomisation des femmes et des filles autistes. A cette occasion, la question préalable du sous-diagnostic chez les femmes mérite d’être posée : combien sont-elles à ignorer ainsi leur différence neurodéveloppementale ? Les études font état d’1 femme pour 9 hommes avec le diagnostic d’autisme dit « de haut niveau », c’est à dire sans déficience intellectuelle. Si l’on compare au ratio d’1 femme pour 4 hommes observé dans l’autisme dit « de bas niveau », où elles sont mieux repérées, on peut penser que beaucoup manquent à l’appel.

Sophie, donc, passe aujourd’hui un entretien d’embauche. À la voir tortiller nerveusement une mèche de ses cheveux, on pourrait la croire anxieuse, comme tout un chacun en pareilles circonstances. On aurait tort. Sophie est en réalité au bord de la crise de panique. À 27 ans, elle vient de perdre son job de vendeuse – le huitième en trois ans – car elle cumulait les erreurs de caisse. Elle qui a tant aimé ses études en mathématiques, à la fac, en ressent une honte indescriptible. Elle espère que le recruteur ne lui posera pas trop de questions à ce sujet car elle ne trouve aucune justification à ses échecs professionnels et se sait incapable d’en inventer une.

Elle a appris la compta seule, le soir chez elle

Son souhait est exaucé, l’homme l’interroge sur son parcours universitaire. Soulagée, Sophie se lance avec enthousiasme sur son sujet de mémoire, la modélisation météorologique. Mais il la coupe en plein élan, visiblement agacé. Il veut savoir pourquoi elle postule comme aide-comptable intérimaire alors qu’elle n’a ni expérience, ni formation. Bien que son rythme cardiaque grimpe à une vitesse affolante, Sophie parvient à se composer un visage impassible, expliquant qu’elle a appris la compta seule, le soir chez elle. Elle décrit l’excellent MOOC (cours en ligne) qu’elle a déniché le mois dernier sur le site du Conservatoire National des Arts et Métiers et raconte comment une de ses questions à l’enseignant, posée via le forum, a suscité un débat passionnant sur le concept d’amortissement.

Sophie n’est pas très douée pour deviner ce que pensent les gens mais elle comprend néanmoins, à la manière dont le recruteur la toise, qu’il la prend pour une menteuse. Accablée, elle sent ses dernières forces la quitter. Maintenant elle voit les lèvres de son interlocuteur remuer, mais sans réussir à capter le sens de ses paroles. Dix minutes plus tard, la voilà sur le trottoir, incapable de dire de quelle façon elle s’est retrouvée dehors. Elle tremble et retient des larmes de rage. Comment peut-on être aussi nulle, aussi pitoyable, se maudit-elle.

Elle monte dans un bus bondé, se sent vaciller sous les effluves mélangés des parfums de ses trop proches voisins. Un brusque coup de frein lui fait perdre l’équilibre en même temps que le crissement lui vrille les tympans. Dans sa chute, Sophie bouscule un autre passager. Alors elle se confond en excuses, sort précipitamment du bus, trébuche à nouveau et s’écroule sur le trottoir. Elle pense « Je dois me relever, tout le monde me regarde », mais son corps n’obéit pas. Elle ne voit plus rien, incapable de réaliser que ce sont ses propres larmes qui l’aveuglent. Quelqu’un appelle les pompiers. Sophie se réveillera en hôpital psychiatrique, d’où elle sortira avec un diagnostic erroné de trouble psychique et des médicaments à forte dose qui ne résoudront aucun de ses problèmes.

L’originalité de ses raisonnements, son goût pour la solitude, l’intensité de ses passions

L’histoire de Sophie est typique des vies chaotiques menées par les femmes autistes non diagnostiquées car relevant de la partie du spectre où les signes sont le moins visibles. Malgré des capacités cognitives impressionnantes, comme l’aptitude à aborder en autodidacte un champ de connaissance totalement nouveau, Sophie n’a aucune idée de ses talents et les autres ne les perçoivent pas non plus – ou rarement. En revanche, baignant dans un environnement social qui critique vivement toutes ses spécificités, comme l’originalité de ses raisonnements, son goût pour la solitude ou l’intensité de ses passions, Sophie a une conscience aiguë de ce qu’elle ne parvient pas à faire.

Si Sophie pouvait recevoir le diagnostic d’autisme de haut niveau qui lui correspond, elle comprendrait enfin son propre fonctionnement. Elle pourrait se rapprocher d’autres autistes adultes et tirer avantage de l’expérience de ses pairs pour apprendre à surmonter ses difficultés.

L’autisme se caractérise par des difficultés sociales et de communication, ainsi que des centres d’intérêts spécifiques dont les personnes peuvent parler pendant des heures (chez Sophie, la modélisation météorologique) et des comportements stéréotypés. S’y ajoutent des particularités dans les perceptions, par exemple une hypersensibilité aux odeurs et aux bruits ou, à l’inverse, un moindre ressenti de la douleur. Il concerne environ 1 personne sur 100.

70 % des autistes ont une intelligence dans la norme, voire supérieure. On qualifie généralement cette forme d’autisme de haut niveau, bien que la dernière version de la « bible » des troubles psychiatriques, le DSM 5 (Diagnostic and statistical manual of mental disorders) ait supprimé les anciennes catégories, notamment le syndrome d’Asperger dont Amélie Tsaag-Valren, autiste elle-même, a rédigé le très complet article Wikipédia. Le terme d’Asperger continue cependant à être utilisé, même si tous les cas d’autisme sont aujourd’hui regroupés à l’intérieur d’un unique spectre autistique et classés du plus sévère au moins sévère en termes de handicap.

Bénéficier d’un soutien adapté tout au long de sa scolarité

Si, encore mieux, Sophie avait reçu le diagnostic d’autisme dès l’enfance, elle aurait pu bénéficier d’un soutien adapté tout au long de sa scolarité, ainsi que le prévoit la loi. Cet accompagnement l’aurait rendue moins vulnérable, lui donnant par exemple les moyens de se défendre contre le harcèlement dans la cour de récréation, ou encore en facilitant ses apprentissages grâce à une pédagogie adaptée à son fonctionnement intellectuel. Cet accompagnement lui aurait épargné bien des souffrances inutiles. À l’âge adulte, elle aurait bénéficié de droits sociaux tels que le statut de travailleur handicapé, qui facilite la recherche d’un emploi adapté. L’existence de Sophie aurait été plus simple et elle se serait sentie bien plus en paix avec elle-même.

Seulement, Sophie cumule deux difficultés. Non seulement elle est autiste, mais elle est, en plus, du sexe féminin. Si la procédure diagnostique est déjà hasardeuse pour les hommes, elle se révèle souvent un véritable parcours du combattant pour les femmes. Historiquement, l’autisme a d’abord été considéré comme une condition ne touchant qu’exceptionnellement le sexe féminin. Cette idée fausse, issue de l’étude pionnière menée en 1943 par Léo Kanner (le psychiatre qui l’a décrite le premier) a été renforcée par l’approche psychanalytique qui a longtemps prévalu. C’est donc sur une population de garçons que se sont construits les critères définissant les symptômes autistiques.

Par la suite, lorsque la science a pris le pas sur la psychanalyse dans l’étude de l’autisme, les recherches ont majoritairement été menées sur des groupes d’enfants de sexe masculin, réduisant d’autant les chances de reconnaître les manifestations autistiques féminines. Cette sous-représentation des sujets féminins, fréquente dans d’autres domaines de la science et de la médecine, est aujourd’hui lourde de conséquences.

Des scores comparables aux tests entre les filles et les garçons

En effet, pour poser un diagnostic de troubles du spectre autistique (TSA), médecins et psychologues s’appuient sur des critères quantitatifs évalués à l’aide de tests ou de questionnaires, mais aussi des critères qualitatifs, comme des centres d’intérêt spécifiques, des gestes stéréotypés, un regard fuyant, des troubles du langage ou l’isolement. Or, si les filles autistes ont des scores comparables à ceux des garçons aux tests et aux questionnaires, la présentation clinique de leur condition est différente, du moins dans les cas où le langage est acquis.

Grâce à des stratégies d’imitation sociale, par exemple, les filles autistes parviennent mieux à se faire des camarades que les garçons autistes ; elles ont des centres d’intérêt en apparence plus ordinaires que ceux des garçons autistes (les chevaux, plutôt que les plans de métro) ; elles présentent moins d’agitation physique mais souffrent plus souvent de troubles anxieux, moins spectaculaires ; elles parviennent mieux à camoufler leurs stéréotypies et les rituels qui les rassurent. En d’autres termes, elles sont des autistes plus discrètes, de sorte que les signes sautent moins aux yeux des familles, des enseignants et des médecins.

Cette discrétion toute féminine peut s’expliquer aussi bien par la biologie que par l’éducation, illustrant l’impossibilité de dissocier, ici, l’inné de l’acquis. Côté nature, les hypothèses avancées sont celles d’une cognition sociale plus performante chez les filles, ainsi qu’une meilleure aptitude à la prise en charge d’autrui (care, en anglais). Ce serait en raison des ces dispositions que les filles seraient plus attirées par ce qui relève de l’animé (chats, célébrités, fleurs…) et les garçons, par l’inanimé (voitures, robots, réseaux ferroviaires…).

Côté culture, l’éducation différenciée veut que les comportements socialement acceptables ne soient pas les mêmes si l’on est une petite fille ou un petit garçon. Quand bien même les enfants autistes sont plus résistants que les autres à cet enseignement, la pression à la conformité est telle qu’elle finit tôt ou tard par impacter leurs comportements, comme le raconte Gunilla Gerland dans son autobiographie. Petite, cette Suédoise détestait porter des bagues et des bracelets ; le contact avec le métal lui était insupportable. Constatant que les adultes ne pouvaient concevoir qu’une fillette n’aime pas les bijoux, elle s’était résignée à les recevoir en cadeau et même à remercier – pour les ranger aussitôt dans une boîte.

L’art du camouflage à son summum

Ainsi, plus la petite fille autiste grandit, plus augmente l’écart entre sa présentation clinique et celle d’un garçon. À l’âge adulte, elle a développé puis intériorisé des stratégies de compensation de ses déficits, portant parfois l’art du camouflage à son summum, ce qui justifie pleinement le terme de « handicap invisible » utilisé pour décrire certaines formes d’autisme de haut niveau. Il donne d’ailleurs son titre au récit en bande dessinée publié par Julie Dachez en 2016, « La différence invisible » (Delcourt).

Planche extraite de « La différence invisible » (Delcourt), par Mademoiselle Caroline et Julie Dachez. Ou comment Marguerite, une jeune femme que rien ne distingue des autres en apparence, va se découvrir autiste Asperger.
Delcourt/Mirages

Les femmes autistes sont de plus en plus nombreuses à découvrir leur condition sur le tard et font entendre leur voix. Depuis septembre 2016, l’Association francophone des femmes autistes (AFFA) milite pour la reconnaissance des spécificités féminines dans l’autisme. Enfin, à la croisée de la société civile et de la communauté scientifique, une société savante sur l’autisme chez les femmes est en cours de création, avec pour objectif d’établir un dialogue entre les chercheurs et les personnes concernées.

Un questionnaire spécifique pour les jeunes filles

De grands penseurs de l’autisme comme l’Autrichien Hans Asperger (qui donna son nom au syndrome), dès 1944, puis la Britannique Lorna Wing, à partir de 1981, considéraient pourtant la prévalence féminine comme importante. Mais c’est depuis quelques années seulement que la communauté scientifique s’est vraiment emparée du sujet.

Certaines recherches visent à mieux comprendre les spécificités de l’autisme chez les femmes. Ainsi, le recrutement de volontaires a démarré au début de cette année pour l’étude sur « l’autisme au féminin » menée par Laurent Mottron, professeur au département de psychiatrie de l’Université de Montréal (Canada) et Pauline Duret, doctorante en neurosciences, en collaboration avec l’équipe que je forme, à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, avec Adeline Lacroix, étudiante en master de psychologie, elle-même diagnostiquée autiste.

D’autres recherches tentent d’adapter les outils de diagnostic au sexe féminin. Une équipe composée des scientifiques australiens Sarah Ormond, Charlotte Brownlow, Michelle Garnett, Tony Attwood, et de la chercheuse polonaise Agnieszka Rynkiewicz, finalise actuellement un questionnaire spécifique pour les jeunes filles, le Q-ASC (questionnaire for autism spectrum conditions). Ils ont présenté leurs travaux en mai dans un congrès à San Francisco (États-Unis).

Si on assiste à une première floraison de résultats intéressants, la recherche sur les spécificités féminines dans l’autisme pose pour le moment plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Cette perplexité constitue une étape nécessaire, favorable au progrès des connaissances, pourvu que les femmes concernées puissent contribuer à cette heuristique en donnant leur point de vue sur l’orientation des travaux.

The ConversationLes citoyens eux-mêmes peuvent œuvrer dans le sens de l’objectif commun : que les petites filles autistes bénéficient à l’avenir des mêmes droits que leurs pairs masculins. En s’informant mieux sur les formes très différentes que peut prendre l’autisme, chacun peut agir pour que ces enfants et ces adultes trouvent leur place dans une société refusant l’exclusion et prônant précisément l’inverse, l’inclusion.

Fabienne Cazalis, Neuroscientifique, CNRS, École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Témoignage : Léopoldine Coupry, formatrice spécialisée en réflexologie pédiatrique

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je suis Léopoldine Coupry, réflexologue et formatrice en réflexologie. Je vis en Haute-Savoie à La Roche sur Foron. J’ai 34 ans. Je suis en couple et j’ai deux enfants de 4 ans et 20 mois.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis réflexologue depuis 2 ans 1/2 et je me suis spécialisée en réflexologie pédiatrique. J’ai également suivi une formation de conseillère en aromathérapie. Et je suis Instructrice en massage à l’école via l’association MISA France.
Je travaille 1 journée par semaine en maison de retraite à Collonges sous Salève où je propose des soins de réflexologie aux résidents et au personnel (médical, administratif…).
Je travaille 2 jours par semaine au centre de formation que j’ai créé en juillet 2017 auprès de mes stagiaires réflexologues.
Le reste de mon temps de travail est consacré à mes clients à domicile et au massage école que je pratique 2 fois par semaine dans deux écoles différentes.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Conseillère en Economie Sociale et Familiale auprès des publics précaires depuis une dizaine d’année, j’ai eu envie de « renouveau ». Je souhaitais continuer à accompagner les autres mais autrement. La réflexologie est arrivée à moi par hasard. Après un atelier découverte qui a été un déclic, j’ai décidé d’en faire ma profession.
Après deux années à temps partiel, j’ai fini par démissionner pour vivre de la réflexologie à temps plein.
Je n’ai pas rencontré de réelle difficulté puisque très rapidement j’ai eu une clientèle fidèle et une maison de retraite qui m’a ouvert ses portes.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Mon site Internet et mon réseau Facebook sont les moyens qui ont été les plus efficaces pour me faire connaître.
Depuis peu, le bouche à oreille fonctionne et on me recommande.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

– être indépendant
– gérer son emploi du temps
– échanger avec d’autres thérapeutes et travailler en équipe à la maison de retraite
– rencontrer de nouvelles personnes toutes les semaines

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Aucune

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Y croire 🙂

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

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Quelques mots sur Omyzen ?

Les infos et les échanges, supers !

Quand le patient dépasse le cadre

Dans un précédent article, nous avions vu Comment poser un cadre thérapeutique sérieux et sécurisant ?

Vous avez tout mis en œuvre pour cadrer votre séance de travail. Malgré tout, il y a toujours des personnes pour déborder du cadre. Qu’est-ce qui se passe quand un patient outrepasse les règles que vous avez fixées ? Quel sens donner à ces actes et comment y réagir ?

Quand peut-on dire qu’un patient sort du cadre thérapeutique ?

Un patient dépasse les limites du cadre, quand il a un comportement qui ne respecte pas le fonctionnement que vous avez fixé explicitement ou auquel vous vous attendez implicitement. On peut citer :

  • Arriver en retard: si c’est exceptionnel cela peut s’entendre mais si c’est récurrent, nous verrons que c’est un acte plein de sens. La personne peut aussi arriver systématiquement très en avance, ce qui est révélateur aussi.
  • Ne pas venir à la séance sans prévenir, ou en prévenant moins de 24h à l’avance.
  • Ne pas régler la séance, négocier le tarif
  • Imposer une parole au-delà du temps de séance : la personne sait que son temps est écoulé et continue à parler sans que vous ne puissiez l’arrêter.
  • Avoir des gestes déplacés: le patient n’est pas censé toucher le thérapeute, même dans les thérapies manuelles.
  • Téléphoner à des heures indues: contacter le thérapeute en dehors de ses heures de travail (le week-end ou après 20h) peut être une manière de rentrer dans sa sphère privée.
  • Poser des questions au thérapeute sur sa vie personnelle, le tutoyer sans son consentement : A ce sujet vous pouvez lire aussi : Relations patients/thérapeute : tutoiement ou vouvoiement ?

Pourquoi le patient dépasse le cadre ?

Quand vous avez identifié un débordement, demandez-vous ce que ça signifie, questionnez :

Le rapport à l’autre :

Dépasser les limites peut être pour le patient, une manière de tester son thérapeute, comme un enfant testerait son parent pour évaluer sa solidité et se rassurer. Prenez en compte ce fameux mécanisme de transfert, par lequel le patient rejoue son histoire à travers vous. Quel rôle projette-il sur vous ? Comment ces actes font-il sens dans sa problématique ? Est-ce qu’il avait des parents défaillants et qu’il n’est pas habitué à respecter un cadre ? Enfant, est-ce qu’il palliait un manque d’attention en se faisant remarquer par un comportement rebelle ? Y a-t-il eu des problèmes d’attouchement, d’inceste qui ont perturbé son rapport au corps et à l’intimité ? Le patient parle aussi par son comportement, remettez son acte de dépassement dans sa problématique pour en saisir la signification. Ce sujet peut être pris comme un objet de discussion dans le cadre de la thérapie.

Le rapport au temps :

Le manque de respect des horaires n’est pas à prendre en compte de la même manière si il est exceptionnel ou récurent. Le sens sera également différent si la personne est en retard seulement à ses rendez-vous thérapeutiques ou si c’est une retardataire incorrigible dans d’autres domaines de sa vie quotidienne. Si la personne est systématiquement en retard, cela peut révéler :

  • Une peur de venir au rendez-vous, une appréhension : pourquoi ? Aborder ce sujet peut être l’occasion de discuter avec la personne de ce qui la met en difficulté et de la manière d’y remédier. Cela peut être lié à l’appréhension du travail qui se fait en thérapie ou révéler un manque de confiance en soi en général.
  • Une personnalité narcissique : en se faisant désirer, la personne prend votre temps et retient votre attention, la personne « brille par son absence », cela peut témoigner d’un ego surdimensionné, d’une volonté de prendre le pouvoir. Ce type de personnalité n’affichera aucune gêne à être en retard, au contraire.
  • Un manque d’estime de soi : la personne qui se dévalorise aura tendance à se mettre en difficulté en créant des situations où elle est gênée. C’est souvent le cas pour les personnes qui culpabilisent énormément d’être en retard et en profitent pour se dénigrer.

Le rapport à l’argent :

Pour les personnes qui ne règlent pas à temps ou demandent à payer moins, explorer aussi différentes hypothèses :

  • Est-ce que la personne est réellement en difficulté financière ?
  • Est-ce qu’elle a du mal à gérer ses finances ?
  • Est-ce qu’elle n’accorde pas de valeur à votre travail ? à sa thérapie ? à elle-même ? …
  • Est-ce qu’elle cherche à prendre le pouvoir ?
  • Quel est son rapport à l’argent ?

Votre aptitude à poser le cadre :

Si vous êtes confronté à ce genre de problème de manière récurrente, évaluez votre responsabilité dans l’affaire : est-ce que ce n’est pas vous qui n’avez pas posé un cadre assez clair ? Est-ce que vous avez laissé passer des petites incartades et que le client a fini par prendre ses aises ?

6 mauvaises raisons de ne pas tenir fermement un cadre

Voyons quelles raisons peuvent vous pousser à laisser le client déborder :

  • Peur du conflit: « Il risque de se mettre en colère et je ne veux pas de confrontation. »
  • Peur du jugement et du rejet: « Il va penser que je suis trop stricte et ne voudra plus que je le suive. »
  • Peur de manquer (de clients, d’argent): « Il risque de ne pas revenir et ça va me faire un client de moins. »
  • Syndrome du sauveur: « C’est avant tout lui qui a besoin d’aide, je dois prendre sur moi pour l’aider. »
  • Syndrome de l’imposteur: « Je ne me sens pas légitime de lui demander tant, c’est normal qu’il négocie. »
  • Culpabilité: « Si il ne va pas bien, ce sera de ma faute. »

Ces moteurs d’action, alimentés par des peurs ou des déséquilibres, ne peuvent mener à une relation thérapeutique épanouissante pour vous et votre patient. En fonctionnant avec, c’est vous qui courez différents risques : ne pas être payé, vous épuiser, perdre votre crédibilité.

Comment réagir ?

  • Se questionner: ce type de comportement invite à l’introspection, il peut révéler que vous n’avez pas défini le cadre assez clairement. Est-ce que vous avez bien énoncé les règles à la première séance ? Est-ce- que votre attitude invite à trop de familiarité ? Est-ce que vous avez des peurs ou syndromes à travailler ?
  • Questionner le patient : mettre des mots sur ce qui vous gêne et mettre en lumière ce qui se joue pour lui à travers son comportement. Cela peut être pris comme un élément de travail à intégrer dans la thérapie.
  • Rappeler la règle: Cela peut se faire en début ou en fin de séance, posez de nouveau les règles du jeu, de manière neutre et objective, sans tension.
  • Passer un contrat : « Si vous voulez prendre un temps de parole de 30 minutes, le temps de massage est réduit à 45 minutes. »
  • Fixer une deadline : « Vous avez jusqu’au 25 juin pour me régler la séance, le cas échéant je serais contrainte de suspendre les séances momentanément. »
  • Prendre des mesures: « Toute séance non décommandée 24h à l’avance est due », « Je vous demanderais de régler en début de séance, sinon la séance n’aura pas lieu. »

Ecoutez en Podcast: Annulation de RDV, comment éviter que les clients vous posent un lapin ?

En résumé, quand le patient dépasse le cadre, c’est une occasion d’en savoir plus sur lui, sur vous et de travailler ces informations dans la thérapie ou dans votre rôle de professionnel. Faire respecter les limites du cadre thérapeutique vous permet d’exercer plus confortablement et offre au patient qui l’aideront à mener à bien son travail sur lui.

Témoignage : Stéphane Braye, praticien en shiatsu, reiki, et médecine chinoise

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Stéphane Braye praticien en médecine chinoise, shiatsu et reiki. Originaire de la campagne occitane, je suis revenu au pays après avoir un peu vadrouillé en France et à l’étranger (Australie, Canada, …). Je vis maintenant en couple dans la ville de Toulouse.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis praticien en shiatsu, reiki, et énergétique traditionnelle chinoise. Je travaille en cabinet sur Toulouse depuis moins d’un an suite à une reconversion professionnelle. J’accompagne les gens vivant une situation difficile (accidents de la vie, troubles de la santé, maux du quotidien, …) par le toucher et une présence bienveillante.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

A l’adolescence, je me suis découvert la capacité de soulager les gens avec les mains. Un peu perdu, j’allais demander conseil à une thérapeute de ma verte campagne qui m’apporta quelques réponses et me fit découvrir le shiatsu et la médecine chinoise.

Quelques années plus tard, le reiki entra dans ma vie. J’ai été formé par une amie et eu le plaisir de pratiquer de manière non professionnelle pendant de nombreuses années.

Parallèlement à ces expériences, je devenais ingénieur en énergie et environnement puis commençai une carrière dans le secteur du bâtiment. Un métier intéressant et prenant, mais avec une dimension humaine assez réduite. Le shiatsu revint dans ma vie un peu par hasard, et j’entamai une formation de praticien en cours du soir et du week-end. A la fin de cette formation et suite aux agissements d’un patron un peu véreux, mon entreprise fut liquidée et je passai par un licenciement économique.

C’est là que se présenta à moi l’occasion de changer de vie, et de faire de l’humain une priorité. J’eus l’impression que l’univers avait placé ses pions un peu malgré moi et m’appelai maintenant sur la voie du thérapeute. Après un moment de réflexion, je décidai de répondre positivement à cet appel et m’installai sur Toulouse dans un cabinet partagé.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

J’essaye de me faire connaitre par tous les moyens possibles pour pouvoir pérenniser mon activité. Cela passe donc par le bouche à oreille, des événements dans des magasins bio ou spécialisés, la participation dans des salons, et une présence en ligne via facebook et mon site internet. Je prends notamment plaisir à écrire des articles de vulgarisation de la médecine chinoise sur mon blog. Mon activité continue de se développer petit à petit, comme mon plaisir à m’investir dans ce métier.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Être praticien en shiatsu est un métier très complet, il y a du contact d’humain à humain, sans filtre ni barrière. Quand on demande à quelqu’un comment ça va, il répond franchement ! Il y a aussi un aspect manuel très plaisant, on met de l’énergie à la tâche, on y investit de la chaleur et du mouvement. Mais il y a aussi un côté réflexion assez poussé : il faut rechercher les causes du mal être et établir une stratégie thérapeutique. La mettre à l’épreuve, l’adapter et la faire évoluer…

L’aspect le plus plaisant est sans aucun doute ce sentiment de libération et de lâcher-prise que l’on peut voir dans le regard des personnes que l’on accompagne.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Il y a quelques difficultés dans le quotidien du thérapeute alternatif, et en premier celle de la solitude. Nous ne faisons équipe qu’avec une seule personne, celle que l’on reçoit. L’autre difficulté est l’incertitude de l’avenir, difficulté que nous partageons avec beaucoup de professionnels indépendants. Enfin, l’autre difficulté que je rencontre est de savoir communiquer et se faire connaitre quand on a pas la fibre commerciale… Tout cela peut être surmonté avec un peu de curiosité et beaucoup de motivation !

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Un conseil : si vous vous sentez prêt à prendre en charge quelqu’un et l’accompagner dans son mieux-être, lancez vous ! C’est un métier très gratifiant et qui vaut la peine de tenter sa chance.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Mon plus grand rêve serait d’intervenir dans les hôpitaux et dans le milieu médical comme c’est parfois le cas dans quelques grandes villes de France et d’Europe. On voit la médecine chinoise, notamment le Qi Gong et le shiatsu, s’introduire peu à peu dans certains services pour les malades atteints du cancer, de maladies auto-immunes et autres.

Quelques mots sur Omyzen ?

Omyzen a un contenu très intéressant, utile, et qui fait écho avec ma vie de tous les jours. Ma seule attente est que cela continue 🙂

Merci de me permettre de partager avec la communauté Omyzen.