L’Art-thérapie pour les personnes âgées

Jean-Michel Pichery est Fondateur de l’ARTEC, centre de formation professionnelle et continue en Massage, Relation d’aide, Sophrologie et Art-thérapie. Il présente ici aux lecteurs d’Omyzen les grands principes de fonctionnement de l’Art-thérapie, ainsi que son intérêt auprès des personnes âgées pour favoriser la créativité et le bien-être.

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« L’Art-thérapie permet de s’émerveiller encore et à nouveau en devenant des êtres créatifs. »

Une pratique d’Art-Thérapie chez « A.R.T.E.C.-Formation »

… assortie de quelques détails signifiants et d’observations sur son adaptabilité aux personnes âgées.

Nombre d’ouvrages avertis renseignent d’une façon plus avantageuse sur l’art-thérapie et sur son application avec les personnes âgées. Voici ici, un simple regard, issu d’une expérience professionnelle (objectif-contenu-exploitation), sans théorisation et conceptualisation, d’une méthode pédagogique basique utilisée par l’« ARTEC », facilement adaptable aux personnes âgées.

1. Un objectif : évoluer vers un mieux-être

Rappelons que le but de l’art-thérapie ne se situe pas apriori dans une pure recherche artistique car il ne poursuit pas un objectif techniquement esthétique ; ce qui n’empêche en rien la réalisation d’œuvres surprenantes et remarquables. Le but n’est point aussi une thérapie au sens médical ; ce qui n’empêche pas, pour les seuls praticiens qui en ont développé les compétences et professent en conformité avec la législation, d’utiliser l’art-thérapie en tant qu’outils thérapeutiques au sens médical, analytique et psychothérapeutique. Basé sur une démarche phénoménologique, le but fixé se centrera plus sur une simple et profonde recherche d’évolution ou de progression de la personne plutôt que sur ce qui n’en est qu’un résultat, à savoir une transformation : faut-il d’abord évoluer pour prétendre se transformer. Souvent, vouloir « se transformer », tout comme les bonnes résolutions qui ne durent que le temps de les prendre, risque de n’être qu’un mirage. On peut en effet « changer de forme » sans évoluer ; et l’on peut même à ce titre régresser !

Au préalable : se mettre dans un état propice à la créativité

La pratique de l’art-thérapie puisse ses sources en premier lieu aux techniques de la relaxation, notamment dynamique. Il n’y a pas d’art-thérapie, de moindre acte de créativité, sans une moindre modification d’état de conscience » et cela grâce à la relaxation ou la sophrologie. Il s’agit d’induire un « lâcher-prise » pour « oser créer » et faire émerger un espace à dimension art-thérapeutique :

Un espace Artistique :

La relaxation réveille l’imaginaire, fonction vitale de tout être humain et en déclenche une puissance créative. De ce fait un état de relaxation dynamique devient lui-même médiateur art-thérapeutique. De plus cet état de relaxation se perpétuera à longueur de séance ou d’atelier.

La dimension Thérapeutique :

Dans son sens originel : « prendre soin de soi, se respecter » : donc dans une optique de recherche d’un bien-être. Ce « bien-être », dont la notion est si galvaudée et souvent réduite par la publicité à une marque d’une lotion, en tant qu’objectif à atteindre grâce à l’art-thérapie, devient le plus important programme d’évolution que l’on puisse se fixer. C’est une aventure de vie parfois difficile, exigeant le deuil d’infinis blocages comportementaux. Mais elle engage sur une voie royale celle de l’«égologie » ou construction de son soi, combien joyeuse puisqu’il s’agit au final de retrouver une confiance en soi pour « devenir existant », pour enfin « être ». L’art-thérapie est en elle-même cette aventure pour qui l’expérimente, quel que soit son âge : elle réveille les forces vives de créativité en réveillant en même temps les énergies vitales de l’enfance (et non celles d’un infantilisme) et la riche force d’une maturité adulte.

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« Ce « bien-être » devient le plus important programme d’évolution que l’on puisse se fixer. »

Pour les personnes âgées : attiser l’émerveillement et la créativité

L’art-thérapie se révèle des plus utiles pour réveiller « leur imaginaire » car lui, il ne vieillit point ; il se bonifie même au cours des années ! Elle contribue à ce que leur vieillesse ne soit pas vécue comme une régression. Cela les aide aussi à éviter de sombrer dans l’infantilisme ou gâtisme, à retrouver « leur âme d’enfant ». Enfin l’art-thérapie réduit le risque d’un repli sur soi, remédie du moins partiellement à une perte d’autonomie, contribue à conserver la mémoire et son identité…… Bref, elle permet de s’émerveiller encore et à nouveau en devenant des êtres créatifs. Car un être qui ne crée pas est déjà un mort-vivant en ayant détruit la potentialité de son vital imaginaire.

2. Une pratique…

La pratique de l’art-thérapie exige de respecter scrupuleusement toutes les prescriptions protocolaires nécessaires à la construction d’une séance individuelle ou d’un atelier : accueil, installation, matériel (ne pas oublier la boîte de Kleenex pour sécher parfois quelques larmes!), lieu dédié, durée, …… ; ainsi que les règles éthiques et déontologiques : bonne distance, attitude, limites, moralité, discrétion,……, bref, tout ce qui fait l’objet du contenu de toute formation sérieuse.

Spécificités à prendre en compte

Avec les personnes âgées, faut-il faire preuve tout simplement de « bon sens » : il ne s’agit pas de les perturber mais d’aller cependant dans l’accomplissement du procédé au maximum des limites possibles mais respectueuses. De ce fait il convient d’adapter la pratique et de poser de telles limites en fonction des objectifs fixés et de degré d’autonomie des participants : leurs états physiques, psychiques, handicaps ou degrés d’Alzheimer ; et aussi par rapport aux conditions et situations liées au lieu d’accueil : EHPAD, Hôpital, Maison pour Tous ou de Vacances, Foyer, Résidence, Béguinage…

Mener une séance, ou un atelier, pour ne rappeler que quelques points, nécessite :

a- Une indispensable mise en situation et condition préalable

Cette mise en condition ne s’effectue durant quelques minutes que par l’utilisation d’une technique adaptée de relaxation verbale ou manuelle. Pour les personnes âgées, on privilégie une induction corporelle (massage des mains, des bras, du dos, du front), ou une musique, ou encore tout autre moyen pour réveiller une sensation et peut-être déjà une vitale émotion…. S’il n’y a pas une telle préparation, il ne se produira pas de véritable éveil de l’imaginaire et de créativité, de dimension art-thérapeutique ». La séance risque de se transformer en simple activité occupationnelle, qui ne manque pas pour autant d’intérêt.

b- La sélection d’un médiateur

  • Peinture-forme-couleur :

    semble être le médiateur à favoriser pour les personnes âgées. Notons que l’usage de fusains, encres, pastels…. risque de les induire à vouloir « bien faire » en les renvoyant à d’anciens réflexes de technicité de leur vie antérieure professionnelle et/ou scolaire (d’où preuve, ici encore, de la nécessité d’une mise en condition par la relaxation). Sinon, il convient de commencer l’atelier par des médiateurs plus instinctifs qui se rapportent à la couleur : mandala (à partir de « son propre » cercle magique), peinture à doigts, graphisme, collage, maquillage (de soi, de l’autre ou d’objets représentatifs telles que des marionnettes que l’on aura confectionnées par exemple ….).

  • le Collage :

atelier passionnant qui permet de construire des posters avec des images anonymes mais sélectionnées, ou avec des images personnelles et chères chargées d’émotions (souvenirs, photographies, dessins …). N’oublions-pas, pour éveiller d’agréables et constructives régressions, de mettre si possible à disposition les petits pots de colle parfum amande « Cléopâtre » (on y plonge les doigts) et des petits ciseaux (heureusement irritant) comme à l’Ecole!

  • l’Ecriture :

atelier génial bien que plus délicat car plus « intellectuel » ; mais mille astuces pour « oser » restent à inventer pour en plus contribuer à faire « travailler » la mémoire des participants.

  • l’Argile:

c’est le plus archaïque des médiateurs qui de ce fait peut ressusciter de fortes réactions émotionnelles ; il reste donc à utiliser avec prudence avec un public âgé. Le médiateur peut être substitué selon les cas par toute autre pâte maniable particulière : à modeler, à bois, à sel, à papier.

  • Les ateliers « Sensorialité »

bâtis sur l’exploration des cinq sens, très enclin pour renforcer l’imaginaire et la créativité, semblent à privilégier pour nos « ainés » ; ils servent en outre de moyens de stimulation et de rééducation sensorielle.

  • la Danse :

véritable « rituel miraculeux » ! Nous ne pouvons, pour justifier une telle expression imagée, recommander ce jour l’ouvrage « Faites danser votre cerveau » aux éditions Odile Jacob, paru en septembre 2018, de Madame Lucy Vincent, neurologue, qui démontre l’influence -et la nécessité- du mouvement sur le cerveau pour entrainer une restauration des capacités notamment créatives. Citons aussi «Danser à corps joie »aux Editions Dangles, paru en octobre 2018, rédigé par notre formatrice ARTEC en Danse-Thérapie, Madame Dominique Hautreux.

  • Rythme et Musique

est un médiateur facilement lié à l’expression corporelle et à la danse. Notons ici l’importance d’accompagner la réalisation de la plupart des ateliers par un fond musical. Il est souhaitable d’ éviter les musiques dites de relaxation souvent sirupeuses, pour privilégier celles archétypales et rythmées, du monde, primitives ou modernes, ou celles qui répondent à des souvenirs particuliers pour les participants

  • Chant, Clown-praticien, Masque, Sand Play ou bac à sable, Conte et Jeu théâtral, SophrologieLudique :

il s’agit d’autres médiateurs (au programme de l’ARTEC) qui s’appliquent à merveille avec un réel bonheur en tout milieu, avec un tout public et particulièrement avec les personnes âgées.

Au vu de cette liste quel est donc le médiateur qui ne mérite point d’être privilégié ! De plus ils s’imbriquent tous les uns les autres dans un déroulement constructif et unificateur de séance artistico-thérapeutique, baignée de relaxation et de musique…. et surtout de plaisir :

graphisme=collage=écrit=argile=masque=maquillage=conte=chant-théâtre=danse= …. ou l’inverse !

gériatrie
« L’art-thérapie se révèle des plus utiles pour réveiller « leur imaginaire » car lui, il ne vieillit point ; il se bonifie même au cours des années ! »
  • Quelques observations complémentaires :

Rappelons que, le plus souvent possible et selon les situations, le praticien ne fournit quelesmatières premières (pinceaux, rouleaux-mousse, argile, feutres, encres, papiers divers, tissus etc. …..) indispensables pour fabriquer l’objet constitutif du thème de la séance, sauf dans le cas où les pratiquants doivent eux-mêmes apporter un tel objet. C’est souvent cette fabrication qui se transforme elle-même en médiateur de construction , qui se révèlera comme la plus riche et la plus intéressante expérience vécue par le sujet en concevant son masque, son jeu de carte, son conte, sa marionnette, son déguisement….

  • Certains ateliers, selon le médiateur et toujours en fonction du public, ne se réalisent non pas uniquement en solo ou en groupe (de douze personnes au maximum), mais encore en duo, trio, quatuor, sextuor. De même les apports n’en seront que plus décuplés si certains exercices se déroulent parfois les yeux bandés : les personnes rentrent alors dans une intériorité non parasitée par la vue et les interprétations et réserves qu’elle induit si souvent.
  • Tout comme un fond de musique et le maintien d’un état de relaxation accompagnent chacune des pratiques tout au long de leurs réalisations, il en sera de même dans la mesure du possible et selon les circonstances :

1. d’un « écrit post-création » :

Au terme de l’exercice, le participant « se précipite » sur une feuille de papier assortie de crayons, feutres ou pinceaux… (stationnant à proximité) pour se dépêcher d’exprimer par un écrit, un graphisme, une représentation, un mini-conte…… ce qu’il a envie de partager « avec lui-même » sur ses émotions premières, celles qui l’envahissent encore ; et c’est cette précipitation qui donnera une vérité radioscopique de son état émotionnel pour un travail sur soi plus sincère. Tout comme l’on procède en notant ses rêves pour les exploiter : dès son semi-réveil ou son semi-endormissement ; sinon, nous l’expérimentons sans cesse, ils s’estompent rapidement, notamment, avec dommages, les détails les plus significatifs et révélateurs.

2. de la vidéo /caméscope:

Pour filmer avec grande prudence les étapes de l’exercice, mais surtout le participant lui-même en train d’agir. L’exploitation de l’image dans ses moindres détails, lors du feed-back, sera des plus révélatrices pour qu’il se surprenne de son propre comportement et de son mode de fonctionnement. « Se voir à cru » réveille d’utiles prises de conscience, combien utiles pour s’engager alors dans une démarche d’évolution « auto-art-thérapeutique ».

  • Une mise en garde s’impose parfois lors de la pratique de l’art-thérapie pour les professionnels confirmés dans une spécialité artistique : d’une manière caricaturale nous dirions, pour nous faire comprendre et à titre d’exemple, que le danseur confirmé peut se révéler piètre danseur art-thérapeute, ou un artiste-peintre averti un très médiocre peintre-thérapeute, etc…. si l’un comme l’autre n’additionnent pas leurs compétences développées dans le cadre de leur métier initial à celles développées pour une pratique en art-danse-thérapie. Les compétences ne peuvent s’opposer car les registres ne doivent pas se confondre. Une telle remarque concerne en fait chaque praticien ou animateur d’atelier pour l’inviter à se défaire de ses ancrages, de ses certitudes sur un simple savoir-faire au détriment d’un capital savoir-faire du savoir-être.

c – La sélection d’un thème :

L’atelier en art-thérapie se déroule en fonction d’un thème choisi qui se doit d’être ludique, donc agrémenté de plaisir. En principe c’est le participant lui-même qui le choisit, peut-être certes sous l’induction habile du praticien si c’est nécessaire. Ce thème émergera de son imaginaire (et non de son imagination qui n’en est qu’un honorable sous-produit), lequel a été mis, ne l’oublions pas, en effervescence dès le début de la séance par une induction de relaxation.

Le répertoire des thèmes est incommensurable, et de la part des personnes âgées encore plus surprenant. Ci une petite palette panachée de thèmes improvisée : animaux, ciel et étoiles, couleurs,aliments, habits et linge, chapeaux, souvenirs, famille, enfants, religion, conte-légende-histoire-mythologie, fleurs et végétation, maison (plan, chemin, décoration), pierre et tous minéraux, mer, montagne, pluie, tout ce qui résulte d’une association d’idées, tout objet (celui qui « vous représente », fétiche, médaille, celui qui se touche et qui touche, se voie, se goûte, s’entend, serenifle… ), et encore tout ce qui se révèle à partir de l’environnement (établissement, personnel, visites, soins, seringue, blouse blanche …etc…), et puisque nous abordons le temps de l’Avent et de Noël, travaillons donc sur le calendrier de Noël, la carte postale, la carte de vœux, le cadeau….

La recherche d’un thème peut constituer en elle-même le thème de l’atelier !

3.Une exploitation :

C’est l’étape fondamentale et indispensable qui grâce à une verbalisation, feedback et entretien, va ancrer les apports de l’expérience vécue par le participant comme moteurs d’évolution. Ainsi :

  • Le pratiquant, toujours selon son désir et son choix, présente d’abord son « œuvre » (graphisme,dessin, caricature, masque, statue, conte, maquillage, danse, odeur, bruit, ……..). Puis il exprime « son vécu », à savoir tout ce qui lui est passé et tout ce qui s’est passé dans sa tête et dans son corps :sensations, perceptions, émotions, sentiments, images, souvenirs, réactions, visions, pensées, idées, observations, couleurs, vibrations, …. chair de poule ! ….. Ensuite il partage son écrit à chaud « post-création » qui éclaire parfois avec des différences et contradictions ses premières verbalisations. Une telle verbalisation individuelle est déjà thérapeutique en soi (même si la verbalisation demeure « silencieuse » !) ; elle peut constituer en elle-même la seule exploitation suffisante de l’atelier.

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« Ces «retours des autres » que reçoit le participant se révèlent encore plus riche que sa propre découverte qui s’en trouve revalorisée. »
  • Mais si l’on travaille en groupe, il convient, toujours selon les situations, de mettre en synergieinteractionnelle la richesse des vécus de chacun selon une méthode d’«effet miroir » ou de « ping-pong ». Lorsqu’ un pratiquant a fait part de son vécu à partir de son œuvre, de son expression et de son écrit « post-création », les autres membres du groupe vont à leur tour verbaliser, avant que vienne le temps de leur passage, sur ce qu’ils viennent de vivre grâce à ce premier participant. Et ainsi de suite. En fonction de la durée de l’atelier que l’on s’accorde, et pour qu’il se révèle encore plus intense, l’échange peut se dérouler en trois temps, c’est-à-dire entre chacune des étapes : présentation de l’œuvre, expression et écrit « post-création ».

Ces «retours des autres » que reçoit le participant :

Ils se révèlent encore plus riche que sa propre découverte qui s’en trouve revalorisée. Ils l’ouvrent sur une dimension sociale et relationnelle, mais plus encore ils vont l’éclairer sur les messages et la symbolique cachés dans son œuvre en lui « ouvrant les yeux » sur son comportement, son expérience et sa propre histoire de vie.

  • En fonction de l’objectif fixé du travail à poursuivre (personnel/collectif ; bien-être/ thérapeutique) voici, de toutes ces verbalisations, un « panier bien rempli » de matières premières qu’il reste à explorer et exploiter entre le participant et le praticien. Celui-ci utilisera la méthode verbale et/ounon verbale d’écoute emphatique, d’accompagnement et de relation d’aide qu’il aura acquise et dont il en aura développé de solides compétences à la suite d’une formation reconnue ainsi qu’une solide expérimentation assortie d’une supervision.
  • Après cette exploitation, après s’être assuré que tous les participants sont « bien réveillées », c’est-à-dire sortis d’un état modifié de conscience – il existe de nombreuses recettes – comme on le pratique après toute séance de massage ou de relaxation, après un éventuel rangement rapide du matériel et de la salle, on procède au rituel de salutations, de remerciements mutuels et d’au-revoir.

  • Selon les protocoles fixés, le praticien établit ensuite tout/toute compte-rendu, observation simple ou clinique, synthèse, grille d’évaluation, bilan…..… utiles pour les besoins d’une poursuite des séances futures et à partager/analyser éventuellement avec l’équipe médicale, paramédicale, éducative, d’accompagnement de l’établissement pour contribuer au suivi thérapeutique.

En conclusion…

La pratique ludique des médiateurs métamorphose la Parole en Verbe qui se fait cher (au sens précieux du terme), et la Créativité en Œuvre art-thérapeutique. A condition que le praticien soit vigilant à ce que la verbalisation ne tombe dans un débordement de bavardages corrosifs bien que certains torrents de paroles puissent se transformer en médiateur et en tremplin pour redécouvrir la tonalité du silence! Qu’il soit surtout vigilant à ce que personne dans le groupe ne coupe la parole à celui qui s’exprime et qu’il ne soit proféré de l’un vis-à-vis de l’autre le ou la moindre jugement, interprétation, généralité, comparaison ; chacun ne parle que de lui, de lui seul et de son propre univers s’il le veut bien. C’est un principe de base de la pratique de l’«égosophie » si chère à notre organisme ARTEC-FORMATION.

Jean-Michel Pichery – Fondateur de l’ARTEC –

Retrouvez tout les programmes de Formation sur : www.artec-formation.fr

P.S. : Dernière observation avec un avis aux apprentis-sorciers :

On ne peut se former à la pratique de l’art-thérapie qu’en groupe, qu’en situation réelle, et qu’en vivant dans ses tripes les mécanismes des ateliers ainsi que les expériences et les émotions qui en jaillissent. Une telle formation est très difficile, voire impossible, à se dérouler en milieu universitaire trop administratif -et nous en parlons en connaissance de cause ! Une formation, et plus encore avec supervision, « à distance » ou par correspondance ou avec des D.V.D., non seulement n’est pas sérieuse mais n’en est tout simplement point une; elle peut même présenter des risques. Relatons un « fait divers » à titre d’exemple, sur une formation en « massage des bébés » : « Un pèrecondamné (le 7 novembre dernier à 3 ans de prison ferme) pour avoir brisé les os de sa fille en effectuant des massages » d’une extrême violence ( in Les Dernières nouvelles d’Alsace et Paris Match-Faits divers). Résultat : une dizaine de fractures aux bras, aux côtes, à la clavicule ! Il s’était formé aux techniques de massage sur un site INTERNET. Si ce fût une vidéo de formation en art-thérapie, cet homme aurait fracturé combien de neurones cervicaux de son pauvre cobaye d’enfant!

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L’orthorexie, ou quand l’obsession du « manger sain » vire à la maladie

L’orthorexie, ou quand l’obsession du « manger sain » vire à la maladie

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Parfois, chercher à manger sain n’est plus si sain…
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Régis Hankard, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et Jean-Pierre Corbeau, Université de Tours

Aujourd’hui, nous ne choisissons plus les aliments uniquement pour leur goût : nous voulons manger plus équilibré, moins riche, moins gras, pour rester en bonne santé. Nous sélectionnons donc notre nourriture en fonction de ses « qualités », de ses vertus, que celles-ci reposent sur des informations fondées scientifiquement ou non : certains achètent des aliments « bio » ou cultivés de façon plus respectueuse de la nature, parce qu’ils sont plus « sains », d’autres vont accorder une attention particulière à leur valeur nutritive…

Ces démarches débouchent sur un art de vivre plus responsable, plus à l’écoute de son corps. Mais il arrive que les choses dérapent, et que l’obsession s’installe. Cette dérive porte un nom : l’orthorexie.

Qu’est-ce que l’orthorexie ?

Le terme orthorexie (du grec ortho, « droit », « exact », et orexia, « appétit ») désigne un trouble alimentaire qui peut nuire à la santé et à la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes.

Une personne orthorexique passe plusieurs heures par jour à choisir ses aliments, à prévoir ses repas. Elle va par exemple rechercher les aliments qui contiennent le moins de sel possible, ou ceux qui sont, selon elle, exempts de polluants, dans une quête souvent idéalisée… Pour les personnes atteintes d’orthorexie, la notion de pureté est importante. Certaines d’entre elles expriment « se sentir souillées » quand elles ne peuvent exercer ces choix alimentaires.

Cette quête peut aussi s’étendre à l’activité physique. Il s’agit d’obtenir un corps sain idéalisé, version extrême de l’adage « un esprit sain dans un corps sain ». Il s’ensuit parfois un envahissement par ces préoccupations. La personne orthorexique ressent de l’anxiété, voire de la culpabilité, quand les contraintes de choix qu’elle s’impose ne sont pas satisfaites. Cette situation peut aboutir à l’isoler socialement.

Quelles sont les conséquences pour la santé ?

Dans les contextes les plus extrêmes, des cas de dénutrition profonde, de malnutrition, c’est-à-dire de déficiences en certains nutriments, ont été rapportés. Il s’agit toutefois de cas cliniques isolés qui ne reflètent pas la situation courante.

Des études menées sur des populations à risque n’ont pas révélé de différence en termes de corpulence entre les personnes orthorexiques et les personnes témoins. Ce constat ne permet cependant pas d’exclure l’existence de carences, à des degrés moindres.

La souffrance psychologique est un autre champ de complications. L’orthorexie a en effet des conséquences sur l’humeur. Il arrive qu’elle se traduise par une anxiété pouvant devenir envahissante, parfois associée à des troubles obsessionnels compulsifs, voire à une dépression.

Qui est concerné ?

Il est difficile d’estimer la fréquence de l’orthorexie dans la population générale. Cela est en partie dû au fait que les critères diagnostiques sont encore débattus. La littérature commence à peine à s’intéresser à ce phénomène, et l’orthorexie n’est pas encore officiellement reconnue comme un trouble du comportement alimentaire, contrairement par exemple à l’anorexie ou à la boulimie.

S. Thomas :« Est-il temps que l’orthorexie soit officiellement classée comme trouble du comportement alimentaire ? » S. Bratman : « La reconnaissance officielle exige un important corpus de recherche, qui n’existe pas encore. Mais au cours des prochaines années…»
@StevenBratman

Ce trouble a été décrit pour la première fois par un médecin américain, Steven Bratman, en 1997. Le nombre de publications médicales et scientifiques qui lui ont été consacré ne s’est que récemment accru, pour atteindre près de 30 publications par an depuis 2015.

Les données disponibles concernent des groupes de population jugés « à risque » tels que les jeunes, et notamment les étudiants, en particuliers ceux suivant des cursus en diététique, médecine et sport. Les fréquences de l’orthorexie vont de 5-10 % dans les populations non ciblées à plus de 50 % dans les populations « ciblées ».

Aux racines de l’orthorexie

La quête d’une nourriture « saine », pour ne pas « s’intoxiquer », n’est pas récente, comme le rappelle l’historienne de l’alimentation Madeleine Ferrières dans son ouvrage consacré aux peurs alimentaires.

Toutefois, si autrefois les craintes liées à la nourriture étaient notamment nourries par le risque d’ingérer des aliments de mauvaise qualité sanitaire, aujourd’hui d’autres sources de préoccupations émergent. Pour comprendre l’apparition de l’orthorexie, il faut donc croiser approche historique et analyse sociologique.

Quatre peurs alimentaires, étroitement imbriquées, alimentent les racines de l’orthorexie : la peur du manque, la peur de l’empoisonnement, la peur de l’excès et, plus récemment, la peur du regard de l’altérité et la « mésestime de soi » qui risque d’en résulter.

La peur du manque

Cette peur est entremêlée avec la crainte de la famine (qui malheureusement concerne encore une partie importante de la population mondiale). Elle prend toutefois une forme nouvelle dans nos sociétés urbaines et « hypermodernes » où la « médicalisation » de l’alimentation engendre un effet pervers de « déconstruction » de nos aliments, réduits à leur seule dimension nutritionnelle.

Dans les catégories sociales de bon niveau socioculturel, dans les catégories socio-professionnelles supérieures, et davantage chez les femmes, la peur du manque ne concerne plus l’accès à des quantités suffisantes de calories nécessaires à la (sur)vie mais plutôt à des craintes fragmentées, relatives au déficit en sel minéraux, vitamines, oligo-éléments, antioxydants.

Cette préoccupation exacerbe une seconde sorte de peur, celle de l’excès.

Peur de l’excès et peur de l’empoisonnement

L’excès dont il est question ici ne concerne pas les quantités au sens large, mais plutôt l’excès de consommation de certains produits jugés malsains… Cela suppose l’existence d’une typologie sous-jacente où le végétal est naturellement bon, alors que les produits d’origine animale doivent être consommés avec parcimonie ou écartés de la diète pour des raisons éthiques et idéologiques.

Cette peur d’un excès, basée sur une classification des aliments qui n’a rien de scientifique, conforte à son tour une troisième peur, celle de l’empoisonnement. Contrairement aux empoisonnements évoqués par Madeleine Ferrières, ceux-ci ne sont plus attribués à un individu en particulier (empoisonneur au service d’une famille royale, « sorcière », homme de pouvoir dans la société villageoise – meunier, curé, instituteur, etc.) mais à une entité collective que l’on est bien incapable de définir !

La dimension industrielle (qui pourtant permet une qualité sanitaire supérieure à celle d’autrefois) effraie, au même titre que les décisions politiques et économiques « anonymes » (sur la protection de l’environnement, les processus de transformation alimentaire, etc.). Au contraire, les paradigmes du « small is beautiful » et la personnalisation de la nourriture (via son origine géographique, la connaissance du producteur, etc.) rassurent le mangeur, particulièrement français et d’Europe du Sud.

Enfin une dernière peur est elle, assez récente : il s’agit de celle liée au jugement que l’autre porte sur notre silhouette ou sur notre consommation de produits (qui participe d’une manière ou d’une autre à la « destruction » de notre planète).

La peur du jugement d’autrui

Cette peur peut avoir différentes origines. Par exemple, dans un contexte sociétal où la minceur (voire la maigreur ?) préside à l’esthétique corporelle, on surveille ses incorporations (de gras animal, de sucre, de sel, etc.), soupçonnées de faire grossir et d’éloigner de la réalisation d’une image corporelle de séduction, de réussite et d’efficacité sociale.

La crainte du regard d’autrui peut aussi survenir dans le cas où l’on consomme des produits dont la production ou la fabrication seraient condamnables d’un point de vue éthique, en termes de développement durable ou de pollution planétaire.

Dans tous les cas, ces peurs correspondent à un désir inconscient d’inclusion dans un groupe référent ou dans un conformisme normatif émergeant, in fine sécurisant pour un mangeur revendiquant par ailleurs une liberté d’action.

La caisse de résonance des médias et des réseaux sociaux

Ces peurs sont diffusées par les médias et les réseaux sociaux. C’est par exemple le cas des effets sur la santé de certains additifs alimentaires, du risque de cancer lié à certains aliments, ou de la contamination des sols et de la nourriture par les pesticides.

Des articles récents, publiés dans des journaux scientifiques prestigieux, ont ainsi mis en avant le rôle de l’alimentation comme première cause de décès chez l’être humain. Ces résultats ont parfois ensuite été repris par la presse « grand public ».

Détail de la « une » du quotidien Le Monde du 27 octobre 2015.
DR

On se souvient en particulier que le quotidien Le Monde avait titré sans nuance, en première page de l’édition datée du mardi 27 octobre 2015 : « Les viandes rouges classées cancérogènes ». Cet article faisait écho à une publication du journal The Lancet Oncology qui alertait sur le rôle des viandes transformées (charcuterie par exemple), dans le développement de cancers, ainsi qu’à un moindre niveau, sur le rôle de la viande rouge. Cette diffusion de l’information, amplifiée par les réseaux sociaux, peut contribuer à modifier le comportement alimentaire.

En outre, un nombre croissant de personnes orientent leurs choix alimentaires pour servir des causes qui ne sont pas directement liées à leur santé, tels que le bien-être animal ou la préservation de l’environnement. Vegan, végétarien, flexitarien, pesco-végétarisme (pescatarian)… De nombreux régimes sont concernés. Des travaux récents ont étudié leur impact sur la santé, et on peut s’attendre à ce que ces nouveaux modes d’alimentation nourrissent eux-aussi des conduites orthorexiques, sur la base d’effets bénéfiques démontrés ou suggérés.

Ceci est d’autant plus prévisible que certains de ces régimes peuvent être interprétés comme des démarches identitaires qui permettent à la personne qui les suit d’« exister » au sein d’un groupe. Or dans notre société « numérique » qui donne accès à tout, sans filtre aucun, les individus sont submergés par la multiplicité des informations. Cette saturation peut parfois engendrer un trouble profond, l’anomie (ou sensation de perte de repères), qui pousserait certains à s’engager dans des démarches identitaires pouvant être alimentaires, comme l’orthorexie, pour retrouver le sens perdu.

Que faire en pratique ?

Les répercussions sur l’humeur, la socialisation, ou le poids des personnes orthorexiques doivent mener à consulter un médecin. Ce dernier jugera s’il est nécessaire d’orienter le patient vers un médecin « somaticien » spécialisé, vers un psychiatre, ou encore s’il faut se placer sur ces deux niveaux simultanément.

Il est toutefois souvent difficile d’établir une alliance thérapeutique car la personne est généralement envahie par ses troubles. Peu apte à entendre les arguments ou à suivre une prescription, elle ne « vit » que dans le cadre qu’elle s’impose, persuadée que son obsession est justifiée. Opposer une attitude dogmatique, de raison, étayée par des arguments « scientifiques » et/ou « médicaux » est donc souvent vouée à l’échec.

Il n’existe à l’heure actuelle aucune stratégie thérapeutique universelle. Pour établir une relation de confiance dans ce contexte, il faut avant tout faire preuve de patience. Il s’agit de progressivement sortir les patients de leur enfermement, afin qu’ils puissent à nouveau simplement manger pour vivre, et non plus vivre pour chercher à manger…The Conversation

Régis Hankard, PU-PH, Professeur de Pédiatrie, Inserm UMR 1069 « Nutrition, Growth Cancer » & Inserm F-CRIN PEDSTART, Université de Tours, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et Jean-Pierre Corbeau, Professeur émérite de sociologie de l’alimentation, vice-président de l’Institut Européen de l’Histoire et des Cultures de l’Alimentation, Université de Tours

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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La fatigue liée au cancer n’est pas une fatalité

La fatigue liée au cancer n’est pas une fatalité

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La majorité des patients atteints de cancer considèrent que la fatigue affecte leur vie quotidienne autant que la douleur, voire plus.
Shutterstock

Baptiste Morel, Le Mans Université

Une personne sur deux aura un cancer dans sa vie, transformant de facto l’autre moitié de la population en proche de malades. Nous serons donc tous touchés par cette maladie. Pendant longtemps, les patients n’ont eu, le plus souvent, que deux alternatives : vivre ou mourir. Néanmoins, depuis quelques années, grâce aux progrès de la recherche, une nouvelle perspective se dessine. De plus en plus fréquemment, le cancer est envisagé comme une maladie chronique, s’inscrivant dans la durée.

À partir du moment où le médecin a prononcé le mot « rémission », ce qui signifie que le cancer n’est apparemment plus là, une nouvelle vie commence. Une vie chamboulée, accompagnée de nombreux symptômes handicapants. Plus de la moitié des personnes vivent en effet l’après-cancer plus difficilement que la période des traitements, laquelle constitue pourtant une véritable épreuve.

Le coupable numéro un ? La fatigue. Ou plutôt, les fatigues, car derrière ce terme se cachent de nombreux états différents. Il est important de bien les identifier, pour mieux les prendre en charge.

Non pas une fatigue, mais des fatigues

La fatigue peut être décrite comme une sensation. Chacun en fait l’expérience intime et quotidienne. Elle semble universelle. Pourtant, lorsqu’il s’agit de préciser le ressenti, des nuances apparaissent, des natures de fatigue différentes émergent. Affaiblissement, abattement, dépression, épuisement, écœurement, ennui, lassitude, peine, surmenage sont quelques-uns des dizaines de synonymes du mot « fatigue ». La richesse de ce vocabulaire laisse entrevoir un phénomène incroyablement varié.

Cet état peut également être appréhendé comme une baisse de performances fonctionnelles. L’avantage de cette approche est de pouvoir quantifier la fatigue au moyen de tests objectifs.

La fatigue peut par exemple être définie comme une diminution de la capacité des muscles à produire une force. Après une course en montagne de 160 km, les muscles de la cuisse ne sont plus capables de produire que les deux tiers de leur force initiale. Pour le physiologiste qui analyse leurs performances, les coureurs qui se sont livrés à cet exercice sont fatigués.

Des spécialistes de sciences cognitives pourront quant à eux proposer une autre définition de la fatigue, basée sur le temps de réaction. Après plusieurs heures de calcul mental, le temps de réaction s’accroît. En mettant en évidence cette augmentation, les chercheurs décriront le sujet comme particulièrement fatigué.

Il existe donc autant de fatigues que de fonctions évaluées, ce qui participe à la difficulté d’appréhender ce phénomène dans sa globalité.

La fatigue protège, l’épuisement persécute

En principe, la sensation de fatigue n’a rien de pathologique. Elle a pour rôle essentiel d’assurer le bon fonctionnement de l’organisme en le protégeant face à la menace d’une sur-sollicitation. Faire la fête toute la nuit, courir un marathon, travailler sur son ordinateur une journée durant, contracter une grippe… Toutes ces situations vont « fatiguer », et donc forcer au repos. La cause de la fatigue est clairement identifiable, et cette dernière disparaîtra après une période de récupération.

La fatigue liée au cancer, en revanche, n’est pas de cette nature. Le terme même semble erroné puisqu’il vient de l’anglais « cancer-related fatigue », qui devrait être littéralement traduit par « épuisement lié au cancer ». Il s’agit en réalité d’une sensation d’épuisement physique, cognitif et/ou émotionnel disproportionnée au regard de l’activité récente. Elle n’est pas soulagée par le repos et perturbe profondément la qualité de vie.

Un symptôme unique, des mécanismes multiples

De multiples facteurs peuvent être à l’origine de la fatigue liée au cancer. Celle-ci peut être influencée par des paramètres d’ordre médical, biologique, psychologique, comportemental ou encore social.

Par exemple, les traitements par chimiothérapies sont connus pour engendrer une fonte musculaire, laquelle est associée à une augmentation de la fatigabilité à l’exercice. La moitié des malades rapporte aussi des perturbations substantielles de leur sommeil. La dépression vécue par certains patients est, elle aussi, très souvent associée à une fatigue importante. À l’inverse, les patients qui vivent avec un conjoint ressentent moins de fatigue.

Cependant, et malgré de très nombreuses recherches, la part relative des différents mécanismes impliqués ainsi que leurs interactions sont encore assez mal comprises.

Un nombre croissant de personnes concernées

Une grande majorité des malades ressentiront ce symptôme d’épuisement au moment des traitements. Selon l’Institut national du cancer,

« La majorité des personnes malades interrogées estiment que la fatigue affecte leur vie quotidienne autant, voire plus que la douleur. »

Plus grave : ils seront encore un tiers à subir cette fatigue chronique dix ans après la rémission (pour les chercheurs, on ne « guérit » pas, au sens strict, d’un cancer ; l’indicateur utilisé pour le suivi des patients est le « taux de survie net standardisé à 5 ans ». Ce froid jargon scientifique signifie qu’aucun signe de rechute n’a été décelé pendant une période de cinq ans après le traitement).

Or le nombre de patients en rémission augmente, car la recherche médicale a fait des progrès considérables. Ces 30 dernières années le taux de rémission a été amélioré pour la plupart des cancers. Pourtant, la fatigue est encore très peu considérée, car elle est souvent perçue comme un passage obligé, par les malades autant que par les professionnels de santé. Les premiers se gardent donc d’en parler, tandis que les seconds peinent à proposer une prise en charge spécifique. Pourtant, la fatigue liée au cancer n’est pas une fatalité, et il est possible de la traiter.

Déterminer la bonne prise en charge

L’approche médicamenteuse s’est jusqu’ici montrée inefficace pour diminuer la fatigue liée au cancer, à l’exception de cas où des perturbations biologiques ont été bien identifiées, comme lorsque des patients souffrent d’anémie.

En revanche de nombreuses interventions non médicamenteuses, telles qu’une activité physique adaptée, des thérapies cognitivo-comportementales, des interventions corps-esprit, etc. peuvent s’avérer efficaces pour réduire la fatigue liée au cancer. Leurs effets sont toutefois généralement faibles à modérés, et sont surtout très variables en fonction des individus.




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La fatigue constitue en effet une réponse unique à des mécanismes pouvant être très différents d’une personne à l’autre. De ce fait, il n’existe pas de solution universelle. Une intervention adaptée aux causes de la fatigue d’un patient peut s’avérer beaucoup moins pertinente pour un autre. Capitale dans le cas d’une fatigue liée à une perte de masse musculaire, l’activité physique s’avérera par exemple peu adaptée si la fatigue ressentie est principalement d’origine émotionnelle.

Il est donc essentiel de mieux comprendre ce que recèle la fatigue de chaque patient. Notre laboratoire et d’autres équipes dans le monde y travaillent. Ces recherches permettront à terme de mieux évaluer les causes individuelles de la fatigue, pour proposer une prise en charge sur mesure, et optimiser l’efficacité des interventions. En attendant, il est important de ne pas minimiser sa fatigue, elle n’est pas anodine.The Conversation

Baptiste Morel, Maître de conférences, Le Mans Université

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Témoignage : Stéphanie Maraval, kinésiologue experte en communication

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« Je conseille de bien choisir son école de formation et s’assurer du sérieux de l’enseignement. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Stéphanie Maraval. Originaire de Montpellier, je suis kinésiologue installée depuis septembre à l’Espace Clé à Canet. J’habite à Saint Félix de Lodez avec ma fille.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis installée en tant que kinésiologue depuis la rentrée de septembre à l’espace clé de Canet. Ma pratique s’appuie sur un test musculaire qui permet de mettre en évidence des déséquilibres énergétiques et les stress émotionnels qui empêchent d’utiliser toutes ses potentialités. Je consulte pour l’instant un jour par semaine. J’accueille les enfants, adolescents et adultes pour diverses problématiques d’ordres physique, émotionnel, relationnel, difficultés scolaires ou professionnels, deuil, séparation…

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

En fait, depuis 2010 je travaille dans une société de vente de mosaïque en salle de bain que j’ai co-fondée. Pendant longtemps j’ai eu envie de quelque chose dans lequel je puisse m’épanouir plus personnellement, ça faisait un moment que je voulais travailler dans le bien-être. J’ai eu des problèmes de peau récurrents, ce qui m’a amenée à beaucoup m’intéresser aux médecines parallèles pour chercher des solutions. C’est comme çà que j’ai fait ma première séance chez un kinésiologue et ça a eu un super impact. L’approche m’a beaucoup plu. je me suis dit : « C’est vers ça que j’ai envie d’aller! »

Alors je me suis lancée dans cette aventure. J’ai effectué une formation pendant 2 ans et demi au centre de formation méditerranée du Crès où j’ai pu acquérir différentes techniques (La santé par le toucher, 3 en 1 concept et Brain gym.)

Au travers de ma société j’avais acquis des connaissances et des compétences dans la communication, la gestion administrative et commerciale. J’ai transposé tous ces savoirs-faire pour faire connaitre mon activité de thérapeute.

Aujourd’hui, j’ai deux casquettes. Je continue à travailler du lundi au jeudi dans ma société et le vendredi je suis dans mon cabinet. Je garde mon activité commerciale le temps que ça se développe. Mon but est de passer progressivement à mi-temps puis d’être thérapeute à temps plein.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

J’ai la chance d’avoir habité Canet pendant quelques années et le bouche à oreille a fonctionné rapidement sur la commune et les environs. J’ai par ailleurs diffusé plusieurs campagnes publicitaires par facebook qui m’ont permises de me faire connaître plus largement. Bien entendu, j’ai créé un site internet pour expliquer ma pratique et bénéficier d’un plus large public à la recherche de ce type de pratique. Je démultiplie en parallèle la diffusion de mes coordonnées sur les pages jaunes ou annuaires professionnels.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Ma principale motivation est d’apporter un bien être, redonner le choix là où il semblait ne plus y en avoir, aider à la prise de conscience et à modifier son dialogue intérieur. Pour ma part, cette reconversion est une évolution personnelle pour moi qui m’amène à un épanouissement et qui fait partie de mon chemin de vie. Cela donne aussi une liberté en tant que libéral et un challenge à relever pour développer sa clientèle.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

La kinésiologie n’est pas une pratique encore très connue, et cela demande certainement plus de temps pour développer sa clientèle. Je ne dois donc négliger aucun canal de communication.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Je conseille de bien choisir son école de formation et s’assurer du sérieux de l’enseignement. Lors de son installation, il est primordial de se faire connaître auprès de différents thérapeutes, de communiquer sur les réseaux sociaux, de créer un site internet et en parler autour de soi pour que le bouche à oreille également fonctionne. Une bonne communication peut aider et favoriser un démarrage d’activité rapidement si elle est bien faite.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Je souhaite développer ma clientèle pour que cette activité devienne mon activité principale et ma source d’épanouissement. Je vais enrichir ma formation pour être toujours au plus proche des besoins de mes clients et de leurs problématiques et développer également les soins énergétiques.
Je souhaite également mettre en place des ateliers pour travailler avec les enfants.

Quelques mots sur Omyzen ?

Omyzen est une source d’information riche et variée sur les thérapies alternatives que j’apprécie beaucoup.

Un lien vers votre site ou compte facebook

www.kinesiologue-bien-etre.fr

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Les phobies d’impulsion, ou l’obsession du coup de folie

Les phobies d’impulsion, ou l’obsession du coup de folie

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Obsédées par l’angoisse du passage à l’acte violent, les victimes de phobies d’impulsion ne peuvent utiliser les objets potentiellement dangereux du quotidien.
Allef Vinicius / Unsplash

Antoine Pelissolo, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Âgée de 32 ans et mère de deux enfants, Caroline est venue me consulter car elle souffrait d’une phobie particulièrement handicapante : il lui était impossible de manipuler des couteaux ou des objets dangereux à proximité d’autres personnes. Elle m’a expliqué que tout avait commencé trois ans auparavant, par un fait divers tragique :

« Un jour, j’ai entendu à la radio qu’une mère de famille avait soudainement poignardé ses enfants avant de mettre fin à ses jours. Rien ne pouvait expliquer ni faire craindre cet acte, la femme n’étant pas connue comme malade ou violente ».

Depuis, Caroline se trouve envahie par la peur de céder elle-même à un tel coup de folie. « Si cela peut arriver, pourquoi pas à moi ? ». La jeune femme souffre d’une forme particulière de trouble obsessionnel compulsif (TOC), les phobies d’impulsion (ou obsessions impulsives).

La peur de la perte de contrôle

Caroline n’est pas atteinte d’une simple phobie des couteaux ou des ciseaux. Contrairement à ce que ressentent les personnes souffrant de phobies d’animaux ou de lieux clos, elle ne redoute pas ces objets en eux-mêmes. En revanche, elle craint les actes qu’elle pourrait commettre avec ces instruments dangereux si elle était prise d’une pulsion violente, soudaine et irrépressible.

Cette peur extrêmement douloureuse appartient à la catégorie des troubles obsessionnels-compulsifs (TOC). Toutes ces pathologies sont liées à une crainte profonde de ne pas contrôler suffisamment son comportement ou sa pensée, et de commettre ainsi des erreurs, voire des fautes graves (TOC dits de « vérification » ou de « mauvaises pensées »), de se contaminer en raison d’une mauvaise protection ou d’un mauvais nettoyage (TOC de « lavage »), ou encore de mal maîtriser son environnement (TOC « d’ordre et de rangement »).

Concrètement, les personnes souffrant de phobies d’impulsion redoutent de blesser les autres ou elles-mêmes, physiquement ou moralement. Elles peuvent ainsi « se voir » agresser leurs proches ou des inconnus à l’aide d’armes ou d’objets dangereux, les précipiter dans le vide, ou, moins dramatiquement, les insulter. Ces pulsions inadmissibles sont souvent reliées aux valeurs morales et aux peurs sociétales et culturelles. Aujourd’hui, on constate par exemple que les thématiques sexuelles sont de plus en plus présentes dans les phobies d’impulsion, notamment en ce qui concerne la crainte d’actes sur des enfants.

Les mêmes types de pulsions agressives peuvent être redoutées envers soi-même, sous la forme de gestes suicidaires impulsifs. En réponse, les patients cherchent des stratagèmes pour s’éloigner des lieux ou des objets dangereux (fenêtres, métro, aiguilles, lames, etc.) ou pour neutraliser symboliquement leurs « mauvaises pensées » (répétition de phrases, de chiffres ou d’actes conjuratoires). Tout ceci provoque des angoisses très fortes, à la hauteur de la gravité des malheurs redoutés.

Plusieurs centaines de milliers de personnes concernées en France

On ne dispose pas de statistiques précises sur le nombre de personnes souffrant de phobies d’impulsion. Il faut d’ailleurs bien distinguer cette pathologie, définie par un niveau important d’angoisse et de perturbations dans la vie quotidienne, de peurs du même type mais légères et transitoires, qui peuvent concerner quasiment tout un chacun, sans gravité.

Environ 2 % des adultes font l’objet d’un diagnostic de TOC avéré. Environ un quart de ces cas concernent des phobies d’impulsion. Plusieurs centaines de milliers de personnes seraient donc touchées en France par ce type de TOC, qui touche à peu près autant d’hommes que de femmes.

Il n’y a pas une cause unique et clairement identifiée pouvant expliquer la survenue de phobies d’impulsions. Celles-ci résultent probablement d’une conjonction de facteurs de vulnérabilité.

Tout d’abord, comme dans tous les TOC, il doit exister une certaine prédisposition interne, d’ordre psychologique mais reposant sans doute sur des particularités cérébrales. Ces dernières concernent les systèmes cognitifs du contrôle de l’action ou de la pensée, trop exigeants et générateurs de doutes et de besoins excessifs de maîtrise. Ceci explique qu’une personne souffrant de phobies d’impulsion peut avoir, en même temps ou à une autre période de sa vie, d’autres types de TOC, de vérification, d’ordre ou de lavage.

À cette vulnérabilité psycho-biologique s’ajoutent des facteurs émotionnels et les événements perturbateurs, stress divers et, parfois, véritables traumatismes. Les changements de vie, surtout quand ils s’accompagnent d’une augmentation de la responsabilité personnelle ou professionnelle, peuvent conduire à l’éclosion du trouble. Un exemple typique est la maternité, avec des formes transitoires ou plus durables de phobies d’impulsions des jeunes mères à l’égard de leurs nouveau-nés, probablement liées à l’addition des facteurs hormonaux, émotionnels et psychologiques du post-partum.

Les phobies d’impulsions peuvent par ailleurs être favorisées par l’existence d’autres troubles psychiques, notamment la dépression ou les troubles anxieux sévères.

Des traitements existent

Comme tous les TOC, les phobies d’impulsion peuvent être traitées efficacement. Les personnes touchées mettent souvent du temps à consulter pour demander de l’aide, car elles ont du mal à comprendre ce qui leur arrive. De plus, elles ont généralement honte d’en parler. Par ailleurs, le diagnostic n’est pas toujours facile à poser : une ou plusieurs consultations avec un psychiatre sont souvent nécessaires pour évaluer les symptômes de manière minutieuse, et identifier le trouble ainsi que les éventuelles autres problématiques associées.

Les traitements sont surtout psychologiques et comportementaux, mais une prescription médicamenteuse peut s’avérer très utile en complément. Les antidépresseurs sont efficaces, même sans dépression associée. Ils permettent de réduire progressivement le niveau d’envahissement mental par les obsessions, ainsi que le niveau d’angoisse. Ils peuvent être prescrits sur de longues durées, sans risque de dépendance et, en général, sans effets secondaires trop gênants.




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Mais l’essentiel de la prise en charge repose sur les psychothérapies, et le plus souvent sur une thérapie comportementale et cognitive. Celle-ci consiste surtout à analyser les réactions du sujet face aux idées obsédantes, puis à les modifier progressivement grâce à une compréhension de ce qu’elles sont : des peurs, et rien d’autre.

En effet, les phobies d’impulsion ne comportent en elles-mêmes aucun risque, et notamment aucun des risques redoutés. Les personnes souffrant de phobies d’impulsion n’effectuent jamais de passage à l’acte dangereux, pour elles-mêmes ou pour les autres (sauf, bien sûr, si ces actes sont provoqués par d’autres pathologies telles qu’une dépression ou une psychose, ou encore en cas de prise d’alcool).

Avoir peur de commettre un acte violent, alors qu’on ne le souhaite pas, ne provoque en aucun cas une perte de contrôle. La thérapie permet de prendre conscience de cette différence essentielle entre peurs et désirs, et de retrouver confiance en soi en adoptant des attitudes plus saines et sereines face aux obsessions. Ainsi, celles-ci vont peu à peu s’atténuer.


Pour aller plus loin :

Antoine Pelissolo (2017), « Vous êtes votre meilleur psy ! », Flammarion.The Conversation

Antoine Pelissolo, Professeur de psychiatrie, Inserm, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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La kinésiologie : pourquoi consulter ? comment se former ?

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La kinésiologie, un outil de développement personnel qui permet aussi d’améliorer ses capacités d’apprentissage.

Comme explicité dans notre article La kinésiologie : méthodes et principes de fonctionnement, le kinésiologue utilise des techniques de gestion du stress et des émotions qui passent par le corps. Partant du principe que le corps garde en mémoire tout notre vécut et qu’il ne peut pas mentir, des tests musculaires permettent de comprendre la nature et l’origine d’un déséquilibre.

Dans quel cas est-il vraiment opportun d’aller consulter un kinésiologue ? Comme se déroule une séance ? Où se former pour devenir praticien ? Omyzen fait le point sur cette discipline en pleine évolution.

A qui cette discipline s’adresse-t-elle ?

La kinésiologie peut être utile à tous les âges de la vie : des enfants aux séniors en passant par les ados, les parents ou encore les femmes enceintes.

Comme elle passe par le corps et non par la parole, elle est intéressante pour les personnes qui auraient du mal à mettre des mots sur ce qu’ils vivent ou qui n’auraient pas envie de parler. Nous pensons notamment aux enfants et aux adolescents.

Elle est particulièrement adaptée aux sportifs. Les coach sportifs emploient des techniques issues de la kinésiologie pour augmenter les performances de leurs athlètes.

Pourquoi consulter ?

Pour des maux du quotidien et pathologies physiques :

  • Gestion de la douleur
  • allergies, intolérances et troubles d’origine psychosomatiques
  • maux de ventre, de dos, de gorge…
  • stress lié à une intervention médicale
  • pour vivre plus sereinement une maladie

La kinésiologie aide à cerner les aspects psychologiques liés à un trouble corporel. Elle permet de comprendre les implications d’ordre émotionnel et de mieux appréhender la maladie.

En cas de difficultés psychologiques, relationnelles et émotionnelles :

  • Phobies, crises d’angoisses, peurs, anxiété, troubles du sommeil
  • Troubles du comportement alimentaire, addictions
  • Dépression, difficultés relationnelles

Par la kinésiologie, on peut augmenter la confiance en soi, pour aider à la prise de parole en public par exemple.

Pour favoriser l’apprentissage :

Que ce soit pour vous, votre ado ou votre enfant, par le biais du Brain Gym et de la Kinésiologie éducative, vous pouvez :

  • Augmenter votre concentration et votre mémoire
  • Traiter des problèmes DYS
  • Redonner de la motivation pour étudier ou travailler
  • Retrouver le plaisir d’apprendre
  • Gérer le stress d’un examen, concours, entretien d’embauche
  • Mieux s’organiser dans son travail

Pour aider son enfant en cas de :

  • Hyperactivité
  • Troubles du comportement
  • Difficultés scolaires

Les enfants sont particulièrement réceptifs à ce type de thérapie qui ne passe pas par le mental.

Pour accompagner des changements de vie :

  • Deuil, divorce, ré-orientation professionnelle, déménagements, vie de famille, licenciement, accident, etc…

Le kinésiologue est aussi là pour dans les périodes de passage et de bouleversements.

Pour développer son plein potentiel :

La kinésiologie peut aider à améliorer ses performances sportives, artistiques, professionnelles. Mais aussi à exploiter ses capacités pour : vivre des relations plus harmonieuses, accroitre ses capacités d’adaptation, développer sa créativité, savoir choisir… La personne prend conscience de son potentiel. Elle est amenée à être pleinement actrice de sa vie, prenant la pleine responsabilité de ses choix.

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La kinésiologie peut aider à améliorer ses performances sportives.

Y a –t-il des contre-indications ?

La réalisation des tests musculaires peut être gênée ou contre-indiquée en cas de traumatismes ostéo-musculaires, de lésions ou d’opérations récentes.

D’autre part, rappelons que la kinésiologie ne remplace pas un diagnostic ni un traitement médical. Son objet n’est pas de traiter les traumatismes, urgences ou maladies graves.

Comment se déroule une séance ?

1. Poser vos objectifs

La séance va commencer par un temps d’échange verbal. La personne qui consulte explique les problématiques qu’elle souhaite résoudre, ce qui lui pose problème. Elle est invitée à formuler un objectif. Par exemple : « Je veux être à l’aise quand je prends la parole en public. »

2. Tests d’exploration

Dans un deuxième temps, le kinésiologue va effectuer une douzaine de pré-tests. Le consultant reste habillé pendant toute la durée du soin. Il peut être assis sur une chaise ou allongé sur une table de massage, en fonction de la technique de tests utilisée. Le kinésiologue va procéder aux tests musculaires pour identifier la localisation, la nature et la cause du trouble. Pour discriminer d’où vient le problème, à chaque fois qu’il teste, il peut soit formuler une interrogation, soit poser un doigt sur un point précis de votre corps, soit sur une liste de mots écrits sur une feuille. Vous n’avez rien à dire, c’est votre corps qui répond.

3. Comprendre la problématique

Le kinésiologue fait un retour au patient, l’amenant à faire des prises de conscience. Il peut lui parler de l’état de ses organes, ou des blocages énergétiques qu’il a identifié ou niveau des méridiens. La problématique peut s’expliquer par des émotions refoulées ou encore par l’obtention de bénéfices secondaires.

4. Equilibrer le corps et ancrer de nouveaux schémas

Le kinésiologie va alors demander via des tests quelles solutions sont appropriées pour rétablir l’équilibre. Il va aussi effectuer des actions de ré-équilibrage, qui consistent à proposer au corps un autre cheminement nerveux que celui qu’il connait, pour se dégager de vieilles croyances et habitudes nocives et installer de nouvelles possibilités. Cela peut passer par les réflexes et le corps ou d’autres techniques : mouvements, visualisations, jeux de rôles, lectures. A l’issue de ce travail, d’autres tests vont servir à vérifier que le travail a bien été fait puis à ancrer les informations de la séance.

5. Un travail qui continue après la séance

Le patient pourra repartir avec des recommandations sur son hygiène de vie et des exercices à pratiquer chez lui régulièrement. Le kinésiologue peut par exemple lui préconiser certains mouvements de Brain Gym à faire avant de se mettre à étudier. En fonction des réponses musculaires aux tests, il peut également être amené à conseiller des compléments alimentaires, ou encore à orienter la personne vers l’homéopathie, l’aromathérapie, la phytothérapie.

Durée et coût

Une séance de kinésiologie dure entre 40 et 80 minutes, Pour les enfants, la séance dure maximum 45 minutes.

Le tarif pour une séance va de 40 à 60 euros en fonction des praticiens. Certaines mutuelles peuvent prendre en charge quelques séances.

Pour atteindre un objectif on peut compter en moyenne 4 séances, espacées de 3 semaines. Ainsi, il faut souvent compter plusieurs séances parce que le kinésiologue va au rythme du corps. Parfois il y a des résistances à dépasser avant d’atteindre la source du problème. Il peut être essentiel de respecter des temps d’adaptation nécessaires au processus de changement.

Recommandations de vigilance

Le fait que le praticien utilise un test musculaire pour accéder à des informations dont la personne n’a pas forcément conscience peut être une porte ouverte à des interprétations fausses et abusives. Le code de déontologie de la fédération des kinésiologues prends bien soin de spécifier que :

« Le test musculaire donne l’indication d’un état de stress en lien avec le sujet abordé pendant la séance. Il indique un ressenti qui ne correspond pas toujours à un fait réel. »

Donc, soyez attentif et prenez beaucoup de recul si votre kinésiologue :

  • vous affirme avec certitude que vous avez vécu quelque chose dont vous n’avez aucun souvenir (agression, vie antérieure, « syndrome des faux souvenirs »…)
  • Diagnostique une maladie ou une pathologie sans examens médicaux
  • Émet des prédictions sur votre avenir
  • Utilise le test pour vous faire dire la vérité sur des sujets qui dépassent le cadre de la thérapie
  • Formule des jugements catégoriques sur vous
  • Se montre trop directif ou veut imposer ses choix et/ou ses croyances

Pour vous prémunir, nous vous conseillons de choisir un kinésiologue qui vous aura été recommandé par plusieurs personnes de confiance. Le cas échéant, de sélectionner quelqu’un qui appartient à un syndicat.

Comment trouver son thérapeute ?

En l’absence de recommandations, le fait que le thérapeute appartienne à un syndicat garantie qu’il a suivi une formation sérieuse et qu’il adhère à un code de déontologie. Voici les 3 annuaires auxquels vous pouvez vous référer :

Conseils pour votre parcours en kinésiologie :

  • Quand vous contactez un praticien pour la première fois, n’hésitez pas à le questionner sur son parcours, ses compétences, sa formation, sa manières d’exercer.
  • Veiller à ce que votre kinésiologue travaille à votre rythme, dans l’ouverture et en toute transparence.
  • Avant votre séance, réfléchissez bien à ce que vous en attendez, formulez en termes clairs quel est votre objectif et qu’est-ce qui vous empêche de l’atteindre. La kinésiologie est axée sur la recherche de solutions et le consultant est actif dans cette démarche. Plus vous aurez une idée claire de ce que vous cherchez à améliorer et pourquoi, plus la séance sera efficace.
  • Cependant , si vous n’avez pas d’objectif précis au préalable, pas de soucis, votre corps fera remonter les informations nécessaires et la thématique de séance remontera d’elle-même.

Se former à la kinésiologie

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La Fédération Française de Kinésiologie impose 600 heures minimum de formation.

Pour les professions médicales : une école de kinésiologie appliquée K.A.

Les professionnels de santé, pourront suivre des formation en kinésiologie appliquée K.A. au sein du Collège international de kinésiologie appliquée (ICAK).

Les personnes qui ne font pas parti du corps médical pourront se former à la kinésiologie non thérapeutique, discipline présentée comme un outil de gestion du stress et d’accompagnement psychologique.

Recommandations pour les non médecins

Comme toujours, méfiez-vous des formations courtes, qui restent souvent insuffisantes en apport théoriques. Quand aux formations qui se font uniquement par correspondance, elles ne permettent pas d’acquérir une pratique qui nécessite impérativement un échange et un contact humain en présentiel.

Pour reconnaitre un praticien en kinésiologie, les syndicats exigent tous un minimum de 600 heures de formation ainsi que la validation par des examens théoriques et pratiques. Par la suite, les kinésiologues certifiés ont la possibilité d’effectuer des formations complémentaires jusqu’à plus de 1 200 heures.

Les écoles sérieuses proposent donc ce minimum de 600 heures de formation, incluant des cours théoriques (dont : anatomie-physiologie), des ateliers de pratique et un mémoire de fin d’études. Les cours devront être dispensés par une équipe pluri-disciplinaire, composée de plusieurs enseignants. Enfin, ces écoles devront avoir un statut juridique et répondre aux critères administratifs et légaux.

Voici des listes d’écoles répondant à toutes ces exigences :

N’hésitez pas à contacter des kinésiologues en exercice pour discuter avec eux de leur formation et de leur expérience pour discerner ce qui est important ou pas pour bien choisir votre école.

Omyzen vous souhaite des découvertes surprenante avec la pratique de la kinésiologie !

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La kinésiologie : méthodes et principes de fonctionnement

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Le kinésiologue utilise des tests de résistance musculaire pour recueillir des informations sur l’origine des dysfonctionnements.

Depuis quelques dizaines d’années, une discipline nouvelle a rejoint le domaine des thérapies alternatives : la kinésiologie. Une pratique aux méthodes variées et aux applications nombreuses. D’où vient la kinésiologie ? En quoi consiste-t-elle ? A qui s’adresse-t-elle ? Omyzen brosse le portrait de cette approche encore assez peu connue.

Kinésiologie ou kinésiologie appliquée ?

Etymologiquement, kinésiologie signifie «étude du mouvements ». A la base, ce terme désigne une discipline rattachée à la kinésithérapie, qui se rapporte à l’observation des mécanismes musculaires et ostéo-articulaires à l’œuvre dans les mouvements. C’est une approche utilisée par les professionnels de santé dans le cadre de l’orthopédie, de la médecine du sport ou du travail. Nous ne parlerons pas ici de cette discipline médicale mais de la la kinésiologie appliquée (KA).

La kinésiologie appliquée est une méthode de soin non conventionnelle, qui se base sur des tests musculaires pour identifier les troubles. C’est une méthode empirique qui sert à trouver les causes psycho-émotionnelles des dysfonctionnements et qui agit en dénouant des blocages au niveau énergétique.

D’où vient la kinésiologie ?

La kinésiologie apparait aux Etats-Unis dans les années 60. A l’origine, c’est le Dr George Goodheart, un chiropracteur, qui remarque une particularité chez ses patients. Ils ont un muscle faible et en même temps un organe qui dysfonctionne. Il élabore petit à petit un protocole de tests visant à identifier quels sont les muscles qui manquent de tonicité. Faisant des ponts avec la médecine chinoise, le Dr Goodheart a défendu la théorie selon laquelle les muscles correspondent à des organes mais aussi à des méridiens d’acupuncture. A cette époque, la pratique de la kinésiologie est alors réservée aux professionnels de santé.

Dans la continuité, le chiropracteur John Thie conceptualise le protocole « Touch For Health ». En 1973 il publie un ouvrage qui décrit des correspondances entre des points réflexes, des muscles et des méridiens. Ce livre rencontre un vif succès et des thérapeutes intègrent cette approche psycho-corporelle dans leur pratique.

A la même période, Daniel Whitesite et Gordon Stockes explorent l’origine psychosomatique des maladies et élaborent un autre des piliers de la kinésiologie : le « concept 3 en 1 ». Cette approche propose une approche holistique de l’individu, faisant ressortir les relations entre corps, mental et esprit.

La K.A. en France

La kinésiologie est arrivée en France dans les années 80 et a connu un certain succès, avec la création de plusieurs écoles de formation. Face à la multiplicité d’enseignements hétérogènes et inégaux, en 2000, la Fédération Française de Kinésiologie décide de structurer la profession. Elle élabore un code de déontologie et rebaptise la discipline « kinésiologie appliquée », qu’elle définit ainsi :

« La Kinésiologie Spécialisée est une pratique professionnelle destinée à favoriser un état d’équilibre et de bien-être physique, mental et social. Elle propose différentes techniques de gestion du stress et des émotions qui utilisent de façon heuristique la réaction musculaire au stress ».

Beaucoup de praticiens en kinésiologie sont des professionnels de santé qui ont intégré cette méthode dans leur pratique. Mais on peut aussi être kinésiologue sans faire parti du corps médical, on pratiquera alors une kinésiologie dite « non thérapeutique ».

Et ailleurs dans le monde ?

Aujourd’hui, la kinésiologie est pratiquée dans le monde entier, elle est présente dans près de 80 pays. Elle s’est notamment beaucoup développée dans les pays anglo-saxons : Etats Unis, Angleterre, Australie, Canada et Nouvelle Zélande. En Europe, elle rencontre un engouement en Suisse, en Allemagne et en Espagne. La Fédération Européenne de Kinésiologie s’implique pour développer la discipline et favoriser les échanges d’informations et d’études entre les praticiens des différents pays.

Quels sont ses principes de fonctionnement ?

La kinésiologie s’appuie à la fois sur des pratiques inspirées de l’Orient (à travers la médecine chinoise) et de l’Occident (par la chiropractie).

L’influence de l’énergétique chinoise

La kinésiologie se base d’une part, sur une théorie proche de la médecine chinoise. Elle part du principe selon lequel un courant d’énergie vital parcourt en permanence le corps, le nourrissant et lui assurant un bon fonctionnement. Les états pathologiques correspondraient à un blocage ou à une mauvaise circulation de ce flux énergétique. Dans cette approche holistique, il y a une interaction permanente entre les différents systèmes : nerveux, lymphatiques, énergétiques, musculaires, sanguins, émotionnel, respiratoire…

Une approche nouvelle : le biofeedback

Fondée par un chiropracteur, sa spécificité est néanmoins d’établir une corrélation entre les muscles et les organes. Selon la kinésiologie, quand un organe ou une fonction physiologique est affaiblie, le muscle qui lui correspond perdra en tonicité. Les tests musculaires (biofeedback) servent donc d’outils de diagnostic, permettant de repérer l’origine du trouble.

Le thérapeute va toucher le poignet de la personne et le baisser. Il demande au patient de résister. Avec son autre main, il va alternativement poser le doigt sur différentes parties du corps du patient ou sur des planches avec une liste de mots. Quand la résistance musculaire du patient sera moins forte, (« non-verrouillage ») ce sera le signe d’une faiblesse ou d’un déséquilibre au niveau de la variable testée.

En effet, en temps normal, le muscle se contracte et « verrouille ». Dans une situation de stress le muscle a tendance à avoir moins de tonicité, on dit qu’il « déverrouille » Si le patient ne peut pas résister à la pression exercée par le thérapeute quand on lui touche le genou alors que pour n’importe quelle autre partie du corps il résiste normalement c’est qu’il a une faiblesse au genou.

La kinésiologie est présentée comme étant également un outil de traitement. En corrigeant la faiblesse musculaire, le but du thérapeute est de rétablir un fonctionnement physiologique normal de l’organe ou du système qui était défaillant. Ces corrections consistent en un ré-équilibrage énergétique ou psycho-émotionnel. Elles peuvent consister en des mouvements des membres permettant de synchroniser les hémisphères cérébraux gauches et droits ou d’autres techniques prenant le corps comme médiateur.

Origines psychosomatiques des maladies et mémoires du corps

La kinésiologie part aussi du principe selon lequel le corps garde en mémoire tout ce que la personne a vécu. Par un dialogue avec le corps, il est donc possible de remonter jusqu’à l’origine psychosomatique d’un problème. Elle propose de remonter à la cause des pathologies, en retrouvant et en désamorçant le stress qui les a généré. La kinésiologie psycho-émotionnelle est plus particulièrement axée sur l’identification des troubles émotionnels et psychologiques qui se manifestent dans le corps. Elle amène à prendre conscience de ce qui nous a affecté et à mettre des mots dessus pour s’en libérer.

Dans cette approche thérapeutique, le consultant est pleinement actif dans le chemin qui l’amène à augmenter son bien-être.

Les différents techniques utilisées en kinésiologie

Nous retrouvons donc en kinésiologie des notions théoriques de médecine chinoise ainsi que des pratiques d’acupression inspirées du tuina. Son fondateur étant chiropracteur, il y a également des techniques de manipulation issues de cette discipline. D’autres praticiens ayant enrichi la disciplines de leur propres théories et pratiques, il existe aujourd’hui plus de 80 formes de techniques rattachées à la kinésiologie.

Les 3 principales sont :

Le « Touch for Health » (toucher pour la santé)

kinésiologie
Le Touch For Health se base sur la roue des 5 éléments.

Dans son livre « Touch for Health », John Thie synthétise les grands principes de la Kinésiologie Appliquée proposée par Goodheart. Il met à disposition du grand public une série de tests musculaires associés à des points d’acupuncture. La formation Touch for Health se décline en 5 niveaux. L’élève va apprendre à tester les 42 muscles révélateurs de stress. Les informations recueillies par les tests sont analysées à la lumière de la roue des 5 éléments issue de la médecine chinoise. Ensuite, le kinésiologue va normaliser les muscles pour rétablir l’équilibre énergétique. Cette normalisation peut passer par de l’acupression sur des points neuro-lymphatiques ou neuro-vasculaires, le brossage des méridiens ou encore l’alimentation.

Par ce travail sur le corps, le kinésiologue va stimuler les capacités naturelles d’auto-régulation du corps pour accompagner la personne vers un mieux-être. C’est une technique de régulation énergétique, qui permet d’améliorer la posture, la vitalité et d’harmoniser les différentes dimensions de l’être.

Le « 3 en 1 Concepts » (One Brain)

Cette technique se définie comme une méthode d’intégration cérébrale, qui prends en compte les relations entre le corps, le mental et l’esprit. Elle a été élaborée par Gordon Stokes, Candace Callaway et Daniel Whiteside. Son principe est de libérer la personne de traumatismes et stress émotionnel, de lui redonner confiance pour qu’elle puisse retrouver sa pleine autonomie et avoir une vie plus épanouie. Le travail se fait au niveau de l’inconscient et des mémoires cellulaires.

3 en 1
Le baromètre du comportement est un des outils utilisé dans la méthode du 3 en 1 concept. Il permet de nommer ce que l’on veut et ce que l’on ressent.

Différents outils sont utilisées pour rechercher l’origine inconsciente des troubles et identifier la nature des problèmes. La « structure fonction » consiste à décoder dans les postures du corps et les traits du visage, les forces et faiblesses propres à l’individu. La « récession d’âge » est un protocole pour revenir dans l’histoire de l’individu et dater l’origine de son traumatisme. La « défusion du stress émotionnel négatif » va aider l’individu à ne plus s’identifier à une émotion désagréable liée à un évènement passée. Elle sera suivie d’une « infusion » visant à implanter quelque chose de positif à la place.

Le Brain Gym (ou Kinésiologie Educative)

Le Brain gym, en encore l’éducation kinesthésique, a été inventée dans les années 1980 par le Dr Paul Dennison. Selon lui :

« Le mouvement est la clé de l’apprentissage »

Les postures du corps ainsi que certains mouvements spécifiques ont un impact sur le fonctionnement du cerveau et donc sur les capacités cognitives, l’état émotionnel et plus globalement sur l’état de santé d’un individu. Le brain Gym, ou « gymnastique de l’esprit », propose 26 mouvements et activités motrices à pratiquer pour favoriser la concentration, la mémoire, l’estime de soi, afin de développer son plein potentiel. Cette technique est surtout utilisée chez les enfants, notamment pour les troubles cognitifs.

Les mouvements corporels spécifiques du Brain Gym vont faciliter l’apprentissage.

Résultats d’études et Bilan d’efficacité

Si des démonstrations de kinésiologies peuvent avoir des résultats étonnants – notamment sur l’identification des troubles dont souffre un consultant- il n’existe à ce jour pas d’études rigoureuses démontrant clairement la pertinence et l’efficacité de cette démarche. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ne reconnait pas encore la kinésiologie, mais ses défenseurs se battent pour structurer et faire reconnaitre cette discipline.

Un courant pointé du doigt pour risque de dérives sectaire

Les critiques faites à la kinésiologie portent sur le fait qu’en l’absence de diplôme reconnu et d’encadrement institutionnel de la profession, tout le monde peut se déclarer kinésiologue ou formateur en kinésiologie. Ce qui laisse la porte ouverte à l’amateurisme et à la récupération de ce courant par des personnes plus ou moins bien intentionnées.

Devant la diversité des approches et la dérive possible de cette technique de soin, La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) a émis des mises en garde et surveille de près la kinésiologie. Le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes condamne également la kinésiologie, qu’il qualifie de « dérive thérapeutique ».

Une approche qui porte néanmoins ses fruits

Malgré ce manque de reconnaissance, la kinésiologie continue de se développer et de nombreux praticiens se forment, séduits par la simplicité de la méthode. En effet, le système de test musculaire permet d’identifier des troubles et de passer par le corps pour ouvrir un dialogue avec le patient sur ce qui le gêne et les origines probables de son problème. Elle est de plus en plus utilisée notamment chez les enfants et les sportifs de haut niveau.

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En finir avec les traumatismes grâce à la peinture, l’écriture ou la chanson

En finir avec les traumatismes grâce à la peinture, l’écriture ou la chanson

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Le sergent d’état-major de la Marine Anthony Mannino utilise l’art et la musique dans le cadre des soins thérapeutiques pour son traumatisme crânien.
Marvin Lynchard/US Department of Defence

Agata Vitale, Bath Spa University

Dans l’introduction de son livre Le Corps n’oublie rien, le psychiatre Bessel Van der Kolk écrit

« Il n’est guère besoin d’être soldat, ni de visiter un camp de réfugiés au Congo ou en Syrie, pour être confronté au traumatisme. Tout un chacun est concerné, ses amis, sa famille, ses voisins. »

Le traumatisme survient lorsque nous sommes confrontés à des situations accablantes qui dépassent notre capacité à faire face ou à traiter les émotions qu’elles génèrent. Habituellement, les souvenirs sont stockés dans ce qu’on appelle la mémoire déclarative

(la mémoire des choses dont on a conscience de se souvenir, et que l’on peut exprimer par le langage), que l’on pourrait représenter comme une sorte de classeur virtuel dans lequel les événements de la vie sont organisés et classés selon différents types, et par ordre chronologique.

Il est de ce fait facile de se rappeler et de décrire des souvenirs du passé. Ce n’est pas le cas des événements traumatiques : parce qu’ils surviennent en situation de détresse extrême, ils ne peuvent être assemblés correctement et mémorisés comme un récit cohérent, et sont donc stockés dans la mémoire non déclarative, qui fonctionne de façon inconsciente et s’exprime autrement qu’avec des mots.

La mémoire déclarative des événements traumatisants est comme un classeur qui aurait été malmené par un ouragan – il ne subsiste que des enregistrements épars d’images visuelles et de sensations corporelles, sans narration cohérente de ce qui s’est passé. Incapable de mettre en mots la mémoire non verbale et non déclarative du traumatisme, l’individu revit l’événement encore et encore, à mesure que des souvenirs inconscients refont surface, déclenchés par des odeurs, des images ou des sons qui rappellent le trauma originel.

Cette situation maintient la personne dans un état d’hypervigilance, inondant son corps d’hormones de stress longtemps après la fin de l’événement traumatique, avec des effets néfastes sur sa santé mentale et physique. Les symptômes sont multiples : dissociation, colère, engourdissement, souvenirs envahissants, douleurs musculaires (ventre, cou, épaules) et fatigue.

Non traité, le traumatisme peut avoir des effets dévastateurs sur la vie des gens ; il est donc nécessaire de trouver de nouvelles techniques efficaces pour aider les personnes traumatisées à se souvenir des événements qui les ont marquées afin de pouvoir les traiter correctement et en finir avec le traumatisme. Les arts créatifs peuvent aider à y parvenir.

Une alternative aux médicaments

Jusqu’à présent, le modèle médical a joué un rôle clé dans le traitement des traumatismes – peut-être, comme le dit Van der Kolk, parce que les médicaments pour « réparer » les traumatismes sont rentables et que les grandes revues médicales publient rarement des études sur les traitements non médicaux, qu’elles qualifient de thérapies « parallèles ». Le problème est que les médicaments ne peuvent s’attaquer à la racine du traumatisme, et ne peuvent donc pas faire sortir l’individu de la boucle de la reviviscence. Les thérapies basées sur la parole, comme la psychothérapie, sont essentielles, mais des données récentes suggèrent que les arts créatifs peuvent aussi jouer un rôle clé pour aider les individus à se remettre d’un traumatisme.

Que ce soit par le biais d’une image, d’une pièce de théâtre, d’une chanson ou simplement en gribouillant sur une feuille de papier, la créativité procure un espace où le traumatisme peut commencer à prendre un sens. Les événements traumatisants sont codés de façon non verbale ; par le biais d’images, de sons ou de métaphores, le processus créatif pourrait aider à les assimiler dans la mémoire déclarative. La recherche a montré que ce processus d’étiquetage des émotions négatives peut en atténuer l’effet menaçant.

Ces effets bénéfiques ont été démontrés à plusieurs reprises. L’écriture créative a par exemple été utilisée pour aider les jeunes réfugiés à se remettre de leur traumatisme pré et post-migratoire, lors de leur installation dans le pays hôte. Le théâtre a été utilisé pour traiter des soldats atteints du syndrome de stress post-traumatique, tandis que la photographie a aidé à améliorer la santé mentale de femmes infectées par le VIH/sida.

Le recours à la créativité permet également de partager des événements traumatisants avec un public et de l’en faire témoin. De cette façon, la personne touchée par un traumatisme peut l’extérioriser, et partager avec les autres l’œuvre d’art qu’elle a créée. Cela l’aide à adopter un autre point de vue sur son traumatisme, et à mettre une certaine distance entre elle et les événements. Grâce à ces discussions avec d’autres, les événements cessent progressivement de hanter l’individu traumatisé.

Dans un article récent, le poète Lemn Syssay a expliqué pourquoi il avait décidé de mettre en scène la lecture des dossiers psychologiques relatifs à son enfance traumatisante.

« C’est bizarre, mais je me sens bien sur scène, comme en famille. C’est la meilleure façon pour moi de regarder ces dossiers, je ne pourrais pas me trouver dans un endroit plus sécurisé. En parler ouvertement me met plus à l’aise, parce que quand j’étais tout seul, ils m’ont foutu en l’air. »

Les arts peuvent être utilisés pour reconnecter les cultures et dissiper l’effet du traumatisme. Le théâtre social a notamment été efficace pour reconnecter et construire le dialogue entre des jeunes d’Israël et de Palestine.

Réparer les communautés divisées par les traumatismes

Les arts créatifs pourraient également contribuer à intégrer des traumatismes dits « transgénérationnels » ou « transculturels », qui sont, respectivement, transmis d’une génération à l’autre, ou qui touchent et sont ressentis par des groupes ethniques spécifiques.

Maus, d’Art Spiegelman (1991), un roman graphique qui déconstruit le trauma d’Auschwitz.
Art Spiegelman/Pantheon Books

Un exemple de traumatisme transgénérationnel de ce genre figure dans le roman graphique Maus, d’Art Spiegelman, dans lequel l’auteur raconte l’expérience de son père, survivant d’Auschwitz. Dans cette œuvre, les Juifs sont dépeints sous les traits de souris et les Allemands sous ceux de chats. Selon moi, l’un des passages les plus forts est celui où Art Spiegelman rend visite à son père, Vladek. Assis ensemble à la table de la cuisine, le père insiste que son fils prenne des céréales périmées, qui appartenaient à son ex-femme, car il ne supporte pas l’idée de les jeter.

« Je ne peux rien laisser… Depuis Hitler, même une miette, j’aime pas jeter, jamais… » « Alors garde bien ces foutues céréales au cas où Hitler reviendrait un jour. »
Art Spiegelman/Flammarion

Pour moi, il ne s’agit pas seulement d’une histoire témoignant d’un événement collectif traumatisant, mais aussi de la description de la relation entre un père et son fils, qui se réconcilient à mesure que les fragments d’un traumatisme indescriptible sont triés et mis en pages.

Mon intérêt pour les arts créatifs en tant que thérapie découle de mes recherches sur l’élaboration d’interventions visant à améliorer le bien-être des réfugiés. Lorsqu’un jour j’ai demandé à une femme venant du Moyen-Orient si nous devions organiser des cours d’écriture créative pour les réfugiés, elle m’a répondu qu’effectivement, il fallait le faire. Selon elle, le fait de mettre sa version des faits par écrit mettrait fin au traumatisme qui affectait aussi sa famille : « Si je garde ça à l’intérieur, cela devient un problème pour ma fille, et pour les générations futures aussi. »

Sa déclaration m’a fait réfléchir sur le fait que, malgré leur efficacité, les thérapies basées sur la parole doivent être intégrées à d’autres formes d’interventions, en particulier lorsqu’on travaille avec ceux qui ont du mal à verbaliser leurs histoires traumatisantes. Pour eux, l’art s’est montré très efficace.The Conversation

Agata Vitale, Senior Lecturer in Abnormal/Clinical Psychology, Bath Spa University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Témoignage : Catherine Tournier, praticienne reiki

Tournier reiki
« Mon projet depuis le début est de renforcer le lien avec La Villa des sens, qui est un institut de beauté mais aussi un concept novateur en alliant l’esthétique et l’énergétique. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour,
Je suis Catherine Tournier, praticienne reiki, passionnée de développement personnel et d’évolution spirituelle. Je viens du Doubs (25). Je suis en couple et maman d’un enfant de 11 ans.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je pratique le reiki dans un institut dédié au bien-être du corps et de l’esprit depuis presque 3 ans.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Diplômée dans le commerce, j’ai débuté ma carrière en tant que manager puis j’ai souhaité transmettre ma passion pour le commerce en devenant enseignante.
En parallèle j’ai découvert le reiki et passé mon 1er degré afin de travailler sur moi.

C’est lors d’un rendez-vous chez mon esthéticienne que je lui ai proposé de lui faire découvrir ma pratique et notre collaboration a commencé. Après 7 ans dans l’enseignement, le reiki est devenu mon activité principale!

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Le bouche à oreille est le premier canal de communication.
J’utilise des cartes de visites qui servent aussi pour noter les rendez-vous et le parrainage.
Je participe et organise un salon annuellement afin de fédérer et sensibiliser mais les retours sont faibles.
La villa des sens, l’institut où j exerce m’aide beaucoup et grâce à la gérante qui est aussi mon amie nous sommes sur le pass Time de notre région.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Les points positifs sont le bien-être et la sérénité que les échanges apportent ainsi que la possibilité d organiser son emploi du temps.
Et les retours positifs des receveurs bien entendu qui sont encourageants et incitent à poursuivre sur cette voie.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Les difficultés sont vraiment liées au développement. On ne peut pas parler de fidélisation car l’objectif est que les receveurs se sentent mieux grâce à l’auto-guérison et non pas qu’ils aient besoin de revenir. Donc il faut sans cesse de nouvelles rencontres.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Croire en soi, faire confiance à l’univers, exprimer gratitude et bienveillance.
Vivre cette expérience en pleine conscience ☺️ Foncez dans ce bel apprentis-sage!

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Mon projet depuis le début est de renforcer le lien avec La Villa des sens qui est un institut de beauté mais aussi un concept novateur en alliant l’esthétique et l’énergétique.

Quelques mots sur Omyzen ?

Omyzen est un superbe lieu d’informations et d’échanges. Merci de nous permettre de partager nos passions!

Un lien vers votre site ou compte facebook

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Troubles des conduites alimentaires : soigner l’esprit en manipulant le corps

Troubles des conduites alimentaires : soigner l’esprit en manipulant le corps

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Les massages font partie de la trousse à outils des soignants qui pratiquent l’approche corporelle pour traiter les TCA.
Toa Heftiba / Unsplash

Brigitte Remy, Université Claude Bernard Lyon 1

Cet article est publié dans le cadre de la 3e journée des paramédicaux du Réseau TCA francilien, dont la MGEN est partenaire.


Classés parmi les affections psychiatriques, les troubles des conduites alimentaires s’expriment de diverses façons : anorexie mentale, boulimie nerveuse et autres formes boulimiques, ou les formes atténuées de ces pathologies.

Ces troubles débutent essentiellement à l’adolescence pour l’anorexie mentale et en début de vie adulte pour la boulimie. Ils touchent donc des personnes jeunes, en plein développement de leur vie. Autre drame de santé publique, seule la moitié des malades est actuellement prise en charge. Pour remédier à cette situation, les professionnels, et les usagers (familles et patients) concernés par les TCA se mobilisent depuis une vingtaine d’années pour tenter de mieux répondre à la demande de soins, animer des formations, des recherches et mobiliser les pouvoirs publics.

Dans ce contexte, les approches corporelles, qui visent à aider les patients à reconstruire une image réaliste de leur corps en s’appuyant notamment sur des pratiques telles que la danse, le yoga, la relaxation, la confrontation par vidéo et miroir ou les exercices physiques ont largement démontré leur efficacité.

Des troubles connus de longue date

Identifiés depuis la moitié du XIXe siècle pour l’anorexie mentale et dans les années 1980 pour la boulimie (avec ou sans contrôle du poids), ces syndromes sont désormais mieux connus. Pourtant, peu de gens savent qu’il s’agit des troubles psychiques qui présentent la plus grande mortalité, par dénutrition, carences ou suicides. Les premières études sur le sujet sont d’ailleurs relativement récentes, puisqu’elles datent de la fin des années 1990 en Angleterre. D’autres ont été menées ultérieurement, avec les mêmes résultats.

Les troubles alimentaires (tous degrés confondus) touchent 10 % des femmes, et l’on considère que 30 % des adolescents sont régulièrement soumis à des crises de boulimie ou d’hyperphagie. L’anorexie mentale se manifeste quant à elle typiquement pendant l’adolescence et principalement chez les filles. Elle est caractérisée entre autres par une sérieuse perte de poids et par des troubles de l’image du corps. Par ailleurs, 50 % des patients TCA, qu’ils soient anorexiques ou boulimiques, rapportent des antécédents conscients d’abus sexuel, de maltraitances ou de négligences.

Les formes mineures de TCA peuvent être le prélude à une aggravation et l’installation d’une forme clinique caractérisée, avec risque de chronicisation. De plus la morbidité de ces troubles est importante, et se traduit par des complications médicales, des comorbidités psychiatriques et des conséquences délétères sur l’insertion et l’adaptation sociale.

Restaurer une sécurité de base défaillante

La problématique des TCA est bien résumée par Vincent Dodin, psychiatre à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul et professeur à la faculté catholique de médecine de Lille. Selon lui,

« La naissance est une métamorphose qui nécessite que le tout petit développe, à l’intérieur de lui, une “ sécurité de base ” supportée par une forme de conscience de soi forte et stable, sur laquelle il pourra s’appuyer tout au long de son parcours socioaffectif. La qualité de cette sécurité interne dépendra aussi de la qualité des interactions corporelles et affectives tout au long du développement de l’enfant et lors de son adolescence. »

Dans l’anorexie et la boulimie, cette sécurité de base est défaillante et doit être restaurée. Toujours d’après Vincent Dodin, cette restauration passe par

« une prise en charge plurimodale où les thérapies à médiations sensorielles jouent un rôle essentiel. Les attentes sont le changement d’un rapport au corps qui ferait passer de la maltraitance à la bienveillance par une prise de conscience des éprouvés et des besoins corporels. »

Les limites de cette approche seraient, toujours selon le Pr Dodin, « les résistances du patient, mais aussi des soignants, ainsi que les difficultés à intégrer ces approches corporelles dans une vraie synergie avec les autres modalités du soin. »

Le travail avec et par le corps, une approche en expansion

La psychiatre allemande Hilde Bruch fut la première à mettre en évidence la dissonance entre la réalité anatomique et l’image du corps chez les patientes atteintes d’anorexie mentale. Elle définit cette expérience aberrante du corps comme un désordre de l’image corporelle, de l’interprétation perceptive et cognitive du corps, accompagné d’un sentiment d’inefficacité pour soi-même. Depuis lors, l’anorexie mentale est considérée comme un exemple typique de l’image perturbée du corps. Une condition indispensable au rétablissement des patientes souffrant de désordre alimentaire est donc la reconstruction d’une image réaliste et positive de leur corps.

Les thérapies psychomotrices, intégrées dans un traitement multidimensionnel, sont une des voies possibles pour rétablir cette image. En France, depuis une dizaine d’années, de nombreuses approches thérapeutiques ont été développées, basées sur des pratiques de relaxation, des exercices de respiration, de confrontation par vidéo et miroir, des exercices physiques, de la danse…

Prendre de la distance avec le mental exclusif

Il est maintenant tout à fait établi et vérifié par les cliniciens spécialisés que les approches corporelles doivent faire partie du projet thérapeutique dans les troubles des conduites alimentaires.

Chez les personnes atteintes de TCA, l’image du corps est perturbée.
Jairo Alzate / Unsplash

Ces pratiques visent à améliorer l’image du corps, toujours perturbée. Elles influent aussi sur la projection de l’image de soi, ou le contact avec soi-même par les ressentis et perceptions. Elles permettent de ce fait une prise de distance avec le mental exclusif, et diminuent le contrôle intellectuel des pensées et la répression des pulsions. C’est particulièrement le cas pour les formes adultes chronicisées, qui bénéficient de la prise en compte de l’hyperactivité, des ressentis corporels, des soins du corps ou des pratiques autodestructrices.

De nombreux travaux apportent aujourd’hui des arguments complémentaires en faveur de ces approches. C’est en particulier le cas de ceux qui objectivent, grâce à l’imagerie cérébrale, les séquelles fonctionnelles et psychologiques des traumatismes : isolement des émotions traumatiques de la parole (l’imagerie révélant que le centre du langage reste éteint quand il y reviviscence du souvenir) et grande diminution de la conscience de soi et de la capacité à prendre soin de soi. Ils démontrent la nécessité des approches corporelles, quelles qu’elles soient, non seulement celles ciblées sur les traumas, comme la technique EMDR, mais aussi le psychodrame, le yoga, etc.

Des approches corporelles en pleine diversification

En 1985 déjà, beaucoup d’entre nous avaient été frappés par le très beau chapitre sur les massages d’adolescentes anorexiques, signé Agnès Lauras Petit et publié dans un ouvrage collectif précurseur sur l’anorexie mentale. Une impression confirmée quelques années plus tard par la rencontre avec le psychomotricien Michel Probst, exerçant au sein d’un service spécialisé TCA réputé en Belgique. En 1992, celui-ci était venu partager son expertise démonstratrice avec l’équipe des approches corporelles de l’Institut Marcel Rivière-MGEN. Le centre psychiatrique de la Verrière avait déjà une tradition importante en termes de soins kinésithérapiques et psychomoteurs grâce au soutien de Paul Sivadon, les équipes ont donc intégré facilement ces outils dans les prises en charge des pavillons spécialisés TCA, qui se partagent désormais en un service pour adolescents et un service pour adultes.

L’origine multifactorielle des TCA impose des projets de soins multidisciplinaires, prenant en compte la dimension somatique parfois gravissime et la diversité nécessaire des approches psychothérapiques en groupe ou individuel. Le travail avec la famille est également indispensable, en particulier chez les plus jeunes.

Depuis 2008, un groupe de travail Corps et TCA est très actif au sein de l’association nationale française des professionnels TCA et organise des colloques spécifiques. Des équipes de toute la France y participent et échangent à propos d’approches aussi diverses que l’image du corps, le toucher thérapeutique, la relaxation individuelle et en groupe, les massages, les soins esthétiques, la danse thérapie, les approches corporelles en hôpital de Jour ou en hospitalisation temps plein, etc.

Les approches corporelles se sont considérablement étoffées et diversifiées au cours du temps. Lors des colloques régulièrement organisés, des ateliers d’expérimentation et de sensibilisation très démonstratifs autour des différentes techniques ont été mis en place. Y sont développés l’expression par le jeu, la mindfullness, l’enveloppement multisensoriel, la balnéothérapie, l’ostéopathie, la fasciathérapie, les danses thérapies diverses, la voix, le rythme, les contes, les jardins thérapeutiques, l’activité physique adaptée voire plus récemment l’équithérapie. La respiration, la posture de repos et d’action, la gestuelle permettent d’aborder les notions de schéma corporel et d’image du corps, ainsi que la prise de conscience du lien étroit entre nos états toniques et nos émotions.

Un avenir moins sombre

Les questions de la temporalité de ces soins, de la rencontre avec le patient et du partage des éprouvés corporels et émotionnels sont également prises en compte dans ces approches. Grâce à elles, des changements notables ont pu advenir dans l’esprit des soins procurés à ces patients. Des progrès ont été accomplis dans de nombreux domaines. Le respect de chacun, l’absence de rapport de force et la collaboration très active avec patients et familles deviennent la règle. Le rôle des associations de professionnels et d’usagers, en constante interaction, a été déterminant pour l’aboutissement de ce travail de réflexion et sa mise en pratique.

Par ailleurs, les mobilisations multiples ont porté leurs fruits. Les ministères soutiennent désormais une meilleure organisation des soins. En dehors de déserts médicaux toujours à déplorer, les projets de soins sont devenus plus faciles à mettre en place autour des grands centres spécialisés TCA, du fait des réseaux formels et informels qui se sont progressivement créés. Il nous semble que le pronostic de nos patients est aujourd’hui moins sombre qu’il y a quelques années. On peut affirmer que leur rétablissement est de plus en plus fréquent, voire qu’une guérison complète peut être espérée.


Pour en savoir plus :

– le site de la FNA-TCA ;
– le site de la Fondation Sandrine Castellotti ;
– le site de l’association nationale des professionnels TCA, qui fédère les réseaux parisiens et régionaux (lesquels ont chacun leur site).The Conversation

Brigitte Remy, Praticien Hospitalier, Université Claude Bernard Lyon 1

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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