Le Nobel de Youyou Tu est-il une reconnaissance de la médecine traditionnelle chinoise ?

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Des végétaux séchés, ingrédients de base de la pharmacopée chinoise.
vivi14216/pixabay

Marta Hanson, Johns Hopkins University

Je suis sûre que je ne suis pas la seule surprise par l’annonce du prix Nobel 2015 de physiologie-médecine. La moitié de la récompense a été attribuée à une chercheuse qui a consacré sa carrière à étudier la médecine traditionnelle chinoise. Cette scientifique, Youyou Tu, et ses collègues, membres depuis 1965 de l’Académie chinoise de médecine traditionnelle chinoise à Pékin (aujourd’hui Académie de Chine des sciences médicales chinoises) pourraient être tout aussi abasourdis que je ne le suis aujourd’hui.

L’annonce du prix Nobel et la session questions-réponses.

Pour un chercheur, se voir attribuer le prix Lasker est souvent un bon indicateur d’un prochain prix Nobel. Tu l’avait reçu en 2011 pour sa découverte de l’artémisinine, une substance active utilisée comme alternative au traitement standard contre le paludisme, la chloroquine. Cette dernière molécule perdait rapidement du terrain depuis les années 1960 en raison du nombre de plus en plus important de parasites résistants. Pourtant, la recherche scientifique sur les propriétés pharmaceutiques des plantes médicinales traditionnelles chinoises n’a jamais été un domaine où l’on aurait pu prédire une telle reconnaissance internationale.

D’ailleurs, partout dans le monde, les connaissances médicales traditionnelles n’ont jamais été favorites pour l’attribution d’un Nobel. Jusqu’à maintenant, tout du moins. Alors, comment devons-nous interpréter ce changement, sans doute majeur, dans l’attention portée internationalement à la médecine traditionnelle chinoise ?

Une herbe connue depuis 1 700 ans

Après l’annonce du Prix, lors de la session questions-réponses à l’Institut Karolinska, qui décerne les prix Nobel, l’un des intervenants a salué non seulement la qualité de la recherche scientifique de Tu mais aussi la valeur de l’expérience empirique qui s’enracine dans le passé.

L’effet antifébrile de l’herbe chinoise Artemisia annua (qinghaosu 青蒿素), ou armoise, était en effet déjà connu il y a 1 700 ans, a-t-il expliqué. Tu a été la première à extraire la composante biologiquement active de la plante – appelée artémisinine – et à préciser comment elle agissait. Le résultat a représenté un véritable changement de paradigme dans le domaine médical : cela a permis à l’artémisinine d’être à la fois étudié en clinique et produit à grande échelle.

Tu a toujours insisté sur le fait qu’elle a trouvé son inspiration dans le précis d’un médecin chinois et alchimiste du IVe siècle du nom de Ge Hong 葛洪 (283-343).

Son livre Des formules d’urgence à garder à porter de main (Zhouhou beijifang 肘 後備 急 方) peut se comprendre comme un manuel pratique de formules de médicaments en cas d’urgences médicales. C’était un livre assez léger pour être gardé « derrière le coude » (zhouhou), c’est-à-dire en réalité dans la manche du vêtement, un endroit où les hommes chinois mettent parfois quelques affaires. Nous pouvons comprendre, à travers la description astucieuse des symptômes de ses patients que fait Ge, que les Chinois d’alors souffraient, non seulement du paludisme, mais aussi d’autres maladies mortelles comme la variole, la fièvre typhoïde et la dysenterie.

Au-delà de ses notations sur les qualités d’Artemisia annua pour combattre la fièvre, le médecin Ge a également écrit sur la façon dont l’éphédra, _Ephedra sinica _(mahuang, 麻黃), traitait les affections respiratoires et comment le sulfure d’arsenic (« l’arsenic rouge », en chinois xionghuang 雄黃) est utile pour certains problèmes dermatologiques.

Ingrédients traditionnels, médicaments modernes

Ce n’est pas parce qu’un composé a des racines naturelles et a longtemps été utilisé dans la médecine traditionnelle qu’il faut le prendre à la légère.

Vous vous souvenez peut-être qu’en 2004, la Food and Drug Administration américaine avait interdit des suppléments diététiques contenant de l’éphédra. Censés améliorer les performances, ils avaient été la cause, non seulement d’effets secondaires graves, mais aussi de plusieurs morts. L’interdiction reste toujours en vigueur aux États-Unis, malgré l’action en justice intentée par des fabricants. Cependant, l’éphédrine, médicament dont l’éphédra est la substance active, est très utilisé pour traiter la pression artérielle basse et reste un ingrédient courant des produits sans ordonnance contre l’asthme.

Pharmacie traditionnelle chinoise aux rayons et bocaux emplis d’herbes médicinales.
vkreay / flickr, CC BY-SA

Quant à l’arsenic rouge, sa toxicité est bien connue dans la Grèce antique et la Chine ancienne. Dans la pensée médicale chinoise, cependant, les toxines utilisées intelligemment peuvent être des antidotes puissants pour d’autres poisons. L’arsenic rouge continue ainsi d’être utilisé par les praticiens chinois comme antitoxique et pour tuer les parasites. Appliqué sur la peau, il traite la gale, la teigne et certaines éruptions ; avalé, il expulse les parasites intestinaux, notamment les ascaris.

Bien que le monde biomédical n’utilise pas actuellement l’arsenic rouge ou d’autres minéraux apparentés, les chercheurs chinois n’en ont pas moins étudié leurs propriétés anticancéreuses. En 2011, Jun Liu, chercheur chinois à l’Université Johns Hopkins aux États-Unis, et d’autres collègues ont a également découvert que la plante médicinale chinoise Tripterygium wilfordii Hook F (en chinois lei gong teng 雷公藤) a une efficacité contre le cancer, l’arthrite et le rejet de greffe de peau.

Le travail de pionnier de Tu sur l’artémisinine peut ainsi être considéré comme le sommet de l’iceberg quand l’on évoque les études scientifiques des plantes médicinales chinoises pharmacologiquement actives. Cet effort mondial a notamment permis de trouver une autre substance active contre le paludisme, Dichroa febrifuga (changshan 常山), une découverte qui provient de la nouvelle recherche scientifique sur les plantes médicinales chinoises lancée en Chine continentale dans les années 1940.

L’histoire retiendra que c’est la validation de ce médicament traditionnel comme antipaludique dans les années 1940, qui a été le fondement, vingt ans plus tard, d’une directive de Mao Tsé Toung sur la recherche d’un médicament contre le paludisme. Ainsi, on peut mieux comprendre le travail scientifique effectué par Tu si on prend en compte les complexités politiques du pays et l’histoire du soutien de la médecine chinoise par le gouvernement de la Chine continentale, pendant tout le XXe siècle, et pas seulement pendant la période maoïste.

Même en dehors de la Chine, de telles recherches ont donné des résultats. Dans les années 1970, par exemple, des chercheurs américains et japonais ont développé les statines utilisées pour abaisser le taux de cholestérol à partir de l’étude d’une mousse Monascus purpureus qui colore la levure de riz rouge … en rouge !

Des données empiriques montrent l’efficacité de telles substances. Elles sont consignées depuis des siècles dans les riches archives médicales chinoises. La recherche moderne s’en est inspirée.

Médicalement bilingue

Alors, ce prix Nobel attribué à Youyou Tu est-il un signal de changement d’approche de la part de la science occidentale vis-à-vis des médecines alternatives ? Peut-être, mais pas de façon très marquée.

L’un des intervenants de l’Institut Karolinska a reconnu qu’il y a beaucoup de sources à partir desquelles les scientifiques peuvent s’inspirer pour développer des médicaments. Parmi elles, nous ne devrions pas ignorer la longue histoire des expérimentations du temps passé. Comme il l’a précisé, ces données peuvent être source d’inspiration, mais ces anciens remèdes à base d’herbes ne peuvent être utilisés tels quels. Il s’agit de ne pas sous-estimer les méthodes sophistiquées utilisées par Tu pour extraire le composé actif à partir de l’artémisinine Artemesia annua, a insisté un autre intervenant.

Ce prix Nobel est non seulement une reconnaissance pour cette transformation complète d’une plante chinoise en un médicament puissamment efficace grâce à la science biomédicale moderne, mais il se veut aussi une récompense pour les millions de vies sauvées grâce à la diffusion réussie du médicament, en particulier dans le monde en développement.

Mais il y a autre chose qui fait que Tu est vraiment exceptionnelle à côté de ses deux co-lauréats du Nobel de médecine, William C. Campbell et Satoshi Omura, ainsi que par rapport à d’autres collègues pharmacologues, orientés plus vers la médecine occidentale. Tu incarne avec son histoire et sa recherche ce que j’appelle le bilinguisme médical. C’est-à-dire la capacité non seulement de lire dans les deux langues médicales différentes, mais aussi de comprendre leurs histoires, leurs différences conceptuelles, et, plus important encore concernant cette nouvelle inattendue, leur valeur potentielle pour établir une thérapeutique dans le temps présent.

Ce bilinguisme médical est une qualité que les chercheurs poursuivant le même chemin d’exploration entre la connaissance empirique des traditions médicales et le plus haut niveau de la science biomédicale moderne seraient bien heureux de partager avec le prix Nobel Youyou Tu.The Conversation

Marta Hanson, Associate Professor of the History of Medicine, Johns Hopkins University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Le Shiatsu, l’art d’un massage thérapeutique

Le shiatsu se pratique au sol, sur un futon, le receveur reste habillé.

Le shiatsu est un art manuel thérapeutique qui consiste à effectuer des pressions sur des points précis du corps afin de rétablir un bon équilibre énergétique. En japonais, Shiatsu signifie : « pression des doigts », mais d’autres parties du corps peuvent être utilisées, comme les coudes ou les avant-bras.

Pratiqué en Asie depuis plus de 2000 ans, le shiatsu se base sur les principes fondamentaux de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Il s’agit d’une approche holistique, la problématique de la personne étant considérée dans sa globalité, corps, âme et esprit.

Le shiatsu, comment ça fonctionne ?

Le shiatsu se pratique au sol, sur un futon. Le receveur reste habillé pendant toute la séance. En suivant un rythme calme et régulier, le praticien va effectuer des pressions sur des points précis du corps, qui correspondent à des points d’acupuncture (carrefours d’énergie) ou à des trajets de méridiens (chemins d’énergie).

Les pressions peuvent être plus ou moins appuyées en fonction de l’état de la personne et de l’effet recherché. Elles se réalisent avec les paumes, les doigts, les avant-bras, les coudes ou encore les genoux. D’autres gestes peuvent être pratiqués : des étirements et des mobilisations articulaires.

Toutes ces interventions sur le corps visent à libérer les tensions musculaires, à assouplir les articulations et à lever les blocages énergétiques.

Les différents styles de Shiatsu

Il existe de nombreux courants différents de shiatsu. Des grands maîtres japonais mais aussi occidentaux, ont développé leur propre vision et pratique du shiatsu qui sont enseignées dans leurs écoles respectives. Certains shiatsu sont plus spécifiquement emprunts des fondamentaux de la médecine chinoise, d’autres influencés par la chiropraxie, d’autres encore par une approche psycho-somatique des troubles et douleurs.

Nous pouvons distinguer trois grands types de Shiatsu :

Les Shiatsu énergétique :

Il est principalement axé sur la circulation du Qi (énergie vitale) dans les méridiens, la circulation harmonieuse entrainant un bon état de santé. Au sein de même de ce Shiatsu des méridiens, nous retrouvons différentes approches, certains praticiens se basant sur les méridiens tels qu’ils sont décrits dans les textes traditionnels de médecine chinoise et d’autres sur les tracés de méridiens propres au maître Masunaga senseï.

Shiatsu Structurel :

C’est une approche centrée sur l’anatomie, qui se base sur l’observation de la posture et des mouvements du corps. On y retrouve des mobilisations proches de la chiropraxie.

Le Shiatsu thérapeutique :

S’inscrivant vraiment dans le cadre de la médecine Traditionnelle Chinoise, ce type de Shiatsu a vraiment pour objectif de déceler les déséquilibres à l’origine des troubles et maladies et d’intervenir pour rétablir un état équilibré de santé.

Le praticien peut être amené à effectuer des manipulations issues de la chiropraxie.

Quels sont les bienfaits du Shiatsu ?

Le shiatsu s’inscrit dans les techniques de soin préventives et complémentaires. Il contribue à :

  • Rétablir l’équilibre énergétique du corps et favoriser une bonne circulation
  • Renforcer les capacités d’auto-régulation de l’organisme
  • Diminuer le stress et les tensions psychiques
  • Détendre les muscles
  • Assouplir les articulations

D’où vient le Shiatsu ?

Avec le Tuina, le massage thaï ou ayurvédique, le Shiatsu s’inscrit dans les pratiques manuelles de santé trouvant leurs racines profondes dans l’Inde ancienne et s’étant développées en Chine au cours des derniers millénaires. Mais la technique précise du Shiatsu a été décrite et circonscrite plus récemment au Japon.

Les japonais ont adopté la médecine chinoise dans les années 700, ils utilisaient donc déjà le Tuina, la technique de massage issue de la médecine chinoise. Au fur et à mesure, ils ont développé une approche spécifique se focalisant sur les pressions de points d’acupuncture.

Les premiers protocoles de pressions, encore utilisés dans le Shiatsu actuel, ont été compilés en 1827 dans le livre de Shinsaï Ota, intitulé « Ampuku Zukai ». Un siècle plus tard, en 1939, c’est Tenpeki Tamai qui à travers son livre « Shiatsu Ryoho » proposa pour la première fois le mot Shiatsu pour décrire cette technique particulière.

Puis Tokujiro Namikoshi œuvra à son institutionnalisation, amenant le premier protocole de Shiatsu en clinique en 1925 puis montant la première école de formation en 1940.

Au Japon, une médecine reconnue

Au Japon, le Shiatsu est très largement utilisé à des fins thérapeutiques, Il est enseigné à la Faculté de médecine (3000 heures de formation) et il est perçu comme la « seconde médecine ». Les soins sont prodigués dans les cliniques et dans les centres de bains.

En 1955, le Ministère de la santé du japon, a reconnu le shiatsu comme médecine à part entière. Il le définit comme :

« Une forme de manipulation qui utilise les pouces et les paumes des mains, sans aucun instrument mécanique ou autre, qui applique une pression sur la peau humaine, pour corriger le mauvais fonctionnement interne, favoriser et maintenir la santé et traiter les maladies spécifiques ».

En Europe, une pratique qui se développe

En Occident, de plus en plus de personnes font appel au Shiatsu comme moyen de se détendre, de relâcher les stress et de soulager des douleurs. La pratique est répandue dans toute l’Europe, notamment en Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne, Espagne, France et Italie. Dans une enquête de Michel Odoul datant de 2006, le nombre de praticiens en Europe était estimé à 6000.

Bien que le shiatsu ne soit pas encore reconnu, une résolution du Parlement Européen votée le 29 mai 1997 le caractérisait comme une » médecine non conventionnelle digne d’intérêt « .

L’auteur Michel Odoul a contribué à la reconnaissance du shiatsu à travers l’écriture d’ouvrages de référence et la création de l’IFS (l’Institut Français de Shiatsu).

En mars 2018, a eu lieu la troisième édition de la Journée Nationale du Shiatsu et du Do-In. Des praticiens, enseignants et élèves ont organisé des centaines d’évènements dans toute la France.

Le praticien va effectuer des pressions sur les trajets des méridiens.

A qui cette discipline s’adresse-t-elle ?

Tout le monde peut recevoir un soin en shiatsu, des bébés aux séniors. Le shiatsu s’adresse à toute personne soucieuse d’optimiser un état de bonne santé physique, mentale et émotionnelle.

Concernant les contre-indications, un entretien préalable permet au praticien en shiatsu de déterminer quels gestes il va faire et ceux qu’ils ne doit pas faire étant donné l’état du patient. Si vous souffrez d’une pathologie grave, il est donc nécessaire d’en informer votre praticien.

Comment se déroule une séance ?

La séance dure une heure à une heure et demie, pour un tarif de 50 euros en moyenne. Pour les enfants la séance dure 45 minutes maximum.

Elle se pratique habillée, généralement au sol, sur un futon (matelas fin et ferme) mais parfois aussi sur une chaise de massage, pour les interventions en entreprise par exemple. Elle comprend un temps d’échange verbal.

Quelques conseils avant d’aller recevoir un soin en shiatsu :

  • Venir à jeun ou en ayant mangé léger
  • Porter des vêtements souples et confortables, si possible en fibre naturelle.

Le shiatsu : aussi pour nos amis à 4 pattes !

La discipline s’applique aussi aux animaux, avec notamment une pratique répandue du Shiatsu canin et équin.

Comment trouver son thérapeute ?

Retrouvez une liste de praticiens en shiatsu, shiatsu animalier et formateurs sur le site de la Fédération Française de Shiatsu Traditionnel sur le site du FFST et de Shiatsu France.

Ces carnets d’adresses répertorient des praticiens sérieux qui ont suivi une formation pratique et théorique en énergétique orientale pendant 3 ans, sont détenteurs de l’Attestation de Formation aux Premiers Secours (AFPS) et signataires d’un code de déontologie strict.

Alors, que ce soit pour entretenir votre bien-être ou pour réguler un déséquilibre plus profond, n’hésitez pas à faire appel aux mains expertes d’un praticien en Shiatsu.

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Témoignage : Stéphane Braye, praticien en shiatsu, reiki, et médecine chinoise

Témoignage : Géraldine Amalfitano, aide-soignante et praticienne Shiatsu

témoignage
« La passion de votre pratique est une motivation qui ne cesse de vous faire avancer, alors c’est sans effort que tout se met en place et c’est avec beaucoup de force et de sérénité que tout arrive. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Bonjour, je m’appelle Géraldine Amalfitano, je suis aide-soignante dans un hôpital, je suis mariée et mère de 3 enfants.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis praticienne Shiatsu près de Toulon (Var) depuis plus d’un an. Cette technique d’acupression permet d’équilibrer les énergies, de détendre les tensions, d’harmoniser notre organisme. Cela aide à réduire les effets du stress, des tensions, des douleurs.
Prendre conscience de son corps dans sa globalité et être à son écoute.
En effet, être apaisé dans son corps et dans sa tête, permet de gérer notre quotidien de façon bienveillante.
Trouver son équilibre en toute sérénité est essentiel.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Je suis aide-soignante et c’est une évidence pour moi de me former à des techniques de médecine douce.
De part mon expérience professionnelle et personnelle, je suis convaincue par ces pratiques et je suis passionnée par ce domaine. Je me forme régulièrement afin de compléter mon domaine d’activité pour que cela puisse personnaliser au mieux les séances de chacun.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Je me suis fait connaître par l’entourage personnel et par le bouche à oreille.
J’ai aussi une page Facebook.
Je participe aussi à des ateliers et des forums.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Diversité, sérénité, échange positif, et surtout une prise en charge naturelle pour soulager les tensions du quotidien.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Trouver le temps de faire de la communication pour se faire connaître.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

La passion de votre pratique est une motivation qui ne cesse de vous faire avancer, alors c’est sans effort que tout se met en place et c’est avec beaucoup de force et de sérénité que tout arrive.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Faire profiter les gens de ces techniques douces afin de trouver le calme et l’équilibre.
Développer mon auto-entreprise, continuer de me former et de m’informer pour accroitre mon savoir.

Quelques mots sur Omyzen ?

Mon rêve est que chacun d’entre nous poursuive son chemin pour vivre dans le respect de la Vie.
J’ai découvert le site et il est très enrichissant, beaucoup de témoignages, et cela rassure.

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Témoignage : Elsa Fitoussi, ostéopathe voyageuse

humanitaire
« J’ai d’abord choisi de pratiquer ce métier auprès de personnes qui n’y aurait peut être jamais eu accès et je suis donc partie faire de l’humanitaire durant plus d’un an, en Asie et en Amérique Latine. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Je m’appelle Elsa Fitoussi, je suis ostéopathe, j’ai 26 ans et j’ai toujours vécu à Paris. J’ai toujours su que cette ville ne me correspondait pas également. J’ai pris le temps, après 6 années à étudier l’ostéopathie, de partir voyager et de pratiquer mon métier dans un but humanitaire. Je voulais aider, différemment. Et je voulais voyager seule, repousser mes limites et ma zone de confort, apprendre sur moi-même et sur le monde et les différentes cultures qui nous entourent, afin d’être prête à être thérapeute pour un bon moment.
Après cela, j’ai su que ma place était en France, mais je vis actuellement dans le sud de la France, près de Montpellier, dans un cadre qui me correspond bien plus que la folie parisienne.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je suis donc ostéopathe. J’ai d’abord choisi de pratiquer ce métier auprès de personnes qui n’y aurait peut être jamais eu accès et je suis donc partie faire de l’humanitaire durant plus d’un an, en Asie et en Amérique Latine. Cette expérience fut humainement et ostéopathiquement exceptionnelle.
Je suis aujourd’hui installée dans un cabinet médical depuis octobre, avec 3 autres médecins, je suis ravie de voir que nous pouvons avoir notre place dans ce genre de structures actuellement, et que les mentalités s’ouvrent à une autre médecine, complémentaire.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

J’ai toujours su que je serai dans le domaine médical, dans le soin. J’ai suivi la mouvance en sortant du lycée, et j’ai tenté d’entamer des études de médecine. Quelques mois ont suffi pour me rendre compte que ce n’était pas ma voie, que ce n’était pas la façon dont je voyais l’Être Humain, qu’il fallait que je trouve autre chose. Alors j’ai cherché, essayé toutes sortes d’autres médecines alternatives, jusqu’à tomber sur l’ostéopathie. C’était ça. C’était ce métier là qui recouvrait tous les aspects du soin, tel que je l’imaginais.

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

D’abord j’ai crée mon « image » de thérapeute: un site internet, un logo, des cartes de visites afin de pouvoir les partager. J’ai été me présenter à la mairie et aux commerces de la ville où je travaille actuellement, ils m’ont proposé de publier un article sur mon installation dans le journal local, et les commerçants ont pris des cartes de visite afin de pouvoir les donner si besoin. J’ai organisé un « pot » pour l’ouverture du cabinet en invitant municipaux, commerçants et autres professionnels de santé. Et je continue de rendre le plus visible possible mon site internet sur Google.

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Ils sont nombreux… mais je dirai en premier lieu, la vision globale du patient. C’est le plus important pour moi dans ce métier. Un patient c’est un TOUT, c’est son corps, c’est ses habitudes de vie, c’est ses antécédents, et c’est ses émotions et ce qui se passe dans sa vie. C’est toujours plusieurs facteurs qui amènent à une douleur. Une douleur, c’est juste un système mis en place par le corps pour nous alerter que ça ne va pas, qu’il a besoin d’un petit coup de « main ». J’ai aussi la chance d’avoir le temps d’écouter mes patients, de les guider au mieux dans leur guérison, pour comprendre d’où vient leur(s) douleur(s) et comment l’appréhender. Et puis, j’ai la chance de travailler avec mes mains, et uniquement avec mes mains! Le seul outil dont j’ai besoin, c’est moi-même.

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Les études sont longues, et difficiles. Il faut évidemment apprendre le corps humain de A à Z, c’est fastidieux mais passionnant. Et ensuite, il faut créer une entreprise, c’est fastidieux aussi, et ça fait peur bien sur. Et puis une fois que tout cela est fait, il faut se faire confiance ! et être un peu patient le temps de construire une patientèle, mais ça vaut tellement le coup !

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Patience et persévérance. Travail sur soi et ne jamais cesser d’apprendre.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Pour le moment, je vois au jour le jour. Je souhaite de tout mon cœur que ce cabinet s’établisse correctement, c’est encore le début. Une fois cela stable, je souhaite continuer d’aider à l’étranger de temps en temps, avec des projets pour former d’autres professionnels là bas à l’ostéopathie. Transmettre, j’adorerai.

Quelques mots sur Omyzen ?

Un site dédié aux thérapies alternatives, c’est génial et très intéressant !

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Interview d’Antoine Bekker, formateur en Dien Chan

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Interview de Thierry Vinai, directeur de l’Institut de Médecine Traditionnelle Chinoise

Thierry Vinai, président du SIATTEC et directeur de l’IMTC.

Thierry Vinai bonjour, merci d’accorder cette interview à Omyzen.

Bonjour Anne-Sylvie.

Vous êtes ostéopathe et thérapeute en médecine traditionnelle chinoise, diplômé de l’université de Shanghai. Vous dirigez l’Institut de Médecine Traditionnelle Chinoise du Pontet, fondée par votre père. Pouvez-vous nous dire quelles sont les spécificités de l’IMTC par rapport à d’autres écoles ?

Il existe un nombre croissant d’écoles. Notre spécificité tient dans notre méthode pédagogique : moitié théorie, moitié pratique et cela dès la première année. Ensuite c’est une école agrée par une Université d’Etat de premier ordre, comme Shanghai, Pékin, Nankin et Tianjing. Ces universités sont désignées et reconnues par l’OMS comme des universités formant les praticiens en acupuncture et moxibution.

Pour vous, quels sont les critères d’une bonne école en MTC ?

Tout d’abord, choisir une école agrée par la Confédération Française de Médecine Traditionnelle Chinoise (C.F.M.T.C.). Cela garantit qu’elle respecte le manuel qualité de la profession. Ensuite, qu’elle soit affiliée à une Université d’Etat de MTC en chine qui en contrôle le programme. Également, qu’elle organise des stages pratiques dans les Universités de MTC de Chine. Les professeurs doivent être des praticiens en MTC installés de longue date. C’est aussi important qu’il y ait de bons supports pédagogiques et des petits groupes de pratiques et ce dès la première année. Enfin, prêtez attention à ce que cette école respecte les normes en vigueur, au niveau des assurances ou encore de l’hygiène.

En tant que directeur d’école, quels sont les défis auxquels vous avez à faire face ?

Mon objectif, avec mon équipe, est de former des praticiens compétents en 5 ans. Pour cela nous devons améliorer sans cesse les outils pédagogiques, nous cherchons sans cesse à perfectionner notre méthode d’apprentissage. Il faut aussi s’adapter aux normes exigées par les organismes de prise en charge des formations. Enfin, toute la logistique prend une grande part dans l’enseignement.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui cherche un qui cherche un thérapeute en MTC ? Comment peut-il trouver un praticien compétent, sur quels critères doit-il se fonder ?

Tout d’abord, qu’il se réfère au SIATTEC, à l’UFPMTC et la FNMTC, qui ont une liste de praticiens installés. Ensuite il vaut mieux les appeler pour savoir en premier si ce qu’ils proposent correspond bien à leur demande. En effet, les praticiens ne pratiquent pas tous les trois outils principaux de la MTC que sont le tuina, l’acupuncture/moxibution et la pharmacopée chinoise.

Aujourd’hui en France, la MTC est classée dans les thérapies dites alternatives, avec la réflexologie, la naturopathie, ou encore la sophrologie, quelle place a-t-elle parmi toutes ces disciplines, quelle est sa spécificité ?

D’abord la MTC n’est pas alternative, elle est complémentaire. Elle traite d’une manière holistique avec ses spécificités. Nous réalisons tout d’abord un Bilan énergétique basé sur les 4 temps et les 8 règles, puis nous élaborons un principe de traitement et nous procédons au traitement.

Vous êtes président du Syndicat Indépendant des Acupuncteurs Traditionnels et des Thérapeutes en Énergétique Chinoise (SIATTEC). Quel est l’intérêt d’adhérer à un syndicat pour un praticien, en quoi est-ce important aujourd’hui ?

Le SIATTEC a une spécificité qui lui est propre. Il accepte les praticiens de tout horizon pourvu qu’ils en remplissent les critères. En adhérant, le thérapeute se protège car le SIATTEC fournit une assurance RCP aux praticiens en MTC qui ne sont pas docteurs en médecine. Il a aussi l’avantage d’apporter une couverture juridique. En cas de procès, la première année d’exercice, elle est d’un montant maximum de l’ordre de 3500 euros et à partir de la deuxième année elle prend en charge la totalité des frais de procédures.

Vous agissez pour la reconnaissance et la légalisation de la MTC en France, pour qu’elle soit intégrée dans un cadre réglementaire. Qu’est-ce qui motive votre démarche ?

Nous sommes frappés d’exercice illégal de la médecine et je m’inscrit en faux là-dessus car nous ne faisons pas du tout la même chose. Nous souhaitons ne plus être poursuivi car nous ne sommes pas dangereux. Nos étudiants apprennent les gestes d’exclusions, il n y a qu’à voir combien on a de problèmes avec les patients, c’est vraiment très rare voire inexistant. Les assurances ne s’y trompent pas car elles n’augmentent pas nos cotisations. Et puis je me bats pour que les patients aient un libre choix de soin et une meilleure accessibilité aux soins.

Pouvez-vous nous dire où en sont les démarches en cours ?

Malgré toutes nos démarches, je constate qu’on nous écoute mais qu’on ne nous entend pas. Mais cela ne nous empêche pas de persévérer car je sais que la reconnaissance viendra bien un jour. Nous commençons à représenter un certain nombre de praticiens. La MTC a l’avantage de présenter très peu d’effets secondaires. Et puis on cotise et on fait économiser de l’argent à la sécurité sociale. Cela intéresse les pouvoirs publics et les politiques en général. Pour l’instant rien de nouveau mais on continue.

Pensez-vous que la France autorisera la pratique de la MTC par les non médecins dans les années à venir ?

Oui car nous sommes en Europe et nombre de pays européen l’ont légalisé, ce n’est qu’une histoire de temps quand les lobbys comprendront que nous ne sommes pas un danger et qu’ils n’ont rien à perdre plutôt tout à gagner, ça ira mieux. Regardez avec la reconnaissance de l’ostéopathie et de la chiropractie. Le nombre de patients n’a pas baissé et nous pallions à un manque croissant de médecins.

Qu’est-ce que ça changera pour les praticiens ? Et pour les patients ?

Ne plus être poursuivi et pratiquer en toute légalité. Les patients ont des fois honte de dire qu’ils nous ont consultés. Cela va nous permettre de pouvoir dialoguer avec la médecine moderne pour le bien-être de nos patients.

En annonçant qu’elle allait intégrer la pharmacopée chinoise dans la 11e version de la CIM (Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexe), l’OMS vient de reconnaitre la médecine chinoise. Qu’est-ce que cela peut changer pour la pratique de la MTC en France dans les années à venir ?

L’OMS édite des prérogatives et reconnaît la MTC. Après si les états membres les suivent c’est super. Nous sommes dans le pire des cas en France cela ne peut que s’améliorer. Par contre en ce qui concerne l’URSSAF, la maladie, les caisses de retraites, la CFE, les assurances…là on veut bien nous reconnaître. Il y a cette hypocrisie qui ne peut pas perdurer. Qu’on nous dise clairement si on veut nous légaliser ou pas car pour nos patients eux nous ont adopté et viennent en masse nous consulter. Si nous ne répondions pas à un besoin on n’existerait pas, ne croyez-vous pas ?

Tout à fait…

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Se former à la Médecine Chinoise

Acupuncture moxibustion
En France, l’acupuncture et la moxibustion ne sont pas enseignées dans toutes les écoles de médecine chinoise.

Vous avez à cœur d’accompagner les personnes vers un mieux-être en les aidant à retrouver et garder l’équilibre ? Vous aimez comprendre la complexité des chemins qui mènent à la maladie ou à la guérison ? Vous rêvez d’une médecine naturelle qui a fait ses preuves depuis plus de 2500 ans ? Alors la médecine traditionnelle chinoise est probablement faite pour vous.

Seulement, il s’agit d’un art relativement complexe, issu d’une autre culture , qui ne s’apprivoisera pas en une semaine. Pour acquérir des compétences solides, il vous faudra compter 5 ans d’études en formation continue. Il est donc capital de choisir une école de qualité qui convienne à vos attentes. Or il existe une centaine d’organismes proposant des formations en Médecine Chinoise.

Alors, comment s’y retrouver ? Sur quels critères baser ses recherches ? Omyzen vous explique quels sont les différentes branches et vous donne tous les conseils pour orienter votre recherche. Nous avons répertorié et comparé pour vous toutes les écoles agréées ainsi que leurs spécificités. De quoi vous aider à trouver LA formation qui vous convient.

L’enseignement en Chine

La médecine chinoise est une science empirique qui s’est développés et affinée au fur et à mesure des 20 derniers siècles. Traditionnellement, elle se transmettait sur un mode familial, de maître à élèves, de père en fils. Les connaissances se diffusaient de manière populaire, de bouche à oreilles.

En Chine, elle a commencé à se structurer et à s’institutionnaliser dans les années 1950. Aujourd’hui elle a intégré le cadre universitaire officiel au même titre que les études de médecine conventionnelle : 5 ans de licence puis trois ans de master et trois ans de doctorat, soit 11 ans d’études au total.

Et dans les universités françaises ?

En France, un Diplôme universitaire (D.U.) de médecine traditionnelle chinoise est accessible aux médecins et professionnels ayant suivi deux cycles d’étude en Médecine. Des Diplômes Interuniversitaires (DIU) sont également possibles pour les professionnels de santé. Il existe par exemple un DIU « acupuncture obstétricale » et un autre « acupuncture médicale ».

Les professionnels de santé trouveront dans les formations le moyen d’enrichir leur approche du soin et leurs outils thérapeutiques. De plus en plus de médecins français viennent en stage dans les hôpitaux chinois pour apprendre les logiques de prévention, la pharmacopée et les techniques de l’acupuncture. Ils utilisent ces outils comme compléments thérapeutiques pour aider les patients à supporter les traitements occidentaux.

Pour les non médecins, la discipline n’étant pas encore reconnue au niveau institutionnel, l’apprentissage de la médecine chinoise se fait dans des écoles privées, en stages ou formations continue.

Une formation longue et exigeante

L’apprentissage de cet art du soin qu’est la médecine chinoise est très riche et dense, puisqu’il comprend :

  • la compréhension de la théorie fondamentale basée sut l’étude des textes anciens (la notion de Qi, les lois qui régissent le Yin et le Yang, l’etiopathologie…)
  • l’intégration des plantes, de la cartographie énergétique, des différents syndromes et symptômes, …
  • la capacité à réaliser un bilan énergétique (pouls chinois, palpation, élaboration d’un principe de traitement…)
  • la pratique des différentes méthodes de soin (acupuncture, massage Tuina, moxibustion…)
  • Nous pouvons ajouter aussi : le travail intérieur et personnel du thérapeute, nécessaire à l’entretien d’un certain état intérieur intégrant des qualités d’observation, de calme, d’empathie, de libre circulation, d’équilibre énergétique…

En France, il faut compter cinq ans en formation continue (environ un week-end par mois) pour avoir un niveau d’aptitude minimum permettant de s’installer en tant que Thérapeute en Médecine Chinoise. Au bout de 4 ans, vous pouvez être inscrit au Registre de Praticiens en ETC (R.E.F.S). La 5eme année vous choisirez des spécialisations et préparerez le Diplôme National de Médecine Traditionnelle Chinoise (D.N.M.T.C.)

Suite à ces cinq ans de base, vous pouvez encore suivre des modules de spécialisations : tuina pédiatrique, traitements gynécologiques, accompagnements en oncologie, cranio-puncture, etc… Cependant, tout professionnel vous le dira : on n’a jamais fini d’apprendre la MTC. Donc sachez qu’au-delà des 5 années d’école qui vous fourniront la base, vous êtes partis pour une formation à vie ! Mais n’est-ce pas le cas de tout thérapeute … ?

Les études de médecine chinoise demandent beaucoup de travail personnel.

Sachez donc que vous vous engagez dans une formation longue et pointue. Emmagasiner les connaissances demande d’avoir une bonne mémoire, du temps et de l’organisation pour étudier. On retrouve dans cette apprentissage, la persévérance et la rigueur, autant que la souplesse et le ressenti, qui caractérisent les disciplines orientales.

Si vous n’êtes pas médecin, il vous faudra acquérir des connaissances générales en anatomie, etiopathologie et physiologie.

Certaines écoles proposent un cursus parallèle en sciences médicales pour se mettre au niveau. Elles proposent aussi de passer le brevet de secourisme pour connaitre les gestes à effectuer en cas d’urgence.

Une discipline aux multiples facettes : voulez-vous être acupuncteur, masseur, conseiller en phytothérapie ou les trois ?

En Médecine Chinoise, on distingue habituellement trois grands modes de traitement :

  • Acupuncture/moxibustion
  • Tuina/Médecine Manuelle
  • Pharmacopée/Diététique

On y ajoute parfois un quatrième :

  • Le Qi Gong thérapeutique

(Pour plus de détails, lire : La médecine chinoise, un art millénaire au service des défis d’aujourd’hui.)

La plupart des écoles enseignent ces trois grands types de traitements. Dans la pratique, ils sont le plus souvent utilisés ensemble car ils sont très complémentaires. Par exemple, si une personne souffre d’arthrose, le thérapeute peut :

  1. Travailler localement la zone douloureuse en massant et en mobilisant pour tonifier ou disperser le Qi à l’endroit précis qui pose problème.
  2. Puncturer et/ou moxer (chauffer avec un cigare d’armoise) des points qui abaissent la douleur et nourrissent les articulations, ce qui permet de travailler plus au niveau énergétique.
  3. Conseiller une pharmacopée et un type d’alimentation spécifique pour agir en traitement de fond sur les organes concernés.
  4. Montrer des mouvements de Qi Gong que la personne pratiquera chez elle au quotidien pour entretenir le travail de la libre circulation de l’énergie.

Un thérapeute en médecine chinoise est normalement capable d’utiliser tous ces modes opératoires. Certains praticiens connaissent les 3 techniques mais décident de se spécialiser dans l’une ou l’autre des branches. D’autres en pratiquent une seule exclusivement, le massage tuina par exemple, qui présente l’avantage de pouvoir être exercé en toute légalité.

Certaines écoles enseignent toutes les modes de traitement à part égale, d’autres font totalement l’impasse sur la pharmacopée ou le Qi Gong, d’autres enseignent exclusivement le tuina et le shiatsu. Si un médecin chinois connait toutes les pratiques, en fonction de vos affinités, vous pouvez choisir une école qui privilégiera telle ou telle branche. Notons que des écoles se sont également ouvertes sur d’autres approches comme l’homéopathie ou la micothérapie, qui ne sont pas forcément au programme en Chine.

Un bagage théorique solide

Cependant, quelle que soit la technique choisie, elle risquera d’être inopérante, voir nocive si la théorie fondamentale commune à toutes ces disciplines n’est pas acquise. En effet, pour savoir utiliser tel ou tel mode de traitement de manière appropriée il faut avant toute chose être capable de réaliser un bon bilan énergétique. Pour cela, les bases théoriques sont nécessaires. Elles permettent d’interpréter les signes et symptômes qui auront été recueillis lors des « 4 temps de l’examen ». (Voir : La médecine chinoise : pour quoi ? Comment ?

Bien sûr il est possible de se contenter de faire du symptomatique et de piquer des grands points correspondants à des troubles précis. Pendant l’accouchement nous voyons par exemple des sages-femmes piquer sans bilan uniquement les points spécifiques de dégagement de la douleur. C’est déjà une excellente chose. Mais ce type de pratique se définit plus par de « l’aiguillothérapie » que par de la médecine chinoise.

Si vous voulez vraiment être sinothérapeute, il est donc nécessaire de choisir une formation qui donnera une place importante à la théorie. Les fondamentaux comprennent les théories du Yin et du Yang et des 5 éléments, l’étude des différents méridiens, du fonctionnement des organes/entrailles, du Qi, du sang et des liquides organiques, l’étiologie ou encore les différentes méthodes de diagnostic.

Pratiquer, pratiquer, pratiquer…

ventouses
La technique des ventouses est un des modes de traitement nécessitant un entrainement préalable.

La médecine chinoise reste une médecine empirique et très pratique. C’est en prenant un maximum de pouls qu’on apprend à écouter un pouls, c’est en puncturant qu’on devient acupuncteur. D’où la nécessité de choisir une formation qui accorde aussi beaucoup de place à la pratique.

Privilégiez donc les écoles qui réservent un temps pour la mise en pratique à chaque session de formation. Il y a des écoles où on apprend à puncturer à partir de la troisième année seulement. Ce serait dommage de réaliser après deux ans d’études qu’on n’aime pas du tout manipuler des aiguilles…

Veillez à ce que les locaux de votre école soient équipés en tables de massage permettant la pratique. Dans le programme des cours, regardez bien le nombre d’heures accordé à la mise en application des cours théoriques.

Se confronter à la réalité clinique

S’il est nécessaire de s’entrainer à piquer, tuiner ou prendre le pouls, entre étudiants au sein de l’école, l’étape d’après – qui n’est pas des moindres- est de se frotter à la pratique avec des vrais patients, chercher à identifier et traiter une pathologie réelle. Le système d’internat tel qu’il se fait en médecine conventionnelle n’étant pas encore possible, les écoles proposent différents moyens de faire de la pratique clinique pour pallier à ce manque :

  • Dispensaires: des personnes de l’extérieur peuvent venir recevoir un soin gratuitement. Ce sont les étudiants qui posent les questions, palpent et observent puis proposent un bilan et un principe de traitement, sous le regard du professeur. (Ce système existe à l’I.M.T.C. d’Avignon, en plus du cursus de formation.)
  • Stage en cabinet encadré par l’école : chaque élève effectue un stage en cabinet chez un praticien choisi par l’école (École ZHONG LI et Institut Shao Yin)
  • Stages de pratique clinique: l’école organise plusieurs jours pendant lesquels des patients viendront se faire traiter par les professeurs et élèves. (Institut MING MEN)
  • Etudes de cas supervisées : l’étudiant suit et traite un patient sur plusieurs séances sous la supervision d’un professeur. (Ecole de Médecine Chinoise et Qi Gong).

Quand on travaille sur de l’humain, chaque séance est unique, de fait, rien ne remplace les études de cas réels. Ces temps sont très riches et précieux, c’est pourquoi nous vous recommandons de choisir une école qui offre la possibilité de se confronter au terrain. Mais pour cela, vous pouvez aussi…

Revenir à la source : les stages en Chine

stage hôpital chinois
Faire un stage dans un hôpital chinois, une expérience hautement formatrice.

Au cours de leurs cursus, la plupart des écoles proposent de passer une ou plusieurs semaines dans une institution chinoise afin de compléter sa formation. Ces séjours ne sont pas obligatoires mais offrent une belle opportunité d’apprendre directement auprès de professeurs chinois et de se confronter à la réalité du terrain telle qu’elle se manifeste dans un hôpital d’une grande ville asiatique aujourd’hui. L’emploi du temps se répartit entre des cours avec des professeurs locaux et de la pratique en milieu clinique. Une expérience extrêmement formatrice pour qui souhaite ouvrir un cabinet par la suite !

Notons qu’il est possible de participer à des stages en dehors des écoles, quand on a tout de même un certain niveau de connaissance et de pratique. Si votre école n’organise pas de voyage, il vous sera donc quand même possible d’en faire un. (Voir notamment avec l’Institut Shao Yang.)

Mais si en Asie, il vous sera possible de pratiquer la médecine chinoise en milieu hospitalier sans être un professionnel de santé, cette situation n’est pas encore possible en France. Quel statut pour le sinothérapeute français actuellement ?

Est-ce légal d’exercer l’acupuncture en France quand on n’est pas médecin ?

Sur ce sujet, les textes sont clairs, un arrêt de la cour de cassation datant de décembre 2014, stipule :

« La pratique habituelle de l’acupuncture, tant à raison du diagnostic qu’elle implique que des moyens de traitement des maladies qu’elle utilise et des réactions organiques qu’elle est susceptible d’entrainer, constitue un acte médical dont l’exercice est réservé aux docteurs en médecine. »

Il est donc possible de se faire attaquer pour pratique illégale de la médecine quand on pratique l’acupuncture sans être médecin. L’activité reste cependant largement tolérée. Dans les faits une poignée de thérapeutes sont assignés au tribunal chaque année et ils gagnent généralement leurs procès. L’adhésion à un Syndicat comme le S.I.A.T.T.E.C (Syndicat indépendant des Acupuncteurs Traditionnels et des Thérapeutes en Énergétique Chinoise) permet de bénéficier d’une assurance de responsabilité civile (la même que celle des médecins allopathes) et une couverture juridique qui vous assistera en cas de problème.

Sachez que les soucis ne viennent généralement pas des patients. Lors des plaintes, c’est pratiquement tout le temps le Conseil de l’Ordre des Médecin qui attaque. Les termes qui portent à préjudices sont ceux de :

  • Médecine : le praticien doit bien stipuler qu’il n’est pas médecin, il est thérapeute en Médecine Traditionnelle Chinoise.
  • Diagnostic : le diagnostic médical est réservé aux seuls médecins, le thérapeute en MTC réalise un « bilan énergétique ».

Le dernier point d’attaque est le fait que l’acupuncture est assimilée à un acte médical car il y a intrusion d’un corps étranger (l’aiguille) dans le corps humain. Sur ce point, nous sommes en mesure de nous demander : dans ce cas, quid du tatoueur ou du bijoutier qui fait des piercings à longueur de journée ? Et ce, sans bilan énergétique… Et en s’attaquant aux sinothérapeutes, que fait-on de l’obligation légale du libre choix thérapeutique du patient ? Autant de débats qui animent les salles d’audience…

Choisir une école agrée, qui prépare au DNMTC

En réponse à cette problématique, les acteurs du milieu de la MTC se mobilisent depuis plusieurs années pour que la pratique soit reconnue au niveau institutionnel. Cette reconnaissance est donc actuellement en cours. Des représentants des fédérations ont déposé une proposition de cadre réglementaire au Sénat. Un certain nombre de critères, comme le nombre d’heures de formation que doit proposer une école, sont établis dans un document appelé RPMQ (Recommandations du Manuel de Qualité).

A terme il est possible que le diplôme d’acupuncture soit reconnu au même titre que celui d’osthéopathe. Il sera donc nécessaire d’avoir fait une école agrée afin d’exercer légalement. Dans cette perspective, si vous voulez vous former, nous vous conseillons de choisir une école qui suive les Recommandations du Manuel de Qualité.

Dans le cadre de cette règlementation, l’obtention du Diplôme National de Médecine Traditionnelle Chinoise (DNMTC) sera sans doute obligatoire. En attendant, l’obtention de ce diplôme est un gage de compétence pour les patients ou professionnels devant lesquels vous vous présenterez. Il est donc fortement recommandé de choisir une école qui prépare au DNMTC. Ce critère garantie également le sérieux de la formation.

Il existe plus d’une centaine d’écoles privées de formation en France. Seule une trentaine d’écoles respectent le RPMQ et préparent l’obtention du DNMTC. Elles sont affiliées à deux fédérations qui travaillent ensemble pour l’institutionnalisation de la profession : L’UFPMTC et la FNMTC.

En plus des recommandations précédentes, nous vous conseillons donc de choisir une école agrée par l’une de ces deux fédérations.

Listes des écoles agrées

Voici une classification des toute les écoles agrées ainsi que leurs lieux d’implantation et les spécificités (non exhaustives) propres à chacune. Toutes ces formations sont majoritairement établies sur 5 ans et comprennent les enseignements de théorie fondamentale ainsi que des cours en Herbologie, Acupuncture et Tuina.

En conformité avec le manuel qualité de la profession, le programme cumule un total général de 1200 heures minimum. Les enseignants sont des professionnels diplômés bénéficiant de plusieurs années d’expériences. Pour les tarifs, comptez autour de 2000€ l’année pour toutes les écoles.

Ecoles agrées par la F.N.M.T.C. (Fédération Nationale de Médecine Traditionnelle Chinoise) :

Collège d’Energétique Traditionnelle Chinoise S.F.E.R.E.

 

Aix

 

5 ans

Possibilité de stages en Chine

Chaque année un professeur chinois vient enseigner sa spécialité

Ecole LINGParisPratique clinique dès la 3ème année

Stages en Chine à l’hôpital de MTC de ZHENG ZHOU

Cours de Qi Gong (en plus de trois piliers)

2 cursus : que MTC (pour professionnels médicaux) et complément en sciences fondamentales pour les non médecins (possibilité e-learning)

Ecole Ming TaoCastanet Tolosan (31)Classes à effectifs limités

50% de pratique

Beaucoup de Tuina, peu de pharmacopée

Acunpuncture qu’en deuxième année

Energétique Nord Bretagne – E.N.B.RennesEn plus du tronçon commun, formation aux « Sciences biologiques et médicales » pour les non médecins

Axé sur les « énergies du nouveau monde » et la quête de sens des symptômes, le travail personnel sur le rôle du thérapeute.

Nombre d’élèves limité à 20 participants

1 enseignant principal

Faculté Libre d’Energétique Chinoise – F.L.E.T.C.Lille, Lyon, Toulouse2 ans de théorie fondamentale (possibilité par correspondance) puis 2ème cycle avec acu. ou Tuina/pharmacopée.

Système de clinicat.

Stage en Asie

Ecole reconnue par la WFAS, World Federation of Acupuncture-Moxibustion Societies

journées de cours précédées d’une séance de 15 minutes de Qi Gong thérapeutique

Institut de Formation aux Thérapies Energétiques et Manuelles – I.F.T.E.M.Bordeaux Poitiers Bayonne

Agen

Ouvertures vers le Shiatsu ainsi que l’Aroma-Energétique, rencontre avec la phytothérapie occidentale et l’herbologie chinoise.

partenariat avec l’Académie de Médecine traditionnelle de Chine à Pékin

Beaucoup de massothérapie et de réflexologie auriculaire et plantaire

60% de pratique

Credo : « Vivre l’énergie est indispensable »

Accompagnement de parcours professionnel

Engagé dans une action humanitaire

Université Méditerranéennes de Arts Orientaux de Santé – UMAOSGrasse (06)Stages hospitaliers à Pékin

Herbologie, Qi Gong, tuina orthopédique

Cours en sciences bio-médicales (possibilité e-learning)

Formation PSC1 (Prévention et secours civique) obligatoire

Institut Shao YangLyonPropose en parallèle une formation au Qi Gong sur deux ans et des stages à thèmes

Coopération avec une Université chinoise (stages)

Ecoles agrée par l’UFPMTC (Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise.):

Académie de Médecine Chinoise de TouraineToursInclue le Qi Gong

Propose modules en Feng Shui, Yang Sheng, réflexologie, massage Anmo

Stages Chine

Académie Wang de Médecine Traditionnelle Chinoise (AWMTC)ToulouseComprend un programme de thérapie manuelle

dirigée par le Dr Wang De Feng, docteur en MTC diplômée de la faculté de Médecine Traditionnelle Chinoise de BeiJing, spécialisée dans le traitement de la douleur

Ecole « Les Arts du Tao »Nice1er cycle de 2 ans Bien-Etre et Santé puis 2ème cycle de 3 ans approfondissement et préparation au DNMTC

effectif limité : de 16 à 28 participants

50% de pratique, précédée d’une heure de Qi Gong

Ecole de Médecine Chinoise et Qi Gong (E.M.C.Q.G.)Grenoble

Annecy

Clermont Ferrand

partenaire du centre hospitalier d’Alès qui propose des consultations et soins de groupe en qi gong thérapeutique

accent sur le travail d’ouverture du corps et du cœur

Propose une formation en Qi Gong médical et en méditation thérapeutique

jumelée avec Universités chinoises

Suivi clinique de patients sous tutorat

Ecole de SAN CAILyonenseignement approfondi sur la langue et les pouls

en plus : cours d’anatomie, physiologie, sciences biologiques et médicales.

met l’accent sur la pratique

1ère année : Tuina et Gi Gong / 2ème : digipuncture et acupuncture

École Lü MenAix en ProvenceContenu pédagogique adapté à l’esprit occidental et destiné à permettre une pratique quotidienne en cabinet

Former des thérapeutes « de terrain », consciencieux et compétents

propose un module avancé en chronoacupuncture

30 stagiaires maximum

Se consacre exclusivement à la formation avancée des thérapeutes ayant déjà effectué un cursus de base.

Ecole Shentao LyonUniquement Tuina et acupression (pas d’acupuncture)

Propose stages d’été en Chi Nei Tsang, Aromathérapie et Pédiatrie chinoise & Femme enceinte

Cours de psychologie taoïste

Insiste sur la prévention et le mieux-être

École ZHONG LIAix en provenceStages en cabinet dès la 3ème année

Associe présentiel et e-learning

3 premières années focalisées acu et tuina

cours pratiques intensifs

pas de numéro d’agrément pour la prise en charge

cours vendredi, samedi, dimanche

Institut de Médecine Traditionnelle Chinoise (IMTC)Paris, Avignon, Toulouse et BordeauxProgramme, approuvé et certifié par les organismes officiels Chinois (partenariat universitaire)

Stage Hôpitaux de M.T.C. de Shanghai

Ecole agrée par le SIATTEC (Syndicat Indépendant des Acupuncteurs Traditionnels et des Thérapeutes en Énergétique Chinoise)

De nombreux modules de spécialisations accessibles en cours d’année (diététique amincissement, lifto-puncture…)

Cours de médecine manuelle (proche de l’osthéopathie)

Formation solide en pharmacopée

Initiation au geste de puncture dès la 1ère année

Institut Lorrain de MTC (ILMTC)NancyAcupuncture, Tui Na/An Mo, moxibustion, diététique, herbologie

Stages cliniques en Chine

Partenariat avec un CHR permettant une pratique clinique, formation aux ECH

Stages de perfectionnement donnés par des professeurs chinois

Cours de Qi Gong, Tai Ji Quan, Kung Fu

Les journées d’enseignement démarrent par un cours de Qi Gong

Institut MING MENNancyBasé sur le programme officiel de l’académie de MTC de Pékin

4 modules indépendants (Tuina, Pharma, Acu, Qi Gong)

cursus d’approfondissement en Sciences Biologiques et Médicales (S.B.M.) et formation secourisme

propose un stage de pratique clinique

Institut Shao YinLyon

Nantes

Et à partir de 2019 Limoges

Spécialisations en oncologie (sein, utérus, poumon), cardiologie, tuina pédiatrique et suivi de grossesse

Dispose d’un cabinet de consultations

stage de 80 heures chez un praticien de Médecine Traditionnelle Chinoise installé choisi par l’école

Institut XIN’ANMontpellierÉcole de Qi Gong Médical et tuina exclusivement

Waiqi Liaofa (Traitement par Qi externe).

Voici donc les préconisations que nous vous donnons si vous souhaitez vous former au métier de thérapeute en Médecine Traditionnelle Chinoise : choisir une école agrée, offrant un contenu de théorie fondamental rigoureux, beaucoup de pratique et si possible des opportunités d’expérience clinique en France ou en Asie.

Bien sûr en plus de ces listes d’écoles, vous trouverez d’autres organismes de formation qui pourront vous correspondre parfaitement. Avant de vous inscrire, vérifiez tout de même que l’organisme que vous avez choisi rempli les 5 critères essentiels d’ une formation ou d’une école.

Enfin, l’école qui sera bonne pour vous et celle qui sera adaptée à votre projet professionnel à vous. Aussi commencez toujours par Définir votre projet de thérapeute.

Et encore pleins d’autres conseils pour Choisir sa formation, ici.

Bonne recherche !

Témoignage de thérapeute : Olivier Prieur, sinopraticien

Olivier Prieur sinothérapeute
Olivier Prieur : « Prenez soin de vous, personne ne le fera à votre place. »

Merci de vous présenter en 4 à 5 lignes

Olivier PRIEUR, je suis praticien en médecine traditionnelle chinoise, originaire de Bourgogne, installé depuis une quinzaine d’années sur le Pays Basque, Bayonne pour être plus précis.

Après avoir été dans la vente pendant des années et suite au décès d’une proche qui a beaucoup souffert avant de partir, j’ai eu ce déclic et cette envie d’apporter du mieux à la prise en charge santé d’abord autour de moi puis au fil du temps, au plus grand nombre.

Parlez-nous de votre activité actuelle de thérapeute alternatif

Je pratique le massage tuina, l’acupuncture et quelques pratiques connexes (ventouses, auriculothérapie) en auto-entrepreneur depuis quelques mois. Je reçois mes usagers pour le moment chez moi dans une pièce dédiée mais idéalement j’aimerais travailler au sein d’une maison médicale ou d’un dispensaire comme il en existe déjà quelques-uns en France, pour pouvoir échanger avec médecins (dits conventionnels), kinésithérapeutes, ostéopathes et/ou infirmiers. Je suis pour le cumul des compétences dans l’optique du mieux-être recherché par nos patients.

Comment s’est déroulée votre reconversion ?

Ancien technico-commercial essentiellement dans le bâtiment, j’ai toujours eu la fibre empathique, l’envie d’aider l’autre, de le soulager de ses contraintes et naturellement, malgré quelques turpitudes de la vie, j’ai entamé ma reconversion voilà 6 ans maintenant, dans une école bordelaise.

La principale difficulté est d’ordre financier : quand on veut se reconvertir, la bureautique, la menuiserie, ou les soins à domicile, aucun problème…les thérapies alternatives, complémentaires, ne rêvez pas, débrouillez-vous !!

Comment vous êtes-vous fait connaître en tant que thérapeute ?

Page facebook, distribution de cartes de visite et bouche à oreille (la meilleure des publicités).

Les points positifs du métier de thérapeute alternatif selon vous ?

Faire ce qu’on aime, soulager les personnes qui viennent nous voir souvent en dernier recours. Comme ils me le disent souvent: on a fait le tour, personne ne peut me soulager, mon médecin m’a dit “l’acupuncture, pourquoi pas…”.

Et puis, même si ce n’est pas encore mon activité principale, travailler pour soi…

Les difficultés principales que vous avez rencontrées ?

Faire sa place au soleil n’est pas si simple, il faut batailler pour aller de l’avant mais c’est très formateur.

Vos conseils pour les aspirants thérapeutes ?

Faites ce dont vous avez envie, ne lâchez rien et notamment, ne vous laissez pas abattre par de basses considérations matérielles. Vous avez de l’or dans les mains, dites-vous que derrière les nuages se cachent souvent un beau soleil.

Partagez avec nous vos projets, vos rêves en rapport avec votre activité ?

Comme dit plus haut, ouvrir un dispensaire avec d’autres thérapeutes alternatifs. Egalement partir étudier en Chine, à la source pour apprendre encore et toujours de cet art millénaire qu’est la MTC. Aussi, allez soigner en humanitaire, parce que ceux qui n’ont rien sont souvent d’une générosité hors-pair et si je peux modestement contribuer à une certaine forme de reconnaissance de notre activité dans notre système de santé, je serais le plus heureux des praticiens.

Quelques mots sur Omyzen ?

Beaucoup d’articles constructifs, du positif, continuez !!

Vous êtes thérapeute et souhaitez vous aussi témoigner de votre parcours, présenter votre activité ? Il vous suffit de remplir un formulaire en suivant ce lien : formulaire témoignage. Au plaisir de vous lire !

La médecine chinoise : pour quoi ? Comment ?

femme en séance par ventouse chinoise
Les ventouses peuvent servir à dénouer des tensions musculaires ou encore à traiter une affection pulmonaire.

Se faire traiter en médecine chinoise : pourquoi ? Comment ?

La médecine chinoise est un système de santé holistique, elle considère l’individu dans son ensemble : corps, émotions, mental. Pour appréhender les troubles qu’il va traiter, le thérapeute va aussi prendre en compte les interactions du patient avec son environnement naturel et relationnel, son mode de vie, l’état de son « vital » à un moment T. La maladie, qu’elle soit d’ordre physique, mentale ou émotionnelle, est considérée comme étant l’expression d’un déséquilibre entre le yin, le yang et les 5 éléments présents dans le corps, une mauvaise circulation du Qi, l’énergie vitale.

Ce système de compréhension et de traitement médical permet de traiter une infinité de troubles. A partir de tests cliniques, l’Organisation Mondiale de la Santé a établi une liste de 43 maladies traitées avec succès grâce à l’acupuncture. Dans quel cas recevoir un soin en Médecine Chinoise ? Comment se déroule une séance ? Omyzen fait le point sur les applications pratiques de cette médecine millénaire.

Pourquoi aller consulter un thérapeute en Médecine Chinoise ?

En préventif

La médecine chinoise est avant tout une médecine préventive. Traditionnellement, le bon médecin était celui qui avait peu de malades car il réussissait à maintenir ses patients en bonne santé. Il est donc conseillé de consulter avant même de tomber malade, pour éviter de tomber malade. On recommande une séance à chaque changement de saison afin d’aider le corps à s’adapter aux défis de chaque nouvelle saison. Ainsi une séance de médecine chinoise au début de l’hiver pourra vous permettre de contrer tous les virus et affections hivernales.

En curatif

Si elle peut agir sur un grand nombre de pathologies, la médecine chinoise est particulièrement efficace dans la régulation des troubles suivants :

  • Douleurs d’ordre osthéo-musculaires (problèmes de dos, tendinites…)
  • Problèmes digestifs (constipation, acidités…)
  • Addictions (sevrage tabagique, sucre…)
  • Dérèglements hormonaux (symptômes de ménopause, troubles des menstruations…)
  • Troubles nerveux (insomnies, stress, anxiété, dépression, deuil…)
  • Allergies saisonnières
  • Troubles génitaux (augmente le taux de réussite des FIV, impuissance, stérilité…)

La médecine chinoise : des contre-indications ?

Tout le monde peut aller consulter un thérapeute en MTC. La médecine chinoise étant faite pour rétablir l’équilibre dès qu’il y a déséquilibre. Il n’existe pas de contre-indications générales, étant donné que le praticien va s’adapter à chaque patient. S’il connait bien son métier, il ne pratiquera sur lui rien qui lui soit nuisible. Il existe par exemple des points interdits aux femmes enceintes, qu’il ne fera pas dans ce cas là.

Sachez cependant que l’acupuncture ne peut être pratiquée sur une peau dite lésée. Cela comprend les blessures, les brulures ou le psoriasis mais aussi les tatouages, qui sont considérés comme des lésions cutanées. Ceci dit, la multiplicité des méthodes des méthodes et des points permet un champ d’application très vaste : si on ne peut pas faire tel point, on en fera un autre qui a les mêmes fonctions, si on ne peut pas mobilier on poncturera, si on ne peut poncturer on conseillera de la pharmacopée, etc…

Limites de Médecine Chinoise

La médecine chinoise a cependant ses limites. Mentionnons toutes les pathologies qui nécessitent une intervention chirurgicale ou des traitements antibiotiques lourds. La médecine chinoise pourra alors être intégrée en complément pour favoriser la cicatrisation, soutenir le système immunitaire, aider à la recalcification.

Comment se déroule une séance ?

1) Le thérapeute réalise un bilan énergétique complet

Dans un premier temps, le thérapeute va réaliser un Bilan Energétique. Ce bilan vise à évaluer l’état du vital et de ce qui n’est pas correct dans l’organisme, afin de déterminer la nature des déséquilibres. Pour cela il va utiliser quatre méthodes de diagnostic :

L’observation

Le thérapeute va recueillir un maximum d’information à partir de ce qu’il voit : votre teint, l’éclat de vos yeux ou de vos cheveux, votre posture, l’aspect de votre peau. Il va sans doute vous demander de tirer la langue. Cela peut surprendre mais sachez que l’inspection de la langue est un outil majeur pour déterminer des maladies. Il va regarder si elle est grosse, mince, tremblante, très rouge ou recouverte d’un enduit pâle. Tout cela donne des indications sur l’état des organes et des liquides organiques.

L’audio-olfaction

Le praticien considère également les bruits et les odeurs qu’il perçoit. La force de la voix, la nature de la toux ou des borborygmes qu’il entend va lui donner des informations. Est-ce que cela dénote de la sécheresse ? du vide ? Qu’elle provienne de la sueur, des gaz ou des urines, une odeur forte signe presque toujours la présence de chaleur et d’excès.

L’interrogatoire

Le thérapeute va vous poser une série de questions pour identifier votre fonctionnement et votre problématique. Les questions portent sur votre état de santé (antécédents médicaux, traitements en cours, digestion, sommeil, douleurs, appétit…). Mais aussi sur votre mode de vie, votre situation professionnelle, l’endroit où vous vivez, l’état de vos relations, ce qui vous stresse ou quel sport vous pratiquez. La médecine chinoise est une méthode de soin holistique, elle remet l’individu au cœur de son environnement et prend en compte tout ce qui peut l’influencer pour comprendre son déséquilibre. Ainsi, une personne qui travaille dans un bureau climatisé sera soumis à une « attaque de vent froid et sec », une personne qui vivra beaucoup de frustration dans sa relation de couple aura des prédispositions à une « stagnation du Qi du Foie », etc…

La palpation

Un thérapeute qui prend le pouls chinois d'un de ses patients
La prise de pouls permet au thérapeute de connaitre l’état de vos organes et de vos fonctions physiologiques.

Après un temps de discussion assis autour d’un bureau, le thérapeute va vous demander de vous allonger sur une table d’examen et il va palper certaines zones de votre corps pour identifier la nature des troubles. Est-ce que vous avez les pieds et membres froids ou au contraire une chaleur au niveau du visage ? Votre douleur au ventre est aggravée ou améliorée à la palpation ? Est-ce que certains points sont douloureux ou sensibles à la pression ? Tout bon thérapeute en médecine chinoise va également prendre votre pouls, sur les deux poignées et à trois endroits différents. La prise de pouls chinois est tout un art. Les plus expérimentés seront dire si une personne est enceinte ou si elle a une maladie grave juste en prenant son poul.

Pour en savoir plus, lisez aussi : Les 4 temps du diagnostic chinois : une source d’inspiration pour cerner vos patients

2) Le thérapeute définit un syndrome

Après avoir recueilli toutes ces informations, le praticien va les classer en fonction de 8 critères :

  • Chaleur/Froid
  • Vide/Plénitude
  • Biao/Li (aigu/chronique)
  • Yin/Yang

Il va également identifier les organes, entrailles et méridiens concernés ainsi que l’état du Qi, du sang et des liquides organiques. La synthèse pathologique de ces signes et symptômes à un moment donné, va lui permettre de déterminer un syndrome. S’il vous le partage c’est fort probable que vous n’y compreniez pas grand-chose. Ainsi, il ne parlera pas d’insomnie mais de « Glaire-feu du Cœur troublant le Shen », votre diarrhée pourra venir d’un « vide de yang de la rate » et votre eczéma d’une « sécheresse du Poumon ».

Il identifie les causes du déséquilibre

Votre thérapeute devrait aussi être en mesure de vous donner la cause ou plus souvent les causes possibles, de votre déséquilibre : une alimentation trop épicée ? La balade aux champignons qui s’est finie sous une pluie froide ? Un surmenage physique ou intellectuel ?

La compréhension des causes va vous permettre de ré-ajuster certaines modalités liées à votre mode de vie, afin d’éviter de retomber dans le même déséquilibre. C’est ce dernier point qui fait de la médecine chinoise une médecine également préventive. De fait le patient n’est pas passif, il a son rôle à jouer dans sa guérison et dans le maintien de son bon état de santé. C’est un travail qui se fait à deux : patient et thérapeute. Si le patient refuse de changer des aspects de son mode de vie qui entraine ses problèmes, il sera dépendant de son thérapeute et n’aidera pas le travail.

3) Il élabore un principe de traitement

A partir de ce syndrome, le thérapeute définit le moyen d’y remédier. Le principe de la médecine chinoise étant globalement de rétablir l’équilibre (entre le chaud et le froid, le manque et l’excès…), ce traitement ira dans le sens inverse du syndrome. Si il y a un manque de liquide organique, il va falloir nourrir les liquides, si il y a eu pénétration de froid, chasser le froid, si le sang stagne à un endroit il faudra disperser la stase, etc… Pour se faire, le praticien a à sa disposition tout un panel d’outils, qu’il va choisir en fonction de ce qu’il y a à traiter et de l’état de son patient.

4) Le thérapeute procède au traitement

Une femme en séance d'auriculothérapie
L’auriculothérapie fait parti de la réflexologie et permet de traiter l’ensemble du corps à partir de l’oreille.

Certains thérapeutes ne vous feront que de l’acupuncture, d’autres que du tuina, d’autres marieront différentes techniques au cours d’un même soin. C’est possible que lors de votre première séance il utilise les ventouses et celles d’après les moxas. Il va s’adapter à votre âge, votre constitution, la manière dont votre corps réagit, l’évolution de votre pathologie. Des praticiens travaillent également en auriculothérapie, ils peuvent vous mettre une graine ou petite aiguille sur un point d’acupuncture situé sur le pavillon de l’oreille.

Pour en savoir plus, les différentes méthodes de traitement sont expliquées dans notre article « La médecine chinoise, un art millénaire au service des défis d’aujourd’hui. »

5) Il vous donne des conseils

Le travail thérapeutique en médecine chinoise se fait à deux. Partant du principe que le mode de vie a une grande importance dans l’émergence des maladies, le patient n’est pas passif. Il a sa part à faire pour retrouver et conserver la santé. La thérapeute peut donc être amené à prodiguer des conseils d’hygiène de vie. Cela peut être d’aller marcher quotidiennement pour assister sa rate, de consommer des produits de la mer pour renforcer le rein ou encore de vous coucher plus tôt pour laisser à votre organisme le temps de récupérer.

Il peut également vous conseiller une prise de pharmacopée. Pris sous forme de gélules ou de plantes à infuser, ces compléments alimentaires à base de plante permettent de poursuivre le travail de la séance, au quotidien. Ils sont souvent préconisés pour travailler en profondeur, ou pour des pathologies chroniques. Quelques praticiens sont également spécialisés en Qi Gong thérapeutique. (Voir le témoignage de Magali Poirier, professeur de Qi Gong)

Ils vous montreront alors des postures et des enchainements de mouvements visant à renforcer l’énergie d’un organe ou d’un méridien qui est en faiblesse chez vous.

En pratique

  • Durée d’une séance : entre 40mn et 90 mn
  • Tarif: de 40 à 70€ en fonction des cabinets, avec une moyenne de 50€. Les soins peuvent être remboursés par certaines mutuelles de santé.
  • Fréquence: en préventif à chaque changement de saison, en curatif, tout dépendra de la pathologie et de votre réceptivité aux soins. Le thérapeute peut vous demander de revenir très régulièrement pour traiter une maladie chronique ou peut voir faire une séance, vous conseiller de la pharmacopée qui poursuivra son travail en profondeur et ne vous revoir qu’un mois après pour constater l’évolution.

Vous l’aurez compris, la médecine chinoise peut traiter une multitude de troubles et utiliser des outils très variés, le champ d’application est vaste. Nous vous encourageons donc à consulter un praticien, vous pourriez être surpris et voir des symptômes persistants ou que rien n’a réussi à faire partir, s’envoler en quelques séances !

La médecine chinoise, un art millénaire au service des défis d’aujourd’hui

Image d'une collection de plantes à usage thérapeutique de la médicine chinoise
La pharmacopée est une branche primordiale de la médecine chinoise.

Si elle est classée en France dans le domaine des « médecines complémentaires », la médecine traditionnelle chinoise est pourtant un système médical à part entière. En parallèle de la médecine occidentale, elle a défini au fil des siècles un système complexe de compréhension de la physiologie, une méthode de diagnostic et de traitement des maladies très élaborée.

Enracinée dans la culture orientale emprunte de taoïsme et de confucianisme, elle replace l’homme au sein de son environnement. Il y a déjà 2500 ans, elle soulignait déjà l’importance de l’alimentation, de la respiration mais aussi des émotions dans la fabrication et la guérison des maladies.

Forte de son héritage millénaire, elle a su s’adapter aux changements de modes de vie et aux pathologies issues de la modernité. Aidant à faire disparaitre les désagréments de la ménopause ou encore l’envie de fumer, elle trouve aujourd’hui sa place dans les hôpitaux pour accompagner les chimiothérapies ou les analgésies.

Comment fonctionne cette médecine issue d’une autre culture ? A quel point est-elle répandue aujourd’hui ? Quels sont les troubles dont elle peut vous soulager sans risques ni effets secondaires ?

Omyzen vous fait découvrir cette médecine aux mille vertus.

L’implantation de la médecine chinoise aujourd’hui

En France, des applications de plus en plus nombreuses

La Médecine chinoise en France, c’est actuellement plus de 6000 praticiens en activité et 10 000 étudiants en cours de formation. Si des médecins généralistes ou des sages-femmes la pratiquent légalement en complément de leur formation classique, les praticiens qui en ont fait leur outil thérapeutique exclusif sont des non médecins. Bien que toléré, cet exercice n’est pas encore reconnu en France.

Les résultats sont pourtant là et cette discipline a fait ses preuves dans la prise en charge des douleurs chroniques, des rhumatismes, des maladies de peau, ou encore des états dépressifs. Les effets de l’acupuncture ont été démontrés dans plus de 300 affections. En 1980, l’OMS reconnaissait son efficacité sur 43 maladies.

Médecine curative mais aussi préventive, bien appliquée elle ne représente aucun risque et ne produit pas d’effets secondaires. Ces atouts en font une méthode thérapeutique de plus en plus demandée en France. Des démarches cliniques sont donc en cours dans le milieu hospitalier et universitaire pour voir comment l’intégrer à la médecine occidentale. Ainsi, dans le Centre Intégré de médecine chinoise de la Pitié-Salpêtrière, on l’utilise pour atténuer les effets secondaires des traitements contre le cancer et pour accompagner les patients qui ont subi un AVC.

Une médecine bien instituée dans le monde

En Chine et en Asie du sud-est, c’est le système universitaire et hospitalier qui encadre la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC). Des instituts et hôpitaux exclusivement réservés à la Médecine Traditionnelle sont implantés partout et chaque hôpital allopathique a un service de M.T.C. En plus des patients locaux, des milliers d’étrangers viennent y faire du tourisme médical. En effet, certains soins y sont plus intéressants ou abordables qu’en Europe. En réponse à cet engouement, au cours des dernières années des centres de MTC ont ouvert dans une vingtaine de villes en Europe, dont récemment à Barcelone.

En effet, si en France, la médecine chinoise est encore en manque de reconnaissance, dans d’autres pays d’Europe, les hôpitaux l’ont intégrée depuis longtemps. Elle est reconnue juridiquement en Finlande, en Norvège, en Allemagne, Suisse, Danemark, Royaume-Uni, Irlande, Pays-bas, Belgique, Suisse, Portugal. En Suisse, la pratique est très répandue. La plus grosse association professionnelle, SBO-TCM, gère plusieurs milliers de praticiens. Aux Etats-Unis, la situation varie selon les Etats, la pratique par les non médecins peut être libre ou contrôlée.

Une notoriété internationale en pleine émergence

En 2015 le médecin chinois Youyou Tu a reçu le prix Nobel de médecine. Il a démontré les propriétés antipaludiques de l’artémisinine, une plante issue de la pharmacopée chinoise. Ce prix a mis en valeur les applications que pouvaient avoir la pharmacopée chinoise au niveau mondial.

Cette fin d’année 2018 est également marquée par un grand pas. L’Organisation Mondiale de la Santé vient d’adopter officiellement la médecine chinoise. En effet, elle vient d’annoncer qu’elle allait intégrer la pharmacopée chinoise dans la 11e version de la CIM (Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexe). L’ensemble des États membres de l’OMS l’appliqueront d’ici 2022. Cela signifie que pour la première fois, des données de la médecine traditionnelle entreront dans le catalogue des moyens thérapeutiques disponibles préconisés pour les médecins du monde entier. Une grande avancée avec des applications prometteuses.

Histoire de la médecine chinoise, un art ancestral

Une pratique qui remonterait au Néolithique

On a coutume de dire que la médecine chinoise a 2500 ans. En effet, le Huang Di Nei Jing ou Classique de l’Interne de l’Empereur Jaune, ouvrage fondamental exposant tous les systèmes de points et leurs applications, a été écrit environ 475 ans avant JC. Cependant, la théorie de la médecine chinoise s’étant élaborée au fil des siècles à partir d’expériences cliniques, son histoire est bien plus ancienne.

La découverte de « l’homme des glaces » Otzi, pourrait laisser à penser que ce type de traitement était connu bien avant. En effet son corps est marqué d’une soixantaine de points et de traits, dont 80% correspondent à des points d’acupuncture. Les points choisis sont traditionnellement utilisés pour soulager les rhumatismes, pathologie dont cet homme soufrait. Or cet homme aurait vécu il y a environ 3255 avant JC. Des archéologues ayant découvert des pointes en pierre qui servaient manifestement d’aiguilles supposent même que l’origine de l’acupuncture remonterait à la période du Néolithique.

Un art qui n’a cessé de s’affiner

En Asie, c’est à partir de la fondation de la République Populaire de Chine que la discipline a connu un essor. Des recherches cliniques ont permis d’approfondir l’étude des causes des maladies et de leurs traitements au moyen d’outils comme l’acupuncture.

Au fur à mesure des décennies, cet art du soin continue d’évoluer et de s’adapter aux évolutions de la société. Le monde de la recherche en médecine chinoise est très actif pour explorer comment soigner les maladies du monde moderne notamment en cancérologie. De nouvelles méthodes d’acupuncture ont dernièrement vu le jour comme l’électro-puncture, la méso-puncture ou encore la stimulation des points par laser.

Quels sont les grands principes de fonctionnement de la médecine chinoise ?

La théorie sur laquelle repose la médecine chinoise se base sur l’observation des phénomènes naturels. Les anciens ont tout simplement constaté que le jour succède à la nuit, qu’il faut du bois pour faire du feu, que l’eau a tendance à s’écouler vers le bas, que la fièvre amène une accélération du pouls ou encore que l’hivers la nature hiberne. De cette observation simple et minutieuse, ont découlé les grandes lois qui régissent la médecine chinoise.

Le Yin et le Yang

Ces concepts servent à classer tout ce qui existe en deux catégories qui s’opposent, se complètent, se modèrent, croissent et décroissent, dans un mouvement vital de perpétuelle d’interdépendance. Ainsi, la nuit est nuit parce que le jour est jour et l’un laisse place à l’autre sans discontinuer.

Le Yin désigne ce qui est froid, sombre, lourd, consistant, immobile. On y associe la nuit, l’hiver, l’intériorité, les mouvements descendants. A l’opposé, le Yang renvoie à ce qui est léger, chaud, qui s’élève. Tout ce qui existe aussi bien dans la nature que dans le corps ou les activités humaines est classable en Yin ou en Yang. C’est la relation d’engendrement et d’interdépendance entre ces deux polarités qui caractérise la vie. Ainsi, la séparation du Yin et du Yang correspond à la mort.

Image illustrant le Ying et le Yang
Le Yin et le Yang, deux principes opposés et complémentaires, en perpétuel mouvement.

Le dessin bien connu du TaiJi ne doit pas être compris comme quelque chose de fixe mais comme un arrêt sur image, d’une réalité de vie en mouvement constant : l’expiration suit l’inspiration, l’été succède au printemps, l’excrétion suit la digestion, le réveil vient rompre le sommeil, etc…

Ces concepts de Yin et de Yang sont utilisés pour décrire le corps humain (les organes sont yin, les viscères sont yang, le sang est yin, le Qi est Yang, etc…) et pour comprendre les maladies. Ainsi, on dit d’une maladie qu’elle est Yin ou Yang. Tant que l’équilibre est là, l’individu est en bonne santé. Si le Yin ou le Yang devient excessif ou déficient, la maladie est là. La manière de la traiter sera donc de rétablir cet équilibre.

Les cinq éléments

Si l’homme est considéré comme indissociable de son environnement, ancré entre Ciel et Terre, tout ce qui existe dans l’univers se retrouve également en lui. Les 5 éléments constitutifs de tout qui est dans la nature se retrouvent donc dans le corps humain. L’eau avec les liquides organiques et le sang, l’air avec la respiration, le feu avec l’activité électrique du système nerveux, etc…

Image illustrant les 5 èlèments
La roue des 5 éléments montrant les cycles d’engendrement et de contrôle.

L’harmonie physiologique du corps humain se reflète dans cette roue des 5 éléments. Chaque élément engendre le suivant et il est engendré par celui qui le précède. Chaque élément en contrôle un autre, est modéré par un troisième. Par exemple l’eau est nourrie par le métal (minéralisation), elle permet la croissance du bois, elle peut éteindre le feu mais elle est aussi être contrôlée par lui (évaporation).

A chaque élément sont associés des organes, des méridiens, des émotions, des tissus, des sens, et ce sont les mêmes principes qui les régissent. Encore une fois quand l’équilibre est préservé, c’est la santé physique et psychique. Si un élément vient à être en excès ou en déficience, cela se répercute sur tous les autres et le trouble apparait.

Le Qi

Le Qi est défini comme une substance vitale en perpétuel mouvement. Dans la pensée chinoise, bien qu’invisible, il est la manifestation et le support de la vie. Il est parfois comparé à la vapeur d’eau qui se dégage d’un plat, invisible et néanmoins porteuse du parfum du plat, sa quintessence. Le Qi circule librement dans le corps à travers tous les méridiens, apportant protection, chaleur et force de propulsion. Quand il est bloqué ou entravé c’est alors que la douleur apparait, que l’organe dysfonctionne. Le travail du thérapeute consistera alors à « faire circuler le Qi » ou encore à « tonifier le QI », à l’aide de ses aiguilles, de plantes ou encore de massages.

Les méridiens

Illustration des méridiens de la médicine chinoise
Les textes anciens dénombrent 365 points d’acupuncture.

Les méridiens sont décrits comme des réseaux de circulation de l’énergie. Parcourant tout le corps, ils relient entre eux tous les organes, mettant en lien l’intérieur et l’extérieur du corps. Il existe 12 méridiens principaux, auxquels sont associés des organes, des entrailles et des propriétés physiologiques. Ce système est comparable à un réseau routier, avec des croisements, des axes principaux et des routes secondaires, reliant entre elles des grandes villes (organes, cerveau…). Les points d’acupuncture sont comme des entrées ou sorties d’autoroute, ils permettent de pénétrer le méridien pour y envoyer une information énergétique qui voyagera jusqu’à l’endroit qui en a besoin. Comme sur la route, il peut y avoir des ralentissements, des bouchons, des accidents (lésions). L’action du médecin chinois consistera à rétablir une circulation harmonieuse de l’énergie dans les méridiens.

Des explications scientifiques ?

Si les résultats thérapeutiques sont là, il n’existe actuellement pas de preuves « scientifique » de l’existence des méridiens ou du Qi, les concepts sur lesquels reposent la médecine chinoise. Pour expliquer l’effet analgésique des aiguilles, les chercheurs occidentaux émettent plusieurs hypothèses. Pour certains, l’introduction d’aiguilles entrainerait la libération d’endorphines, une substance chimique inhibant la douleur au niveau du cerveau. Pour d’autres, les aiguilles viendraient agir au niveau du filet nerveux, les méridiens suivant les grands réseaux des nerfs. Le stimuli serait transmis au niveau du système nerveux central, ce qui réduirait la sensation de douleur.

Les différents outils de traitements de la médecine chinoise

On a tendance à assimiler la médecine chinoise à l’acupuncture. En réalité il ne s’agit là qu’un des moyen de traitement parmi plusieurs autres.

L’acupuncture et la moxibustion

Une séance d'acupuncture
Le travail de l’aiguille amplifie l’efficacité de l’acupuncture.

Cela consiste à agir sur des points et des trajets de méridiens soit avec des aiguilles soit avec la chaleur des moxas (cigares d’armoise). Mais il ne s’agit pas seulement d’enfoncer une aiguille. Le thérapeute va « saisir le Qi » afin d’agir sur l’ensemble du méridiens. La manière dont il va poncturer, la combinaison des points et le temps de pose qu’il choisit vont avoir pour effet de tonifier ou de disperser l’énergie en fonction du principe de traitement approprié.

La pharmacopée et la diététique chinoise

Le thérapeute conseille des compléments alimentaires à base de plantes et de minéraux. Il indique quel régime alimentaire est adapté pour réguler l’organisme, quels types d’aliments sont à éviter ou à privilégier. Là encore, chaque substance comestible est classée selon sa nature (froid, frais, neutre, tiède et chaud), sa saveur (acide, douce, amère…) et son action (dispersante, tonifiante…). Son absorption aura des effets bénéfiques ou nuisibles sur l’organisme. Par exemple, les yaourts sont dits de nature froide et humide. La rate qui gère la digestion et qui supporte mal l’excès d’humidité froide, sera lésée quand on mange trop de yaourts. La cannelle, qui est de nature chaude, aidera à réchauffer l’organisme après un coup de froid.

Comme dans la médicine antique (Hippocrate ?) l’aliment est considéré comme un médicament. L’art de bien se nourrir est appelé « diétothérapie », c’est un des outils préventifs de cette médecine. Quand l’alimentation ne suffit pas à rétablir un équilibre perturbé, intervient la pharmacopée. Il s’agit d’une thérapeutique très élaborée, où les plantes s’associent pour se renforcer ou se modérer, dans des formules très précises. Traditionnellement les recettes sont adaptées à chaque patient et les dosages sont ajustés au jour le jour en fonction de l’évolution de la maladie. En France, les produits de pharmacopée sont facilement accessibles grâce à un conditionnement en gélules comme tout autre complément de phytothérapie.

Le massage Tuina et la médecine manuelle

Le Tuina est une technique de massage ancestrale qui vise à rétablir l’équilibre du corps. Le praticien va dénouer les tensions musculaires à l’aide de frictions ou encore de percussions afin de permettre une bonne circulation de l’énergie. Il travaille sur les trajets de méridiens et stimule les points en acupression. La stimulation des points de la première chaine de la Vessie notamment, va permettre d’harmoniser tous les organes vitaux. Il existe environs 300 mouvements différents classés en fonction de leurs applications thérapeutiques. Effectués avec plus ou moins de pression, ils vont tonifier ou disperser le Qi.

Le terme médecine manuelle, désigne l’ensemble des manipulations visant à normaliser le système ostéo-articulaire. Au moyen de tests, le praticien va repérer les causes des douleurs et des troubles de la mobilité. Par des mobilisations appropriées il va ensuite régulariser les muscles et le squelette.

Disposant de tous ces différents moyens de traitement, le thérapeute en médecine chinoise va donc pouvoir traiter une infinité de troubles, qu’ils soient aigus ou chroniques, internes ou locomoteurs. Qu’il utilise les aiguilles, les plantes ou ses mains, les principes de diagnostic et de traitement seront les mêmes. Ils se basent sur des lois fondamentales qui permettent d’appréhender les maladies les plus complexes et nouvelles.

Certaines écoles ajoutent aux méthodes de soin de la médecine chinoise la pratique du Qi Gong thérapeutique. Pour en savoir plus, Omyzen vous recommande l’interview de Magali Poirier : Les bienfaits du Qi Gong pour les thérapeutes alternatifs.

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